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Il y a 73 ans, Libres et Dignes

Ecrit le15 octobre 2014.

19 octobre 2014 : la commémoration de l’exécution des 27 otages en octobre 1941, a été encore suivie par une foule nombreuse et attentive. Le thème en était : Libres et dignes. Texte et mise en scène de Claudine Merceron

Sur la musique de Cum Dederit Home, une vingtaine d’enfants de 2014 (classe CM2 école René Guy Cadou de Châteaubriant) se place dans le fond de scène, ils se tiennent par la main, et regardent le public.

Un garçon de 1941 sort du lot, et avance doucement sur la musique.

François Boucherie  : Cicatrices d’un 22 octobre 1941, j’avais huit ans et demi !

« Je ne vois plus de sable dans une sablière,
mais j’entends les fusils assassinant nos frères ;
Le vent m’apporte leur Marseillaise
Qui prend aux tripes comme un malaise ;
Le tir des balles de leurs bourreaux
Siffle encore dans mon cerveau :
 
C’est la souffrance de mon enfance.
Ne me parlez jamais de collaboration
N’employez plus jamais le terme occupation…
Ces mots gravés pour l’existence
Gardent la même résonance,
Celle des armes et des bottes
Et du cliquetis des menottes :
Le grand tourment des Résistants.
 
Depuis j’ai en horreur le pistolet d’alarme,
Le fusil du chasseur, les jouets copiant les armes…
Tout ce qui porte violence et haine, Mépris des autres, idées malsaines.
Pour défendre la Liberté,
Nous ne devons pas oublier :
Notre mémoire conduit l’Histoire ! »

Les enfants se sont approchés de l’avant-scène. Tous : Octobre 2014 !

E1 : Il y a 73 ans, ici même, 27 hommes sont tombés sous le joug de la tyrannie nazie et vichyste,
E 2 : Au petit matin du 20 octobre 1941, un haut gradé nazi Karl Hotz vient de prendre son café, près de la cathédrale de Nantes.
E 3  : Il se dirige rue du Roi-Albert, il va être abattu quelques minutes plus tard par trois Résistants.
E 4 : En représailles Hitler exigera la mort de 100 otages.
E 5 : Cinq Nantais prisonniers au Mont-Valérien, à Suresnes, près de Paris, sont fusillés le jour même du 20 octobre 1941 !
E 6 : Seize Nantais sont fusillés le 22 octobre au terrain de tir du Bêle à Nantes,
E 7 : Vingt-sept hommes des quatre coins de France, du camp politique de Choisel, sont fusillés le 22 octobre à la Sablière de Châteaubriant.
E 8 : et cinquante encore à Souge, près de Bordeaux, le 24 octobre 1941

Les enfants s’ouvrent du centre vers les côtés pour laisser place à une femme, et un homme. Un extrait du poème de Viviane DUBRAY  :

« Ils sont tombés chantant dans leur dernier sommeil,
sans bandeau, regards fiers irradiés de soleil.
Peuple, de tes combats, ce sont de sombres pages,
le temps n’oubliera pas ces grands et fiers visages
que les balles d’Hitler ont fait muets et glacés.
Par leur vie, par leur mort, nos devoirs sont tracés ».

Extrait du poème de Jacques Gaucheron  :
« Mémoire à tout jamais griffée, si j’ai mémoire sans repos c’est pour ceux-là qui accomplirent longue besogne dans l’obscur. Mémoire inapaisée, l’éclair noir, les striures de l’insomnie, le souvenir demeure plaie, sel sur les plaies, brûlure ... Pourquoi reste-t-elle entreouverte, la plaie ... »

C 1 : Ces hommes dont les deux plus jeunes André Le Moal et Guy Môquet ont dix-sept ans, ne sont pas choisis par hasard : Georges Chassagne sous l’autorité de Pucheu, ministre de l’Intérieur de Pétain, ancien dirigeant du patronat, ennemi du Front Populaire, établit la liste. 
Les cinq premiers des vingt-sept du camp politique de Choisel à Châteaubriant étaient des syndicalistes communistes : Charles Michels (cuir et peaux), Jean Poulmarch (produits chimiques), Jean-Pierre Timbaud (métallurgie), Jules Vercruysse (textile), Désiré Granet (papier-carton)

C 2 : Ces hommes n’étaient pas des criminels mais des humanistes ! Ces hommes qui ont durement œuvré pour nous ! Comme les neuf autres fusillés du camp de Choisel le 15 décembre à la Blisière, ceux du 7 février, du 7 mars, du 7 avril, des 23 et 29 avril 1942.

Tous : Nous, enfants de 2014, nous allons vous parler d’histoire ! La révolution de 1789 a décrété l’égalité de tous les citoyens ! Vaaaaaaste programme ! La Révolution pensait que par la liberté du travail, ouvriers et patrons pourraient discuter individuellement les conditions de leurs contrats avec la même indépendance, haaaaa ! La révolution s’était trompée sur ce point !

La révolte des Canuts : Trois Conteurs de 2014

Conteur 1  : Il était une fois des travailleurs tisserands de la soie, qu’on appelait « Les Canuts » soumis à de si rudes conditions de travail (ils travaillaient dix-huit heures par jour), qu’ils se révoltèrent à de nombreuses reprises. La première révolte, en novembre 1831, est considérée comme l’une des premières révoltes ouvrières. Ils occupent Lyon aux cris de : « Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ! ».

Conteur 2 : Le roi Louis-Philippe envoie 20 000 hommes de troupe et 150 canons pour réprimer l’émeute.
Le 14 février 1834, les Canuts se révoltent de nouveau, en occupant les hauteurs de Lyon, et ils font face pendant six jours à 12 000 soldats, en mettant à profit les traboules, passages obscurs qui permettent d’aller d’une rue à l’autre à travers les immeubles.

Conteur 3 : Une troisième insurrection a lieu en 1848, au moment de la proclamation de la Seconde République. Elle est menée par la société ouvrière des « Voraces » qui mène une quatrième insurrection en 1849, en écho au soulèvement des républicains parisiens. Au faubourg de la Croix-Rousse, elle sera violemment réprimée.

Tableau des Canuts : estrade avec « un grand de l’église » et « un grand de la terre » et le peuple en bas.

Chant des Canuts.

Tous : 1894 ! Aristide Bruant a écrit « la chanson des Canuts » !

Un grand de l’église  : Pour chanter Veni Creator, Il faut une chasuble d’or. Pour chanter Veni Creator, Il faut une chasuble d’or …

Le peuple  : Nous en tissons… pour vous, grands de l’Église, et nous, pauvres Canuts, n’avons pas de chemise. C’est nous les Canuts, nous sommes tout nus.

Un seigneur : Pour gouverner, il faut avoir manteau ou rubans en sautoir. Pour gouverner, il faut avoir manteau ou rubans en sautoir

Le peuple : Nous en tissons… pour vous, grands de la Terre, et nous, pauvres Canuts, sans drap on nous enterre. C’est nous les Canuts, Nous sommes tout nus.

Le peuple  : Mais notre règne arrivera quand votre règne finira. Mais notre règne arrivera quand votre règne finira. Nous tisserons … le linceul du vieux monde car on entend déjà la révolte qui gronde. C’est nous les Canuts, nous n’irons plus nus.

Un Homme et une femme de 2014

H 1  : Les nazis disaient couramment en parlant de nos ouvrages de philosophie, de morale, de littérature classique : « cette culture-là ne nous intéresse pas »

F 1 : Or, c’est bien de cette culture-là dont est pétrie la vie de ces syndicalistes fusillés en 1941 ! Dans le camp politique de Choisel notamment, se déroulaient de véritables cours de philosophie : des “ causeries “, des cours de mathématiques, de musique, de théâtre, de chant choral, de jardinage, de fabrication d’objets en bois, de gym avec par exemple Auguste Delaune, ancien champion de course à pied ! Et même la fabrication d’un poste de radio, véritable prouesse technique ! Tout cela contribuait à des actes de résistance, à l’éveil d’une conscience politique humaniste ! Graines du futur programme du CNR : Conseil National de la Résistance.

Victor Hugo monte sur l’estrade  :

F1 : Le député Victor Hugo sait de quoi il parle, le 10 novembre 1848, devant l’Assemblée Nationale :

Victor Hugo  : « Il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies ; […] Les maisons d’études, pour les enfants, les maisons de lecture […] ; Tous les établissements, tous les asiles où l’on médite, où l’on s’instruit, où l’on se recueille, où l’on apprend quelque chose, où l’on devient meilleur, en un mot ; il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l’esprit du peuple, car c’est par les ténèbres qu’on le perd. »

Un homme du peuple  : « Nos pères n’ont pas hésité, après avoir proclamé les droits de l’homme, libres et égaux entre eux, à réclamer l’intervention des pouvoirs publics pour assurer protection aux faibles, aux démunis, aux enfants, aux malades, aux handicapés, aux anciens, aux femmes, aux travailleuses et travailleurs de la terre, de l’industrie, ou des services. Ils rêvaient l’espoir d’une vie meilleure où liberté rimerait avec dignité. »

Un jeune  : Les fusillés de Châteaubriant rêvaient le même espoir ! Ils pouvaient, en ce sens, se réclamer du contrat social et surtout de Montesquieu et de Condorcet.

Jean Jaurès  : « Mais songez donc que nous parlons au nom d’un siècle de silence ! Songez donc qu’il y a cent ans il y avait dans ces ateliers et dans ces mines des hommes qui souffraient, qui mouraient sans avoir le droit d’ouvrir la bouche et de laisser passer, en guise de protestation, même leur souffle de misère : ils se taisaient. Puis un commencement de liberté républicaine est venu. Alors nous parlons pour eux, et tous leurs gémissements étouffés, et toutes les révoltes muettes qui ont crié tout bas dans leur poitrine comprimée, vibrent en nous, et éclatent par nous en un cri de colère qui a trop attendu et que vous ne comprimerez pas toujours ».

Un jeune de 2014  : Dans la liste des 16 Nantais fusillés le 22 octobre 1941, il y avait aussi des anciens combattants de la guerre 14/18 comme Auguste Blouin, ou Léon Jost, commandeur de la Légion d’Honneur, grand invalide de guerre, ou Alexandre Fourny, ancien conseiller municipal de Nantes ! Des courageux qui avaient nourri, aidé, sauvé, des prisonniers de la drôle de guerre, et bien sûr, très tôt résistants de l’ombre !

Tous : 1914 ! Jean Jaurès sentait arriver la guerre de 14/18 [Un tableau des travailleuses blanchisseuses, mineurs, paysans, enfants, ouvrières et ouvriers… Ils s’affairent et au milieu debout immobile un soldat de 14/18 reste planté face public].

Une femme  : le 31 juillet trois jours avant la terrible guerre de 1914 : Jean Jaurès est assassiné !

[Chanson de Jacques Brel  : « Jaurès »

« Ils étaient usés à quinze ans, ils finissaient en débutant. Les douze mois s´appelaient décembre. Quelle vie ont eue nos grands-parents entre l´absinthe et les grand-messes. Ils étaient vieux avant que d´être, quinze heures par jour le corps en laisse, laissent au visage un teint de cendres, Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître. Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
 
On ne peut pas dire qu’ils furent esclaves, de là à dire qu’ils ont vécu … Lorsque l´on part aussi vaincu, c´est dur de sortir de l’enclave et pourtant l´espoir fleurissait dans les rêves qui montaient aux cieux, de ceux qui refusaient de ramper jusqu´à la vieillesse. Oui notre bon Maître, oui notre Monsieur. Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Si par malheur ils survivaient c´était pour partir à la guerre, C´était pour finir à la guerre aux ordres de quelque sabreur qui exigeait du bout des lèvres qu´ils aillent ouvrir au champ d´horreur leurs vingt ans qui n´avaient pu naître. Et ils mouraient à pleine peur, tout miséreux, oui notre bon Maître, couverts de prèles, oui notre Monsieur. »
 
« Demandez-vous, belle jeunesse, le temps de l´ombre d´un souvenir, le temps du souffle d´un soupir : Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Un jeune homme de 2014  : Des Résistants en 1914, il y en avait aussi ! Car tous ne partaient pas la fleur au fusil ! Faut pas croire ! Sur un front qui n’était qu’un immense charnier, sous les obus et la mitraille, des hommes ont souffert, douté, ont eu peur ; d’aucuns ont refusé de partir à l’assaut, ou encore d’obéir à des ordres donnés par des officiers incapables de protéger leurs hommes. Au plus fort de l’absurde, sur les champs de boucherie innommable, beaucoup de soldats du front refusaient de servir de chair à canon … si bêtement !

Le soldat se déplace avec le peuple devant. Et à côté, sur l’estrade, se met en place le tableau de quelques bourgeois sirotant une coupe de champagne ou déambulant avec des manteaux de fourrure.

Orgue de Barbarie : Chanson de Craonne : chantée et dite, répartie sur plusieurs comédiens. (Paroles de La Chanson de Craonne : Auteur inconnu)

« Quand au bout de huit jours, le repos terminé, on va reprendre les tranchées, notre place est si utile que sans nous on prend la pile. Mais c’est bien fini, on en a assez, personne ne veut plus marcher, et le cœur bien gros, comme dans un sanglot, on dit adieu aux civ’lots. Même sans tambour, même sans trompette, On s’en va là-haut en baissant la tête.
 
Refrain : Adieu la vie, adieu l’amour, adieu toutes les femmes, C’est bien fini, c’est pour toujours de cette guerre infâme. C’est à Craonne, sur le plateau, qu’on doit laisser not’peau, car nous sommes tous condamnés, nous sommes les sacrifiés.
 
Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance, pourtant on a l’espérance que ce soir viendra la relève que nous attendons sans trêve. Soudain dans la nuit et dans le silence on voit quelqu’un qui s’avance : c’est un officier des chasseurs à pied qui vient pour nous remplacer.
 
Doucement, dans l’ombre, sous la pluie qui tombe, les petits chasseurs vont chercher leur tombe.
 
C’est malheureux d’voir sur les grands boulevards, tous ces gros qui font la foire. Si pour eux la vie est rose, pour nous, c’est pas la même chose. Au lieu d’se cacher, tous ces embusqués f’raient mieux de monter aux tranchées pour défendre leurs biens, car nous n’avons rien, nous autres, les pauvres purotins. Tous les camarades sont enterrés là pour défendre les biens de ces messieurs-là.
 
Refrain :
Ceux qui ont l’pognon, ceux-là reviendront, car c’est pour eux qu’on crève, mais c’est fini, car les troufions vont tous se mettre en grève. Ce sera votre tour, messieurs les gros, d’monter sur le plateau, car si vous voulez la guerre, payez-la de votre peau  !

Une femme des années 1930  : Années trente ! Sur le terreau de la crise germe le fascisme. L’exemple italien et allemand fait des émules en France, les conditions de travail se dégradent avec le travail à la chaîne : déqualification, accélération des rythmes et des cadences, contrôles et chronométrages, diminution des effectifs, baisse des salaires, licenciements. C’était la crise, comme ils disaient !

Un homme d’une cinquantaine d’années  : A cinquante ans, j’étais pas assez vigoureux pour assurer le rendement exigé, paraît-il !

Une femme des années 1930  : Tous les ouvriers et ouvrières âgés de plus de cinquante ans sont prévenus d’avoir à chercher du travail ailleurs ! Aux uns, on donne quinze jours de préavis, aux autres, un ou deux mois, selon la conscience du chef d’atelier ! On a vu des chefs « charognards » licencier des ouvriers séance tenante. 

Homme des années 1930  : Face aux briseurs de grèves, nervis patronaux, coups de poings contre les syndicats, le mouvement social continue avec grèves et occupations d’usine.

Un enfant 2014  : Granet, Timbaud, Rino Scolari, Michels et tant d’autres détenus de Choisel... ils y étaient !

Une femme de 34  : En France 6 février 34 : les ligues factieuses tentent de s’emparer de l’Assemblée Nationale !

Tous  : C’est l’électrochoc !

Une femme de 34  : Aussitôt une grande manifestation antifasciste est organisée par le mouvement politique et celui syndical qui fusionnent aux cris de « Vive l’unité ! ». Tels sont désormais les mots d’ordre de la gauche française : Paix, Pain, Liberté ! Le Front populaire est né !

Un chant espagnol commence : Eduardo Darnauchans – « Cancion por la España Obrera » Guitare et accordéon (Dany et Gwenaëlle). Une personne pendant ce temps au micro sur pied :

Espagnol 1 : Mais en Espagne, où la Seconde République espagnole a été proclamée le 14 avril 1931, des nuages noirs s’amoncellent . La ’’Commune espagnole’’ culmine en octobre 1934 lorsque les mineurs contrôlent un territoire de quelque 1 000 km2 autour d’Oviedo et au sud de cette ville. L’insurrection est matée dans le sang par les troupes d’Afrique commandées par Franco. La répression ordonnée par le gouvernement est terrible (1 000 morts, 20 000 arrestations). Désormais, en Espagne, un fossé de sang sépare le mouvement ouvrier du pouvoir en place !
Fin de la musique espagnole

Espagnol 2 : Pourtant, en 1936, le Frente Popular remporte les élections en Espagne. Le Front Populaire gagne aussi les élections en France en 1936.

Une femme de 1936 monte sur l’estrade  : Voilà qu’en France et en Espagne, le peuple se mêle de politique : il peut même avoir de vrais ministres prenant de vraies mesures en faveur de ses conditions de travail et de vie :

  • - 12 % d’augmentation des salaires,
  • - la semaine de 40 heures !
  • - 15 jours de congés payés !
  • - Le droit de cortège est reconnu !

Pour la première fois : trois femmes sont ministres alors même que les femmes n’ont pas encore le droit de vote !

Le premier départ en vacances rachète les chagrins de toute une vie ! L’euphorie est partout ! sauf pour le patronat qui prendra sa revanche, plus tard, en désignant au poteau d’exécution le 22 octobre 1941 les syndicalistes conquérants des lois sociales !

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