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La déviation de Treffieux : la longue route

Ecrit le 3 décembre 2014.

La question de la déviation de Treffieux a longuement divisé les habitants de Treffieux et a été un point d’achoppement ayant conduit au changement de municipalité en mars 2014. Le bulletin municipal d’octobre 2014, dans un article signé du maire, met en cause les conseils municipaux précédents en doutant même de la légitimité de leurs décisions. René Philippot, qui fut conseiller municipal puis maire, a rédigé une mise au point dont voici des extraits :

« Tous ces faits, avant de vous les livrer, j’ai voulu les vérifier, relire toutes les délibérations et préciser les dates des diverses démarches ou des mouvements d’opinions. Mon récit est différent de celui que vous entendez depuis quelques mois... mais je vous l’apporte avec des preuves et sans démagogie » et il demande la publication d’un droit de réponse.

Le SCHEMA D’AMENAGEMENT DE LA RN 171 Section Châteaubriant - Nozay, (arrêté préfectoral du 1er octobre 1996) prévoyait l’aménagement sans déviation du bourg de Treffieux. Mais le conseil municipal a soulevé le problème causé par la circulation dans la traversée du bourg (nuisance et insécurité). La DDE (Direction Départementale de l’Équipe-ment) a répondu :

  • 1- Nous ne pouvions prétendre à une déviation, elle n’était envisageable qu’à partir de 9 000 véhicules/jour. Nous en avions alors entre 4 000 et 5 000/jour.
  • 2- Nous proposions alors de régler au moins la circulation des camions d’Issé et des engins agricoles, en les déviant par l’ancienne voie ferrée, de la CUMA à la route d’Abbaretz. Refaire le pont et la voirie, ceci incombait au département. Jean Guyon, conseiller général du canton intervint, mais le département refusait de se substituer à l’Etat qui devait régler son problème de traversée du bourg.
  • 3- La DDE ne proposait qu’une solution : « l’aménagement du bourg », et lançait dès 1998 une étude de faisabilité par le cabinet « Paysages de l’Ouest ». C’était un investissement lourd pour la commune. Finalement nous obtenions l’engagement pour 1 000 000 de francs (150 000 euros) en supplément des aides habituelles. Sur une estimation des travaux de 3 000 000 de francs (450 000 euros), il restait moins de 40% à la charge de la commune et les rues de la Libération et du Don seraient aujourd’hui, aménagées et sécurisées depuis près de 15 ans. C’était une aubaine pour Treffieux d’autant qu’une fois les travaux terminés, la commune pouvait toujours demander la déviation. Nous étions aussi conscient qu’il fallait 10 à 15 ans pour la réaliser. Hélas 16 ans après !..

1997-1998 : Après les travaux d’assai-nissement faits par la commune sur la route nationale, les riverains étaient assez exaspérés par les nuisances, car la chaussée se trouvait en mauvais état et la circulation toujours dense. Leur mécon-tentement était justifié et compréhensible. C’est alors qu’une association se constitue. Son nom « N171 Défense et Sécurité ». Tout de suite cette asso-ciation optait de façon catégorique, contre l’aménagement projeté et en faveur d’un contournement par l’ancienne voie ferrée. (voir pétition signée par 130 à 150 personnes, dépôt en mairie le 5 juin 1998). De plus, l’association menaçait de bloquer la circulation de la route nationale. (Ce qui fut fait le 21 mai 1999).

  Réunion publique du 19 / 02 / 1999

C’est dans cette ambiance assez électrique, que se présentait la réunion publique prévue par la DDE et M. Le Mancq du bureau d’études « Paysages de l’Ouest ». Les slogans fusaient «  Nous avons vu le député, il nous a dit que la déviation était possible dans deux ans ». S’adressant au conseil municipal « Si vous acceptez l’aménagement de la traversée du bourg, on n’aura pas de déviation ».
Nos arguments ne percutaient pas. La proposition d’aménager d’abord le bourg ne passait pas. L’idée de déviation tout de suite, dominait. Nous n’avons pas pu, ou pas su, convaincre. Je le regrette encore très amèrement et reste très réservé envers cette forme caricaturale de démocratie, dite directe.

  Les décisions

Face à cette pression, la DDE retirait sa proposition et le conseil municipal, assez traumatisé par ces affrontements incom-préhensibles, décidait de solliciter la réa-lisation d’une déviation et son financement dans le cadre du contrat de plan Etat-Région de 2000 à 2006. Cette inscription permet encore une participation impor-tante de l’Etat jusqu’à 2017. Comme l’avaient demandé les signataires de la pétition et l’association, l’étude fut engagée en utilisant une portion de voie ferrée. C’était d’ailleurs la seule option susceptible de prendre en compte la centaine de camions desservant Issé. La présentation de cet avant-projet eut lieu en réunion publique en juin 2001.

  Le revirement

C’est lors de cette réunion publique que s’exprimaient notamment, ceux-là mêmes, qui deux ans plus tôt demandaient par pétition le contournement par la voie SNCF. Ils n’étaient plus d’accord, il ne fallait plus passer par cette voie, mais par l’ouest. « Et les camions d’Issé aux odeurs désagréables continueront de traverser le bourg » répondaient les responsables de la DDE et le maire Alphonse Réthoré. « Y a qu’à créer un barreau routier de Bel-Air à la Taverne » répliquaient les interlocuteurs. « Ceci ne concerne plus la déviation de la N 171, alors qui paiera ? » répondait la DDE. Forcément la commune de Treffieux. Elle n’en avait pas les moyens, pas plus qu’aujourd’hui pour un barreau vers la route de Lusanger. Le 5 juillet 2001 le nouveau conseil municipal élu en mars, délibérait légitimement, pour demander de poursuivre les études côté Est.

  Enquêtes publiques

Le projet fut soumis à une enquête publique du 28/01/2004 au 27/02/2004. Au cours de cette enquête, des modifications furent demandées notamment par le conseil municipal qui suggérait une continuité de circulation sur la D29 Rue du Soleil Levant. Comme elle n’est pas possible techniquement en ligne directe, il demandait un passage souterrain dans une partie où la voie est surélevée. Le commissaire-enquêteur exprimait un avis favorable. Le Préfet décidait alors, de lancer une autre enquête publique portant sur ce projet amélioré. Un nouvel avant-projet sommaire modificatif fut donc établi et approuvé par le directeur de la DDE. C’est la variante n°4. La nouvelle enquête portait donc sur la prise en compte de cette variante. Elle se déroulait du 18-06 au 20-07-2007. L’avis défavorable du commissaire-enquêteur amenait le maire de Treffieux, en accord avec son conseil municipal, à réagir auprès du Conseil Général devenu maître d’ouvrage. Enfin le Préfet prenait son arrêté portant Déclaration d’utilité publique, en toute légalité et non contestée dans les délais prévus. Fallait-il encore repartir pour une quatrième enquête ?

  Les variantes

Cinq variantes furent envisagées au cours de ces années. Deux par l’est et trois par l’ouest. Le tableau comparatif, proba-blement encore dans les archives de la mairie, mériterait d’être mieux connu du public. Il fait apparaître nettement les avantages et les inconvénients de chaque variante. Aucune n’est parfaite, disons avec humilité, que la variante n° 4 retenue, présente moins d’inconvénients que les autres, la vision d’intérêt général doit prévaloir.

Le gros reproche fait aux variantes côté ouest, c’est de laisser les camions d’Issé passer dans le bourg. Vous me direz, ceux du Centre d’Enfouissement des Brieulles alors ?... Ils sont bien moins nombreux et la durée d’exploitation n’est prévue que jusqu’en 2025. D’autres inconvénients à l’ouest : le coût, moitié plus élevé et l’impact sur les terres agricoles beaucoup plus important (7 exploitations). Je me souviens lors de la présentation des variantes, combien était grande l’inquiétude des gens de la Gommerais, de la Fontaine, du Point du jour et d’autres.

Cette affaire est allée au delà des débats utiles et normaux. Elle a fait perdre à notre commune beaucoup de temps et l’aménagement au moindre coût, de sa traversée. Il faut arrêter de l’entretenir. Le rôle des élus consiste, à mon sens, à expliquer, en apaisant les passions et non à lancer des accusations injustifiées, sur les délibérations de leurs prédécesseurs. Leur légitimité était aussi réelle que celle du conseil municipal actuel.

Signé : René Philippot

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analyse des variantes
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