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Premier mai de désespérance

Écrit le 06 mai 2015

Premier Mai 2015, en France et à Châteaubriant. Pas la foule. Le temps n’est même plus aux luttes et à la colère. C’est le temps de la désespérance. Au delà des postures traditionnelles des syndicats, c’est une réalité qu’il faut prendre en compte.

Pour Gilles Barracand, syndicat Solidaires, « Côté gouvernemental, on ne change pas une équipe qui perd ! » Mois après mois, le chômage progresse. Et les débâcles électorales du parti au pouvoir confirment, scrutin après scrutin, l’échec et l’impopularité de la politique du gouvernement. Cela n’empêche pas le Premier Ministre d’annoncer que ses réformes sont bonnes et qu’il va les poursuivre. Mais bonnes pour qui ? Pour le MEDEF et la Finance, certainement pas pour les travailleurs, actifs et retraités. Et même quand les Parlementaires rechignent aux contre-réformes sociales et à l’austérité, le Premier Ministre, aux ordres et à la botte de l’Union européenne, gouverne à coup de 49.3.

Avec le pacte de responsabilité, 50 milliards ont été offerts au patronat. 50 milliards en moins pour les hôpitaux et les services publics, 50 milliards en moins pour les salaires et les pensions. Avec la loi sur le dialogue social, le gouvernement veut aujourd’hui réduire les prérogatives des instances de représentation du personnel (en particulier du CHSCT), et même fusionner CDI et CDD ! Toutes ces mesures, faites au nom de la compétitivité des entreprises, non seulement ne font en rien reculer le chômage, mais au contraire
elles vont généraliser la précarité et les reculs sociaux.

C’est cette politique qui entraîne la désespérance des classes populaires et le sentiment du tous pourris dont se nourrit l’extrême-droite, qui est et reste le pire ennemi des travailleurs. Ce que nous a appris l’Histoire, ce que nous ont appris nos anciens, c’est que la bagarre syndicale est notre seul atout. C’est aujourd’hui plus vrai que jamais. Il faut refuser. Il faut résister.

Certes banquiers et capitalistes ont la puissance et l’oreille des gouvernants, mais nous, nous avons le nombre. Ils ont la richesse, mais cette richesse c’est nous qui la créons, c’est le fruit de notre travail ! C’est là notre force.

« Et, ici à Châteaubriant, me direz-vous ? Même motifs, même punitions, aggravés encore par les politiques locales d’isolement, qui mènent à une paupérisation du secteur, au vieillissement et à la diminution de la population »

Gilles Barracand a ensuite salué les travailleurs mobilisés de par le monde, avec une attention toute particulière cette année pour nos camarades grecs et pour les milliers de migrants qui fuient les guerres et la misère et trop souvent périssent en Méditerranée, victimes des marchands d’hommes et des mafias qui aujourd’hui règnent dans cette région mais surtout conséquence directe des guerres impérialistes menées dans cette région, d’abord et avant tout pour le pétrole.

« Si le climat était une banque, ils l’auraient déjà sauvé », disait Hugo Chavez. C’est la même chose pour ces femmes et ces hommes qui fuient la guerre et la misère et qu’on contraint à des vies indignes. Liberté de circulation pour le pétrole et les marchandises, centre de rétention pour les migrants !

« Le capitalisme porte en lui la barbarie comme la nuée dormante porte l’orage » disait le grand Jean Jaurès. Il voyait juste et sa pensée nous trace toujours la voie.

Gilles Barracand, Régis Guyomarch, Bernard MabilaisPour Régis Guyomarch, CGT, ce premier mai a une dimension particulière puisque cette année la Confédération Européenne des Syndicats appelle à se rassembler et manifester dans tous les pays européens. ’’Les attaques contre les salariés de tous pays sont nombreuses, les pays d’Europe n’y échappent pas. Le patronat et les gouvernements de nos différents pays n’ont qu’une nation, celle du capital que nous devons combattre pour que toutes et tous, nous vivions dignement avec les meilleures conditions de travail qui soient. La dignité est, et doit rester, un droit social vital’’

Nous avons vu des salariés de la plasturgie d’une entreprise qui est bien implantée sur Châteaubriant, se demander s’ils devaient quitter leur travail et trouver un autre secteur d’activité du fait d’un management féroce. À la Poste, on remarque aussi ce mal au travail. Chez Kuhn Huard, il y avait 172 intérimaires en 2014, il n’y a que 70 aujourd’hui.

Sur le CICE (Crédit Impôt Compétitivité Emploi), 420 entreprises du castelbriantais ont eu un cadeau de 3.2 millions d’euros sans contrôle, À quoi cet argent a-t-il servi ? Où est le résultat avec 1764 demandeurs d’emploi sur notre secteur en février 2015 avec une augmentation de 5.5% sur un an ?

Les choix de société qui nous sont imposés sont, à l’instar de la loi Macron et de celle sur le dialogue social, des aides aux patrons pour qu’ils s’enrichissent sur notre dos. Et c’est ce genre de lois qui engendrent les différences et la méfiance de l’autre, donc la division. Comme en 1895, laissons nos différences de côté, et rassemblons-nous, toutes et tous, pour défendre nos droits et en gagner de nouveaux. Le partage des richesses, c’est ce qui permettra à chacune et chacun de vivre dignement. Ne laissons pas le fruit de notre travail tomber dans les mains des actionnaires.
Allons nous continuer à laisser faire sans rien dire ? Plutôt que d’attendre d’être à la rue, soyons dans la rue, comme aujourd’hui !!!

L’austérité pour qui ?

L’austérité est la clé ! c’est ce qu’on entend partout et tout le temps mais l’austérité pour qui ? On n’a jamais compté autant de très grands riches. Rappelons nous qu’1% de la population mondiale détient la moitié des richesses. Et pendant ce temps là, des populations entières fuient leur pays, la pauvreté et la guerre. Devant ces tragédies à répétition, la surveillance des frontières ne peut pas être la seule réponse aux défis humanitaires qui se posent aujourd’hui. L’Union Européenne et les chefs d’États ne peuvent continuer de nier leur responsabilité en axant principalement leur action sur la seule lutte contre les passeurs. Il est urgent que les besoins sociaux de ces populations trouvent des réponses pour leur permettre de vivre en paix dans leur pays.

Le gouvernement s’engage à mettre en place des mesures incitatives pour éviter les départs anticipés à la retraite. Travailler plus pour sauver l’Europe du fric ? Salariés de tous pays, nous devons nous rassembler pour être plus forts ensemble. N’oublions pas que nous sommes les plus nombreux et que c’est nous qui créons les richesses que les patrons et les actionnaires se partagent. Réclamons notre dû !

Et je ne peux passer sous silence, ce qui a marqué les esprits en ce début d’année 2015. Le monde a été le théâtre de lâches attentats qui ont tué, notamment, en France et en Tunisie. C’est avec ces politiques de division mises en œuvre par nos dirigeants que l’obscurantisme avance et que la peur de l’autre devient monnaie courante. Notre combat contre tous les porteurs de racisme et d’extrémisme de droite, contre tous ceux qui crachent leur haine de l’étranger, est un combat que nous devons mener avec encore plus de détermination. Ces drames nous com-mandent plus que jamais, de défendre nos valeurs de liberté de pensée et d’expression, de tolérance et de fraternité face à toutes les tentatives de division et de stigmatisation, et à toutes les formes de totalitarisme.

Continuons à nous opposer à cette politique antisociale qui saigne les salariés et engraisse les patrons et les actionnaires.
Les miettes ça suffit !!!