Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Familles > GPA : ouvrir la réflexion

GPA : ouvrir la réflexion

Ecrit le 3 septembre 2014.

Les enfants fantômes

En France la GPA (Gestation Pour Autrui) est interdite. Fin janvier 2013, la ministre de la justice Christiane Taubira avait rédigé une circulaire afin de faciliter la délivrance de certificats de nationalité française (CNF) aux enfants conçus par gestation pour autrui (GPA) à l’étranger, à ces enfants qui vivent en France avec des papiers étrangers, voire sont apatrides. Cette circulaire est conforme au Droit français : tout enfant né à l’étranger dont l’un des parents est français est lui aussi français et peut se voir délivrer un certificat de nationalité française (CNF). Mais la Cour de Cassation, en septembre 2013, s’est opposée à ce que les filiations issues de conventions organisées à l’étranger soient transcrites sur l’état civil français. Et puis, le 26 juin 2014, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a condamné la France, en disant qu’elle peut interdire la gestation pour autrui sur son territoire, mais pas refuser de reconnaître les enfants nés d’une mère porteuse à l’étranger.

Et maintenant le député Jean Leonetti souhaite punir les parents ayant fait appel à une mère porteuse. « La sanction ne doit pas être uniquement financière car cela reviendrait seulement à “fiscaliser” la GPA. Une peine de prison d’un an, ce n’est pas si lourd ». [On fait quoi de l’enfant dans cette période de prison ? ]

La secrétaire d’Etat à la Famille, Laurence Rossignol, rappelle que « le gouvernement est favorable à une application ferme du Code pénal qui permet déjà de lutter contre la marchandisation du corps, le trafic d’être humains ». Car, dit-elle, « ce qui se passe dans certains pays pauvres s’apparente à la traite ». Mais que « Sécuriser juridiquement les enfants ne signifie pas légitimer la GPA ».

Et puis le 13 août dans l’édito de Ouest-France, le philisophe Guy COQ appelle à signer une pétition pour « protéger les femmes de l’achat et de la vente des bébés et des méres ! »

Michèle Hersant lui répond ….

Le sujet est passionnel car la morale prend le dessus de la raison, sens propre et sens figuré. Des enfants sont bien vivants de parents français, couples hétéro ou homo ! et d’autres vont naître. Et la vie est plus forte que tout, comme l’Amour qui ne se décrète pas. Soit le législateur légifère, soit il interdit et punit les contrevenants et de quoi ?? Comment ? Prison, amende… Et les enfants grands et petits et à naître ? qu’en fera-t-il ? Camp, orphelinat, retour dans un pays qu’ils ne connaissent pas ou peu, arrachés à leur vie ? De tout temps, les sociétés, voient leur Droit évoluer pour l’adapter aux réalités. Une société qui vit est en mouvement. Sinon elle meurt.

Quand un couple hétéro ou homo ou une personne célibataire « veut » un enfant, il ou elle est mue par un sentiment d’Amour ou besoin ou envie de transmettre. Si dès 1924 à Genève une Déclaration des Droits de l’Enfant se fait jour, c’est bien pour protéger l’enfant des « désirs » des adultes. A l’époque, GPA (Gestation pour Autrui), PMA (procréation Médicalement Assistée) étaient techniquement impossibles.

Si aujourd’hui des parents en devenir ont recours à une femme, à l’étranger, qui accepte de « porter » leur enfant, c’est parce qu’en France ce n’est pas possible !
Autre exemple : Le don d’organe du vivant du donneur. Le législateur a donné un cadre à ce don ! C’est fait ! et il n’a pas eu peur que la vente d’organes, qui se pratique dans certains pays, vienne contaminer notre société ! Notre Droit a évolué pour répondre à des demandes que l’évolution et les progrès de la science ont permises ! Nous sommes un Pays de Droits.

Et pour ceux qui donnent un organe, la Sécurité Sociale prend en charge les frais médicaux et chirurgicaux. Si le donneur a une activité rémunérée j’espère aussi qu’il est indemnisé durant toute la durée de l’hospitalisation et de la convalescence s’il y a lieu.
Pour la femme qui se propose de porter l’enfant d’un couple, le cadre de son engagement est à créer ! Il ne faut pas y voir « le mal » mais un geste de générosité que tout être n’est pas en mesure de faire pour X raisons. Ce « geste » sera toujours l’exception comme le don d’organe. Il doit donc être reconnu à sa juste « valeur » de grande Humanité. C’est curieux une société qui voit le mal partout là où elle devrait voir Générosité, Amour.

(photo d’archive)

Adopter un enfant ce n’est pas gratuit !! Frais administratifs, déplacement vers le pays d’origine, dons à l’orphelinat. N’importe quel couple stérile en désir d’enfant ne peut se le permettre ! Qui trouve cela anormal et l’exprime ou le dénonce ?

La GPA pour tous les couples hétéro mais aussi homo (cette réalité est bien présente il ne sert à rien de la nier !) et la PMA pour les lesbiennes sont préférables, car l’enfant qui naîtra saura d’où il vient. Dans ses gènes, il aura ceux de ses deux parents ou ceux d’un de ses parents.

Lors d’une gestation par autrui, si le législateur autorise et cadre cette maternité, en France, l’enfant plus facilement qu’aujourd’hui, pourra faire connaissance avec sa « nourrice ou assistante de maternité d’avant naissance ». Que la nourrice ou assistante de maternité ou mère porteuse soit indemnisée, je ne vois pas pourquoi cela serai anormal !! ou alors, le législateur prévoit que sa maternité sera prise en charge ainsi que son salaire si besoin, par un organisme social. (référence au statut des Assistantes Maternelles). C’est curieux de penser que tout ce qui est de la nature de la femme, de son corps doit être un don, gratuit et à disposition de la société ou des hommes  !!

La dérive, aujourd’hui est bien là ! (renforcée lorsque la femme est contrainte de se couvrir entièrement ou un comble, pour se sentir libre de se mettre un voile sur la tête). La dérive n’est pas celle que les teneurs de « morale » croient ! Les dérives naissent des absences de droits !! (pour l’offre de prestations sexuelles tarifées, c’est le même problème).

Les Français n’ont pas attendu que d’autres pays écrivent « La Déclaration des Droits de l’Homme » ou la « Séparation des Églises et de l’État » ou « l’interruption volontaire de grossesse » pour le faire. Il faut croire qu’en ces temps nos Députés et législateurs étaient plus novateurs ou entreprenants qu’aujourd’hui.

Des experts comme les médecins ou les philosophes ou hommes politiques ne sont pas obligatoirement les mieux placés pour que leur avis soit entendu car souvent ils se servent de leur spécialité ou « aura » pour rendre plus crédible leur « opinion ».

La France est dans l’immobilisme ou en réaction pour tout ! De quoi les Français ont-ils peur ? Au pouvoir politique s’est substitué un pouvoir médiatique (radio-télé) qui transforme des minorités électorales en majorités médiatiques. De vrais débats ne peuvent plus avoir lieu ! Les teneurs de morale obscure parasitent toute autre voie ou voix de réflexion possible, dans une société qui devrait être en mouvement et qui se trouve paralysée économiquement, socialement, humainement, société où les excès de la finance mondiale détruisent des vies alors d’autres par Amour veulent en créer !

L’Amour et le désir d’élever un enfant seront toujours plus forts que toutes les lois restrictives ou les interdictions. Faut-il créer une loi obligeant la stérilisation des couples en désir d’enfant mais dont la femme ne peut porter l’enfant ?

Et puis il y en a assez de toujours « joindre ou associer » la femme aux enfants. La femme est majeure, responsable, maître d’elle-même ! La femme sait ce qui est bon pour elle ! Elle sait se montrer généreuse car elle sait donner la vie et sait qu’elle peut le faire pour celles qui ne peuvent pas. Ce choix lui appartient.

Je voudrais aussi que ma Voix et ma Voie soient entendues même si je suis une femme lambda de 65 ans
.
Madame Hersant- 13 Août 2014