Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Châteaubriant > Transports, routes, SNCF > Notre-Dame-des-Landes > Notre-Dame des Landes , Enguerrand en grève de la faim

Notre-Dame des Landes , Enguerrand en grève de la faim

Ecrit le 19 novembre 2014

Enguerrand est un jeune homme qui a fêté ses 23 ans en prison. « Il est accusé d’avoir fabriqué un fumigène. Alors que la procureure requiert la lourde peine de 6 mois de taule, le Juge aux ordres décide carrément de multiplier par deux ces réquisitions déjà iniques. Il prononce un an de prison ferme pour Enguerrand. »1 Il a entamé une grève de la faim le 13 novembre 2014.

« Vendredi dernier, Enguerrand a vu sa demande d’aménagement de peine acceptée par la JAP (Juge d’Application des Peines). Il aurait dû sortir hier, sous bracelet électronique, et commencer à travailler à partir de lundi. Sa libération a toutefois été suspendue par le Parquet, qui fait appel au prétexte qu’il n’a pas travaillé entre janvier 2013 et son incarcération. Et pourtant, Enguerrand travaille en prison, et il a pour lui les avis du SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation) et de la pénitentiaire : le dossier rêvé. Cette décision politique soulève deux paradoxes : Le procureur, par sa décision, empêche Enguerrand d’occuper l’emploi qu’il avait décroché au motif qu’il n’aurait pas travaillé pendant un an (l’année de naissance de sa fille).

Le ministère public se déjuge en allant bien au-delà de la peine qu’il avait requise lors du procès du 1er avril, à savoir 6 mois ferme. Cela va faire 7 mois et demi qu’Enguerrand est sous les verrous. La date d’appel n’est toujours pas connue »2

Voici un extrait d’une lettre qu’il avait écrite au bout de trois mois de prison. Je vous laisse alors imaginer sa déception et l’état de son moral suite au refus d’aménagement de sa peine sachant qu’avant son refus il a dû passer par tout un tas d’humiliations administratives.

« Le temps passe, et commence à paraître long. Le temps. Cette société qui considère que ’’ le temps, c’est de l’argent’’ - où tout doit toujours aller plus vite – cette société donc, n’a trouvé comme punition sournoise que celle de faire perdre leur temps à ceux qui ne jouent pas dans ses règles. Sauf que le temps qui passe, que l’on passe ici, ce n’est pas de l’argent que l’on perd, ou que l’on ne gagne pas, ce sont nos vies qui s’écoulent, sans vraiment être vécues. En essayant de voler notre temps, c’est nos vies qu’ils tentent de s’approprier. Alors, pour résister à ce vol, il faut occuper son temps ... L’occuper, plutôt que de vouloir le tuer : tuer le temps, c’est gober cinq cachets par jour, fumer trois ou quatre joints et regarder la téloche. Utiliser son temps en occupant son esprit, c’est lire, écrire, apprendre... ou encore éplucher le Code de Procédure Pénale, pour les emmerder avec leurs propres règles qu’ils ne sont même pas foutus de respecter. Chaque seconde passée de manière constructive est déjà une évasion en soi. Et, aussi symbolique soit-elle, c’est toujours une petite victoire. … Plus que de punir les actes des inculpés, il s’agit d’instiller la peur parmi ceux qui luttent, les dissuader de continuer. S’ils veulent que nous ayons peur, c’est qu’ils nous craignent, qu’ils craignent la force qui se dégage de nos luttes. Cette force qui pourrait balayer leur vieux monde absurde. N’ayons pas peur de résister, de lutter jusqu’au bout, peu importe ce que cela implique. La croyance dans le fait que nous luttons pour une cause juste est plus forte que leurs menaces. Si nous ne nous laissons pas terroriser, la victoire est certaine. À un de ces quatre sur les barricades ! »2

Il y a une manifestation le 22 novembre 2014 devant le palais de justice de Nantes avec auto-dénonciation collective et vous pouvez écrire à Enguerrand :

Enguerrand Delanous - écrou 59694 Rue de la Mainguais BP   71636 44316 Nantes cedex 3

Signé : PL


Ecrit le 3 décembre 2014

 Marche pour Enguerrand

La manif contre les violences policières et la répression judiciaire a réuni plus de 4000 personnes le 22 novembre à Nantes, malgré le dispositif policier délirant et le climat de peur instauré par les autorités et la presse. Plus de 300 lettres d’auto-dénonciation pour participation à la manifestation du 22 février à Nantes ont été envoyées au procureur. .

Rendez vous le 7 décembre à 14h devant la préfecture à Nantes pour un marathon jusqu’à la prison en soutien à Enguerrand, emprisonné depuis plus de 7 mois suite à la manifestation du 22 février et victime d’un acharnement judiciaire scandaleux.
Signé : Le collectif d’organisation de la manif, composé des membres de comités locaux contre le projet d’aéroport, de collectifs anti-répression, de membres d’associations et d’individu-es.


Communiqué de presse de l’ACIPA - jeudi 4 décembre 2014

 Un an ferme pour un fumigène

L’ACIPA, interloquée par le triste sort infligé en prison à Enguerrand Delanous (condamné suite à la manifestation du 22 février à Nantes), souhaite lui faire part de son soutien alors qu’il s’est vu refuser plusieurs demandes de sortie pour entretien d’embauche notamment. Refusée aussi sa libération anticipée malgré l’avis positif du juge d’application des peines. En novembre, il n’aura pas pu accéder à l’emploi qu’il avait décroché. Le Parquet a tout bloqué.

L’ACIPA en appelle aux pouvoirs publics afin qu’ils prennent bien la mesure des effets provoqués par la répression policière et judiciaire pour lesquelles ils ont opté.

Sentence hors pair et constat inquiétant : d’un « trouble à l’ordre public » on passe à l’ordre public qui créé le trouble.

Quelle soit pratiquée sur l’espace public ou en cellule, la criminalisation éclabousse l’Etat. Le fouet ou le bagne n’existent heureusement plus mais l’effet Notre Dame des Landes n’inspirerait-il pas certains usages aux relents inquiétants ?

L’ACIPA déclare qu’aucune « thérapie » ne viendra à bout de la prise de onscience de la population face à laquelle un projet d’aéroport est maintenu contre tout bon sens économique, écologique et humain.

L’ACIPA s’étonne que, à l’heure où la question de la surpopulation carcérale resurgit, avec mandat donné au député PS Monsieur Dominique Raimbourg, les situations comme celle d’Enguerrand ne puissent pas être résolues avec diligence et humanité.


Ecrit le 17 décembre 2014

 Ils portaient des cagoules

Des policiers infiltrés dans les manifes-tations s’habillent comme les mani-festants, avec des casques ou des foulards, pour ne pas être repérés. "Ils peuvent crier ou siffler pour imiter les manifestants mais ils ne vont pas jeter des pavés sur leurs collègues’’, explique Fabien Vandermerlick, dans l’Express du 4/11/2014.

Sans doute en effet ne jettent-ils pas des projectiles sur leurs collègues, mais ils peuvent très bien exciter des manifestants à l’esprit un peu faible, et abuser des journalistes et des téléspectateurs prêts à voir des casseurs partout !

Le plus rigolo, c’est quand des policiers arrêtent des gendarmes ! Cela s’est produit le 3 décembre 2014 à Lyon où les gendarmes, en repérage dans le quartier de la Duchère, portaient des cagoules. Les voisins, effrayés, ont appelé la police ! Un équipage de la brigade anticriminalité (BAC) a procédé à l’interpellation de l’un des militaires pris pour un malfrat ! [Comme quoi, faut pas se fier aux apparences !]. On espère que l’interpellation a été mouvementée du genre. « Stop, je suis un gendarme » - « C’est ça ! Et moi je suis le pape ! ».


NOTES:

1 https://nantes.indymedia.org
2-https://www.facebook.com/comite.de.soutien. a.enguerrand ?ref=ts&fref=ts