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SNCF et Politique du chiffre

Ecrit le 16 juillet 2014

Cette semaine les journaux ont tous rappelé la catastrophe du train qui a déraillé en gare de Brétigny-sur-Orge il y a un an. Il est vrai que le bilan fut lourd : sept morts et soixante et un blessés. Toutefois ces mêmes journaux relayaient en masse les plaintes des usagers de trains lors des grèves du mois dernier sans toujours prendre le temps d’expliquer les réels enjeux des revendications. Si les usagers sont lassés des grèves, ne seront-ils pas lassés des accidents et ou retards liés au mauvais entretien des lignes ?

Le rapport des expertEs mandatéEs par les magistratEs pour enquêter sur ce drame est tombé le 25 juin (juste après le mouvement de grève). Il y est indiqué que « le processus ayant abouti à la désagrégation complète de l’assemblage s’est étalé sur plusieurs mois et a concerné l’ensemble de l’appareil de voie incriminé, sur lequel ont été relevées plus de deux cents anomalies de divers degrés de criticité ». Des anomalies qui, notent-ils, « étaient connues de la SNCF ou de ses agents, sans pour autant qu’il y soit remédié de façon adéquate ».

Seraient-ce encore ces fainéantEs de cheminotEs qui ne seraient pas capables de bien faire leur travail ? « Les cheminots sur le terrain sont aussi les victimes de ces politiques du chiffre, la fédération SUD-Rail tient à préciser que la dégradation de l’entretien du réseau ferré est la conséquence des politiques com- plices des gouvernements successifs et actuels, de la direction de la SNCF et de RFF (Réseau Ferré de France, principal gestionnaire des infrastructures ferro- viaires) depuis 1997 ! ...Il faut tirer les bonnes conclusions de ce drame, il est hors de question que le discrédit soit jeté sur les cheminots qui travaillent dans des conditions difficiles. Ce sont les directions de la SNCF et de RFF, à leur plus haut niveau, qui doivent assumer, la respon- sabilité de leurs politiques qui ont conduit à cette catastrophe ! »

Suite à l’accident, la direction de la SNCF avait promis davantage de contrôles pour la sécurité des usagers. Pourtant en 2014, il y a encore eu 2500 suppressions de postes, des restructurations... Ainsi, les cheminots ne défendaient pas leurs simples intérêts mais aussi l’intérêt collectif, point de vue que TF1 a depuis longtemps oublié.

Restant sur le même intérêt collectif, « La Fédération SUD-Rail réaffirme la né- cessité d’une réintégration du système ferroviaire au sein d’une SNCF, une et indivisible, contrairement au projet de loi actuellement en débat au Sénat. Séparer l’exploitation de l’infrastructure ne fera qu’accentuer le cloisonnement des acti- vités et les relations comptables, très éloignés des besoins de sécurité ferroviaire. Effacer la dette du ferroviaire : En 1997, la SNCF a été brisée et RFF créée au prétexte de la situation financière de la SNCF. Depuis, ces décisions ont été validées par tous les gouvernements et les ministres chargés des Transports successifs, souvent en invoquant cette même raison. En 2014, gouvernement et Direction font la même politique, à ce stade, ce n’est plus une erreur, mais bien un choix de casse industrielle et de libéralisation des chemins de fer ! » La CGT rappelle aussi que la SNCF développe la sous-traitance et multiplie les filiales pour la maintenance, ce qui engendre une perte de savoir-faire des gestes du métier.

En dix ans il y a eu trois présidentEs de la SNCF différentEs. Certes ils ont fait de grandes études à Paris, mais cela ne remplacera pas des dizaines d’années de transmissions et de savoirs entre les travailleurs. Suite à l’accident les syndicats avaient demandé une réunion. Elle leur a été refusée.

Signé : PL