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Châteaubriant en zone de pauvreté

Ecrit le 25 juin 2014.

ZUS, ZRU, ZFU, CUCS, ... ce sont des dispositifs destinés à corriger la pauvreté en France dans 751 zones urbaines sensibles (ZUS), au sein desquelles on décompte 416 zones de redynamisation urbaine (ZRU), comprenant elles-mêmes 100 zones franches urbaines (ZFU). A ces zones s’ajoutent 2 493 quartiers ciblés par des contrats urbains de cohésion sociale (CUCS), dont 70% ne sont pas classés en ZUS, sans compter les quartiers où s’applique la Dynamique Espoir Banlieues (DEB). Quel enchevêtrement ! D’où la dilution des actions et la perte d’efficacité.

Cette politique de la ville va être ajustée et simplifiée : un seul dispositif, les contrats de ville, qui concerneront 1300 quartiers en France. 100 communes ou intercommunalités bénéficieront pour la première fois de la politique de la ville. C’est le cas en particulier de la Com’Com’   du Castelbriantais (mais pas de celles de Derval ou Guémené, ce qui est étonnant !).

Le critère : la faiblesse du revenu des habitants (moins de 60% du revenu médian, en gros moins de 11 000 €/an en tenant compte des prestations sociales). À travers un quadrillage de 200m sur 200m, l’INSEE a défini toutes les concentrations urbaines de pauvreté (territoires où la majorité des habitants est à bas revenus).

La Com’Com’   du Castelbriantais (ou plus exactement le quartier de la Ville aux Roses) est donc dans une ’’poche de pauvreté’’. Cela ne veut pas dire qu’elle bénéficiera d’un ’’contrat de ville’’. Les bénéficiaires ne seront connus qu’au dernier trimestre de l’année 2014, en fonction des projets présentés.

  • - L’emploi des jeunes en sera la priorité centrale
  • - La situation des mères isolées sera une autre priorité, avec des programmes innovants pour l’accueil des enfants et l’accompagnement des familles.
  • - La qualité de vie au quotidien sera prise en compte notamment dans les HLM, ascenseurs en panne, parties communes dégradées, nuisances sonores...

[Ndlr : en ce qui concerne le quartier de La Ville aux Roses à Châteaubriant, quartier fort tranquille, non dégradé, environnement coquet, les deux problèmes prioritaires sont bien l’emploi en général et l’emploi des jeunes en particulier et la situation des mères isolées].

 Dialogue avec les élus

D’après le projet gouvernemental, le Préfet engagera le dialogue désormais avec les élus et les habitants pour définir le contour précis du quartier concerné.

Avec le nouveau programme national de renouvellement urbain, c’est la qualité des
projets autant que leur quantité qui est recherchée. Dans chaque projet, seront désormais fixés des objectifs substantiels de mixité sociale, d’amélioration du cadre de vie et de développement de la mobilité.

 Qu’un dialogue s’installe

Dans un communiqué, le groupe des élus de La Voie Citoyenne, déclare :

Châteaubriant rejoint les 100 nouvelles communes qui ont été identifiées comme « quartiers prioritaires ». (...) C’est la réalité de la pauvreté qui apparaît au grand jour. Il appartient maintenant aux élus de notre territoire de Châteaubriant d’appréhender pleinement cette situation et de saisir l’opportunité de pouvoir mettre en place un contrat ville.

Ce contrat doit permettre de mobiliser l’ensemble des politiques publiques (emploi, éducation, santé, transports ...) autour d’un projet de territoire afin de rétablir de l’égalité et de la cohésion sociale.

Nous demandons qu’un dialogue s’installe très vite entre les représentants de l’Etat, les élus et les habitants pour définir les contours de ce contrat.

Les élus locaux ont donc du travail de préparation à faire. Mais pas seulement les élus ! Le ministère dit en effet qu’il faut mettre en place des « conseils citoyens ». « Favoriser la prise de parole, garantir la place des habitants dans toutes les instances de pilotage du contrat de ville, créer un espace de propositions et d’initiative   à partir des besoins des habitants, mais aussi assurer le renouvellement démocratique et la recréation d’un lien trop souvent distendu entre les habitants et les institutions, tels sont les objectifs de ces conseils ».

Composés de volontaires, d’associations et d’habitants tirés au sort, ces conseils citoyens devront comporter autant d’hommes que de femmes et seront associés à l’ensemble des projets menés dans ces quartiers au titre d’une politique de la ville qui s’appuiera désormais sur l’expertise du quotidien des habitants. « Demain, des ’’maisons du projet’’ dans chaque opération de renouvellement urbain permettront de faire vivre ces principes au quotidien » 

C’est cet aspect qui sera le plus riche mais aussi le plus difficile à mettre en œuvre, pour deux raisons :

  • 1) Notre maire n’aime pas la concertation, du moins la concertation libre, celle qui donne effectivement la parole aux habitants, dans un cadre non contraint,
  • 2) les habitants sont eux-mêmes difficiles à bouger. On le voit bien lors des réunions de ’’secteurs’’ où les résidents HLM ne viennent pas, parfois par manque de temps, souvent par manque de confiance en soi, par crainte d’être vu, par crainte de prendre la parole. On le voit aussi lors des réunions organisées par l’office HLM pour les habitants du quartier, comme ce fut le cas lors de la présentation du projet de réhabilitation des immeubles.

Il ne faut donc pas attendre que les citoyens se manifestent, il faudra aller vers eux. Cela suppose une volonté politique forte. Cela impose de mettre en place des structures adaptées. Par exemple :

  • - un lieu de rencontre (c’est possible, il y a une grande salle, derrière le Centre Bretagne, généralement inutilisée)
  • - un lieu accueillant (cette salle pourrait être aménagée)
  • - des personnes chargées de la médiation et d’aller à la rencontre des habitants, sur le terrain.
  • - un accueil tout particulier pour les jeunes (il y a en centre-ville, un local réservé au Conseil Municipal des jeunes, il faudrait un local pour les jeunes de la Ville aux Roses)

La grande difficulté est de faire quelque chose, non pas POUR les habitants, mais AVEC les habitants et en laissant du temps au temps mais, ça, nos élus s’y refusent. Si la préparation d’un contrat-ville pouvait aboutir à ça, ce serait formidable.

Pour « Châteaubriant au cœur » Le classement de Châteaubriant en « zone de pauvreté » n’est que la traduction de la réalité : la moitié de la population dispose de moins de 977 € par mois !

« La part de population active diminue car notre politique pour l’emploi est déficiente. Combien d’entreprises et de commerces devront fermer avant d’observer une réaction vigoureuse de la municipalité ? Ce ne sont pas les petites retraites et les revenus de l’assistanat qui créeront de la richesse. Le travail est vital pour notre ville ! ».

« Actuellement, il y a une réelle misère sociale et sanitaire. Cela crée inévitablement un climat de tensions. Des amalgames sont faits vis-à-vis de la minorité de ceux qui ne veulent pas travailler ou s’intégrer.

Cette situation est le résultat d’une gestion municipale. La pratique d’une politique de festivités et le clientélisme ne peuvent plus masquer nos difficultés. Elaborer une réelle stratégie pour l’avenir est aujourd’hui une urgence ».

 En campagne ?

Le projet de contrat-ville, comme son nom l’indique, concerne les villes. Mais il ne faudrait pas oublier les poches de pauvreté existant en campagne où la réduction des services et des équipements, la faible priorité aux transports locaux s’ajoutent aux faibles revenus, favorisant ainsi la paupérisation. Certains indicateurs de la Banque permanente des équipements de l’INSEE (BPE), montrent que le milieu rural est déficitaire pour beaucoup de services à fort impact social. On sait que les médecins et certains services de santé y deviennent par endroits difficilement accessibles, mais on connaît moins la situation des services sociaux, des services liés à l’emploi (centres de formation, relais de Pôle Emploi, missions locales…) et des services d’accueil pour la petite enfance, dont la rareté constitue un handicap lourd.

Pour des populations aux moyens très limités, Il ne s’agit pas seulement de gêne dans la vie quotidienne, mais d’un travail inaccessible ou de dépenses irréalisables (des maladies chroniques entraînant par exemple de longues absences du travail à cause d’une impossibilité d’utiliser les transports, etc.).

A lire sur le site : la pauvreté territorialisée

Pouvons-nous espérer que, dans la préparation du SCOT   (schéma de cohérence territoriale) ces questions d’aménagement de l’espace et de répartition des services soient prises en compte ?

Lire des compléments sur la politique de la ville


Ecrit le 29 juin 2016

 IRIS

Le saviez-vous ? Selon l’INSEE, les communes d’au moins 10 000 habitants et la plupart des communes de 5 000 à 10 000 habitants sont découpées en IRIS. Ce découpage, maille de base de la diffusion de statistiques infracommunales, constitue une partition du territoire de ces communes en « quartiers » de 2 000 habitants environ. La France compte environ 16 000 IRIS dont 650 pour les DOM. Ce découpage a été élaboré en partenariat avec les interlocuteurs locaux, notamment les communes, selon des règles précises définies en concertation avec la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL). Il est construit à partir de critères géographiques et statistiques et, autant que possible, chaque IRIS doit être homogène du point de vue de l’habitat. Pour la commune de Châteaubriant il y a cinq IRIS, c’est sans doute comme cela que le quartier de La Ville aux Roses a été retenu comme « prioritaire » pour un Contrat Ville. Les données collectées par les compteurs Linky iront enrichir la connaissance des IRIS.