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Mée-disances du 17 juin 2015

Ecrit le 17 juin 2015

 Pédophilie

Le Monde.fr du 10/06 : Le Vatican s’organise face à la multiplication des affaires de pédophilie qui gangrènent l’Église catholique depuis de nombreuses années. Le pape François a donné le feu vert, mercredi 10 juin, à la création d’une instance judiciaire à l’intérieur de la Congrégation pour la doctrine de la foi chargée de juger les évêques dans le cas où ils auraient couvert des abus sexuels commis par des prêtres dans leur diocèse.

Un secrétaire spécialement nommé par le pape aura la responsabilité de cette nouvelle section. Son personnel « pourra aussi être employé pour les procès pénaux dans des cas d’abus de mineurs et d’adultes vulnérables [handicapés] de la part du clergé ». Les associations d’anciennes victimes de prêtres pédophiles réclamaient cela depuis longtemps.

 Dédommagements

Le Monde.fr du18/04 : L’Église catholique américaine a dépensé entre juin 2013 et juin 2014 quelque 120 millions de dollars pour dédommager les victimes d’abus sexuels et 30 millions pour les programmes de lutte contre la pédophilie, a indiqué le 17 avril la Conférence des Évêques américains.

L’Église américaine réalise chaque année une étude sur les allégations d’abus depuis l’éclatement du scandale des prêtres pédophiles aux États-Unis en 2002, lorsque l’archevêque de Boston avait reconnu avoir protégé un prêtre responsable de nombreux abus sexuels.

Pendant cette période 2013-2014, 657 allégations d’abus pédophile par des prêtres sont remontées jusqu’à la hiérarchie, dont 130 ont été reconnus en tant que tels, 243 font l’objet d’une enquête, les autres n’étant pas prouvés. 37 cas, tous rapportés aux autorités séculières, viennent de personnes actuellement mineures.

 L’humour contre l’évasion fiscale

Marianne.fr du 12/06 : Thomas Coutrot, coprésident d’Attac et membre des Économistes atterrés, a été entendu par la police dans le cadre d’une enquête pour « vol en réunion ». La raison ? Une « réquisition citoyenne », selon ses termes, de cinq chaises d’une agence du groupe BNP. Et le militant altermondialiste prévient : il ne rendra les chaises que le jour où « BNP aura fait l’annonce qu’elle met fin à ses filiales aux Îles Caïmans »...

La mise en place de filiales dans les paradis fiscaux par les banques et notamment la BNP sont des faits largement connus. On ne compte plus le nombre de reportages, de rapports d’ONG et de commissions d’enquêtes parlementaires révélant ces agissements. Résultat : rien n’a changé ! Nous ne sommes pas confrontés au problème de la connaissance de ces éléments mais de l’inertie des pouvoirs publics sur cette question. Aucune mesure n’a été prise pour empêcher la possibilité pour ces banques d’offrir des mécanismes d’évasion fiscale à leurs clients.

« Nous voulions donc montrer qu’avec des formes d’actions originales, on peut pousser le politique à bouger. Et c’est même une nécessité car c’est le sentiment d’impuissance qui conduit au désespoir et nourrit par exemple le vote FN  . Nous voulons rompre avec cette impuissance en inventant des formes d’actions citoyennes nouvelles. La disproportion entre la réquisition de cinq chaises et le coût de l’évasion fiscale est significative. J’ai remis hier des chaises de BNP aux économistes Philippe Askenazy, Henri Sterdyniak et André Orléan à l’EHESS. Nous les rendrons lorsque BNP aura fait l’annonce qu’elle met fin à ses filiales aux Iles Caïmans… » dit Thomas Coutrot.

Pour rappel, l’évasion fiscale se situe entre 60 et 80 milliards d’euros par an.
Royal en Virginie pour l’arrivée de l’Hermione

 Dénoncer l’insécurité

Le Monde.fr du10/06 : Quatre adhérents du Front national sont en garde à vue depuis mardi 9 juin à Meaux (Seine-et-Marne), pour avoir, entre autres, incendié douze voitures dans la nuit du 8 au 9 avril 2015. Les compères, âgés de 21 à 26 ans, sont également poursuivis pour avoir tagué la voiture d’un militant de leur propre parti dans le Val-d’Oise.

Les quatre militants, qui ont reconnu les faits, se servaient de ces actes de vandalisme pour nourrir le discours sécuritaire de leur parti. Le 11 avril dernier, Adrien Desport, ex-numéro 2 du FN   77, avait ainsi publié sur son blog politique une lettre ouverte aux habitants de Mitry-Mory (Seine-et-Marne) dénonçant une délinquance « de plus en plus présente » et « le sentiment d’insécurité » régnant dans la ville. Des voitures avaient brûlé quelques jours plus tôt... incendiées par Adrien Desport et ses amis.

C’est un membre du bureau national du Front national qui a déposé plainte auprès du commissariat de Nanterre (Hauts-de-Seine), soupçonnant les quatre hommes d’avoir commis ces infractions. Ils seront jugés mercredi 10 juin à Meaux.

 Le Prix Nobel du ridicule

leMonde.fr du 10/06 : C’est gênant une femme dans un laboratoire. Pensez donc ! "Vous tombez amoureux d’elles, elles tombent amoureuses de vous, et quand vous les critiquez, elles pleurent.’’ Telle est la vision qu’a le biochimiste anglais Tim Hunt de ses homologues féminines. Le lauréat du prix Nobel de médecine millésime 2001 s’est livré à cette profonde analyse des interactions entre hommes et femmes en blouses blanches lors de la Conférence mondiale des journalistes scientifiques, qui se tient actuellement à Séoul.

Celui qui a été récompensé pour ses travaux sur la régulation du cycle cellulaire estime que les femmes sont des terribles tentatrices et que les laboratoires doivent être « non-mixtes ». Cette saillie de fort bon goût a naturellement fait bondir les journalistes assistant à son intervention.

La misogynie affichée de Tim Hunt, 72 ans, a aussi plongé dans l’embarras la Royal Society de Londres dont il est un éminent représentant depuis 1991. L’institution s’est d’abord contentée de préciser que l’opinion du biochimiste ne l’engageait pas. Elle a ensuite publié un communiqué pour réaffirmer l’importance des femmes dans le domaine scientifique.

Face à la polémique, le « nobélisé » a présenté ses excuses : « Ce que j’ai voulu dire, c’est que ces enchevêtrements émotionnels ont rendu la vie [dans le laboratoire] très difficile. Je suis vraiment, vraiment désolé, j’ai fait une erreur, c’est affreux. (...) »

Ces déclarations ridicules témoignent une fois encore du sexisme dans le milieu scientifique – qui n’est en rien épargné par le phénomène. En 2012, la Commission européenne avait diffusé un spot pour encourager la féminisation du secteur, montrant des chercheuses à talons hauts et rouge à lèvres carmin onduler gracieusement sous le regard ébahi de leurs collègues masculins. Ou comment vanter la science en rose pour les filles...

En mai, un article de deux généticiennes avait été retoqué par une revue scientifique. Le comité de lecture avait estimé qu’il serait « bénéfique de trouver un ou deux biologistes masculins avec lesquels travailler (ou du moins d’obtenir d’eux qu’ils relisent l’étude ou, encore mieux, qu’ils en soient les actifs cosignataires) ».

Quelques jours plus tard, un astrophysicien américain insinuait que la science était une affaire d’hommes ou plus exactement de « garçons qui font joujou », provoquant une onde choc sur la Toile et la riposte des « filles qui font joujou ».

En 1993, une historienne des sciences, Margaret W. Rossiter, avait théorisé la minimisation des contributions des femmes dans les sciences.

Que de progrès en vingt-deux ans !