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Thérèse Bodier raconte le 4 août 1944

Ecrit le 16 juillet 2014

1944, Thérèse Bodier réside au 12 avenue de l’Aubinais à Châteaubriant. Elle se souvient d’un 14 juillet des années 1941-42 : « J’étais petite fille, la couturière m’avait fait une robe rouge dans du tissu à doublure. Mes amies et moi, nous étions très fières de porter nos chères couleurs françaises, avec des regards arrogants pour l’Occupant ! »

Thérèse Bodier, à 16 ans 1944, Thérèse Bodier a 16 ans. Elle se souvient de la Libération. « Lors du bombardement de Châteaubriant, le 7 juin 1944, le passage à niveau de la Ville en Bois, à Châteaubriant, a été touché. Les bombes sont tombées dans le champ de M. Toulou, entre la maisonnette du garde-barrière (M. Boitel) et la maison de Maman, 12 chemin de l’Aubinais. Maison si endommagée que nous ne pouvions plus y loger. Le grand mimosa, plus haut que la maison, avait même été coupé au pied ! Aussi, le soir même, Maman et moi avec des brouettes chargées, (et sur ma brouette la petite Françoise Picaud qui résidait plus haut, près de la ferme de l’Aubinais), nous sommes allées nous réfugier à la ferme de la Essendière (route d’Issé) à cinq kilomètres de là. Nous dormions dans le grenier à grains ainsi que la famille Picaud et une autre famille de la rue Cambronne, en compagnie des rats qui, un matin, m’avaient grignoté un soulier et percé une jupe. Chaque jour je faisais cinq kilomètres à pieds le matin, et autant le soir, pour aller au garage Citroën Cavalan, en face de la mairie, où j’étais secrétaire.

Je me souviens : Du grenier à grains où nous étions réfugiés, à la ferme de la Essendière, le 4 août 1944, vers 4 h du matin, je suis réveillée par un roulement sourd et lointain du côté de la route de St Nazaire.

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À 6h30, comme d’habitude, je me prépare pour partir, à 7h30, vers le garage Citroën. Arrivée à hauteur du ’’Chêne de la Bonne Vierge’’, sur la route d’Issé, je vois arriver, au loin, un char couleur kaki. ’’Ils sont là’’ ces Libérateurs que nous espérions depuis si longtemps. Mon cœur tremble d’émotion et de joie. Le char fait demi-tour et retourne vers la ville. J’arrive au Carrefour de la Ville en Bois : que de chars et soldats GI’s !

Je descends la côte pour aller chez nous, au 12 chemin de l’Aubinais. Les barrières du chemin de fer sont fermées devant le premier char. Je passe par le portillon. Arrivée à la maison, je constate qu’elle est plus détériorée qu’avant et, dans le jardin derrière la maison, le grand noisetier est complètement cassé. J’ai appris par la suite qu’il y avait eu un combat entre Allemands et Américains.

Je fais le tour du quartier, le cœur battant, en compagnie de Louis Boitel (le fils du garde-barrières). Un Allemand gît, mort, là où se trouve maintenant la plaque ’’Place des Alliés’’. Louis me dit que cet Allemand avait lancé une grenade contre un char GI’s et a été fauché, en retour, par une salve de mitraillette. Un autre Allemand est mort aussi en bas de la rue Anne de Bretagne, dans le champ de M. Bourdel.

Ensuite je remonte vers la voie ferrée, barrières toujours fermées et je parle avec l’officiel américain à côté du premier char, lorsque, au loin devant la maison Bourgine, au 68 rue de Nantes (qui est maintenant : rue de la Libération), arrive un camion allemand à vive allure, avec un drapeau blanc à l’extérieur. Prudent, l’officier américain me donne un ordre : ’’derrière le char !’’. Heureusement car, arrivé au niveau de l’avenue de l’Aubinais, le camion allemand tire. Le char américain riposte. Le camion allemand explose, les occupants volent de partout, déchiquetés. A côté de moi l’officier américain est mort.

Je fuis alors, de char en char, jusqu’au carrefour de la Ville en Bois En face de la route d’Issé, un soldat en uniforme français me crie : « Couche-toi dans le fossé ! ». Je plonge. Fils électriques, pierres et terre tombent de partout.

Thérèse Bodier, à 86 ansQuand le calme revient, je me relève et je regarde ce militaire français. Surprise ! C’est mon frère André Bodier ! Il part avec ses hommes F.F.I et moi je regagne la Essendière pour y porter les nouvelles.

Je me souviens .... l’après-midi je suis revenue et, avec Louis Soulis (le fils du notaire, membre de la Défense passive), qui avait un camion et un cercueil, nous avons ramassé les Allemands morts pour les déposer au cimetière. Le jeune Allemand mort du champ Bourdel n’avait plus ses bottes.

Je me souviens .... le 6 août 1944, ce fut un grand défilé d’émotion et de recueillement vers la Carrière des Fusillés. J’avais l’honneur de porter la gerbe des FFI.

Signé : Thérèse Bodier (-Praetze)

70e anniversaire

Samedi 2 août 2014

  • ►- 11h30 : exposition ’’Combats dans le ciel breton’’ sous le Marché Couvert  . Diorama géant (échelle 1/48e) avec maquettes d’avions, bâtiments, figurines et autres accessoires et environnement sonore et visuel plongeant le public dans l’atmosphère de l’aviation militaire durant le conflit.
  • ►- A partir de 14h : au parc des expositions de Châteaubriant- Béré, bivouac et campement militaire américain. Exposition d’une quarantaine de véhicules militaires (GMC, Half-track, Dodge, Jeep, motos…), de tentes et matériels divers, en présence de personnages en tenues militaires
  • ►- A 18h : démonstration : véhicules chenillés et char Sherman de 35 tonnes
  • -► A partir de 20h30 : bal de la Libération et buffet dînatoire à la Halle de Béré  . Inscriptions à l’Office de Tourisme  . Tarif : 12 € (hors boissons). 02 40 28 20 90

Dimanche 3 août

  • ►- 12h : Chant des Partisans et Hymne à la Joie par la Chorale de Châteaubriant et des Marches de Bretagne (parvis de l’église )
  • ►- 15h, défilé de véhicules militaires en centre-ville (Circuit : bd de la République, place de la Motte, rue Aristide-Briand, place Ernest-Bréant). A l’issue du défilé, les véhicules militaires stationneront autour de la place Ernest-Bréant.
  • ►- Sur la place Ernest Bréant : exposition sur les lieux de mémoire de la Libération à Châteaubriant.

Lundi 4 août

  • ►- A partir de 11h, défilé de véhicules militaires (Départ du parc des expositions Châteaubriant vers la rue Brient 1er et la rue Alsace-Lorraine).
  • ►- 11h30, cérémonie officielle au rond-point des Alliés - puis défilé des véhicules militaires jusqu’à l’Hôtel de Ville (rue de la Libération, rue de la Barre, place de la Motte, rue Aristide-Briand).
  • ►- 12h, place Ernest-Bréant : remise d’un fusil de la Libération et aubades de l’Harmonie Municipale

NOTES:

Notes :

Pourquoi GI’s ?

La loi militaire aux Etats-Unis stipule que toutes les fournitures militaires, comme les lits, les uniformes et les armes appartiennent au gouvernement et portent donc la mention ’’Governement Issue’’.
Les soldats américains ont adopté l’expression, indiquant que finalement, eux aussi appartiennent au gouvernement, donc sont des Governement Issue. (GI)

FFI  : Forces Françaises de l’Intérieur.

M. Toulou était marchand de bestiaux, son épouse tenait un café place de la Motte. M. Bourdel était aussi marchand de bestiaux.