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Guy Le Bris

 La tombe des fombrayeux

de Guy Le Bris

Il existe, dans la région de Châteaubriant, de nombreuses tombes mythiques, par exemple dans les forêts de Juigné ou de Teillay.En forêt de Juigné les anciens parlent encore de La Tombe des Fombrayeux, de la Tombe de l’émigré du Mottais, de la Tombe à la Fille (qui n’est pas la même que celle de la forêt de Teillay) et de la tombe de l’émigré de la Prévière.

En parler gallo, FRAMBOYER signifie : nettoyer les écuries et les étables. Le terme serait originaire de la région de Craon. D’après Serge Jouin, il existe au 12e siècle un vieux mot français sous la forme fembrer (du latin fimus, fumier). D’après Joseph Chapron, qui reprend le chapitre 201 de la « Coutume de Bretagne », faner et framboyer sont de « viles corvées » auxquelles les nobles ne sont pas tenus.Les framboyries, c’est-à-dire le curage à fond des écuries et des étables, avaient lieu habituellement deux fois par an, à Pâques et à la Toussaint. On ne devait pas framboyer au mois de mai car on s’exposait à voir les « velins » (serpents) pulluler dans les étables. En effet, les œufs des reptiles ayant été introduits avec la nouvelle litière, éclosaient en mai.A la fin de la framboyrie, au dessus du tas de fumier, on plantait un bouquet d’arbres, orné de fleurs, et on promenait triomphalement la métayère ou la fermière, assise dans le fauteuil du grand-père, et toute la jeunesse aux alentours dansait au son des violons et des clarinettes.

L’Histoire raconte que vers 1794-95, des Chouans auraient attaqué la ferme de la Jonchère (qui existe encore en limite de la forêt de Juigné) au moment des frambroyries et auraient amené les hommes dans une petite clairière pour les tuer. D’où l’existence de la Tombe des fombrayeux.La Tombe de l’Emigré du Mottais se trouve à la limite sud de la Forêt de Juigné, tout près de la ferme de la Colinerie. Là serait enterré un chef royaliste, mort d’épuisement au village de Beaumont, lors de la déroute des Chouans au moment de la « Virée de Galerne ».

Toujours en forêt de Juigné, près de la Prévière, au bord de l’étang des Rochettes, "la Tombe à la Fille", qui n’est pas la même que celle de la forêt de Teillay, raconte l’histoire d’une jeune paysanne amenée de force dans la forêt par une bande de Chouans. Outragée et martyrisée, elle fut mise à mort, liée au tronc d’un chêne. Après sa mort les bûcherons affirment qu’aucune hache n’arrivait à entamer l’arbre.La Tombe de l’Emigré de la Prévière porte la date de 1794. Située non loin de "la Tombe à la Fille", elle portait une croix monumentale en tuffeau, ornée de sculptures, notamment une touffe de lys soutenant une mitre accostée de palmes. La légende veut que soit enterré là un évêque, mort, de blessure ou de fatigue, lors du désarroi de l’armée royaliste en déroute.

Le livre de Guy Le BRIS

Sous le titre « La Tombe des fombrayeux », Guy Le Bris, d’Erbray, vient de faire paraître un recueil de cinq nouvelles autour d’histoires de chouans, dont trois sont inédites. Inédites ... mais primées ! Car Guy Le Bris est distingué dans de nombreux concours. Cette année encore, il a reçu à Nantes en février le Prix de la Société Académique avec sa nouvelle « Par une nuit de brouillard » - et à Blois, fin mai, le prix de la nouvelle humoristique avec « Jour d’élection » une histoire vraie à 90 % mais humoristique quand même !

Les cinq nouvelles de « La tombe des Fombrayeux » se situent dans la région de Châteaubriant, Erbray, Juigné, Moisdon. L’auteur mêle habilement la fiction et la réalité. Les personnages sont en partie réels (par exemple le Général Humbert, et Cœur de Lion, de son vrai nom : Jean Terrien). Le vocabulaire simple et limpide ne dédaigne pas l’emploi de mots anciens (comme « brocarder » qui désigne l’opération de concasser le minerai de fer avant de le jeter par le gueulard d’un haut fourneau). Les héros de ses nouvelles sont souvent de pauvres gens (laboureur, domestique, forgeron). Empreints d’émotion, les récits ménagent un suspens, et une beauté qui font qu’on ne reste pas insensible au supplice de la Pataude, et au destin de l’homme du chemin aux biques. On en sort rêveur ... et ça fait du bien.La Tombe des fombrayeux, par Guy Le Bris - Editions du Petit Véhicule (16 €) . Dessin de couverture de Michel Dunay


Ecrit le 11 février 2004 :

Des nouvelles de Lubray

Après « La Fontaine au gallo » (2000) et « Les Rimiaux de Guémené » (2001), la Compagnie du Fâilli Gueurzillon (Jacques Feuillet, Jean-Marc Lépicier) accouche enfin d’un nouveau spectacle. Le papa s’appelle Guy Le Bris, le maître d’école de la Touche d’Erbray qui, à l’heure de la retraite, a pris la plume et choisi la nouvelle comme forme d’expression. Rapidement, ses courtes histoires ont séduit les jurys de concours (Prix des Écrivains de l’Ouest en 2000...).

Guy Le Bris puise dans l’univers qui est le sien, l’inspiration nécessaire à ses créations ; les trois villages qui jalonnent son existence (Moisdon, Soudan, Erbray), se fondent en un seul : LUBRAY.

Dans un langage riche mais simple, c’est toute l’ambiance d’un monde rural qu’il restitue. Le cocasse y côtoie le tragi-comique, voire la gravité, le tout empreint de poésie et d’émotion.

Alexis Chevalier, du Théâtre Messidor, a une « nouvelle » fois accepté la lourde tâche - mais ô combien exaltante - de faire que ces textes deviennent spectacle vivant.

Décors de Michel Dunay, Affiche de Noël Joly, Eclairages de Gilbert Massard

LOUISFERT La Grange aux Poètes  

Les sept nouvelles du spectacle :

– Echec et mat. Prix de l’humour. Saint-Nazaire 2002.
– La statue de Saint Martin.Prix de l’humour. Blois 1994. Oléron 2000
– Ludwig. Mention d’honneur. Académie de Bretagne à Nantes.
– Un enfant sur la balançoire. 1er Prix. Blois 1999.
– Le magot. 3e Prix. Saint-Nazaire 1999
– Jour d’élection. 1er Prix. Blois 2003
– Rêve de valse. Prix des Ecrivains de l’Ouest.
Et prix « Guy de Maupassant ».

Photos (Jacques Feuillet à gauche, Jean-Marc Lépicier à droite) :

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Ecrit le 19 octobre 2005 :

 Rêve de Valse

« Les « Veuves Noires » ! Chaque village avait les siennes, enfermées, depuis la mort de leur époux, dans un deuil bien souvent ostentatoire et vouées à Dieu jusqu’à la fin de leur vie ». Mais au village de Lubray, Rose a l’intention de refaire sa vie avec le fils du notaire, un divorcé .... !

Guy Lebris publie son deuxième ouvrage, Rêve de Valse, qui reprend les nouvelles qui l’ont rendu célèbre et que le Fâilli Gueurzillon joue à merveille. Des histoires tendres et mélancoliques (Rêve de Valse), légèrement moqueuses (Le Magot), des observations très justes sur les coutumes d’un temps pas si lointain (Jour d’élections) et sur les pratiques d’une époque où les cantonniers se faisaient éboueurs tous les quinze jours et où les vanniers allaient de ferme en ferme apporter corbeilles et corbillons.

On sourit, souvent, et on ne peut retenir une petite larme d’émotion (Le dernier tour de piste). On quitte le livre avec beaucoup de tendresse pour des personnages originaux ... qui sont peut-être encore nos voisins.

Rêve de Valse, par Guy Le Bris, Ed. Siloé


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