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Mée-disances du 25 mars 2015

Écrit le 25 mars 2015.

 Dollar fort

 
LeMonde.fr du18/03 : Un dollar élevé est-il une bonne chose pour l’Amérique ? L’appréciation du billet vert de 20 % par rapport aux autres monnaies et de 27 % par rapport à l’euro est à la fois une source de fierté montrant la solidité de la reprise américaine, mais aussi un facteur de perturbation pour les entreprises exportatrices et le commerce extérieur, dont le déficit est en train de se creuser. […]
Les deux tiers des entreprises exportatrices américaines affirment que les mouvements de change ont eu un impact négatif sur leur activité. Une sur quatre a réduit ses investissements en conséquence. […]
La publication des résultats du quatrième trimestre 2014 a déjà donné un échantillon des ravages que cause un dollar fort. Avon, qui réalise la moitié de ses ventes en Amérique latine, a vu son chiffre d’affaires plonger de 12 % et son bénéfice de 41 %. Sans les effets de change, les revenus du groupe de cosmétiques auraient progressé de 5 % et ses profits de 29 %.

Personne n’est épargné. Pas même Apple, dont les ventes ont été amputées de 2 milliards de dollars en raison de la montée du billet vert. « L’Amérique a connu une ré-industrialisation modeste ces dernières années, qui sera interrompue si le niveau du dollar reste longtemps élevé  », prévient le Prix Nobel d’économie Paul Krugman.
 
« Même si les entreprises commencent à s’inquiéter de la rapidité de la hausse du dollar, il ne faut pas oublier que les bilans n’ont jamais été aussi bons, tempère C. Barraud, chef économiste chez Market Securities. Tant que le marché intérieur tient la route, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Tôt ou tard, l’Europe va repartir et les flux vont s’inverser. Grâce à un dollar fort, chaque composant importé par les entreprises américaines pour fabriquer leurs produits est beaucoup moins coûteux ».
 
Reste que la compétitivité américaine est en train de s’effriter et que le déficit commercial se creuse, ce qui devrait peser sur la croissance américaine.

Libération.fr du 19/0.3 : La suppression des menus de substitution dans les cantines scolaires de Chalon-sur-Saône choque profondément Dominique Perben, ex-ministre de la justice de Chirac. Maire de cette ville pendant près de vingt ans, il dit sa consternation. C’est après sa première élection, en 1983, qu’avait été prise la décision d’offrir aux écoliers la possibilité de repas sans porc, un usage bien établi dans des milliers de communes. Son successeur, le jeune maire UMP Gilles Platret, sarkozyste notoire, a annoncé leur suppression à partir de la prochaine rentrée scolaire. Une décision saluée sur TF1 par Nicolas Sarkozy, lequel prononçait à Chalon, quelques jours plus tôt, un discours musclé sur la nécessaire « assimilation » des immigrés.
 
Perben dénonce une « instrumentalisation de la laïcité » qui, selon lui, n’a ’’jamais signifié la non-prise en compte des règles, des habitudes, des coutumes différentes’’ A trois jours des élections départe-mentales, il accuse Patret - et donc implicitement Sarkozy - de ’’donner aux radicaux un fantastique argument pour désorienter les musulmans modérés’’ en mettant brutalement en cause un usage ’’qui ne gênait personne et qui permettait un vivre ensemble accepté par tous’’.

[Ndlr : faut-il rappeler que, dans un passé pas si loin, les cantines ne servaient jamais de viande le vendredi, cette fois pour respecter les catholiques ?].

 Plus facho que fada

 
Libération.fr du18/03 : la guerre de Le Corbusier n’avait pas été exemplaire. Cinquante ans après sa disparition, les informations sur son parcours politique se multiplient. Deux livres publiés ces jours-ci, Un Corbusier, de François Chaslin, et Le Corbusier, un fascisme français, de Xavier de Jarcy révèlent l’ampleur de sa part d’ombre.
 
[…]. La tentation fasciste ne fut pas pour Le Corbusier une simple marque d’opportunisme : ses relations avec les idéologues de la droite nationaliste ont duré des décennies et marqué en profondeur sa pensée urbanistique. Né en Suisse en 1887, il s’installe à Paris dès 1917, rêvant de jouer un rôle actif dans la reconstruction. Il devra attendre une guerre de plus. En attendant, il bâtit quelques remarquables villas, tout en multipliant les projets radicaux. L’Esprit nouveau qu’il promeut n’est pas loin de l’Ordre nouveau. Ses amis les plus proches appartiennent à la frange la plus dure de la droite française, celle qui descend dans les rues de Paris le 6 février 1934.
 
[…] L’urbaniste Le Corbusier cache d’autant moins son mépris de la démocratie parlementaire qu’elle ne donne aucune suite à ses projets. Et c’est donc aux régimes autoritaires qu’il propose ses services. Mais Staline ne veut pas de lui à Moscou. Et Mussolini ne répond pas à ses appels.
Le Corbusier rejoint Vichy dès la fin 1940. Nommé conseiller pour l’urbanisme auprès du gouvernement, il rencontre Pétain, mais les choses s’enlisent. En juin 1942, son plan d’urbanisme pour Alger est rejeté. Rentré à Paris, il devient conseiller technique à la fondation d’Alexis Carrel, le théoricien de l’eugénisme.

 Après la guerre, la reconversion est instantanée. Le Corbusier toilette habilement sa biographie. Non content de gommer les traces de son long séjour à Vichy, il se fait passer pour une victime des pétainistes.

Soutenu par Claudius-Petit, ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme, admiré par Malraux qui voit en lui le plus grand architecte du siècle, Le Corbusier peut enfin construire les tours et les barres qu’il dessine depuis les années 20. Le fasciste d’hier est désormais le « fada », tandis que la Charte d’Athènes devient la bible des urbanistes. En septembre 1965, après sa noyade à Roquebrune, Malraux salue son ’’vieux maître’’ et son ’’vieil ami’’, faisant du bâtisseur de la Cité radieuse l’une des incarnations de la France gaulliste…

 Les revenus de Daech

 
NouvelObs du 15/03 : Pour asseoir son emprise sur le territoire qu’il contrôle en Syrie et en Irak, le groupe État islamique multiplie trafics et activités criminelles. Derrière le « problème Daech », il y a « l’argent de Daech ». Le groupe islamiste armé construit ses structures étatiques (enseignement, justice, impôt) contrôlant tout. Grâce à l’arme de la violence certes. Mais aussi d’un portefeuille bien garni qui lui permet de se fournir en armes mais également de payer ses troupes et d’entretenir ses réseaux. Ceux-ci sont impliqués dans le trafic de cigarettes, de drogue, dans la contrefaçon, dans les faux papiers… Ils prélèvent également des taxes sur les trafics qui traversent leur territoire ce qui leur fournit un revenu notable. Ils sont aussi impliqués, évidemment, dans des extorsions, puisqu’ils prélèvent de force des taxes sur les populations locales. Enfin, n’oublions pas les kidnappings en vue de rançons ni les nouveaux revenus issus de la vente d’antiquités syriennes.
 
Jusque-là, la seule arme employée pour couper court aux financements de l’organisation terroriste est celle des frappes contre les infrastructures pétrolières. Selon la diplomatie américaine, le trafic de l’or noir a rapporté jusqu’à 2 millions de dollars par jour aux djihadistes.

La baisse des revenus issus de la vente du pétrole est principalement compensée par ceux, en hausse, issus de la vente du Captagon, cette drogue synthétique déjà présente dans la région bien avant Daech. Utilisée par les combattants et fournie par les chefs de guerre locaux qui vivent de son trafic, cette amphétamine booste les capacités, accroît la résistance et fait tomber certaines barrières psychologiques qui pourraient freiner la barbarie de ces hommes de guerre.