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Les Républicains

Ecrit le 15 juillet 2015

Les Républicains, parfois abrégé en LR, est un parti politique français de droite issu du changement de nom et de statuts de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) voulu par son président Nicolas Sarkozy.

Le nouveau nom, les statuts et la composition du bureau politique sont adoptés par le bureau politique de l’UMP le 5 mai 2015 puis approuvés par les adhérents du parti le 28 mai 2015. Le nom « Les Républicains » est officiellement utilisé pour la première fois lors d’un congrès à Paris le 30 mai 2015.

En fait d’utilisation intensive du terme, galvaudée (du coup), de républicain, la France est gâtée. Du MRP à l’UNR de De Gaulle en passant par l’UDR de Pompidou et le RPR de Chirac, sans parler des RI de Giscard, du PR de Léotard, du MRC de Chevènement, effectivement il y a pléthore. Etrangement, d’ailleurs, beau-coup plus à droite qu’à gauche : il y a bien les « élus communistes et républicains », mais cette terminologie trempe dans la grande lessiveuse de la sémantique parlementaire.

A l’étranger, il faut chercher le terme, mais on le trouve parfois, du Republican Party américain au défunt Partito Republicano italien, par exemple.

Alors, LES Républicains, me direz-vous ? Le terme de républicain ne pose pas problème, effectivement (encore que : j’en reparlerai plus tard). Tout le monde, FN   compris, bien que seul parti qui ne soit pas un « héritier » de la Révolution, est d’accord. « La République nous appelle, sachons vaincre et sachons mourir ». Bref, histoire, symbolique et mythologie.

C’est le LES qui pose problème. Indubitablement. Pourquoi ? On sait que l’article n’existe pas dans toutes les langues. Le latin, par exemple, l’ignorait. Dans cette langue, le, la, les viennent d’un démonstratif, ille. Cette valeur démonstrative s’est affaiblie peu à peu dans les langues romanes.

Donc : démonstration, certes modeste, grammairienne. L’article défini, c’est quoi ? C’est, jusqu’à une date récente de l’histoire de la grammaire, le seul article reconnu en tant que tel. Un, une, des etc. sont des adjectifs indéfinis.

LES Républicains : parce que le substantif est notoirement connu de tout un chacun, et unique en son genre. C’est le cas.
LES Républicains : parce que le terme a un caractère universel (valeur emphatique. Ne manque que le point d’exclamation). C’est le cas.

LES Républicains : parce que l’article marque l’appartenance à une « espèce ». C’est encore le cas.

LES Républicains : parce qu’il désigne un nombre x ou y de personnes portant le même nom (comme : LES Martin). C’est toujours le cas.

Nous y voilà. Tous les ex-UMP s’appellent désormais Républicains. C’est leur nouveau nom de famille. Mais LES Martin ne signifie pas qu’il n’y a pas d’autres Martin sur la planète. Il désigne simplement une « catégorie précise » de Martin.

D’où l’absence absolue d’intérêt de la polémique, puisque LES ne marque en aucun cas une captation. Simplement, ces gens ont choisi leur patronyme, sans interdire à d’autres de s’appeler comme eux (ils n’en auraient d’ailleurs pas le droit ; Républicain n’est pas une marque déposée).

Voilà ce que je pense de toute l’encre et de toute la salive dépensées ces dernières semaines : billevesées. Il suffit de connaître un peu de grammaire.

Si, en revanche, l’article LES était absent ? Ces ex-UMP ne s’appelleraient plus que Républicains. Eh bien, on aurait affaire à une généralité absolue.

Codicille : le premier parti à user du LES furent Die Republikaner, parti d’extrême droite allemand, fondé en 1983 par Franz Schönhuber et Franz Handlos à Munich.

Joli Héritage, non ?

Signé : CMK, Christophe Marchand Kiss


Écrit le 12 août 2015

Chronique A/

La rédaction de La Mée me demande d’expliquer (un peu) ce que signifie le « A » de « Chronique A », titre de cette rubrique légèrement décalée dans l’espace et dans le temps.

Le « A », à l’origine, signifiait Alzheimer  . Pourquoi ce terme accolé à une chronique des plus primesautières ? On sait que, lors de l’évolution de cette maladie, les cortex sont rognés, et que l’hippocampe, le lieu de la mémoire dans le cerveau, se « vide » progressivement, couche après couche, des plus récentes aux plus anciennes. Alzheimer   signifiait donc ceci : je vais tenter de vous rappeler ce que vous avez (déjà ?) oublié.

Le « A », désormais, serait l’initiale d’Acomplétude (néologisme), ni le bonheur de l’incomplet, ni la frustration du complet, mais un entre-deux qui autoriserait la réflexion, aux deux sens du terme.

Le « A » comme Assez, si l’on pousse « assez » (sic) vite son coup de gueule.

Le « A » comme Alternative, si l’on veut bien croire à cette chimère, le mot révolution étant pour beaucoup caduc, et les slogans « changer la vie », « le changement, c’est maintenant » (vous vous souvenez ? Hollande, quand il avait encore des culottes courtes !) ayant déjà servi à élire deux socialistes à la présidence.

Le « A », tout simplement, non pas tel un « Allez, les petits », du célèbre chroniqueur rugbalistique Roger Couderc, mais tel un « Allons », sans qu’on se retourne, en dépassant les limites que les philistins ont bétonnées. Un peu comme cette allusion prégnante et qui revient sans cesse dans le dernier Terminator (Genisys) : une ligne de la main, droite comme un i dans sa paume, et qui avance sans se préoccuper d’autre chose. Car le monde n’a pas besoin qu’on s’en préoccupe, il a besoin qu’on l’allège (un « A » supplémentaire !)

Bref, je voulais vous parler aujourd’hui, et en express, de Srebrenica. Non pour revenir sur cet ignoble passé, de ces 8000 adultes et adolescents (« en gros ») assassinés par les soudards ivres et camés de Mladic. Ni pour évoquer l’actualité des pierres jetées sur Vucic, le premier ministre serbe, qui lui cassèrent ses lunettes et lui firent quelques bosses.
Non. Je voudrais revenir sur le terme de génocide, puisqu’il est appliqué à Srebrenica, et que le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) l’a utilisé cinq fois pour condamner quelques ordures, dont le premier fut Radislav Krstic en 2001.

Qu’est-ce qu’un génocide ? « La destruction méthodique d’un groupe ethnique » selon le Robert. Le mot a été forgé par Raphael Lemkin, dans un livre paru en 1944, en pleine guerre, Axis Rule in Occupied Europe.

Les Juifs ont donc subi un génocide (systématique et à échelle industrielle) ; les Arméniens ont subi un génocide (systématique mais non-industriel) ; les Indiens, auparavant, avaient subi un génocide, bien que « sporadique », fonction de l’avancée vers l’Ouest et de sa conquête.

Mais Srebrenica, et d’autres lieux en Bosnie ? Un (des) génocide(s) ? Non. Un (des) massacre(s), bien entendu, et des pires qui soient. Ou alors, on se sert de l’extension de sens du mot génocide : « extermination d’un groupe important de personnes en peu de temps » (toujours le Robert). Mais je n’aime pas cette extension : elle galvaude non seulement la signification première de génocide, et au-delà, sa spécificité.

Signé : CMK