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Mée-disances du 5 novembre 2014.

Ecrit le 5 novembre 2014.

  Licencier sans justification

 
Challenges.fr du 31/10 : Le président du Medef Pierre Gattaz a suggéré jeudi 30 octobre que la France sorte de la convention 158 de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui oblige à justifier un licenciement, afin de lever la crainte de l’embauche chez les chefs d’entreprises. […]

Adoptée en juin 1982 et entrée en vigueur en novembre 1985, cette convention a été ratifiée par 36 pays dont un, le Brésil, l’a dénoncée en 1996. En Union européenne, elle a été ratifiée par Chypre, l’Espagne, la Finlande, la France, la Lettonie, le Luxembourg, le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède. Son article 4 stipule qu’ « un travailleur ne devra pas être licencié sans qu’il existe un motif valable de licenciement lié à l’aptitude ou à la conduite du travailleur ou fondé sur les nécessités du fonctionnement de l’entreprise, de l’établissement ou du service ».
 
La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a qualifié de « très conservateur et un peu archaïque » la prise de position du président du Medef. Pour Mme Lebranchu l’absence de créations d’emploi en dépit des mesures d’aides aux entreprises telles que le CICE, « c’est peut-être ce qui gêne M. Gattaz ; alors il essaie de trouver une autre raison pour laquelle il n’y a pas eu de créations d’emploi... »[…]

Elle a mis en garde le patron des patrons contre une réaction « des Français qui se demandent ce qu’on a fait des crédits versés aux entreprises ».

  Les enfants de la récession

 
Libération.fr du 28/10 : Le rapport de l’Unicef publié ce mardi, « Les enfants de la récession », est alarmant. Il dessine le portrait d’une génération d’enfants perdus : ceux qui ont subi la grande récession de 2008 à 2012, au sein même des pays riches. L’organisation mondiale a classé les pays en fonction de l’évolution de la pauvreté de leurs enfants et l’on découvre que la France y occupe une place peu enviable. Sa conclusion est terrible : « Des taux de chômage inégalés depuis la Grande Dépression des années 30 ont empêché de nombreuses familles de garantir les soins, la protection et les possibilités auxquelles les enfants ont droit. »
 
En France, entre 2008 et 2012, 440 000 enfants supplémentaires sont passés sous le seuil de pauvreté. […] On répète souvent que la France est la cinquième puissance économique mondiale. Mais dans le classement de l’Unicef, comparant l’évolution de la pauvreté des enfants, elle ne se classe qu’au 30è rang des 41 pays les plus influents de la planète. « Manifestement, plus encore que dans d’autres pays [comme la Norvège, la Belgique ou le Japon] les mesures prises par les gouvernements n’ont pas été suffisantes pour stabiliser ou faire diminuer la pauvreté des enfants », commente la responsable de la mission Enfance à l’Unicef France. […]
Comme en France, la pauvreté des enfants a augmenté dans 22 autres pays riches. La situation est particulièrement dramatique en Europe du Sud. En Espagne plus de 36% des enfants sont en situation de pauvreté. En Grèce, plus de 40%. La situation est également catastrophique en Islande : un enfant sur 10 était considéré comme pauvre en 2008 ; quatre ans plus tard, c’est près d’un tiers des enfants qui le sont.
 
L’Unicef parle d’une génération « mise de côté ». En France par exemple, alors que la pauvreté des enfants a augmenté de 3 points entre 2008 et 2012 (de 15,6% à 18,6%), la pauvreté des seniors a diminué d’autant. Dans la moitié des pays européens étudiés par le rapport, la pauvreté a augmenté plus rapidement pour les enfants que pour la population dans son ensemble. Phénomène inquiétant, une génération d’enfants s’ancre dans l’exclusion : certains n’ont jamais vu leurs parents, ni leurs grands-parents, travailler.

  Évasion fiscale en danger

 
Challenges.fr du29/10 : Plus de 80 pays ont signé le 29 octobre à Berlin des accords pour mettre en place un échange automatique d’informations financières d’ici 2017-2018, une mesure qui écorne le secret bancaire et constitue un progrès notable contre la fraude fiscale. 51 pays signataires se sont engagés à débuter l’échange d’informations dès septembre 2017. Objectif : que chaque administration fiscale ait connaissance des avoirs financiers placés à l’étranger par ses contribuables.
 
Les signataires incluent les membres de l’Union européenne, ainsi que des principautés attachées au secret bancaire comme le Liechtenstein, ou des paradis fiscaux comme les Îles Caïmans ou les Îles Vierges britanniques. Une trentaine d’autres pays se sont engagés, dans un accord séparé, à être prêts dès 2018. Parmi eux, l’Autriche mais aussi la Suisse, chantre du secret bancaire, et d’importantes places financières comme les Bahamas ou les Émirats Arabes Unis.
 
Les États-Unis et leur loi Facta, qui oblige les banques étrangères à déclarer systématiquement au fisc américain les comptes et dépôts des clients américains, avaient servi de déclencheur en 2010. Depuis, 5 pays européens, Allemagne et France en tête, ensuite appuyés par l’UE puis le G20, ont réclamé la généralisation de l’échange automatique d’informations sur la base des normes de l’OCDE.

Quelque 5.800 milliards d’euros seraient dissimulés dans les paradis fiscaux, soit un manque à gagner de 130 milliards par an pour les administrations fiscales du monde entier.

  Le blues des croque-morts

 
leMonde.fr du 01/11 : Rien ne va plus sur le marché du funéraire. Un hiver clément, un été doux, et voilà la mortalité qui recule de 4 % au cours des neuf premiers mois de l’année, provoquant une baisse significative du chiffre d’affaires. Mais les diffi-cultés ne sont pas uniquement con-joncturelles. La crise économique a incité les familles à exiger des devis et à négocier les tarifs. L’essor des crémations, dont le nombre a triplé en vingt ans, a également eu un impact sur l’activité des croque-morts. Ces difficultés fragilisent les PME, mais n’inquiètent pas les grands acteurs du secteur. Car, avec l’arrivée en fin de vie des générations du baby-boom, le nombre de morts devrait passer de 561 000 par an à plus de 730 000 en 2040.

  La charia au vitriol

 
leMonde.fr du 30/10 : Depuis le 15 octobre, plus de quinze femmes iraniennes ont été attaquées à l’acide par des motards en plein centre-ville d’Ispahan alors qu’elles étaient au volant de leur voiture. Ces femmes gravement brûlées, dont certaines resteront aveugles à jamais, avaient la jeunesse et la beauté pour points communs.
 
Selon les autorités, ces agressions étaient non organisées, actes d’individus isolés et sans rapport avec la propagande des religieux pour appliquer le précepte de la charia. Et sans rapport avec la loi qui est en passe d’être votée au Parlement, prévoyant une plus grande marge de manœuvre et une protection juridique pour les organisations et les individus chargés d’« ordonner le bien  » et d’« interdire le mal  ».

Destinée aux femmes « mal voilées  », cette loi stipulera que toute résistance, menace, insulte contre les gens chargés de veiller à la chasteté et de lutter contre la débauche dans la société sera passible d’une condamnation à la prison ferme et à une lourde amende.
 
Depuis l’avènement de la République islamique, les femmes iraniennes sont devenues la cible numéro un du pouvoir. Le 8 mars 1979, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, l’ayatollah Khomeyni avait décrété l’obligation du port du voile. Une mesure significative dont l’enjeu dépasse le mépris et la misogynie ordinaires des ayatollahs pour la population féminine.

La cristallisation des contraintes religieuses autour de la femme s’est inscrite dans le renforcement des principes patriarcaux qui avaient perdu leur automatisme sous la modernisation du régime du Shah Pahlavi. […]