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Le massacre de Gaza

Ecrit le 13 août 2014.

Gaza, une étroite bande de terre, 41 km de long (moins que de Châteaubriant à Nantes), largeur 6 à 12 km (comme de Châteaubriant à St Aubin des Châteaux). Sur cette terre de 360 km2, vivent 1,8 millions d’habitants, soit 4800 habitants au km2. C’est comme si Châteaubriant comptait 160 000 habitants.

Ce territoire est étroitement contrôlé par Israël, une prison à ciel ouvert avec, côté terre, une clôture doublée d’un no-man’s land et d’une zone tampon, et côté mer, une surveillance par des navires israéliens et des zones interdites et interdiction pour les Palestiniens d’aller au-delà de 5 km dans la mer. Pour sortir de la bande de Gaza, deux points de passage seulement, un au nord et l’autre au sud de la bande. Ainsi Gaza est à la fois sous occupation israélienne et sous contrôle israélien. Israël contrôle en effet l’espace aérien, les eaux du territoire, la sphère électromagnétique, le registre de la population et les mouvements de tous les biens et personnes. De plus, un ’’blocus’’ existe depuis 2007, paralysant l’économie et conduisant à de fréquentes pénuries des biens de base.

  Deux territoires séparés ne peuvent faire un pays

Gaza et la Cisjordanie sont des territoires qu’Israël n’a pas annexés mais qu’il contrôle étroitement. Deux territoires sans continuité. Que doivent faire les Palestiniens ? Se soumettre ? C’est-à-dire disparaître car, non content de leur avoir pris des terres, d’avoir enfermé une partie de la population dans des camps de réfugiés, Israël lance régulièrement des opérations de colonisation sur les terres palestiniennes et refuse obstinément le droit, pour les Palestiniens, de disposer d’un Etat. Dans cette poudrière sans issue, la moindre étincelle provoque des déflagrations.

Trois étudiants israéliens ont été enlevés le 12 juin alors qu’ils faisaient de l’auto-stop. Leurs corps ont été retrouvés le 30 juin au nord de Hébron, en Cisjordanie. Crime imputé aux Palestiniens, mais sans preuves. Bon prétexte : alors les Israéliens ont lancé une attaque meurtrière, non pas sur la Cisjordanie (où aurait eu lieu le crime), mais sur la bande de Gaza. [parallèlement, un enfant palestinien a été enlevé et brûlé vif par des extrémistes juifs, tiens on l’a déjà oublié celui-là !]

Pour résister à la colonisation israélienne, les militants du mouvement ’’Hamas’’ tirent des roquettes depuis Gaza sur leurs voisins israéliens. Le site internet de l’armée de défense d’Israël (Lire ici ) fait état de plus de 14 800 roquettes et obus de mortier tirés depuis 2001 (en moyenne 3 roquettes par jour), mais n’évoque pas le nombre de morts ou de blessés. (bizarre !). Et surtout ne montre pas la réalité : à savoir que ce sont les attaques d’Israël qui provoquent une recrudescence de tirs de roquettes, exemple en 2012 juste après l’assassinat, par Israël, du chef paslestinien Ahmad Jaabari (qui, c’est un comble, négociait des accords de paix avec Israël !). En tout cas, Israël se sent en insécurité et cela justifie, pour elle, toutes les attaques. Canons, tanks, avions, drônes, F16, troupes à pieds contre des roquettes : la disproportion est flagrante.

Du 8 juillet 2014 au 5 août 2014, le bilan des tués et blessés est effrayant : L’ONU estime que 1 814 Palestiniens ont trouvé la mort. Sur les 1 527 corps qui ont pu être identifiés figuraient une immense majorité de civils (1 312). On parle aussi de quelque 9500 blessés en Palestine, (et 67 morts côté israélien) et 270 000 personnes déplacées dans ce territoire de Gaza qu’elles ne peuvent quitter. Après quatre semaines de conflit, l’étroite bande de terre est au bord d’un désastre humanitaire sans précédent : une dizaine d’hôpitaux ont été endommagés par des bombardements, aggravant le bilan des victimes.

Des rues entières ont été rayées de la carte. Le 29 juillet, le bombardement de l’unique centrale électrique de Gaza a ajouté une nouvelle plaie aux calamités du territoire palestinien. La distribution d’eau dans les maisons a été quasiment coupée, faute d’énergie électrique pour faire fonctionner les systèmes de pompage. Les Gazaouis errent des journées entières, jerrican à la main, à la recherche des quelques camions-citernes distribuant de l’eau saine. Selon les Nations unies, plus de 50 000 Gazaouis ont perdu la totalité de leur maison, auxquels il faut ajouter 30 000 autres personnes dont le logement est considéré comme inhabitable.

  Décadence humaine

La machine de propagande d’Israël, prétend que ces Palestiniens voulaient mourir (« culture du martyre »), qu’ils ont mis en scène leur propre mort (« morts télégéniques ») ou qu’ils ont été les victimes tragiques de l’emploi par le Hamas de « boucliers humains ». La puissance militaire est en train de reprocher aux victimes leurs propres morts, de les accuser de dévaloriser la vie, et d’attribuer ce mépris à une décadence culturelle voire humaine.

Israël prétend que le Hamas cache ses armes dans les maisons, mosquées et écoles. En dépit de ses croquis et plans militaires, Israël n’a toujours pas prouvé cette allégation. Les deux cas où le Hamas a effectivement stocké des armes dans des écoles de l’UNRWA, ces écoles étaient vides. L’UNRWA a découvert les roquettes et a condamné publiquement la violation de son intégrité.

Quel est l’objectif final d’Israël ? La solution serait de détruire la bande de 360 km2 de terre et d’attendre que la communauté internationale accepte cette perte catastrophique comme fortuite ! Ceci n’est possible que dans le cadre et l’acceptation de la déshumanisation de la vie palestinienne. En dépit de l’absurdité de cette proposition, c’est précisément à cela que la société israélienne exhorte sa direction militaire.

  D’anciens soldats dénoncent

Alors que l’opinion israélienne soutient le gouvernement Netanyahou, malgré les pressions internationales, d’anciens soldats du pays dénoncent les méthodes de l’armée de Tsahal. Choqués par ce qu’ils ont vu faire et ce qu’on leur a demandé de faire, ces anciens soldats se sont réunis au sein d’une association pour dénoncer les abus de leurs anciens frères en armes et l’occupation des territoires palestiniens.

Considérés comme des traitres dans leur pays, ces soldats se défendent de détester leur pays, et affirment qu’une paix durable ne peut se construire en brimant et en occupant les terres des voisins palestiniens. Même s’ils condamnent clairement le Hamas, ils reprochent à leur pays le fait de ne pas se remettre en question. 

De son côté le journaliste israélien Gidéon Lévy (lire ici) explique : « Le véritable contexte de cette guerre a été la fin des négociations de paix en avril, la mise sens dessus dessous de la Cisjordanie après l’enlèvement de trois jeunes Israéliens le 12 juin, les obstacles mis à l’accord de réconciliation interpalestinien et surtout sept ans de siège à Gaza. « Si les Palestiniens ne lancent pas de roquettes, personne ne parle de Gaza et ne s’en préoccupe. C’est une cage. Même lors des négociations de paix, ils ne parlent que de la Cisjordanie », pointe-t-il. « Vraiment, je n’aime pas le Hamas, mais tout ce qu’il demande c’est que le siège soit levé. »

  La Trêve ou la Paix ?

Une trêve oui, mais c’est la Paix qu’il faut, construite sur des bases durables. Le Hamas ne peut accepter le statu quo ante.qui asphyxie ce territoire et conduit ses habitants au désespoir. Il y aura donc encore des morts. Lors d’une manifestation qui a eu lieu à Nantes, le 9 août, un certain nombre d’associations, dont le Comité Palestine Israël du Pays de Châteaubriant  , ont affirmé leur soutien à la résistance du peuple palestinien et demandé :

  • - Levée
 du 
blocus 
de 
Gaza

  • - Libération 
de 
tous 
les 
prisonniers
 politiques

  • - Sanctions 
immédiates
 contre 
Israël 
jusqu’au 
respect
 du 
droit 
international


Bilan au 3 septembre 2014 : Cinquante jours, 2 143 morts côté palestinien, 71 côté israélien... La guerre menée cet été dans la bande de Gaza a provoqué un lourd bilan humain mais aussi un coût important pour l’armée israélienne : 2,5 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros), a révélé le ministre de la défense israélien, Moshe Yaalon, mardi 2 septembre.


Ecrit le 10 septembre 2014

 Trois en un, le 27 septembre 2014

Samedi 27 septembre à St Vincent des Landes

Le Comité Palestine Israël Méditerranée du Pays de Châteaubriant   invite à cette soirée le samedi 27 septembre, 20h00 à l’Espace Campagn’art SAINT-VINCENT-DES-LANDES.

Création collective interprétée par ses auteurs : Raed Shyoukhi, Mohamed Titi, Ihab Zahdeh. Venus au « Théâtre » après des expériences professionnelles diverses, les trois comédiens s’interrogent sur sa signification dans une société qui ne reconnaît pas la valeur de cet art, sur leur combat pour le faire admettre dans la cité et dans leur vie. En séances de répétitions, dans les transports en commun, dans leur foyer, à la ville et sur scène, les protagonistes exposent les questions qui affluent :

« Pourquoi ce métier que nous aimons, le théâtre, nous est-il interdit ? Nous respectons les choix des autres, pourquoi ne respectent-ils pas le nôtre ? Où est notre liberté ? Fiers de notre choix mais blessés par ce rejet et cette incompréhension, l’exil serait-il une solution ? ».

En Palestine, l’oppression envahit tous les espaces : territoriale, militaire, culturelle, douanière, économique et sociale. « 3en1 » en témoigne. Dans une mise en scène fine et ingénieuse, les lieux, les objets et les comédiens se transforment pour donner vie à ces confrontations, ces peurs, ces joies et ces douleurs : on rit, on est ému, ébranlé par ce spectacle intimiste et universel.

Durée : 1h00, Public à partir de 14 ans, Tarif : 10 euros, gratuit en dessous de 16 ans. Rens. 02 28 04 08 57


Ecrit le 8 octobre 2014

 Abu Yazan

« Merde au Hamas. Merde à Israël. Merde au Fatah. Merde à l’ONU, Merde à l’Amérique ! Nous, les jeunes de Gaza, nous en avons marre d’Israël, du Hamas, de l’occupation, des violations permanentes des droits de l’homme et de l’indifférence de la communauté internationale ». Ainsi commence le manifeste Gaza Youth Breaks Out dont Abu Yazan, jeune militant politique gazaoui est l’un des co-fondateurs. Cette organisation de jeunes Palestiniens appelle à une unité nationale contre l’occupation israélienne.

Durant les 51 jours de l’opération militaire « barrière protectrice » menée par l’armée Israélienne sur la Bande de Gaza et qui a tué plus de 2100 Palestiniens, entre le 8 juillet et le 26 août 2014, Abu Yazan a temoigné au jour le jour par le biais de Facebook, sans langue de bois ni concessions, avec une très grande ouverture d’esprit et beaucoup d’humanisme, de la vie des Gazaouis sous les bombardements israéliens. Il a su critiquer le Hamas quand il estimait que c’était nécessaire et reconnaître son rôle incontournable dans la résistance palestinienne. Il a pu quitter Gaza en septembre pour poursuivre ses études de chirurgie en Allemagne.

« Je suis un jeune Palestinien et si ma vie est un livre de 1000 pages, la joie prend deux lignes et le reste est souffrance. Je suis né durant la 1re intifada, j’ai grandi pendant la seconde et vécu des guerres les unes après les autres. On m’a tiré dessus deux fois, j’ai été arrêté, humilié de nombreuses fois. J’ai vu toutes sortes de morts et de destructions durant les 27 ans de ma vie et j’ai vu des gens souffrir, et être privés des besoins élémentaires (…..). Mon rêve c’est la paix, la liberté, une vie normale même de courte durée. Juste une pause si on peut appeler cela comme ça. (……)

CA SUFFIT ! CA SUFFIT !! Assez de peine, assez de larmes, assez de souffrances, de contrôles, de limitations, de justifications injustes, de terreur, de tortures, d’excuses, de bombardements, de mal au cœur, de politiques dérangées, de politiciens fanatiques, de conneries religieuses, assez d’incarcérations ! » Lire le site gazayho

« Nous n’en pouvons plus d’être piégés dans cette confrontation politique permanente, et des nuits plus noires que la suie sous la menace des avions de chasse, et des paysans innocents qui se font tirer dessus quand ils vont s’occuper de leurs champs, et des barbus qui se pavanent avec leurs flingues, et du mur de la honte qui nous coupe du reste de notre pays ».

M. Abu Yazan viendra témoigner le 16 octobre à 20h30 au Bar La Charrue, Rue de Couëré à Châteaubriant. 02 44 05 11 72