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Contournement Ouest

Page 446. Commencée le 29 mars 2001
Mise à jour le 22 septembre 2004 .
Voir aussi page 1676 et page 1857

 Contournement Ouest

Le Conseil Municipal du 29 mars 2001 (le premier de la municipalité Alain Hunault) a pris une délibération symbolique : lancer le « contournement ouest » de la ville, pour éviter aux riverains de la rue du Bois-Péan et de la Rue Alsace Lorraine, le dérangement, réel, dû aux quelque 500 poids lourds qui y passent journellement.

La nouvelle municipalité semble affirmer ainsi sa volonté d’agir sur ce dossier. Mais annonce ne veut pas dire réalisation. Remontons un peu dans le passé, assez loin il est vrai.

Première phase : Xavier Hunault

Le plan d’urbanisme de la Commune de Châteaubriant, établi en 1962 à l’initiative   du maire Xavier Hunault, et qui a fait l’objet d’un arrêté préfectoral du 2 mai 1969, a prévu un boulevard à l’ouest de l’agglomération. Dix ans plus tard, le 6 février 1979 : l’ingénieur des travaux publics de l’Etat (DDE), Monsieur Le Bec, évoque un projet de « Boulevard Ouest » reliant la route de St Nazaire à la route de Vitré. Il parle de 8 km de déviation, à 2 500 000 F le kilomètre, ce qui représentait à l’époque 20 millions de francs.

Le Conseil Municipal de Châteaubriant, sous la présidence de son maire Xavier Hunault, prend une délibération favorable, le 27 février 1979 et une nouvelle délibération du Conseil en date du 25 septembre 1979 dit que « le projet est actuellement en cours de mise au point et sera soumis très prochainement pour décision ». Qu’est-ce que ça veut dire « très prochainement ? »

10 janvier 1980, la Commission des Travaux du Conseil Général, se réunit à Châteaubriant sous la présidence de Monsieur Lambourg, elle envisage une « maîtrise d’ouvrage » (c’est-à-dire un financement) assurée par la ville de Châteaubriant avec une participation de Département à 50 %. Rien n’est innocent dans les mots employés : si la maîtrise d’ouvrage (financement) est du ressort du département, dans ce cas le tracé est étudié par le département. Sinon, c’est la ville qui s’en charge et les subventions du Département ne sont plus que de 30 %

18 février 1980, le Conseil Municipal décide une maîtrise d’ouvrage communale et demande malgré tout une participation du Département à hauteur de 50 % pour la construction de cette voie.

29 mai 1980, le Conseil Général décide d’ajourner sa décision à ce sujet « car il ne semble pas que la réalisation de cette opération soit envisagée dans un avenir très proche »

Novembre 1984 : la « Lettre du Maire de Châteaubriant », qui évoque les voies de contournement de la ville, ne parle pas du tout de la « déviation ouest »

Les choses en sont restées là. Entre l’année 1962 (plan d’urbanisme de la ville) et 1989 (changement de municipalité), le dossier n’a pas évolué sur le terrain. Le maire Xavier Hunault a amusé la galerie mais n’a rien fait.

Deuxième phase : Martine Buron

Sitôt après les élections municipales de 1989, une « association pour la défense de l’environnement et de la qualité de la vie » (Président Maurice Jarry) relance le dossier. La nouvelle municipalité s’aperçoit alors que le tracé de cette rocade ouest n’a jamais figuré au projet de plan d’occupation des sols mis en chantier par Xavier Hunault. Soit dit en passant, ce projet de POS ne comportait pas grand chose.

Une hypothèse de contournement de Châteaubriant par l’Ouest est donc remise le 21 novembre 1989 par l’Ingénieur des travaux Publics de l’Etat, M. Rambaud, non pas comme une déviation « qui ignore la ville » mais comme un dispositif améliorant la circulation à la périphérie du centre-ville (et évitant la traversée des poids lourds) tout en réalisant une liaison inter-quartiers incitant, en outre, à la pénétration du centre-ville par les voitures légères. Coût 10 millions de francs dont 70 % à la charge de la ville.

Une entrevue le 6 janvier 1990 entre l’association et la municipalité a lieu, assez houleuse, du type « dialogue de sourds », les participants souhaitant un tracé le plus continu possible, justement pour éviter la ville. De plus quand Martine Buron évoque le problème financier et les règles de la comptabilité publique, un des participants répond « avec ces règles on en crève »

Le 13 septembre 1990, le chef de subdivision de l’équipement précise à la mairie de Châteaubriant que « dans les conditions actuelles cette voie ne peut être inscrite au Plan d’Occupation des sols qu’avec maîtrise d’ouvrage communale »

Dans le Plan d’Occupation des Sols pour Châteaubriant figure bien le tracé de contournement Ouest réalisé par M. Rambaud, sans pour autant que des « emplacements réservés » soient fixés, sachant que ceux-ci dévalorisent le prix des terrains concernés et obligent la ville à acheter si les propriétaires sont vendeurs.

Finalement, le contournement Ouest n’a pas avancé du tout entre 1989 et 2001, la ville ayant des difficultés financières importantes, et d’autres projets lui paraissant prioritaires.

Troisième phase : Alain Hunault

Nouveau changement de municipalité en mars 2001. La majorité des membres de « l’asso-ciation pour la défense de l’environnement et de la qualité de la vie », qui sont des partisans du nouveau maire, se manifestent rapidement auprès de lui, et c’est ainsi que le 7 juin 2001 M. Guy LEMAIRE, Vice-Président du Conseil Général, est venu voir à Châteaubriant ce qu’il était possible de faire. Grande nouvelle : la politique du Conseil Général a « évolué », a-t-il dit, en matière de politique routière, ce qui fait que le Conseil Général pourrait prendre en compte désormais des contournements d’agglomérations qu’il refusait de considérer jusqu’à maintenant. Voyez-vous comment les « évolutions » se font au bon moment !

8 à 10 ans et 50 Millions de Francs
(près de 7 millions d’euros)

Mais pas si vite, on parle de 8 à 10 ans. Il faut d’abord que Châteaubriant modifie son plan d’occupation des sols (d’ici juin 2002 paraît-il), en tenant compte du projet de rocade ouest. En même temps il faudra faire une étude des contraintes du terrain (exploitations agricoles et hameaux à éviter, franchissement de la Chère et de routes départementales), dessiner un « fuseau de moindres contraintes », mettre à l’enquête publique, attendre la décision du Préfet qui a un an pour prononcer « l’utilité publique », acquérir les terrains et faire les travaux qui, à eux seuls peuvent demander 18 ou 24 mois. Bref, c’est pas pour tout de suite, et ce ne sera pas donné car, au prix de 4.500 000 F (prix du km en septembre 1989) sur 10-12 km, ça fait au moins 50 millions de francs.

Qui va payer ? Jean Seroux, qui est élu sur la liste d’Alain Hunault est Conseiller Général. Michel Hunault, frère d’Alain Hunault est Conseiller Régional. Ils obtiendront peut-être des financements intéressants.

Peut-être ? Non ! Sûrement ! Car ils vont se débrouiller à obtenir, pour Alain Hunault, ce qu’ils refusaient à Martine Buron. Tant mieux pour la ville de Châteaubriant. Tant pis pour la démocratie et l’égalité républicaine. Mais dîtes, la démocratie et l’égalité républicaines, vous y croyiez encore ?

Mais ne croyez pas que les choses ont beaucoup avancé sur ce dossier « contournement ouest » : la carte indicative que Alain Hunault et Guy Lemaire ont montrée à la presse est, légèrement modifiée vers le nord, celle .... de mars 1979 (la date figure sur le plan présenté à la presse !).


(écrit le 17 avril 2002)

En route !

La route est longue, longue, longue
Marche sans jamais t’arrêter ...
La route est dure, dure, dure
Chante si tu es fatigué ...

On chantait ça dans mon enfance. On peut le chanter encore à la lecture du « Magazine du Conseil Général » paru ce printemps 2002. Aux pages 26 et 27 il détaille les nombreuses étapes « incon-tournables avant de donner les premiers coups de pioche » :

1-. analyser les trafics actuels et futurs

2-. Définir et formaliser les contraintes du terrain avant de proposer un tracé : zones d’habitation, zones agricoles, zones naturelles protégées. Le Conseil Général élabore plusieurs possibilités de tracé.

3-. Concertation « phase longue et difficile » le projet est présenté au maire, aux administrations concernées (Préfet, Direction Départementale de l’Equipement, Direction Régionale de l’environnement), aux divers organismes pouvant être partie prenante (Chambre d’Agriculture par exemple). Il y a aussi concertation avec les populations et les associations. « Chaque solution comportant des avantages mais également des inconvénients, le consensus peut alors prendre entre deux et cinq ans, voire plus »

4-. Il doit y avoir ensuite une étude d’impact, qui est transmise au préfet et soumise à enquête publique.

5-. Parallèlement, d’autres procédures sont menées notamment pour vérifier les incidences du tracé au niveau de l’eau et des structures agricoles.

6-. Après enquête, en cas d’avis favorable, il faut obtenir une déclaration d’utilité publique. Le projet passe alors aux études détaillées : estimation précise des besoins en terrains, plan d’assainissement, signalisation routière, etc.

7-. Puis le projet est présenté et approuvé par l’assemblée départementale. L’ensemble de ces étapes peut durer de 2 ans à 5 ans.

8-. L’acquisition des terres est d’abord soumise à une enquête parcellaire pour connaître les propriétaires à contacter. Des indemnités leur sont proposées mais, à défaut d’accord, il doit y avoir une procédure d’expropriation qui peut allonger ce lent processus de deux à trois ans.

9-. Après que l’assemblée a voté les crédits des travaux, il faut encore le temps que les procédures de marchés publics soient terminées et les entreprises officiellement retenues.

5 à 12 ans

C’est ainsi qu’entre les premières études d’un projet et la mise en service d’une route, cinq à douze ans peuvent s’écouler. C’est ce que dit le Conseil Général. Alors, quand le maire de Châteaubriant dit que la rocade Ouest (et la Rocade Nord) sera faite d’ici 2003-2004, il n’a pas l’air d’être au courant des procédures nécessaires !


Ecrit le 16 juin 2004 :

Selon Patrick Mareschal, Président du Conseil Général, venu à Châteaubriant le 9 juin 2004 :

En ce qui concerne le contournement Ouest de Châteaubriant,
Patrick Mareschal précise que le tracé n’est pas définitif,
et que le Conseil Général n’a pris aucune décision financière,
sinon une participation à des crédits d’étude.


Ecrit le 22 septembre 2004 :

 Déviations ... en panne ?
Parce que les autres n’veulent pas ...

Rien ne va plus du côté des déviations Ouest et Nord de Châteaubriant ? Voilà que les petites communes environnantes, lasses de voir leur maire obéissant, commencent à se rebeller.

Déviation Ouest :
St AUBIN pas pressée

Selon Presse Océan du 8 septembre 2004, la commune de St Aubin a été saisie d’une demande de cession de ses droits d’indivision sur les terrains de la Courbetière, là où la mairie de Châteaubriant désire faire passer la Déviation Ouest. Tant qu’elle y est, la mairie (qui possède 90 % de l’indivision) a demandé à St Aubin de lui céder les délaissés de terrain situés à l’Est de cette future déviation.

Le Conseil Municipal de St Aubin fait savoir qu’il ne s’opposera pas, le moment venu mais que « la vente ne pourra se concrétiser tant que le Département de Loire-Atlantique, maître d’ouvrage de l’opération, n’aura pas arrêté le calendrier précis concernant la réalisation ».

Commentaire : on ne savait pas que le Conseil Général devait être « maître d’ouvrage » c’est-à-dire financeur. Ni la nouvelle majorité, ni l’ancienne, n’ont pris de décision à ce sujet. La réalisation n’est donc pas pour demain.

Quant au reliquat des terrains situés à l’Est de la future déviation, « Le Conseil constate que la demande adressée par la ville de Châteaubriant ne mentionne pas de projet particulier. Il déclare, en conséquence, et à l’unanimité, qu’aucun élément ne nécessite la vente de ces terrains ». Il faut dire la commune de St Aubin se souvient douloureusement de la façon dont, sans concertation, la ville de Châteaubriant lui a imposé le futur terrain des gens du voyage, justement sur ces terrains-là ou à proximité.

A propos, St Aubin a bien de la chance de connaître le tracé de la future déviation Ouest : il n’a jamais été présenté au Conseil Municipal de Châteaubriant. Dame, faut pas que l’opposition soit au courant. La concertation, à Châteaubriant, n’est pas un point fort !

Déviation Nord :
Rougé ne veut pas

On croyait la Déviation Nord enterrée, mais les décisions cheminent par voie souterraine. Elles sont ressorties au Conseil Municipal de Rougé (cf Ouest-France du 17 septembre 2004) qui souhaite « un nouveau tracé afin de concevoir un projet pertinent ».

Châteaubriant étant une commune de peu de superficie, le tracé prévu pour la déviation Nord de Châteaubriant passe largement sur la commune de Rougé. Celle-ci juge que les contraintes sont trop importantes : empiètement sur des parcelles agricoles, destructions d’exploitations coupées en deux par la route, problèmes de réaménagement foncier (comment aller d’une parcelle à l’autre, avec engins agricoles et animaux). La déviation Nord de Châteaubriant devient hypothétique.

Finalement, si les deux déviations prennent du retard ce sera, comme le chante Jacques Brel, « parce que les autres veulent pas ».

Vous allez voir, maintenant que de gros travaux ont été faits à Châteaubriant, maintenant que l’aisance financière laissée par la municipalité précédente s’effrite, la mairie va rejeter sur « les autres » la responsabilité des travaux qu’elle ne pourra pas faire.

BP  

Voir aussi page 1676

Les étapes d’une route