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Jeunesse, prévention des conduites à risques

Ecrit le 18 juin 2014

 Prévention Ados : tout un scénario

Dans la continuité des Forums ’’Adolescences’’ lancés en 2005, en partenariat avec le Ministère de l’Education nationale, la Fondation Pfizer a lancé cette année un appel à projets « Prévention Ados : tout un scénario », pour donner la parole aux adolescents et les rendre acteurs de leur prévention vis-à-vis des comportements à risques qui les concernent directement comme l’alcool, les drogues, le (cyber) harcèlement…

Cette démarche de prévention « par les pairs » s’appuie sur les résultats de l’enquête Fondation Pfizer/Ipsos Santé révélant que près de 9 adolescents sur 10 ont conscience des risques qu’ils adoptent, surtout ceux ’’physiques’’, c’est-à-dire ceux qui ont des conséquences sur leur santé, qu’ils soient visibles (coups, blessures) ou invisibles (dépendance, addictions).

Parmi ces principaux risques, les ados citent spontanément :

  • - Les addictions à 53% dont la drogue (cannabis) à 48% et l’alcool à 31%
  • - La violence à 29% dont les agressions à 23% et le racket à 8%
  • - L’échec scolaire et la dépression tous les deux à 11%
  • - Les rapports sexuels à 8%.

Même si les adolescents ont une bonne connaissance de ces comportements à risques, peu déclarent les adopter. En effet, durant ces douze derniers mois :

  • - 19% des jeunes avouent avoir bu jusqu’à l’ivresse, dont 17% chez les filles et 20% chez les garçons
  • - 13% déclarent avoir pris des drogues¹
  • - 11% indiquent avoir eu des rapports sexuels non protégés.

 Se sentir exister

« Les adolescents ont besoin de se sentir exister, ils ont une appétence de vie qui peut malheureusement trouver, comme forme d’expression, des comportements excessifs. Dès qu’ils sont soumis au jugement des autres, ils ont peur d’être faibles, de ne pas être à la hauteur. Ils veulent retrouver un rôle actif mais malheureusement, c’est toujours plus facile à réaliser dans la destructivité que dans la créativité. Les adultes doivent montrer aux jeunes que la vie est une co-construction permanente », affirme le Pr Philippe Jeammet, psychiatre et Président de la Fondation Pfizer.

Dépassement de soi, défis à relever, besoin d’adrénaline, 59% des jeunes recherchent avant tout dans ces comportements excessifs à éprouver des sensations fortes. « La vie est faite d’expériences. Si on n’en vit pas, si on se borne à suivre ce que disent les uns et les autres, on finit par mener une vie par procuration. Chaque génération a besoin de faire ces expériences qui permettent de grandir. Nos jeunes ne veulent pas d’une vie insipide et conforme, ils ont besoin de se frotter aux risques » affirme Marie Choquet, psychologue.

 La recherche d’intégration

Sous l’influence de leurs pairs, 42% des ados rient beaucoup avec leurs amis à se moquer des autres, 37% ont déjà ressenti du plaisir à rire de quelqu’un et 35% ont du mal à dire non à leurs amis.

Quant à la banalisation des comportements à risques, 28% des jeunes estiment que fumer du cannabis n’est pas grave car « presque tout le monde en fume autour d’eux ». Pour le Professeur Philippe Jeammet, « les adolescents ont tendance à banaliser de plus en plus leurs comportements excessifs. En voulant se sentir vivre, « s’éclater », ils ne voient pas que cela peut les conduire à une destruction. Ce qu’ils sentent, c’est avant tout l’expression de leur appétence à quelque chose de fort, de vivant. »

 Les risques « sociaux »

Racket, harcèlement, discrimination… 70% des adolescents sont soucieux de la violence en général. « Les jeunes sont préoccupés par la violence, en écho à une société qui l’est aussi et à une préoccupation qu’ils perçoivent chez les adultes. De plus, les valeurs sociales transmises, la compétition, la réussite, l’apparence, renvoient les jeunes à un vécu d’impuissance et d’infériorité, car ils peuvent avoir l’impression que pour s’affirmer, il faut dominer. Cette exposition d’objets que l’on détient peut susciter la convoitise et générer un sentiment d’insécurité ; les jeunes, quand ils sont porteurs d’un élément convoité par les autres, peuvent devenir des victimes », explique Samuel Lemitre, psychologue, Directeur du Centre de soins des Traumatismes et des Violences

A l’inverse des comportements à risques ’’physiques’’ où les adolescents bénéficient d’une large prévention, les jeunes affirment dans l’enquête Fondation Pfizer/Ipsos Santé n’avoir eu aucune sensibilisation sur :

  • - Le suicide à 73%
  • - Le harcèlement à 61%
  • - Le racket à 54%
  • - Les relations filles-garçons à 51%
  • - La discrimination à 48%
  • - Le bon usage d’Internet à 38%

Cette préoccupation se retrouve dans bon nombre de scénarios écrits par les lycéens engagés dans le projet « Prévention Ados : tout un scénario ». Le harcèlement y est largement traité.

 Trois scénarios primés

Pendant près de cinq mois, 152 lycéens de huit académies ont réfléchi et écrit un scénario sur l’une des thématiques de leur choix : alcool, drogues, racket, discrimination… Encadrés par une équipe pédagogique, les jeunes ont rédigé 16 scénarios portant essentiellement sur le harcèlement, l’alcool et l’exposition de soi sur Internet. Trois ont été plus spécifiquement primés :
– Coup de cœur des Jurys : « La meute »
– Prix des Adultes : « Tomber d’amour »
– Prix des Ados « Prisonnière de la toile »

Extrait de ''La fameuse note''

Découvrez leurs réalisations ici 

et une vidéo : la fameuse note

 Leur(s) mot(s) à dire

L’initiative   « Prévention Ados : tout un scénario » a révélé les rôles que doivent avoir adultes et adolescents face aux comportements à risques, selon les adolescents. Les lycéens de l’Académie de Caen regrettent l’absence d’échanges avec leurs aînés, sur le sujet de l’alcool notamment : « ils ne devraient pas nous interdire de boire, mais nous dire de les prévenir/alerter en cas de soucis ou d’abus d’alcool ».

Les adultes ont un rôle majeur à tenir auprès des adolescents. « Dans une situation de violence, la réponse la plus basique pour y mettre fin est la communication. Le meilleur moyen de lutter contre la violence est de ne pas rester seul, ne pas s’enfermer avec ses problèmes et notre rôle est de dire aux jeunes d’arriver à en parler avec des personnes ’’ressources’’ ou des amis » , affirme Samuel Lemitre.

Les adultes sont donc un pilier de la prévention, même si les jeunes ont indiqué trouver les messages de prévention actuels trop « moralisateurs », « peu crédibles » ou encore « trop pub ». A Lille, les ados ont tranché : « nous allons plus facilement écouter quelqu’un de notre âge nous parler de sujets de prévention car nous allons utiliser les mêmes mots ». D’où l’intérêt de les rendre acteurs de leur prévention et d’approfondir cette « prévention par les pairs ».

Et au-delà des mots choisis pour prévenir, les résultats de l’enquête Fondation Pfizer/Ipsos Santé montrent que les efforts de prévention doivent continuer, surtout vis-à-vis des risques sociaux tels que le harcèlement, l’exposition sur Internet, car ils préoccupent fortement les adolescents mais ne font paradoxalement que pas ou peu l’objet d’actions de prévention .

Laïla Idtaleb, Directrice adjointe d’Ipsos Santé , constate : « les adolescents impliqués dans cette initiative   ont partagé leur conviction qu’une prévention efficace nécessite des ingrédients clés : une mobilisation collective, une parole libre sur des sujets pouvant être difficiles et une bonne dose de solidarité pour aider les plus vulnérables à ne pas glisser. Dans notre étude, une frange de 10% d’adolescents avec une plus forte appétence au risque a été isolée. Nous avons aussi analysé à partir de notre baromètre Bien-être que les adolescents au niveau de bien-être faible sont aussi ceux qui sont le plus sur cette pente des risques. »

 Le bien-être des jeunes

Crise, chômage, difficultés sociales… Malgré ce contexte difficile, les adolescents continuent d’aller bien.

  • - 85% affirment pouvoir facilement parler avec leurs parents
  • - 85% savent à qui s’adresser en cas de difficultés personnelles
  • - 72% se sentent bien à l’école (contre 71% en novembre 2012)
  • - 45% disent se sentir souvent sous pression (contre 42% en novembre 2012).

A noter, une nette progression de la satisfaction personnelle des jeunes : 74% se disent cette année satisfaits de ce qui leur arrive dans leur vie, c’est 5 points de plus qu’en novembre 2012 et 7 points de plus qu’en janvier 2012.

Pour autant, les résultats de l’enquête Fondation Pfizer/Ipsos Santé indiquent une augmentation du mal-être chez les personnes vulnérables. 30% des jeunes témoignent se sentir souvent mal dans leur peau, soit 5 points de plus qu’en novembre 2012. Près d’un tiers des ados (30%) ont du mal à aller vers les autres (+1 point par rapport à novembre 2012).

« Ce mal-être vient certainement du miroir auquel les adolescents font face, à savoir celui des adultes. Ces derniers ont beaucoup de mal à accepter les changements. Dès que leur vie ne correspond pas à leurs désirs, tout semble s’effondrer. Et les jeunes sont réceptifs à cela », explique le Pr Philippe Jeammet.

* A lire : Etude quantitative ’’regards croisés d’adolescents, d’adultes et de seniors’’ réalisée par Ipsos Santé.

Adolescents et réseaux sociaux