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Rythmes scolaires : les pauvres chéris

Ecrit le 18 février 2015

Faut réformer, ah oui la France a besoin d’être réformée, du moins mes voisins ont-ils bien besoin d’être réformés. Mais que la réforme ne me touche pas ! La Droite crie après la mauvaise santé économique de l’État mais oublie qu’elle en est responsable. Même que François Filon le disait dès septembre 2007 lors d’un voyage en Corse : « Je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite ». Mais maintenant que la Gauche fait des économies dans de nombreux domaines, la Droite proteste contre les restrictions dans les communes tout en demandant davantage d’économies ... ailleurs.

Les catégories sociales les plus favorisées (médecins, chirurgiens, dentistes…) protestent aussi, refusant, notamment, le Tiers-Payant. (voir article page 5).

Pourtant selon l’INSEE, en 2011, le revenu d’activité d’un médecin exerçant en libéral s’est élevé en moyenne à 106 140 € (8 845 €/mois). Ce chiffre cache cependant de grandes disparités. Les anesthésistes et les radiologues déclarent plus de 189 000 €/an quand, en bas de cette échelle des revenus, les généralistes ont touché eux en moyenne 82 020 euros en 2011 (6 835 € nets par mois)

D’autres catégories sociales manifestent, à juste titre : le secteur de l’aide à domicile car la baisse des financements publics va entraîner la disparition des services professionnels qualifiés capables d’accompagner les publics fragiles dans leur quotidien dans la continuité. Et ces travailleurs de l’aide à domicile sont payés à coups de lance-pierres !

Et voilà que des enseignants s’y mettent, protestant contre la réforme des rythmes scolaires, disant que les pauvres enfants sont fatigués, qu’il leur faut le mercredi matin pour récupérer et abandonner les activités péri-éducatives. C’est donc oublier plusieurs choses :

  • 1) la coupure du mercredi matin est particulière à la France : de nombreux pays ont classe du lundi au vendredi inclus (voire jusqu’au samedi)
  • 2) la coupure du mercredi matin existe pour les familles où l’enfant peut rester à la maison. Pour les autres, le départ chez la nourrice est souvent matinal !
  • 3) Les enfants qui cumulent à la maison les heures de télévision, a-t-on entendu dire qu’ils étaient fatigués ? les enfants des milieux aisés qui collectionnent depuis toujours les activités des mercredis et samedis : musique, danse, clubs sportifs, etc, a-t-on entendu dire qu’ils étaient fatigués ? Mais maintenant que ces activités sont offertes à tous les enfants, on nous sort un argument « fatigue » … alors même que les parents peuvent choisir de ne pas laisser leur enfant aux TAP (temps d’activités péri-éducatives).

4) On entend dire que certaines activités s’apparentent à une garderie. Et alors ? Un enfant s’ennuie moins à la garderie que tout seul à la maison. Il faut lui laisser le temps de jouer avec des jeux qu’il n’a pas chez lui, et de les partager avec d’autres enfants, construisant ainsi ce lien social indispensable dans nos sociétés.

5) On entend dire qu’il ne faut pas fatiguer les enfants. Mais à force de protéger ces chers petits, n’arrive-t-on pas à les surprotéger ? Un enfant doit apprendre que travailler fatigue ! Que c’est normal ! Et que, malgré cela, travailler, découvrir, se dépasser …. c’est un plaisir.

Nozay : selon le bulletin intercommunal, pour les enseignants, le bilan est très largement positif. Les mercredis matins sont très bénéfiques pour les apprentissages, les enfants étant très attentifs.

Signé : BP  


Ecrit le 17 juin 2015

 Questions sur l’école

Non, je ne vous parlerai pas tout à fait de la réforme du collège défendue par Najat Vallaud-Belkacem, écrite par des plumitifs du ministère de l’éducation nationale, un texte à l’inénarrable sabir.

J’ai une fille, de 14 ans inscrite dans le 6e arrondissement de Paris, dans une école privée et LAÎQUE, l’Ecole Alsacienne. Cette école est très réputée, parmi toutes les écoles, privées (comme Stanislas), et a pour but de conduire ses élèves à Louis-le-Grand ou Henri IV. Ensuite, ce sera l’ENS et/ou de grandes écoles ! Le fait est que sa mère et moi avons « fait » des grandes écoles. Et que nous avons « fait » aussi des collèges sans réputation.

Ma fille, a un parcours scolaire atypique : Kyôto (kindergarten), Berlin, sa ville natale (baby-sitter), Montmartre (crèche, petite section), lycée français de Rome (CP), Malakoff (fin de maternelle, CE1), Ste Geneviève (6e arr., fin de primaire) et donc, depuis la 6e, l’Alsacienne.

Tout a basculé lorsque ma fille a été atteinte de la maladie de Lime (maladie grave engendrée par la tique des forêts et dont elle est guérie aujourd’hui). J’ai dû aller la chercher à l’école, elle ne pouvait porter son sac sur son dos (le morphée, tache laquée blanche ornée d’une auréole rouge s’y trouvait et ne doit pas être endolori). Autorisé par l’instituteur à monter dans les étages de l’école, je l’ai entendu dire à un groupe d’en-fants : « allez, les louloutes, j’ai pas qu’ça à foutre, grouillez vous ! ». Nous avons eu une vive altercation.

A dire vrai, nous ne supportions pas non plus qu’elle soit poussée dans la cour, traitée de gosse de riche etc. Nous avons donc décidé de changer Julia d’école en demandant une dérogation qui soit pour nous pratique : à équidistance de Malakoff (sa mère) et de Montmartre (moi), avec des métros directs : Champs-Elysées et Concorde, dans le 8e. Notre dossier a été refusé ; nous avons été victimes de la guerre PC-UMP, ou plutôt de leur « entente contradictoire ». Suppression de classes et de postes d’un côté, refus de l’hétérogénéité que nous étions supposés représenter de l’autre.

Plusieurs questions se posent dans cette loi (et pas les vieux dadas de la droite que sont le latin et le grec, malheureusement moribonds ; la question de l’allemand ne se pose même pas, cette langue est « clairement » maintenue comme avant).

– Comment faire pour que les discriminations entre élèves venant, non de milieux populaires, mais de communes ou de « quartiers » qui le sont, diminuent ;

  • Comment rendre hétérogène ce qui est parfois très homogène, homogénéité qui dessert autant les classes d’excellence que celles qui sont à la peine.
  • Les classes bilangues, si elles ne touchent pas que les écoles dites aisées, pouvaient, à mon sens, être généralisées dès la 6e. Le discours tenu par N ; Vallaud-Belkacem est un syllogisme. Si l’on ne peut généraliser qu’en 5e, je souhaiterais qu’on m’explique pourquoi.
  • L’interdisciplinarité est une excellente chose, et pourquoi ne pas l’appliquer aussi entre des enseignants de lycées différents (par exemple, des gosses d’un collège de St-Denis viendraient se familiariser avec l’enseignement donné à Henry IV, et inversement : c’est l’égalité des droits au savoir des élèves qui compte.)
  • J’ajouterai enfin que ce sont des enseignants chevronnés qui devraient être affectés dans les collèges réputés difficiles, et non les jeunes capétiens.

La démocratie est un constant rééquilibre.

Signé : CMK, Christophe Marchand-Kiss


Ecrit le 24 juin 2015

 Des tablettes à l’école ?

Dessin emprunté à Grise Bouille