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L’antifascisme, toujours d’actualité

Ecrit le 11 juin 2014

Souvenir de Clément Méric

Le 5 juin 2013, Clément Meric mourait des suites de coups donnés par des militants d’extrême droite. Un an après, plus d’une quarantaine de manifestations et rassemblements ont eu lieu en Europe. Sa mort, les récents scores du front national et bien d’autres propos et actes que nous pouvons entendre ou voir au quotidien posent la question de la lutte antifasciste aujourd’hui et donc hier.

Antifascisme, c’est un mot qui peut faire peur, on y assimile violence et extrêmes. Il n’est plus trop de mode d’être « anti ». C’est mieux d’être « pour » ou d’être « ni pour ni contre ». D’ailleurs, s’il y a eu d’énormes manifestations lors du duel Le Pen/Chirac, il y a quatorze ans, vous aurez remarqué qu’il y en a eu peu suite aux résultats des européennes 2014. Les raisons sont diverses (moins d’intérêt pour ces élections, ras le bol de la politique des partis dominants en général...) mais c’est aussi parce qu’il y a une vulgarisation de ce parti et de ses idées.

C’est là où l’antifascisme a sa place. L’antifascisme combat le fascisme. Ce mouvement est né parce que le fascisme montait en Europe (Mussolini, Hitler...). Fascisme, c’est pareil, ça fait peur comme mot. C’est « un système politique qui associe populisme, nationalisme et totalitarisme au nom d’un idéal collectif suprême, à la fois révolutionnaire et conservateur.¹ » Alors on peut dire qu’une composante du FN   est fasciste. Mais même si l’antifascisme est souvent réduit à cette lutte contre l’extrême-droite, ce n’est pas que ça. « L’antifascisme se définit avant tout par des pratiques : l’information, la confrontation, la solidarité. ... L’antifascisme n’est à nos yeux ni une posture, ni une position de principe, mais quelque chose de dynamique, un enga- gement réel. Il existe bien des façons de lutter contre l’extrême droite, à condition de n’en négliger aucune.² »

Une expulsion de camp de sans papiers est-elle une solution pour enrayer l’extrême droite ? Le PS a l’air de le penser. Au lendemain des résultats des européennes, une expulsion de sans papiers à Calais a été annoncée prétextant une épidémie de la gale (il ne faut pas trop vexer les vrais socialistes alors on donne la gale à toute la ville).

L’extrême droite ne disparaîtra pas par la haine, l’éradication de l’autre, du différent. Elle se nourrit des inégalités et des difficultés de vivre des uns et des autres. C’est pour ça que l’information, la confrontation, la solidarité sont impor- tantes. Le combat contre le capitalisme, ce système politique qui crée ces inégalités, est primordial. Les manifestations, grèves ont leur utilité. De nombreuses luttes y ont trouvé un moyen efficace pour se faire entendre. Ce n’est pas un quinquennat de Sarkozy qui va effacer plus d’un siècle d’avancées sociales.

Face à la mort de leur camarade, le comité de soutien de Clément Meric a préféré « des nuits de rage plutôt qu’une minute de silence ». Un an après, ce crime, ils ont donc organisé un festival. « Les lendemains qui chantent , c’est deux soirs de musique militante et des tables de presse portant la diversité des luttes antifascistes. Clément, comme beaucoup d’antifascistes, pensait que les luttes politiques ne se satisfont pas des moyens d’action ’’traditionnels’’, mais que nos combats gagnent à investir des domaines variés : les contre- cultures permettent de créer des espaces de résistance, une autonomie culturelle, souvent plus efficace et plus concrète qu’un tract ou une conférence. La musique est l’un de ces lieux que nous pouvons transformer en ligne de front .
PL

¹ http://fr.wikipedia.org/wiki/Fascisme
² http://lahorde.samizdat.net/2012/11/02/notre-antifascisme/