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De plus en plus de solitude

Ecrit le 16 juillet 2014.

[Etude de l’institut TMO Régions pour la Fondation de France auprès de 4007 personnes âgés de 18 ans et plus, entre le 8 janvier et le 4 février 2014].

Depuis 2010 l’isolement des Français s’est installé et accentué : ils sont désormais 5 millions, soit 1 million de plus qu’en 2010, à ne pas avoir de relations sociales.

En 2014, 1 Français sur 8, soit 5 millions de personnes, est seul. Ils sont un million de plus qu’en 2010 à ne pas avoir de relations sociales au sein des cinq réseaux de sociabilité (familial, professionnel, amical, affinitaire ou de voisinage).

1 Français sur 3 n’a accès qu’à un seul réseau social : fragilisé, il se trouve dans une situation d’exclusion potentielle sans en avoir conscience. Comparativement à 2010, la difficulté à diversifier les relations sociales est plus forte chez les plus jeunes (- 40 ans) et les plus âgés (+ 75 ans).

 Nos aînés de plus en plus seuls

De toutes les générations, celle des 75 ans et plus est celle qui a été la plus impactée par la montée des solitudes en France : 1 personne âgée sur 4 est seule (27 % en 2014 contre 16 % en 2010).
Chez les personnes âgées de 75 ans et plus, tous les réseaux de sociabilité s’affaiblissent (réseau amical, réseau familial, réseau de voisinage). En 2010, 59% n’avaient pas d’activité dans un club, une association, etc. Elles sont 64% en 2014.

Le phénomène est particulièrement visible et s’amplifie dans les grandes villes.
En parallèle la solitude s’aggrave chez les plus jeunes. Le phénomène touche les 18-29 ans, jusque-là préservés et chez les moins de 40 ans la solitude a doublé en 4 ans (7 % en 2014 contre 3 % en 2010).

 Où sont passés nos voisins ?

36 % de Français n’ont pas ou peu de contact avec leurs voisins (contre 31 % en 2010) au delà des relations de politesse. La majorité d’entre eux (52 %) exprime une difficulté grandissante à se faire des amis dans son quartier, à organiser des moments conviviaux entre voisins (56 %) ou tout simplement à connaître des gens et à discuter avec eux.

 Les réseaux sociaux

Les personnes qui ont construit l’essentiel de leurs liens sociaux sur un réseau unique sont particulièrement fragiles. Elles disposent de peu de ressources ou de leviers pour faire face aux accidents de la vie. Divorce, déménagement, décès, licenciement, maladie, handicap… conduisent alors à la solitude.

La progression du nombre de personnes n’ayant qu’un seul réseau, s’observe en particulier chez les inactifs, les bas revenus et les moins de 40 ans :

Pour la moitié d’entre eux, ces mono-réseaux ont en commun d’avoir connu une dégradation significative de leur niveau de vie au cours des deux dernières années (42% déclarent que leur situation économique s’est dégradée depuis deux ans). Ce résultat pose d’emblée la question des incidences de la crise sur la capacité des individus à diversifier leur vie sociale.

Ce risque est particulièrement fort pour les personnes n’ayant que le réseau amical ou le réseau professionnel . Ces réseaux restent plus fragiles et très sensibles aux ruptures biographiques.

Les réponses de la Fondation de France :

1000 projets contre
la solitude

Quand la famille, les amis, les voisins ne sont plus présents, il reste un tissu de proximité qu’il faut en priorité activer et soutenir : les petites associations qui sont au plus près des besoins des personnes vulnérables et qui œuvrent au quotidien pour identifier et répondre aux situations difficiles et redonner une place aux personnes exclues.
Elles agissent dans les domaines de l’emploi, de l’habitat, du handicap, de l’enfance, du grand âge, de la maladie psychique, etc.

Les projets soutenus réunissent deux conditions nécessaires à la reconstruction du lien social :
– ils placent la personne au centre des actions qui la concernent, afin qu’elle se sente de nouveau « utile », qu’elle retrouve sa place parmi les autres et qu’elle reprenne sa vie en main avec confiance et dignité.
– ils s’inscrivent dans le quotidien et dans la durée, car la solitude est un mal de tous les jours qu’aucune initiative   ponctuelle ne peut enrayer.

 Exclusion

1 Français sur 10 se sent soit exclu, soit abandonné, soit inutile, mais ce sentiment n’est pas directement lié à l’état objectif de solitude. Il concerne en effet 10% des personnes qui disposent d’un ou deux réseaux relationnels.

L’étude 2014 témoigne de l’affaiblissement des grands réseaux de proximité :

Quelques exemples
d’initiatives soutenues :

  • - les cafés sociaux, lieux d’échange et d’animation à portée de tous, avec une libre participation selon les moyens. Ils réunissent toutes les générations, proposent concerts, conférences, ateliers pour les enfants, ciné-goûter, vente de produits locaux…et deviennent ainsi de véritables lieux de vie et de lien. [Dans la région de Châteaubriant le café associatif s’est arrêté ...]
  • - les jardins partagés rassemblent les habitants d’un quartier autour des plaisirs du jardinage tout en améliorant leur lieu de vie en réhabilitant les parcelles ou les espaces en friche. [Dans la région de Châteaubriant, l’association Rencontres   fait cette activité]
  • - les ludothèques et les animations culturelles itinérantes amènent la culture au plus près des populations et leur offrent des occasions de se réunir ;
  • - l’auto-réhabilitation de l’habitat permet de rénover son chez-soi grâce à une entraide, une coopération entre propriétaires en grande difficulté qui mutualisent leurs savoir-faire ;
  • - le co-voiturage solidaire consiste à accompagner bénévolement des personnes où elles le souhaitent et parfois même à les aider dans leurs démarches [Le RAP   au Petit-Auverné, propose un transport solidaire  ]
  • ► 4 Français sur 10 n’ont pas de contact avec leur famille au-delà de quelques rencontres   annuelles (39% en 2014 contre 33% en 2010).
  • ► 1 Français sur 4 n’a pas de relations amicales soutenues (25% en 2014 contre 21% en 2010).
  • ► Près de 4 Français sur 10 n’ont pas n’ont pas ou peu de contacts avec leurs voisins (36% en 2014 contre 31% en 2010).

Le réseau professionnel et le réseau affinitaire restent stables ces 4 dernières années.
Mais plus d’1 Français sur 2 (60% de la population) n’a pas d’activité sociale au sein d’associations (culturelle, sportive, de loisirs, caritative…).

 Les réseaux virtuels

Les réseaux virtuels ne compensent pas le manque de réseaux physiques

L’étude révèle que 80% des personnes en situation d’isolement objective ne compensent pas leur solitude en investissant les réseaux sociaux virtuels (qui restent l’apanage des personnes disposant d’un capital social important).

 La solitude s’installe en ville

Depuis 2010, le taux de personnes isolées reste relativement stable en zones rurales
(11 % en 2014 contre 9% en 2010) mais il s’accentue dans les villes (13% de personnes isolés en 2014, contre 8% en 2010).

La situation est plus dégradée dans les zones d’habitat social : 15% des personnes qui y résident sont seules contre 11% des personnes résidant sur le parc privé. Les hommes résidant sur le parc social sont plus exposés à la solitude que les femmes (18% contre 13%). La présence d’enfants au domicile apparaît comme le principal facteur explicatif de cette meilleure intégration des femmes.

 Solitude et pauvreté

L’étude témoigne de la prégnance des inégalités sociales en matière d’isolement et de l’impact majeur de la pauvreté. Développer son cercle amical, s’inscrire dans un réseau associatif, développer des relations dans le cercle professionnel ou dans le cadre familial sont des gageures pour les personnes ayant de moindres ressources.

 Solitude et emploi

Entre 30 et 60 ans, le fait d’accéder ou non à l’emploi est déterminant pour l’intégration sociale de la personne. Cependant 1 personne en emploi sur 5 n’est pas en capacité de construire des relations sociales dans le cadre de son travail,

L’incidence du chômage est particulièrement forte entre 50 et 59 ans : 29% des demandeurs d’emploi de plus de 50 ans sont seuls (contre 12% en moyenne sur l’ensemble de la population). Leurs difficultés se sont fortement accentuées en un an.

La Fondation de France soutient les nouveaux collectifs de travail ou d’emploi pour répondre à la précarisation du travail, créer des emplois, accompagner l’insertion professionnelle, introduire de la solidarité et de la mutualisation des savoir-faire.

Parmi les initiatives soutenues dans ce domaine :

  • ►- les coopératives d’activité et d’emploi conseillent, accompagnent des personnes
  • souhaitant créer leur propre activité, et donc leur propre emploi, mais dans un cadre coopératif et collectif qui permet de mutualiser les conseils et les outils, mais aussi les risques ;
  • ►- les groupements d’employeurs salarient des personnes et les mettent à la disposition de leurs adhérents employeurs. C’est un moyen efficace de sécuriser les emplois des personnes, qui n’ont ainsi qu’un seul employeur, et d’organiser au mieux l’alternance entre leurs différentes missions pour recréer des emplois de qualité ;
  • ►- les modes de garde adaptés à des horaires de travail atypiques en milieu rural permettent à de nombreuses mamans de ré-envisager sereinement un retour à l’emploi ;
  • ►- les garages solidaires offrent la possibilité de se procurer une voiture à un prix abordable dans des zones où avoir une voiture est une condition indispensable pour aller travailler. [Ler garage solidaire de Châteaubriant-Nozay a fermé]

 Solitude et handicap

La perte d’autonomie, la maladie, jouent de manière très négative sur le maintien ou le développement de la vie sociale. Les personnes déclarant souffrir d’un handicap physique invalidant sont près de deux fois plus exposées à l’isolement relationnel qu’en moyenne (22% contre 12%). Le handicap ou la perte d’autonomie, est cité dans 10% des cas comme à l’origine de la solitude.

L’impact du handicap est d’autant plus fort que les personnes en perte d’autonomie sont souvent confrontées à la pauvreté

La cause des personnes âgées a toujours été au cœur des préoccupations de la Fondation de France. Parce que l’adaptation de la société au vieillissement, la prise en compte du territoire et du parcours de vie de chaque individu participent au bien vieillir, la Fondation de France s’engage auprès des personnes âgées fragiles en soutenant des projets qui maintiennent ou créent des liens sociaux. Parmi les initiatives soutenues :

  • ►- des services d’activités itinérantes en milieu rural pour personnes âgées [Le service Un jour part’âgé existe dans notre région, mais pour combien de temps ?]
  • ►- l’habitat intergénérationnel, permet aux personnes âgées disposant d’espace chez elles d’accueillir un jeune [Exemple avec les foyers de jeunes travailleurs de Châteaubriant et Nozay]
  • ►- des services de transport à la demande et à domicile, adaptés aux personnes à mobilité réduite leur donnent la possibilité d’entretenir leurs relations sociales ;
  • ►- des ateliers-internet permettent aux anciens de rester en contact avec leur famille parfois éloignée et leur ouvrent une nouvelle fenêtre sur le monde ;
  • ►- de nouvelles formes d’habitat coopératif avec des espaces collectifs, pour des petits groupes de seniors (55 à 80 ans) qui ont décidé de prendre ensemble leur destin en main et veulent éviter les maisons de retraite. [il existe des foyers de ce type à Châteaubriant]

La solitude est une question à ne pas négliger. Il appartient aux municipalités de soutenir tous les projets allant dans le sens du maintien ou de la création du lien social.