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Sarkozy et mise en examen

Ecrit le 9 juillet 2014

Certains s’en réjouissent, certains s’en scandalisent : un ancien président de la République gardé à vue puis mis en examen pour corruption active, trafic d’influence et recel de violation du secret professionnel. Rappelons, tout de même, que N. Sarkozy est lié à sept affaires :

L’affaire Tapie : en juillet 2008 un arbitrage a accordé 403 millions d’euros à Bernard Tapie pour régler son vioeux litige avec le Crédit Lyonnais au sujet de la vente d’Adidas. N.Sarkozy est soupçonné d’avoir fait pression sur sa ministre, Christine Lagarde, pour aboutir à cet arbitrage.

L’affaire Karachi : entre 1993 et 1995, Edouard Balladur et François Léotard auraient mis en place un circuit de rétro-commissions sur les ventes d’armes àl’Arabie Saoudite et au Pakistan, pour contribuer au financement de la campagne électorale de M. Balladur en 1995. Nicolas Sarkozy, ministre du budget, était porte-parole de M. Balladur. Les juges demandent son audition comme témoin assisté.

Financement libyen : selon le fils de Kadhafi, N. Sarkozy aurait reçu 50 millions d’euros pour sa campagne électorale de 2007.

Les sondages de l’Elysée : en juin 2007 la Présidence de la République a passé des contrats avec des cabinets d’études pour la réalisation de sondages. Ces contrats prévoient un versement annuel de 1,5 millions d’euros, plus 10 000 € de rémunération mensuelle. N. Sarkozy est soupçonné de favoritisme pour ce contrat passé sans appel d’offres.

L’affaire Bygmalion : une information judiciaire a été ouverte fin juin 2014 pour déterminer si l’UMP a financé de manière illicite la campagne présidentielle de N.Sarkozy. Une enquête pour détour- nement de fonds publics est aussi en cours concernant le financement d’un meeting de N.Sarkozy à Toulon fin 2011.

L’affaire Bettencourt  : par l’intermédiaire de l’ancien homme de confiance de Liliane Bettencourt, et de Eric Woerth, Nicolas Sarkozy a été soupçonné d’avoir bénéficié de la faiblesse de l’héritière de L’Oréal et d’avoir reçu des sommes illicites pour le financement de sa campagne électorale de 2007. Mis en examen, il a bénéficié d’un non-lieu. Son avocat Thierry Herzog a été cité aussi dans cette affaire.

A l’occasion d’écoutes sur le téléphone portable de N.Sarkozy (notamment sous son nom d’emprunt : Paul Bismuth), les juges découvrent que l’ancien président s’inquiète de la saisie de ses agendas lors de l’affaire Bettencourt, qui pourraient servir dans l’affaire Tapie.

Et voilà donc la septième affaire : les écoutes. La mise sur écoutes de N.Sarkozy dans l’information judiciaire ouverte en avril 2013 par le Parquet de Paris sur le financement occulte libyen, montrerait des liens étroits entre l’ancien président et des hauts fonctionnaires de la justice et de la police. N. Sarkozy a été mis en examen, ainsi que son avocat Thierry Herzog.

Pour Philippe Bilger, ancien magistrat qui s’exprime régulièrement dans Le Figaro : « J’ai toujours connu Me Thierry Herzog comme un excellent avocat, loyal et intègre, et si jamais l’information venait à concrétiser les présomptions qui ont conduit à sa mise en examen, j’y verrais, une fois de plus - depuis 2007, cela a été si fréquent dans l’entourage de Nicolas Sarkozy que la liste serait trop longue à mentionner - les incidences délétères de la personnalité de celui-ci sur ceux qui, à des degrés divers et sur des registres différents, ont dépendu de lui ».

Pour se défendre, N. Sarkozy a attaqué ... les juges, s’attirant cette réplique de Jean-Louis Debré : On peut contester ce qui vous est reproché, on ne conteste pas les fondements de la justice, parce qu’à ce moment-là on conteste la République. »

Voir aussi le point de vue de Philou et du Herveu

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