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Mée-disances du 29 avril 2015

Écrit le 29 avril 2015

 Votre banque ici et là-bas

 
L’Express.fr du 24/04 : huit ans pour obtenir gain de cause. Un ancien étudiant de l’École supérieure de commerce de Toulouse va toucher 80 000 euros de dommages et intérêts et 3000 euros d’indemnités de la Société Générale, condamnée pour concurrence déloyale et parasitaire envers lui. […]
 
Pour son mémoire de master, il avait mis au point un projet d’entreprise décrivant un système destiné à faciliter les transferts de fonds des étrangers de France vers leur pays d’origine. Il avait présenté son concept aux responsables de la direction de la stratégie et du marketing de la Société Générale. L’entrepreneur en herbe n’a pas été embauché par la banque pour autant. Mais peu de temps après, il a eu la mauvaise surprise de reconnaître son idée dans le service « Votre banque ici et là-bas », lancé par la Société générale en 2007. 
 
« La banque avait repris et intégré, dans son offre de services aux étrangers, deux éléments innovants de son concept, la création d’un ’double compte’ et celle d’agences dédiées », relève la Cour de cassation. Et pendant que la Société Générale a pu étendre ses activités, l’ex-étudiant, lui, n’a « tiré aucun profit du produit de ses recherches dont l’intérêt économique était réel et qu’il ne pouvait plus valoriser ». 

 Espionnage

 
leMonde.fr du 25/04 : Les services secrets allemands ont, ces dernières années, espionné, pour le compte des États-Unis, des entreprises européennes – dont EADS –, mais aussi des responsables politiques et des hauts fonctionnaires européens, notamment français. Le porte-parole d’Angela Merkel a publié un communiqué indiquant que « la chancellerie a identifié des faiblesses techniques et d’organisation au sein du BND - les services de renseignement extérieur » et qu’elle « a ordonné que cela soit corrigé sans retard ». La suite du communiqué est elliptique : « Il n’y a toujours aucune preuve d’une surveillance de masse des citoyens allemands et européens » […]

Après les attentats du 11-Septembre, les services de renseignement allemands ont renforcé leur coopération avec leurs homologues américains. Mais il est de plus en plus évident que cette coopération ne s’est pas limitée pas à la lutte contre le terrorisme. Selon Der Spiegel, les Américains ont utilisé le BND comme un sous-traitant. Ils lui donnaient les adresses IP et les numéros de téléphone à espionner. En principe, les services allemands devaient vérifier que les demandes des Américains étaient pertinentes, et les responsables politiques étaient informés.
 
Mais, au fil des années, les Américains ont fait des demandes de plus en plus nombreuses – « des centaines de milliers voire des millions », affirme la Süddeutsche Zeitung – au point de « noyer » les services secrets, qui ont de moins en moins pris la peine d’en vérifier la pertinence. Surtout, il n’est pas évident que cette pratique ait été connue de la chancellerie avant le mois de mars. Signe de la défiance qui s’est installée entre le BND et les députés chargés de contrôler son activité : les membres de la commission parlementaire qui enquête sur les écoutes de la NSA américaine ont immédiatement mis fin à l’audition du président du BND, Gerhard Schindler et ont demandé que la chancellerie envoie un collaborateur de Mme Merkel.
 
Considérant que « le BND était une sorte de succursale des services secrets américains », Bernd Riexinger, un dirigeant de Die Linke (gauche radicale), le principal parti d’opposition, a demandé que la justice ouvre une enquête pour « trahison » à l’encontre des services secrets. Les autres partis ont refusé, mais cette affaire risque de renforcer la défiance des Allemands envers les USA.

 Gloutonnerie locale

Le Canard du 22/04 : pas la peine de chercher très loin pour comprendre pourquoi les impôts locaux vont encore augmenter. Tout ce que la France compte d’élus locaux – gauche et droite pour une fois unies – accuse l’État, qui a diminué ses dotations de près de 4 milliards d’euros par ans. Mais la lecture de l’étude que l’Insee vient de consacrer à « L’emploi dans la fonction publique en 2013 » conduit à se poser quelques questions.
 
Les effectifs des collectivités locales ont continué de s’accroître de 2 % (près de 40 000 personnes) en 2013, loin devant la fonction publique hospitalière (environ 20 000). Pas partout : les Régions n’ont pas embauché, les départements ont augmenté leurs effectifs de 1,1 %, et les communes se sont éclatées : le nombre de leurs salariés a crû de 1,8 % en 2013 et de 3 % en deux ans.

Un comble alors que les effectifs des intercommunalités – qui devaient permettre aux communes de faire des économies de personnel en mutualisant leurs services – ont eux-mêmes explosé de 5 % en 2013, et de plus de 10 % en deux ans !

 Tri des déchets

 
L’Express.fr du 23/04 : L’association UFC-Que Choisir a publié une enquête sur la politique du tri des déchets. De 2008 à 2012, les ménages ont vu leur facture augmentée de 24%. « La facture des ménages est de 6,5 milliards d’euros, 400 euros pour un ménage avec 2 enfants ! On a légitimité à s’interroger sur une politique aussi dispendieuse », déclare le président de l’UFC-Que Choisir.
 
Pourtant, seuls 23% des déchets ménagers sont recyclés, selon des chiffres Eurostat de 2012. Loin de l’objectif de 50% fixé par l’UE pour 2020. Parallèlement, la collecte sélective des déchets pré-triés par les usagers a augmenté de 7% seulement entre 2005 et 2011. […]
 

 École buissonnière

 
L’Obs du 24/04 : Plus d’un millier d’adolescents texans ont déjà fait un tour dans les prisons du « Lone Star State » ces trois dernières années pour avoir manqué l’école. Et dans certains cas comme celui de Serena Vela, cette application d’une loi qui devait obliger les enfants à rester à l’école a eu l’effet inverse en ruinant leur scolarité. Cette élève, scolarisée à un niveau qui est l’équivalent de la classe de seconde en France, était une ado comme les autres, […]. Mais elle séchait aussi fréquemment l’école, une mauvaise habitude pour laquelle la justice du Texas lui avait infligé 2.700 dollars d’amende. Serena, qui vivait dans une remorque avec sa mère, était incapable de payer sa dette envers la société et s’est donc vue offrir un « crédit prison » qui lui permettait de payer son amende au rythme de 300 dollars par jour passé derrière les barreaux. Elle passe donc neuf jours dans une prison pour adultes avant de retourner au lycée. Mais à son retour en « high school », la direction de l’école lui notifie son exclusion de l’établissement. Le temps passé en prison peut en effet compter comme autant d’absences injustifiées supplémentaires si les lycéens ne se procurent pas des documents officiels de l’institution pénitentiaire.

« Elle était allée en prison à cause d’une loi prévue pour garder les enfants sur le chemin du diplôme. Au lieu de ça, son parcours scolaire a été ruiné ».
 
Serena fait partie du millier d’ados emprisonnés au Texas ces trois dernières années pour avoir raté l’école. Les étudiants sont régulièrement enfermés avec les adultes, parfois condamnés pour violences ou braquage. Une écrasante majorité de ces adolescents sont trop pauvres pour payer les amendes et la plupart sont noirs ou latinos, ajoute l’enquête.

« C’est important que les enfants apprennent qu’il y a des conséquences à leurs actes », a déclaré David Cobos, juge d’une cour de comté du Texas.