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Notre-Dame des Landes s’enlise

Ecrit le 2 juillet 2014

Dans un communiqué du 16 juin 2014, le groupe Europe-Ecologie-Les-Verts parle d’abandon du projet d’aéroport à Notre Dame des Landes : « En effet, réuni ce lundi 16 juin, le Syndicat Mixte Aéroportuaire a voté une modification substantielle à son budget : suspension des versements du syndicat au concessionnaire Vinci et à l’Etat, aucun appel de fonds auprès des collectivités et un report de l’emprunt ».

Depuis le début, les élus écologistes dénoncent ’’le projet inutile et hypothétique de nouvel aéroport que les collectivités n’auraient jamais dû financer’’. Dans une période de difficultés budgétaires, les 32 millions d’euros déjà versés par les collectivités auraient été plus utiles ailleurs que dans les poches de Vinci. « Nous avions par ailleurs posé la question à plusieurs reprises : que faisaient AGO et l’Etat de l’argent versé par les collectivités devant le retard important pris par le projet ? A chaque fois la même réponse : nous exécutons la convention financière passée » indique Geneviève Lebouteux conseillère régionale EELV des Pays de la Loire et membre du Syndicat Mixte. Mais aujourd’hui, avec ce gel, la convention financière n’est plus respectée. « Dans ce cas, pourquoi ne pas aller jusqu’à dénoncer cette convention ? » demandent les élu-e-s écologistes.

De plus, le Syndicat Mixte vient d’approuver 65 000 euros supplémentaires pour financer notamment une expertise financière. « Serait-ce pour s’extirper à moindre coût de la réalisation de ce projet tant pharaonique qu’inutile ? ». Pour les élu-e-s écologistes – qui ont voté pour la suspension - « Ce gel est une bonne nouvelle. Le syndicat mixte revient à la raison et cesse la fuite en avant qui engageait les moyens publics de manière inconsidérée ». Il ne reste désormais plus qu’à franchir une étape supplémentaire : l’arrêt définitif de tous les financements pour le projet à Notre-Dame-des-Landes et, de fait, son abandon…


Ecrit le 2 juillet 2014

 Lettre ouverte

De Jacques Bankir, Consultant, ancien président de Régional Airlines
à Monsieur Dominique Bussereau

Monsieur le Ministre, vous avez été mon Ministre et j’ai eu le plus grand respect pour vous, alors que j’œuvrais à Nantes, à la fusion de trois compagnies françaises, pour construire Régional. Mais je viens de voir votre interview dans « Ouest France, Direct Politique » s’agissant de Notre Dame des Landes et elle m’a interloqué.

Non, l’aéroport de Nantes n’est pas dangereux. Pas plus qu’un autre. Le fameux incident de l’avion égyptien que vous avez évoqué et qui a tant servi aux promoteurs de NDDL est édifiant. L’erreur de pilotage est aberrante et peut se produire n’importe où. Heureusement les fautes de pilotage de ce genre sont rarissimes. Mais l’enquête, de notoriété publique, a mis en cause le manque de vigilance de la tour. On peut aussi évoquer l’équipement insuffisant de Nantes où l’on a gelé tout investissement sous le prétexte que l’aéroport doit déménager. Comme si l’on faisait tout pour convaincre l’opinion qu’il faut un nouvel aéroport.

Quant au Lac de Grandlieu, je suis ornithologue amateur. Et je sais que les oiseaux n’ont jamais été dérangés par les avions. Bien au contraire, l’existence de l’aéroport et l’utilisation privilégiée de la piste dans le sens qui fait passer les avions sur le lac et non sur la ville a un double avantage. Eviter le bruit des avions sur la ville (statistiquement dans 60% des cas), et préserver cette zone naturelle magnifique de constructions et immeubles. Car, disons-le, il semble bien que les calculs immobiliers font beaucoup dans cette affaire. On cimentera autour de l’ancien aéroport et sur une partie de son emprise avec tout ce que cela comporte comme conséquences sur le voisinage.

Peut-être prendrez-vous le temps de lire ce que j’ai pu écrire à ce sujet. Je ne suis ni un extrémiste, ni même un écologiste. Mais, en tant que professionnel, j’ai toujours été choqué par ce projet et par la manière dont le devoir de réserve, dans notre beau pays, parvient à laisser dans l’erreur des politiciens non avertis. Trop de consanguinité entre politiques, administration et grands industriels. On ne veut faire de peine à personne. Puis on s’entête, ne serait-ce que pour ne pas perdre la face.

Ce qui me frappe est, qu’en privé, je ne reçois que des encouragements de tous mes camarades de la profession qui, comme je l’ai fait trop longtemps, se taisent. Parmi eux, nombreux sont ceux que je n’ai plus vus depuis des années. Aucun professionnel sérieux et de bonne foi ne défend plus le projet.

Toulouse a réagi sainement en rejetant un projet tout aussi douteux. Il est vrai que c’est la gauche qui a entériné cette décision et qu’il s’agissait d’une lubie d’un ex-ministre de droite… mais la lettre du préfet qui entérine cette décision pourrait s’appliquer intégralement à NDDL.

  Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en mes sentiments les plus respectueux.
signé : Jacques Bankir


 Copain44 : Unis, déterminés

Le collectif ’’Copain’’ (dans un communiqué du 26 juin 2014) s’inquiète et dénonce la multiplication des arrestations, ces dernières semaines (plus d’une vingtaine de personnes). « Qu’elles fassent suite à la manifestation du 22 février à Nantes ou lors de manifestations antérieures ou futures, le but visé est et sera toujours le même : tenter de diviser le mouvement ».

Un paysan, Sylvain Fresneau, vient d’être relaxé en appel des faits qui lui étaient reprochés (il avait manœuvré avec son tracteur et sa remorque devant les gardes mobiles), l’Etat avait transformé l’attelage en port d’arme. « C’est au droit de manifester que l’on s’attaque et que l’on remet en question en criminalisant la résistance, qu’elle soit pour dénoncer un aéroport inutile, la ligne TGV Lyon-Turin, ou la ferme usine des mille vaches (72 heures de garde à vue pour un démontage), l’Etat parie sur la peur des opposants ». La multiplication des procès essaie d’asphyxier les mouvements par l’argent car aller devant la justice coûte très cher. Les militants anti OGM sont traînés systématiquement devant les tribunaux alors que l’Etat lui-même a déclaré les OGM illégaux. Les exemples de ’’deux poids deux mesures’’ ne manquent pas. Une dégradation de biens de quelques centaines d’euros se paie au prix fort, alors que le détournement de plusieurs centaines de milliers d’euros dans les caisses de partis politiques ou dans les caisses publiques, semble anodin et considéré comme un fonctionnement normal de la démocratie.

Si la justice applique deux mesures cela mène à des chemins nauséabonds. La lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes n’est pas terminée, le projet n’a pas été annoncé comme enterré même si des signes le donnent à penser. « Nous restons tous déterminés, forts de notre unité et riche de nos diversités, nous ne nous laisserons pas diviser par la répression policière et judiciaire ! ».