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Que fait-on contre l’échec scolaire ?

Ecrit le 1 octobre 2014.

Mercredi 24 septembre 2014 avait lieu en France la journée de sensibilisation contre l’échec scolaire. C’est l’occasion, pour nous, de rendre hommage aux bénévoles qui se dévouent dans l’aide aux enfants, par exemple les associations Rencontres  , Relais-accueil-proximité et Outil-en-mains.

Mais que font les municipalités ? Il y a celles qui font tout pour favoriser la réforme des rythmes scolaires (par exemple dans les Com’Com’   de Nozay et Derval), il y a celles qui embauchent des animateurs diplômés pour cela (comme c’est le cas à St Vincent des Landes où des personnes qualifiées ont été embauchées pour : musique, jardinage, lecture, relaxation et jeux divers). Et puis il y a celles où on ne fait rien, comme dans la Com’Com’   du Castelbriantais où les maires boudent et n’ont pas voulu organiser des TAP (Temps d’Activité Périscolaire). Ces TAP sont pourtant l’occasion de faire découvrir autre chose aux enfants qui, chez eux, n’ont pas la chance de découvrir des activités culturelles.

On sait pourtant que l’Atlas académique des risques d’échec scolaire, établi par l’Education Nationale, a placé le canton de Châteaubriant en ’’Cumul de fragilités’’ et les cantons de Rougé et Moisdon en ’’fragilité culturelle’’, tandis que le canton de St Julien est en ’’rural vieillissant’’.
(revoir le site goo.gl/7bAcUq ici : ).

Cette année, l’AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville) a réalisé une étude quantitative auprès des enfants de CM1 / CM2 scolarisés en zones prioritaires (au sens de la politique de la ville et/ou de l’Education nationale) et dans des quartiers aux indicateurs socio-économiques plus favorables. Elle révèle que la famille est une ressource déterminante pour s’ouvrir au monde et que les différences sont importantes entre un quartier ’’prioritaire’’ et un quartier plus favorisé :

  • - Le week-end, courses au centre commercial pour les premiers et promenades dans la nature pour les autres.
  • - Partir en week-end ou en vacances ? Des occasions moins nombreuses pour les enfants des quartiers de l’éducation prioritaire
  • - Pour les enfants des quartiers de l’éducation prioritaire, c’est l’école plus que la famille qui permet des sorties culturelles.
  • - Les enfants des quartiers de l’éducation prioritaire font beaucoup moins que les autres un sport en club ou une activité artistique
  • - Moins de livres à la maison, moins de moments de lecture privilégiés pour les enfants des quartiers de l’éducation prioritaire.

Globalement, les familles des quartiers de l’éducation prioritaire sont moins bien armées pour répondre aux exigences scolaires :

  • - écrans et coucher tard pour les uns, lecture et coucher tôt pour les uns [les enfants scolarisés en secteur d’éducation prioritaire ont pour 63% d’entre eux la télévision dans leur chambre, contre 27,5% des autres enfants. Ceux qui ont la télévision dans leur chambre se couchent beaucoup plus tard : 53% après 22h, contre 25%].
  • - Prendre un petit-déjeuner avant l’école n’est pas systématique pour près de la moitié des enfants des secteurs d’éducation prioritaire. Cela diminue leurs capacités d’attention et de concentration à l’école et ces enfants sont de fait, avant même le début de la journée scolaire, dans des conditions d’apprentissage moins favorables que les autres.
  • - Des fratries nombreuses et des parents peu disponibles dans les quartiers de l’éducation prioritaire [ce qui joue sur l’organisation et le calme de la période des devoirs à la maison].

  Accès aux livres

L’enquête AFEV relève : moins de livres à la maison, moins de moments de lecture privilégiés pour les enfants des quartiers de l’éducation prioritaire. Ces derniers, comme les autres enfants, empruntent des livres à la bibliothèque de leur quartier dans des proportions équivalentes, voire un peu supérieures (50% pour 47%), montrant ainsi que la bibliothèque est vraiment utilisée comme un lieu ressource quel que soit le quartier de résidence des enfants. En revanche, les enfants des quartiers aux indicateurs socio-économiques plus favorables ont davantage de livres à la maison et de temps privilégiés de lecture. Alors que 88% d’entre eux déclarent qu’il y a chez eux des livres pour leurs parents et 93% des livres pour enfants, c’est respectivement le cas pour 50% et 78% pour les enfants des secteurs de l’éducation prioritaire. Le livre est davantage un objet que les parents sont susceptibles d’offrir à leurs enfants, qui disent à 67% qu’on leur en offre souvent, contre 44% parmi les enfants des secteurs de l’éducation prioritaire.

  Sorties culturelles

Des différences sont importantes en ce qui concerne les sorties culturelles et l’école joue un rôle particulièrement important puisqu’à travers les sorties scolaires, elle leur permet, plus qu’avec leurs parents, de faire de telles sorties. Alors que 59% des enfants des secteurs de l’éducation prioritaire sont allés à un spectacle en famille, 72% d’entre eux l’ont fait également avec l’école. Alors que 35% de ces enfants ont fréquenté un musée en famille, 83% l’ont fait dans le cadre scolaire.

Les enfants des quartiers au profil socio-économique plus favorable bénéficient quant à eux non seulement de sorties culturelles avec leurs parents, mais aussi de sorties scolaires, dans des proportions équivalentes. En effet, 78% des enfants des quartiers aux indicateurs socio-économiques plus favorables sont allés à un spectacle avec l’école (contre 72%). 89% se sont rendus dans un musée avec l’école (contre 83%).

L’écart est également important pour la pratique d’une activité artistique régulière (dessin, théâtre, musique, etc.) puisque 26% seulement des enfants des secteurs de l’éducation prioritaire en font, contre 55% pour les autres. Ces enfants bénéficient donc également moins souvent des ressources éducatives extérieures à leur environnement familial (c’est vrai aussi dans le domaine sportif).

Les apports extérieurs, aussi importants soient-ils, ne suffisent pas à compenser, pour les enfants des secteurs de l’éducation prioritaire, les ressources familiales moindres en termes d’ouverture culturelle.

Ces écarts sont particulièrement importants dans la mesure où ils impactent nécessairement la trajectoire scolaire des enfants et leurs capacités à comprendre et acquérir les savoirs scolaires transmis. Ces quelques chiffres, issus de l’enquête, sont particulièrement éloquents : les enfants qui ont l’habitude de partir le week-end participent plus facilement en classe (76% contre 59%) et ils comprennent plus souvent ce qu’il leur est demandé de faire en classe (77% contre 65%). Les enfants qui ont l’habitude de lire le soir avant de s’endormir comprennent également mieux ce que l’enseignant leur demande en classe (81% contre 63%), de même que ceux qui pratiquent un sport (78% contre 66%) ou une activité artistique encadrée (81% contre 69%).

Parmi les enfants des quartiers prioritaires interrogés qui ne forment pas un ensemble homogène, l’enquête révèle que 10% à 20% d’entre eux semblent dans un état de dénuement culturel particulièrement important. Ceux-ci disent ne jamais partir en vacances (12%), n’être jamais allés à un spectacle, dans un musée ou au centre-ville (10%, 9%, 8%), n’avoir pas du tout de livre à la maison (19%), n’avoir jamais reçu un livre en cadeau (20%), etc.

Ce qui est rassurant : les enfants des quartiers de l’éducation prioritaire aiment aller à l’école autant que les autres et ne se sentent pas moins bons. Ils ont même une vision optimiste de leur avenir au collège, où ils pensent plus que les autres enfants qu’ils réussiront, [bien qu’ils ne possèdent pas les mêmes chances de réussir].

L’école élémentaire ne semble pas être encore le lieu d’un vécu douloureux et humiliant pour la plus grande partie de ces enfants pourtant les moins armés pour y réussir. Pour autant, à travers un sentiment d’ennui en classe plus prononcé pour ces enfants, à travers le fait également qu’ils disent beaucoup plus souvent que les autres ne pas toujours comprendre ce que l’enseignant leur demande de faire en classe, ces enfants en comprennent moins le sens et les exigences. Les décalages identifiés entre ces enfants et les autres en termes de trajectoires et de vécu scolaire ne feront alors que s’accroître avec l’entrée au collège, qu’ils perçoivent pourtant avec optimisme, voire avec naïveté par rapport aux autres enfants beaucoup plus initiés à la culture scolaire.

  Aimer l’école

Avant la réforme des rythmes scolaires, seuls 20% des écoliers avaient accès à des activités sportives, culturelles ou de loisirs. Avec la réforme, la plupart des écoliers y participeront. Ainsi chaque enfant, quelles que soient son origine sociale ou les ressources de sa famille, peut accéder à des activités artistiques, sportives, des ateliers de langues vivantes ou de jeux de société. Les thèmes des TAP (Temps d’Activités Périscolaires) sont très variés !

  • - accompagnement à l’endormissement
  • - contes
  • - jeux de société
  • - atelier multimédia
  • - atelier construction de jeux en bois
  • - atelier initiation chants choral multilingue
  • - atelier créatif sur le recyclage
  • - atelier sport
  • - atelier cuisine du monde
  • - atelier calligraphie
  • - atelier danse
  • - atelier musique
  • - atelier théâtre et mimes
  • - atelier astronomie
  • - expression corporelle
  • - magie
  • - initiation à l’origami
  • - raspberry pi
  • - jeux de mémoire
  • - fabrication d’objets divers
  • - jeux scientifiques
  • - jardinage ………..

Tout est possible ! Et il y a de nombreux animateurs qualifiés qui accepteraient de donner un coup de main dans les écoles. Il suffirait d’associer … les associations, ce qui, dans la Com’Com’   du Castelbriantais n’a pas encore été fait !


Si des collectivités souhaitent embaucher du personnel (qualifié bien sûr) pour quelques heures de travail, par semaine, dans le cadre des TAP (Temps d’Activités Périscolaires), les ACPM   peuvent apporter une aide administrative – 02 40 28 09 70