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Réalité virtuelle, oui, et alors ?

Ecrit le 14 janvier 2015

Un mec lambda comme moi pourrait se dire : je vois en gros ce que c’est, pas du tout dans le détail, et puis qu’est ce que ça va m’apporter concrètement à moi (chassez ce coquin d’égoïsme, il revient au galop !) ? Eh bien, cette technique montante et pointue risque de vous apporter et de vous rapporter plus que vous ne croyez, même si vous ne la côtoyez jamais de très près.

 Définissons les mots.

La réalité, c’est ce qui est réel ; ce qui existe ou a existé ; ce qui est authentique et véritable (donc vérifiable). C’est une perception sans artifice aucun de nos sens, (œil, oreille, nez, bouche, toucher) auquel notre corps et notre cerveau rajoutent des sensations (humide, heureux, froid, en forme, etc). Ce mélange est déjà très complexe à décrire et peut varier d’une seconde à l’autre.

Le virtuel, c’est très exactement le contraire du réel, son opposé, son antithèse ; c’est ce qui n’est pas effectif ; ce qui n’existe pas, mais qui a la possibilité de se produire, de se mani-fester, immédiatement ou dans l’avenir. Là, nous sommes dans le pur domaine de l’hypothèse, de la spéculation ou mieux encore de l’imagination. C’est un domaine, un espace, une configuration sans limite, encore plus vaste que l’ancien Far-West américain à l’époque où quelques colons blancs canardaient sans pitié et repous-saient les Indiens qui y vivaient peinards. Pour être complet, le mot virtuel (donc possible) s’affronte avec fiction (déclarée impossible, mais juste à l’instant où vous lisez ces lignes). Et parfois, la réalité actuelle dépasse la fiction ancienne.

 Une aventure maîtrisée

D’abord, vous conviendrez qu’il faut un sacré culot pour se permettre d’associer deux mots parfaitement contraires pour baptiser une nouvelle technique. Cela me remémore une phrase d’un professeur de biologie qui serinait : « la Nature est grande dans ses petites choses ». Bon, mais c’était une phrase, pas un nom pour qualifier un nouvel outil technique. Mais les prouesses informatiques (compéten-ces et matériel) ne laissaient guère d’autres options.

Car la réalité virtuelle est « une simulation informatique interactive, immersive, visuelle, sonore, [voire plus comme tactile, haptique (analyse d’un mouvement de la peau à tous les organes y contribuant) mise en conditionnement, etc] d’environnements réels ou imaginaires ». Là, il y a matière à cogiter pour entrevoir les immenses possibilités, bien réelles, elles, d’application. Gardons les pieds sur terre, pas de révolution. Cette nouvelle pratique existe aujourd’hui, se traduit concrètement par des objets réels issus de nos connaissances. Et où l’homme reste l’homme, pivot central de sa création et de sa maîtrise. Même s’il tâtonne dans l’intelligence artificielle ou l’utilisation de robots, il freinera toujours à son propre dépassement. Mais le tsunami du progrès est si intense et si rapide qu’il ne faut jurer de rien.
Où en est-on ?

Bien que travaillée depuis des années (Platon, Descartes déjà), c’est vers 1985 que la troisième dimension, l’espace tridimensionnel, est relativement acquise en informatique. Mais il fallait qu’une ’réalité augmentée’ devienne une réalité objective, en temps réel.

Les débuts furent des images stéréoscopiques (3 dimensions) projetées sur écran. L’image ou l’objet pouvait tourner sur lui-même et présenter toutes ses faces. Des modifications possibles par un langage informatique spécifique (clavier ou ’stylo’) furent déterminantes. Les D.A.O. et C.A.O. (Dessin et Conception Assistés par Ordinateur) étaient nés. Des écrans, les images passèrent sur des murs de grande dimension. Les murs furent assemblés en salles, sortes de cubes, permettant d’abord l’immersion totale (comme plonger dans un milieu programmé et inconnu) puis de voir un objet de l’extérieur ou de l’intérieur : c’était fabuleux. Mais le véritable cap de la réalité virtuelle fut franchi quand l’ingénieur inventa des capteurs posés sur le corps humain et compatibles au millième de seconde avec le défilement sur les murs de nouvelles images montrant l’effet d’un geste, d’un mouvement, puis d’un déplacement. Là est née l’interactivité (la possibilité d’échange entre l’homme, le système informatique et l’environnement virtuel proposé). C’est actuellement le top, le meilleur du meilleur. Que d’applications possibles.

 Des bénéfices à la pelle !

Après cette formidable aventure, loin d’être close, je reviens à ma question : à moi, le mec lambda, ça m’apporte quoi ?La liste serait trop longue, j’abrège en quelques exemples. Les avantages sont nombreux, pécuniairement ou en termes de sécurité, de satisfaction et dans bien d’autres domaines : dans la formation, vous voulez obtenir un permis voiture, poids-lourd matières dangereuses, ou encore pilote de ligne Airbus A380, il est possible de vous former à 70 % sur simulateur et vous voyez l’économie ; vous êtes chirurgien et vos yeux, malgré leur excellente acuité, deviennent insuffi-sants pour tout visualiser : une caméra-capteur et des outils associés vous guident ; un incident nucléaire surgit dans un espace inaccessible : un robot insensible enverra le constat des dégâts comme aide à la décision ; vous êtes fan de jeux vidéo, que diriez vous de jouer dans un terrain à 360° plus l’altitude plutôt que de voir un écran ? ; vous fabriquez des produits multiple-pièces et votre hantise est la panne : vous les vérifiez une par une sous tous les angles avant le lancement de fabrication ; votre société doit réparer un navire à l’autre bout du monde : vous préparez les pièces, l’équipe nécessaire sans surcoût ; vos enfants vont voir leur enseignement bouleversé par le tactile, le ludique et l’interactif ; votre musée ou vos sculptures ne sont pas assez visitées : le web en visite commentée, c’est bien mais parfois insuffisant pour convaincre, l’immersion est un plus. Rajoutez toutes les possibilités que vous entrevoyez, je m’arrête là.

Je veux aussi parler d’autres bénéfices encaissés cash en monnaie sonnante (non pas les billets ou les chèques !) mais trébuchante. « Toute peine mérite salaire », surtout quand l’on fricote avec l’innovation technique. Nul doute que le marché est et sera immense et juteux. Chacun finalise ses produits. Même Internet reste muet quand vous le questionnez sur les sociétés (mondiales) en pointe dans le domaine et sur leurs clients effectifs ou pressentis. Dans ce monde feutré, le silence est d’or et les contrats atteignent sans doute des sommes faramineuses. Montréal (Cana-da) s’annonce comme la future capitale. En France (qui serait 3e sur le podium international, pas rien !), Laval (Mayenne) tient un peu le haut du pavé avec son annuel Laval Virtual depuis 1999, quoique la nouvelle municipalité ait revu à la baisse certains crédits. Elle est suivie de près par la ’mégapole’ Nantes-Saint-Nazaire (bonne nouvelle). Donc des capitaux sont investis, des recettes commencent à affluer, le retour sur investissement (très lourd) ne devrait pas être trop problématique. Mais quel est son futur, son évolution ?

  Repousser la fiction

Tous les équipements que nous avons passé en revue (écrans de simulation et pièces immersives) sont lourds, peu ou pas mobiles, coûteux. Une nette tendance est à la légèreté, la miniaturisation. Le pari repose sur des transmissions (sans fil par exemple) hyper-fiables. Ce n’est pas gagné. Mais la domotique (gérer à distance) progresse. Google fait le buzz avec ses lunettes à réalité augmentée. L’immersion se fragmente en accessoires distincts : casques, gants, chaussures, vêtements, etc. Il y a un futur. Les gros demandeurs actuels, à savoir l’Industrie (aéronautique, automobile, transport, équipements), le Service (télécom, mar-keting, informatique), l’Enseignement et la Recherche, l’Urbanisme (architecture, collectivités, BTP) et d’autres (événe-mentiel, musées, parcs d’attraction) vont s’accompagner d’autres demandeurs en réflexion.

Les mots clé de son futur sont sans doute ’immersion’ et ’mobilité’. L’immersion tendra à la totale concordance des sensa-tions de l’utilisateur et de la recombinaison parfaite de ses sens perturbés. L’immersion sera tactile, stratégique, narrative, spatiale, psychologique, senso-rielle. Après, il est plus compliqué de transcrire cette liste en métiers existants. La mobilité est liée à la légèreté, et donc à la communication et à la miniaturisation.

La réalité virtuelle demandera une intense concentration et perturbera la notion du temps et du réel. Et sa seule limite sera l’imaginaire de l’humain,bien petit !!