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Mée-disances du 24 septembre 2014.

Ecrit le 24 septembre 2014.

  Le vendangeur polonais

 
Le Canard enchaîné du 10/09 : dans les villages de la Champagne viticole, où le Front national a récolté plus de 30% des voix aux dernières élections —avec des pointes à 42% ! — on est beaucoup moins anti-européen quand vient le temps des vendanges. Les frontières ouvertes n’ont pas que des inconvénients pour se procurer une main d’œuvre motivée et disciplinée. Les Polonais, de ce point de vue, sont très recherchés : « ils ne se plaignent jamais, quelle que soit la météo. C’est quand même bien pratique... » se réjouit un viticulteur très bleu Marine.
 
Payés au kilo –environ 17 centimes, congés payés inclus — ils vous ratissent un coteau à la vitesse d’une moissonneuse, et sans rien laisser derrière eux. Un contremaître, choisi pour son autorité naturelle sur ses camarades, est là pour secouer les lambins et les remettre dans le rythme. « C’est pour ça que je ne fais pas de mélange et que je ne prends pas de Français : ça risquerait d’être un enfer pour eux » commente un autre frontiste déclaré, propriétaire d’un dizaine d’hectares.
 
Les cohortes de Polonais et de Kosovars n’occupent pas encore la totalité des 100 000 places de saisonniers proposées pour les 2 à 3 semaines de la récolte champenoise, mais ils contribuent à généraliser la rémunération à la tâche et non plus au Smic horaire. Encore moins avec heures supplémentaires et majoration le dimanche, ce qui fut longtemps la règle.
 
Le recours à la main d’œuvre de l’Est est parfaitement légal, mais, même sous contrat français, le « rendement polonais » reste particulièrement performant en cas de grande récolte comme celle prévue cette année (entre 10 500 et 13 500 kilos à l’hectare). Surcoté par la demande des grandes marques, le raisin « le plus cher du monde » continue à battre des records : jusqu’à 6,50 euros le kilo cette année dans les meilleurs crus !

  Propositions chocs du patronat

 
NouvelObs.fr du 1609 : Le président du Medef estime que « notre modèle social a vécu » et que « les mots interdits, les tabous, ça suffit ».  Alors que les récentes propositions du mouvement patronal sur les salaires, la durée du travail ou les jours fériés pour créer un million d’emplois ont été jugées provocatrices par les syndicats, Pierre Gattaz déplore qu’il y ait « encore beaucoup de conservatisme » chez ces derniers.
 
« Il y a une double peur en France : celle du salarié de se faire licencier et celle du patron d’embaucher. Attaquons-nous à cette double peur, déverrouillons ces contraintes », plaide le numéro un du Medef. Ainsi, « toutes les entreprises devraient pouvoir négocier le temps de travail à la carte, selon leurs besoins et pas seulement celles qui ont des difficultés ». Pour Pierre Gattaz, « les 35 heures appliquées de manière uniforme, ce n’est plus d’actualité ». D’autre part, « il faut simplifier le Code du travail en intégrant les nouveaux modes de vie ». Il juge urgent d’« autoriser le travail le dimanche et après 21 heures, sur volontariat, quand une entreprise le demande ».
 
Pierre Gattaz - pour qui « les mots interdits, les tabous, ça suffit » - juge qu’« il faut fluidifier le marché du travail » et que « notre modèle social a vécu, il n’est plus adapté ». Avant le vote de confiance que Manuel Valls a demandé mardi devant l’Assemblée nationale, le patron du Medef estime que le Premier ministre « doit garder le cap et aller plus vite et plus fort ».
 
Ndlr : le Medef hésite encore entre le servage et l’esclavage…

  Fraude aux cotisations sociales

 
leMonde.fr du 18/09 : Après avoir régulièrement dénoncé la fraude aux prestations sociales, la Cour des comptes a décidé de sonner l’alarme à la fraude aux cotisations. Selon son rapport annuel sur la Sécurité sociale, publié le 17/09, le niveau des « irrégularités » et des « fraudes », en comptant l’assurance-chômage, s’est établi à un niveau record en 2012 avec un montant estimé entre 20,1 et 24,9 milliards d’euros. Ce sont près de 5 % des recettes de la « Sécu » qui manqueraient chaque année dans les caisses. Il faut rappeler que le « trou » de la Sécu devrait être de 13,4 milliards d’euros en 2014. Résoudre la fraude aux prélèvements permettrait donc de résorber immédiatement le déficit.

 Mais la lutte contre la fraude est dramatiquement insuffisante, alors que celle-ci ne cesse de se développer. « La fraude transnationale, la sous-traitance en cascade, les faux statuts, les circuits de financement occultes compliquent la tâche des agents chargés du contrôle des cotisations », s’inquiète la Cour, qui estime qu’à peine 5,9 % à 7,3 % des montants détournés font l’objet d’un redressement par les Urssaf. En 2013, à peine 1 milliard d’euros de redressement ont été adressé aux entreprises. Pis encore : le taux de recouvrement effectif de ces sommes s’établit à seulement quelques dizaines de millions d’euros, soit environ 0,2 % des sommes en jeu, selon la Cour.
 
Plusieurs combines sont citées par la Cour. La fraude passe ainsi par une sous-déclaration des heures effectivement travaillées, très difficilement détectable par l’inspection du travail et les contrôleurs des Urssaf, ou par l’utilisation détournée du statut d’auto-entrepreneur pour des salariés « déguisés » en travailleurs indépendants. La Cour s’inquiète aussi des abus liés au statut de travailleur détaché d’autres pays de l’Union européenne, où les cotisations sociales sont plus faibles. […]
« Les moyens d’enquête en matière de fraude aux cotisations demeurent largement en deçà des dispositifs prévus en cas de fraude fiscale », estime la Cour des comptes, qui appelle à ce que l’arsenal des inspecteurs des impôts soit aussi étendu aux contrôleurs des URSSAF. Les croisements automatiques de données devraient être beaucoup plus utilisés.

La Cour veut aussi durcir les sanctions pour les patrons indélicats en les alignant sur celles prévues pour la fraude fiscale.

  Marine déménage

 
Selon le Parisien du 16/09, Marine Le Pen serait sur le point de déménager pour aller s’installer avec ses enfants dans un « appartement plus grand et plus fonctionnel ». La présidente du Front National vit depuis la fin des années 1970 au domaine de Montretout à Saint-Cloud dans les Hauts-de-Seine. Son père y avait installé sa femme et ses trois filles après avoir hérité d’Hubert Lambert de Saint-Julien, richissime héritier des ciments Lambert. En grandissant, Marine Le Pen a quitté la demeure principale pour une dépendance du parc, où la présidente du FN   s’était installée avec ses enfants, jusqu’à ce qu’elle ait récemment envie de changement. […]
 
Mais si des envies d’espace et de clarté ont été mises en avant par l’entourage de la présidente du FN   pour justifier son déménagement, les récents heurts qu’elle a eus avec son père pourraient également entrer en ligne de compte. On se souvient notamment de leur différend concernant le retrait du blog de Jean-Marie Le Pen du site officiel du FN  . S’en était suivi un règlement de comptes par médias interposés.
 
Elle veut « tuer le père », avait estimé le président d’honneur du parti dans une lettre ouverte. Il s’en était également pris à la manière dont sa fille gère le FN  , l’accusant de le conduire « à sa perte ». Ce à quoi Marine Le Pen avait répondu : « c’est malgré les polémiques et non grâce à elles que le FN   avance ». En effet, Jean-Marie Le Pen s’illustre souvent par ses sorties choc, à l’instar de la « fournée » de Patrick Bruel. Ce qui déplaît fortement à sa fille, laquelle s’est lancée dans une véritable opération de dédiabolisation de leur parti et voit dans ces propos des "fautes politiques’’.