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Accueil > Châteaubriant > Enseignement, formation > Rentrée : mercredi non, mercredi oui ?

Rentrée : mercredi non, mercredi oui ?

Ecrit le 3 septembre 2014.

Et voici la rentrée qui approche avec la nouveauté, l’école le mercredi matin. Enfin, nouveauté, pas pour tous puisque l’école catholique, en total désaccord avec les préconisations de la direction diocésaine de Loire Atlantique sur l’intérêt de l’enfant(*1), a décidé de ne pas modifier le rythme de ses élèves…
 
Depuis 1984, le projet Savary a échoué et les écoles catholiques sont restées libres. En contrat avec l’Etat, elles se doivent de respecter les obligations telles le respect des programmes d’enseignements ce qui leur permet d’obtenir un conventionnement gage de financements publics. Les Municipalités se trouvent alors dans la contrainte de subventionner les organismes de gestions (OGEC) au centime près de ce que leur coûtent les écoles publiques de leurs communes. La Loi Carle de 2009, « initiée » par le Sénateur PS Charasse demande même aux Maires des communes rurales de financer la scolarité d’un élève dans une école privée d’une autre commune quand bien même sa commune dispose d’une école… privée !
 
La réforme des rythmes scolaires voulue par le gouvernement socialiste avec Vincent Peillon comme ministre de l’éducation étale les heures d’enseignements sur la semaine, allégeant de fait les journées des élèves (mais pas forcément celle des enfants). Le but est de retrouver des scores meilleurs aux tests internationaux censés évaluer « l’efficacité » de l’école française.

Par conséquent, un des principes fondamentaux, la répétition, mis à mal par la disparition de l’école le samedi matin, est naturellement revenu en plaçant une demi-journée d’école le mercredi matin. Par exemple un élève de CP (cours préparatoire) aura 5 séances de lecture au lieu de 4 par semaine. Et la régularité des levers, souhaitée depuis toujours par les chronobiologistes, sera assurée.

Pour accompagner ce changement, et prendre en compte les dépenses supplémentaires assumées par les communes, une aide financière est proposée par l’Etat sous réserve de présenter un projet éducatif de territoire permettant de prendre en charge les enfants après les temps de classe libérés avec des activités pédagogiques organisées et encadrées.

Mais, nos gouvernants socialistes ont laissé l’école catholique libre…
 
Et dans le Castelbriantais il faut savoir que l’on fait comme les écoles catholiques : si elles ne passent pas aux nouveaux rythmes scolaires, les écoles publiques n’y passeront pas non plus !

  Pas concerté

Un projet éducatif de territoire à l’échelle de la Communauté de Communes de Châteaubriant a bien été réfléchi (réfléchi mais pas concerté, avec les parents ou les enseignants de l’école publique), avec deux activités hebdomadaires par enfant. Certes, par rapport au décret d’organisation, il fallait demander trois dérogations dans l’intérêt de l’enfant mais bon, ce projet était dans les clous en janvier 2014. Et puis, plus rien… Si, les écoles catholiques libres ont décidé de ne pas mettre en place les nouveaux rythmes à la rentrée 2014, il n’y aura donc pas d’école le mercredi matin.

Puisqu’il faut être équitable, les Maires de la Com’ Com’ par courrier préviennent que la réforme ne se fera pas sur le territoire et donc qu’il n’y aura pas d’école le mercredi matin, pour aucun élève. Jusqu’à juin, les Maires affirment et écrivent que ce sont eux qui décident et ne prévoient rien d’autre que la semaine de quatre jours.

Fin juin, la Directrice des Services Académiques fixe les horaires des écoles publiques et tout le monde découvre que les écoliers du public auront bien classe le mercredi matin. Et vient donc le temps des questions…

  Des questions

 
Jusqu’à quelle heure la garderie fonctionnera-t-elle ? La cantine sera-t-elle assurée le mercredi matin ? Les enfants pourront-ils accéder au centre de loisirs le mercredi matin ?

A ces questions déjà posées quelques mois avant, la Com’Com’   avait décidé de ne même pas réfléchir. Elle a donc trouvé des réponses à la va-vite qui ne sont certainement pas dans l’intérêt des enfants. Par manque de temps, sûrement … puisque cela fait deux ans que le décret est paru, deux ans c’est long mais à Châteaubriant c’est court…

Les familles sont donc tentées de rester sur un mode de fonctionnement qu’elles connaissent et donc de migrer vers les écoles catholiques avec les quatre jours de classes et des réponses connues ou bien de découvrir les joies d’une réorganisation et du changement…
 
En conclusion, les journées des élèves du public vont être allégées dans les apprentissages, les écoliers vont disposer d’une demi-journée supplémentaire par semaine. Qu’on ne nous dise pas qu’ils seront plus fatigués : qu’ils aillent à l’école ou chez la nourrice, le lever sera le même.

  Trois bénéfices

Trois bénéfices pédagogiques de ces nouveaux rythmes(*2) ont été mis en exergue notamment lorsque le temps éducatif de l’enfant est imaginé dans sa globalité par un partenariat entre l’éducation nationale et les collectivités locales…

Bénéfice 1 : Les apprentissages fondamentaux sont positionnés aux moments où la capacité d’attention des élèves est la plus grande.

Bénéfice 2 : La matinée supplémentaire permet, grâce à des emplois du temps repensés, de répartir plus efficacement les activités dans la semaine

Bénéfice 3 : Autour du nouveau temps scolaire se met en place, pour l’enfant, un projet éducatif global.

Sur cet aspect, malheureusement pour les enfants du Castelbriantais, il faudra attendre...

  • *1 - Un document fort intéressant, émanant de la direction de l’école catholique et plaidant en faveur des nouveaux rythmes scolaires : voir le site ici
  • *2 – bénéfices pédagogiques : voir le site ici

  L’école primaire dans la construction de l’enfant

L’estime de soi passe par la connaissance de soi. Il est donc important que l’école primaire permette à l’élève, dès son plus jeune âge, de vivre des situations de réussites, quels qu’en soient les domaines, qui seront valorisées aux yeux des parents et des enseignants.

L’école est capable d’adapter ses propositions pour agir à partir des besoins et des attentes de l’enfant, qu’il ait des difficultés ou bien de l’appétence scolaire.

Elle a également un rôle à jouer dans la prévention et la lutte contre les comportements à risques de l’adolescence, en développant la valorisation de l’enfant (accorder une place à la personne, accorder une importance à la pensée personnelle).

L’école doit éviter une représentation du milieu scolaire qui renvoie une image dévalorisante à l’enfant, si elle n’est axée que sur les apprentissages de type scolaire.

Il s’agit de promouvoir l’école de toutes les intelligences. Les enseignants pourront ainsi s’autoriser davantage à travailler les compétences sociales développées dans le Socle Commun.

L’école doit pourvoir permettre également l’épanouissement d’autres compétences comme l’ouverture à l’intériorité

(extrait du document des écoles catholiques)


Ecrit le 1 octobre 2014

 Rythmes scolaires

Le groupe d’opposition ’’Châteaubriant au cœur’’ à Châteaubriant rappelle que la réforme des rythmes scolaires était connue depuis la fin de l’année 2012 et que certaines communes l’ont appliquée dès 2013. Casson par exemple. ’’Nous avions du temps. Ce délai permettait la concertation pour impliquer le privé et le public, les maternelles et le primaire dans l’intérêt de nos enfants et de nos familles’’ dit-il qui constate que ’’Les écoles publiques de la ville suivent les nouveaux rythmes sans pour autant qu’il y ait d’activités périscolaires et de transport scolaire le mercredi midi. C’est l’improvisation, le système D pour nos familles. Quel intérêt pour nos élèves qui sont mis en étude ou en garderie sur les heures supplémentaires imposées par la loi ?’’

’’En ce qui concerne les écoles privées à Châteaubriant, l’organisation d’une semaine scolaire sur 4 jours, est conservée. Les familles qui ont des enfants dans les deux types d’écoles sont mises face à des organisations différentes et doivent faire face seules aux horaires des écoles publiques. Cette désorganisation est inacceptable pour nous castelbriantais à qui l’on demande en plus de contribuer financièrement : 1,06 euro de l’heure pour ceux qui paient directement l’accueil et combien indirectement par les impôts ?’’

’’Rappelons des choses simples : le maire est un officier public, il est en devoir d’appliquer la loi. Il a tout à fait le droit d’exprimer son opinion de citoyen mais quand il fait blocus sur l’application des rythmes scolaires ou quand il annonce qu’il ne mariera pas les couples homosexuels il sort de son rôle. D’une part c’est une pure posture politicienne et il sera contraint de s’exécuter comme nous le constatons avec cette rentrée scolaire, d’autre part il nuit aux intérêts des Castelbriantais et nous isole inutilement. Enfin, cela nous a privé pendant deux ans du fond d’amorçage de l’Etat ce qui est mauvais pour nos finances’’.

Notre position est celle du bon sens et de la décentralisation de certaines décisions. D’une part, le principe du décideur / payeur devrait être respecté. D’autre part, le nombre d’heures périscolaires et les activités proposées doivent tenir compte des infrastructures locales et de transports scolaires aménagés. Pour cela, la communauté de communes nous apparaît être le bon niveau de décision, en s’appuyant sur l’écoute de chacun.

Cette réforme s’impose à nous, il faut être pragmatique et en faire une force ! Agissons pour le bien des enfants et des familles au-delà des petites considérations politiciennes. Soyons innovant, réfléchissons ensemble : Pourquoi ne pas regrouper nos écoles dans un groupe scolaire de centre-ville par exemple ? Ainsi nous pourrions mutualiser nos moyens et améliorer l’encadrement et l’environnement de nos élèves.

Pourquoi ne pas travailler main dans la main avec nos associations qui font un travail extraordinaire au quotidien et qui pourraient intervenir dans les écoles ?

(fin du communiqué)