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Santé, vers un CAPS ?

Écrit le 15 octobre 2003 :

 Vers une maison médicale ?

Ce lundi 6 octobre 2003 : une cinquantaine de médecins libéraux, médecins de l’hôpital et de la clinique, gendarmes, pompiers, pharmaciens, ambulanciers, infirmiers, élus locaux, se sont réunis (les kinés ont été oubliés) à Châteaubriant

But de la rencontre : la future mise en place d’un CAPS (centre d’accueil et de permanence des soins). Un problème se pose en effet avec acuité : les permanences des médecins la nuit et le week-end. Depuis la grève des médecins (qui leur a permis d’obtenir une consultation à 20 €), les permanences ne sont pas assurées, ou renvoyées vers le 15 (1) « Or les gardes sont un devoir déontologique, un service à la population » ont reconnu les médecins présents.

 La faute des jeunes et des femmes

La problème se complique car, avec le ministre Mattéi, l’article 77 du code de déontologie médicale vient de changer : les gardes reposent désormais sur le volontariat. Et l’Ordre des Médecins ne peut rien faire pour contraindre un médecin.

Donc la situation est grave. Et c’est la faute des jeunes, et la faute des femmes. Et cela pose le problème du rôle de l’Etat.

La faute des jeunes ? « Après 8 à 9 ans d’études médicales, on pouvait penser que les jeunes médecins avaient envie de faire de la médecine. Mais non, ils sont comme les autres jeunes, ils veulent en faire le moins possible. On ne trouve plus de jeunes pour venir en campagne. Ici nous nous croyions protégés parce que la campagne est belle : mais en réalité les médecins âgés partent en retraite et ne sont pas remplacés. Sur le secteur de Soudan-Pouancé nous étions 6, et nous nous sommes retrouvés à 3 en l’espace de 18 mois ». L’âge moyen des médecins étant de 50 ans en Loire-Atlantique, le même problème va se poser avec acuité dans les années à venir.

La faute des femmes ? Eh bien oui car « D’ici 10 ans, les deux-tiers des médecins seront des femmes, avec des contraintes familiales et scolaires. Cela modifiera les conditions d’exercice : les médecin-e-s auront moins de temps à consacrer aux clients »

Le rôle de l’Etat : tiens on le redécouvre quand ça arrange. A la réunion, un médecin a dit que, désormais, les permanences des médecins sont une mission de service public, « cela appartient à l’Etat ». C’est donc à l’Etat de les organiser. L’éventualité de médecins urgentistes mis en place (et payés) par l’Etat ou les collectivités locales est envisagé par les médecins libéraux en toute sérénité.

On comprend que des gardes trop fréquentes rebutent les médecins. On sait cependant que des gardes sont prises régulièrement par d’autres professions comme les infirmiers, pharmaciens, les vétérinaires, les ambulanciers (ceux-ci ont même obligation de coucher sur place, de façon à pouvoir être prêts à partir au moindre appel), mais aussi les électriciens, les plombiers, les services techniques municipaux et tous les services publics en général. Mais les médecins ont goûté aux week-ends totalement libres et ils en redemandent.

 Le deuxième CAPS

Ils sont cependant conscients de leurs responsabilités (non-assistance à personne en danger), d’où, en attendant que le secteur public prenne le relais, l’idée de créer un CAPS (centre d’accueil et de permanence des soins) qui pourrait fonctionner à partir du 1er décembre 2003. Le premier CAPS de Loire-Atlantique a ouvert le 1er octobre dans la région de Clisson. Le deuxième devrait voir le jour dans la région de Châteaubriant (en gros : les 19 communes de la Communauté de Communes + Pouancé, Ercé en La Mée), soit une trentaine de médecins. Une vingtaine d’entre eux seraient d’accord pour prendre des gardes. (2)

Concrètement il y aurait un local particulier, bien équipé en matériel médical, qui se situerait, dans un premier temps du côté des bâtiments de la Clinique Sainte Marie, puis sur le site du Centre Hospitalier. Les caisses d’assurance maladie ou de mutualité sociale agricole apportent un financement (de l’ordre de 30 000 €)

Le CAPS fonctionnerait aux heures de fermeture des cabinets médicaux soit de 20 h le soir à 8 h le lendemain matin, et le week-end du samedi midi au lundi matin.

Les malades ne pourraient pas s’adresser directement au CAPS : ils devraient téléphoner d’abord au 15 (1) où « un médecin régulateur jugera de l’urgence ». ce médecin pourra diriger vers le CAPS, ou envoyer une ambulance pour transporter le malade aux urgences du Centre Hospitalier.

 Bobologie

Les médecins présents ont bien indiqué qu’il fallait à tout prix limiter les visites à domicile « au strict minimum nécessaire », qu’il fallait éduquer les patients, leur expliquer la nécessité de passer par le 15 et de se déplacer vers le centre d’accueil aussi facilement qu’ils se déplacent pour aller au supermarché ou à la messe dans une autre paroisse  . « C’est trop commode d’attendre chez soi en regardant la télé. Pendant le temps de déplacement le médecin ne peut pas se consacrer à un malade peut-être plus urgent » a-t-il été dit. Les médecins en ont ras-le-bol de la « bobologie ».

Le problème des personnes isolées et sans moyen de locomotion, a été posé. « Peut-être que les mairies pourraient organiser un tour de rôle de bénévoles » a-t-il été suggéré par un médecin, au nom de la solidarité ! Ce qui reviendrait à faire prendre des gardes (et des risques !) à des bénévoles, alors même que les médecins les refusent. Les ambulanciers professionnels ont fait une mise en garde à ce sujet : « les transports de malade, c’est notre spécialité, c’est aussi notre pain quotidien, nous avons reçu une formation spécifique. Vous ne pouvez pas demander à n’importe qui de transporter un malade n’importe comment ».

Se pose également le problème des familles défavorisées, sans téléphone, ou incapables, par panique ou ignorance, de décrire des symptômes au téléphone.

Il se pose surtout le problème de l’engorgement chronique du 15 : sans doute va-t-il falloir que l’Etat mette la main à la poche. L’Etat, c’est-à-dire les contribuables, les assurés sociaux, appelés à suppléer les manques du secteur privé. Et après on dira qu’il faut réduire les dépenses de l’Etat !

Conclusion : un CAPS c’est une bonne chose, la solution d’avenir. Il vaut quand même mieux éviter de tomber malade la nuit ou le week-end. Il vaut mieux éviter aussi d’être pauvre et isolé.


Écrit le 15 octobre 2003 :

Le 15, c’est pas triste : un ambulancier a dit tout haut ce que tout le monde sait : le 15 est engorgé. Souvent il y a 20 minutes d’attente pour obtenir un médecin au bout du fil.

 Gag au 15

Attendre 20 minutes au « 15 » cela peut passer en cas de fièvre. Mais s’il s’agit d’une urgence cardiaque (infarctus), cela peut être mortel.

Il y a des « gags » aussi comme cette femme qui téléphone au 15 pour son enfant en crise d’appendicite. Au bout d’un long temps d’attente, elle a enfin un médecin qui lui dit : « C’est vous la femme enceinte ? ». Ben non, c’était pas ça. « Une appendicite, cela peut attendre » ont dit des médecins présents dans la salle. (il paraît que 24 h ça peut aller) Même si c’est une péritonite ? Comme disait un maire, en aparté : « Ce sont les médecins qui peuvent attendre ! »

Il existe déjà des CAPS dans les secteurs de Retiers et Bain de Bretagne. Si un habitant de Pouancé fait le 15, c’est Angers. Renverra-t-il vers le CAPS le plus proche même s’il est dans un autre département ? Un CAPS s’ouvrira à Nantes, le 1er novembre, mais dans cette ville le problème se pose différemment puisqu’il existe un SOS médecin


Écrit le 15 octobre 2003 :

A la réunion d’information sur le CAPS, tous les maires de la Communauté de Communes du Castelbriantais ont été invités sauf ... le maire de Châteaubriant. M. Azzouz, adjoint au maire, qui a fourni la liste à ses collègues médecins, avoue qu’il a oublié de l’inviter