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Charpentier à Blain : un trésor d’histoire et de savoir-faire

Ecrit le 10 septembre 2014.

C’est un beau combat que mènent M. Genoist, de Blain, et son épouse Nicole : la passion d’une vie, la transmission des savoirs du passé pour conserver le patrimoine et les savoir-faire… et aider à construire l’avenir.

Dans son musée privé, qu’il se fait un plaisir d’ouvrir aux visiteurs, Claude Genoist a des pièces uniques, comme cette ’’galère’’ qu’il a lui-même sculptée : un rabot que les artisans utilisaient autrefois pour lisser les lames des parquets. A genoux, l’un tirait, l’autre poussait. Un vrai travail de galérien !

Galère

Dans un coin du musée : une maquette de porte d’écluse, à l’échelle 1/10e avec le portique servant à toutes les manœuvres. « J’ai réalisé ces portes pendant 36 ans sur les rivières de l’Ouest. A l’époque, les compagnons se déplaçaient à pieds, par les chemins de halage, le baluchon sur l’épaule, sans savoir quand ils pourraient revenir chez eux, car il fallait en priorité accomplir le travail » dit-il.

C’était le temps où chaque écluse était faite à partir d’immenses troncs de chêne qu’il fallait travailler à la hache, à l’herminette et au riflard. Les portes pouvaient atteindre 7,20 m de haut, sur une largeur de 2,83 m et 30 cm d’épaisseur. M. Genoist a tous les détails dans la tête et dans les mains (et sans doute aussi dans le cœur) : il peut vous parler des poteaux-tourillons et des portes busquées (s’appuyant sur le faux-busc scellé au plomb au fond du canal), des bajoyers, du chardonnet et de la crapaudine. Un collier, équipé d’uner collerette en bronze, sert à retenir la porte en évitant l’usure du bois. Les portes s’ouvrent avec un balancier. Des termes techniques propres à éveiller la curiosité. « D’un poteau à l’autre, il y avait des entretoises assemblées par tenons et mortaises. Le patelage et le bracon étaient posés en inclinaison, de façon à tenir la porte d’équerre. Le tout était solidement assemblé avec beaucoup de ferrures ».

Pour assurer l’étanchéité de la porte, il fallait ’’calfater’’ : le charpentier réalisait des joints en étoupe (filasse végétale, chanvre ou sisal, gonflant au contact de l’eau) celle-ci étant protégée par du brais. Le brai est un résidu pâteux de la distillation du goudron, du pétrole ou de la résine, il est dur à température ambiante, et souple à chaud. Pour ce calfatage, M. Genoist utilisait un ’’fer à calfat’’ et une mailloche ou un maillet. Ce maillet avait une fente dans la tête pour empêcher les vibrations. On dit que ces fentes « provoquaient le gazouillement allègre du maillet et que, sans elles, le bruit du bois massif contre le fer aurait rendu l’ouvrier sourd à la longue ». L’utilisation du maillet était très personnelle « au point que, au son, on pouvait reconnaître telle ou telle personne ».

Quand les portes étaient finies, il fallait les transporter jusqu’à l’écluse elle-même, par les chemins de halage, ce qui demandait beaucoup de précautions. Puis les installer en utilisant un portique.

M. Genoist sait à merveille expliquer la précision du travail de charpentier d’écluse et le fonctionnement du mécanisme ouvrant et fermant les lourdes portes (quatre tonnes par vantail !)

  950 rabots et 1000 outils

La collection de M. Genoist est riche de … 950 rabots de toutes sortes, de toutes époques et de tous les pays, en état de fonctionnement. Et un millier d’outils à travailler le bois (il en a même offert à l’Outil en mains à Châteaubriant). Ces outils, amoureusement entretenus et répertoriés, constituent un vrai trésor de conservation du patrimoine. On peut ainsi découvrir :

  • - scie de long
  • - scie de travers
  • - scie de placage
  • - scie à tuffeau
  • - scie à chantourner
  • - scie à refendre
  • - scie à guichet
  • - scie à onglet
  • - et surtout, pièce rare, une scie datant du XVe siècle, avec pédalier et chaînes, dont le schéma a été fait par Léonard de Vinci. « Quand je l’ai achetée, elle était en très mauvais état. Nul n’en connaissait le fonctionnement. J’ai fait beaucoup d’essais pour y arriver » dit-il avec une juste fierté.

  Bisaiguë et piochon

Encore une pièce étonnante : le bisaiguë, datant de 1880, tout en fer. C’est un outil double utilisé pour assembler des morceaux de bois avec des chevilles en bois. Nicole et Claude Genoist Nicole et Claude Genoist

Il y a d’un côté un ciseau pour tailler des encoches dans le fil du bois, de l’autre un bédane pour réaliser des mortaises. Et de la braise dans le court manche en douille pour que le fer reste tiède, ce qui est plus agréable pour l’ouvrier. L’outil peut faire 1,20 à 1,40 mètres de long.

Bisaiguë - 1880

Le piochon sert aussi à faire des mortaises. Il ressemble à la bisaiguë mais plus court et ne s’utilise pas de la même façon : la bisaiguë est un outil que l’on pousse, le piochon est un outil avec lequel on frappe.

  Haches et doloires

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  Varlope et Verdondaine

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  Marquage et filets

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Cl. Genoist, musée du rabot – 02 40 79 17 12


NOTES:

L’esprit du rabot

Nous avons eu le plaisir de présenter Claude et Nicole Genoist et leur formidable collection de rabots et d’outils divers de charpentier et menuisiers.

Un livre vient de paraître : « L’esprit du rabot »

En vente
à Blain : 02 40 79 17 12