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Mée-disances du 15 avril 2015

Écrit le 15 avril 2015

 Une France sans nucléaire

 
L’Express.fr du 09/04 : Dans une étude publiée la semaine prochaine, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a élaboré le scénario d’une France avec une électricité à 100% issue des énergies renouvelables en 2050. Alors que la loi sur la transition énergétique prévoit seulement de porter la part des renouvelables à 40% du mix-électrique en 2030. 
 
Cette étude, que Mediapart a publiée dans son intégralité, montre que la France a les capacités pour produire la totalité de son électricité à partir d’énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, géothermie, etc.). Cela coûterait environ 30% plus cher qu’avec le système actuel, mais quasiment pareil qu’avec une part de 50% pour le nucléaire comme le prévoit la loi sur la transition énergétique d’ici 2025. 
 
L’étude répartit la production entre 63% d’éolien, 17% de solaire, 13% d’hydraulique et 7% de thermique renouvelable. Le coût du mégawattheure est alors de 119 euros contre 91 euros actuellement. Des variantes sont présentées pour des situations de progrès technologiques plus poussés, un renforcement du réseau difficile et des problèmes d’acceptabilité. 
 
L’Ademe a pourtant décidé de repousser la publication de l’étude. « Une affaire de quelques mois », selon son directeur général délégué. « Plutôt que de chercher à en minimiser la diffusion, le gouvernement doit se saisir de ce rapport pour accentuer les efforts en matière de transition énergétique », regrette le parti Europe-Ecologie-les-Verts. « Cela illustre une nouvelle fois le tabou qu’il y a à évoquer le passage du nucléaire aux énergies renouvelables ». Le sujet est sensible : la loi sur la transition énergétique est toujours en examen au Parle-ment et l’un des points de friction porte sur la trajectoire de réduction de la part du nucléaire (75% aujourd’hui) dans le mix-électrique du pays. 

 Terroriste potentiel

 
L’Obs du 07/04 : Reconnaître un terroriste d’un seul coup d’œil ? Rien de plus difficile. Alors, pour aider ses agents, l’Agence nationale américaine de sécurité dans les transports, la Transportation Security Administration (TSA), a créé un document un peu spécial. Une sorte de quiz, baptisé « Spot », recensant les signes clés qui permettent de repérer un potentiel terroriste dans un aéroport, révèle The Intercept, le site américain d’investigation dirigé par Glenn Greenward, à l’origine des révélations d’Edward Snowden.
 
La checklist de la TSA, mise en place en 2007, se base sur trois types de comportement pour identifier les menaces : le stress, la peur et la tromperie. Pour chaque partie, plusieurs comportements sont listés et des points sont attribués à chaque comportement. Il suffit à l’agent de la TSA de cocher la case et ensuite de comptabiliser le nombre de points récoltés, pour un total de 92 points. Enfin, le « Spot » indique comment réagir en fonction du nombre de points récoltés :
– De 0 à 3 points, le passager est libre ;
– De 4 à 5, le passager va subir de nouveaux contrôles ;
– Plus de 6 points, le passager va subir de nouveaux contrôles et un officier de police sera averti.
 
Le programme « Spot », coût 900 millions de dollars, est réservé à des agents de détection du comportement. Ils sont en charge d’observer et d’interagir avec des passagers passant par la zone de contrôle de sécurité. Un ancien chef d’équipe de la TSA, interrogé par The Intercept sous couvert d’anonymat, explique que la cheklist de « Spot » est utilisée pour justifier n’importe quelles interpellations plutôt que pour identifier des menaces potentielles. « Spot’ a été conçu de telle manière que tous les passagers vont forcément présenter plusieurs comportements à risque », fait valoir l’ancien chef d’équipe. Il estime d’ailleurs que les signes recensés « sont ridicules ». 

 Harcèlement sexuel

 
Libération.fr du 0/04 : « Stop au harcèlement sexuel » disaient leurs autocollants : le 6 mars, de jeunes activistes chinoises ont été arrêtées alors qu’elles préparaient une distribution d’autocollants dans les transports de Pékin et Canton pour la journée internationale des droits des femmes. Cinq d’entre elles sont toujours détenues, accusées d’avoir voulu troubler l’ordre public. Leurs avocats s’inquiètent de cette détention prolongée, qui pourrait déboucher sur un procès et une condamnation à cinq ans de prison.
 
Ces activistes sont les initiatrices d’un mouvement féministe qui émerge en Chine. Rompues à la communication, elles se battent pour l’égalité des sexes, à travers une agitprop pacifique. Li Tingting s’était déjà fait remarquer en 2012 pour son éphémère campagne « Occupy Men’s Room », qui réclamait un accès équitable aux toilettes publiques, une potacherie pour laquelle elle avait reçu des menaces policières. Moins anecdotique, elle s’est beaucoup investie dans la lutte contre les violences domestiques, un fléau qui toucherait 40% des femmes en Chine, et n’a pas hésité à manifester à Pékin, lors de la Saint-Valentin 2012, vêtue d’une robe de mariée ensanglantée. Juste après l’arrestation des militantes, l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, Samantha Power, a appelé à leur libération, déplorant que, en Chine, « dénoncer le harcèlement sexuel dérange ».
 
Les organisations LGBT ont lancé des campagnes internationales, deux des jeunes femmes étant lesbiennes. La compagne de Maizi, Xiao La, a ainsi lancé une pétition en ligne qui a déjà recueilli près de 100 000 signatures. Les soutiens se multiplient, venus de l’étranger, comme les Femen, mais aussi de Chine.
 
Violence domestique, inégalité professionnelle, attouchements dans les trans-ports publics…, les combats féministes commencent à peine à émerger, malgré les freins répétés à la liberté d’expression. En juin, l’annulation de la condamnation à mort d’une femme battue qui avait tué son mari a été une victoire pour les militantes. Un projet de loi contre la violence domestique, jusque-là considérée comme du domaine privé, est aussi en discussion. Mais la détention des cinq activistes montre que le chemin est encore long.

 Ambassadeur gay

 
L’Obs du 09/04 : « Si une personne est homosexuelle, qui suis-je pour la juger ? Nous devons être frères », avait déclaré le pape François en juillet 2013. Mais il n’est peut-être pas aussi « gay-friendly » qu’il veut bien le laisser croire et la France vient de l’apprendre à ses dépens. François Hollande a nommé en janvier un nouvel ambassadeur au Vatican, un énarque spécialiste des questions religieuses. Sauf que cette nomination pose problème pour le Saint-Siège. Parce que Laurent Stéfanini est homosexuel.
 
En guise de réponse à cette nomination, le Vatican a choisi le silence. Le Saint-Siège refuse de valider cette candidature et François Hollande va maintenant devoir proposer un nouvel ambassadeur pour le poste laissé libre depuis début mars, après le départ de Bruno Joubert.

Pourtant, la candidature de Laurent Stéfanini, décidée le 5 janvier, avait reçu le soutien de l’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois. Mais, selon le « JDD », la Manif pour tous, par l’intermédiaire de sa présidente Ludovine de La Rochère, s’est activée pour empêcher la nomination de Laurent Stéfanini.
 
Le chef du protocole de l’Élisée semblait réunir tous les atouts pour le poste : l’homme de 55 ans connaît parfaitement le Saint-Siège. Il a travaillé à l’ambassade française du Vatican de 2001 à 2005 et est devenu ensuite conseiller pour les affaires religieuses au Quai d’Orsay. […]
 
C’est pour leur éviter la tentation que le pape veut éloigner les homosexuels du Saint Siège ?