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Silence, on ne tourne plus

Ecrit le 9 juillet 2014

 Défense d’agir …

Même le vent, par compassion, évite de souffler trop fort, c’est vous dire. La France est immobile. Non. La France se fige dans l’immobilisme. Il ne s’y passe rien. Mais vraiment rien. Si, en cherchant bien, un ballon rond roule sur le tapis vert de nos télévisions. Mais c’est une autre histoire, qui se déroule d’ailleurs dans un autre pays ! Là-bas, la France poursuit l’aventure des quarts de finale (France-Nigéria:2-0),en attendant mieux.

Le ton est badin. Et l’heure ne cesse d’être grave. La France est frappée d’épuisement. Campé sur ses deux pattes dans le fumier, le fier coq est atone. Dans cette crise de langueur sirupeuse, toute initiative  , d’où qu’elle vienne, est aussitôt étouffée et fusillée sur la place publique.

Certes, par habitude, les contribuables contribuent (dans la loterie changeante de l’imposition), les sans-emploi chôment (un peu plus), les fonctionnaires fonctionnent (un peu moins), l’État dépense toujours autant (donc trop), la Dette admire ses bourrelets florissants (bientôt 2 milliards d’euros, enfin un chiffre rond !) , la Paperasse pèse toujours plus, les Experts de tous poils (conseilleurs mais surtout pas payeurs) engraissent et se multiplient à l’ombre, l’Hommus politicus se terre tant qu’il lui est possible et recule sans vergogne sur tous ses projets (prémisse de démission), la rigueur et l’austérité (impopulaires, mal-comprises) font claquer les verrous (nombreux), la misère et la précarité enflent et marchent main dans la main vers un avenir encore moins glorieux. Les (heureux) salariés avalent des couleuvres, et j’en oublie involontairement dans cette litanie immobile.

L’impôt prévu rentre mal, la croissance prévue par nos grosses têtes est déjà la risée de nos voisins et du FMI (Fonds Monétaire International). « La croissance ne croît pas, et le Français n’y croit guère ». Dans cet état d’épuisement de la Politique, il semble presque heureux qu’il ne se passe … rien. Et il ne se passe rien depuis trop longtemps, et ça risque de continuer. Un marin dirait ’pétole’. Où est passée la vraie motivation ?

  Naufrage politique

La France est en train de boire la tasse. Et c’est inquiétant parce qu’elle n’a pas le réflexe naturel de régurgiter immédiatement. Malade inconscient. C’est aussi très inquiétant parce que, dans l’œil calme du cyclone tournant, il est impossible de prédire la tournure des prochains mois, où la violence a toutes les chances de casser ses chaînes et de déferler. « Tout devient contestable, et est de fait contesté. »

Scrutons la sphère politique des décideurs. Le citoyen-votant, dans son profond désarroi, n’émet plus sa bénédiction automatique de béni-oui-oui à aucun des partis animateurs. Nos dinosaures, qui défendent leur joli pré, n’ont pas entendu l’éclatement de toutes les frontières hors d’âge. L’heure des barons est largement
dépassée, il est grand-temps d’ouvrir les fenêtres, de respirer un air pur.

Parce que la moindre lueur économique, la moindre surenchère politique illusoire peut déclencher le jaillissement de la forte étincelle sociale qui couve et se nourrit de l’injustice, parce que la colère gronde face aux projets avortés ou sans cesse amoindris, sans parler de ceux remis aux calendes grecques. Du haut en bas de l’échelle étatique, nos élus et leurs salariés sont bien trop rémunérés pour leur absence de courage (de couilles ?).

Le paysage politique, comme à l’unisson du pays, présente un chaos désertique, même s’il reste fort en gueule. Tel le chien qui aboie une fois l’alerte passée. Mais il ne se passe rien. Chacun compte les coups, panse ses plaies, dans l’oubli total du mandat électif de l’intérêt national, quand ce n’est au vil prix de sa propre dignité. Le bref éclat de vœux avortés, de demi-réformes peureuses, de projets repoussés rythme l’immobilisme. Un seul parti compte et re-compte les petits pois tombés dans sa marmite : Bleu Marine.

 Quand le flou fait colère

Le flou artistique (amateur ?) des intentions et l’insuccès des mesures prises conduisent le peuple à la crispation, voire à l’implosion. Les instances dites « représentatives » et désormais incapables se laissent déborder. Des nouveaux ’’groupes de pression’’ aux dents longues, sans bannières traditionnelles, montent sur scène. L’arbitre ou le modérateur semblent avoir déserté l’arène, alors qu’on les recherche. Nos voisins, proches ou plus lointains, rient sous cape et engrangent les contrats.

Les pieds sur terre, le citoyen français observe des milliards d’euros virtuels qui le survolent, alors que quelques dizaines réelles dans sa poche relanceraient toute la machine économique. Donc il pourrait frôler la zone rouge de l’énervement ou même de la légalité. Alors « le plus prévisible sera l’imprévu ».

Mais comment est-ce donc qu’on allume ce foutu réveil de mes deux ?

Signé : Pascal, de Blain