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Et le commerce, comment ça va ?

Ecrit le 2 septembre 2015

A Châteaubriant ? Ca dépend pour qui ! Les grandes surfaces, les banques et assurances ont l’air de bien se porter ! Certaines rues sont plus sinistrées comme la rue de Couëré où il y a un nombre impressionnant de commerces fermés. Dans cette rue, souvent vide de piétons, même le simple arrêt est difficile.

Ce n’est pas étonnant ! Les commerçants estiment que les loyers sont très chers en centre-ville de même que les taxes professionnelle et foncière, sans oublier les cotisations propres aux commerçants (retraite, chômage, urssaf, etc) qui ne sont pas liées au chiffre d’affaires. La crise actuelle frappe les acheteurs, et les commerçants par ricochet. Le Centre-Ville à Châteaubriant est vide d’acheteurs et même de simples badauds. Les cafés eux-mêmes vivotent.

Où sont les gens ? Ils vont faire leurs courses ’’en zone’’ ou à Nantes, Rennes ou Angers et, le week-end, ils quittent Châteaubriant ou restent chez eux. Et comme le centre-ville comporte peu d’habitations, il ne faut pas s’étonner des rares badauds qui traînent. La munici-palité actuelle avait parlé de redynamiser le centre-ville mais les actions menées sont rares ; quelques jours d’animations avant Noêl, une fête de la musique ... pas grand-chose pour attirer durablement les visiteurs.

En 2012, une jeune femme avait été embauchée par la Com’Com’   du Castelbriantais, comme Chargée de mission développement commercial. Vice-Présidente Nationale des managers de Centre-Ville, connue grâce à une émission de télévision M6, elle s’était fait remarquer à Flers (Orne) par son dynamisme et la qualité de son travail. A Châteaubriant, nous en espérions autant. Espoir déçu, aussi bien pour nous que pour elle : « Elle avait sûrement des idées que nous aurions souhaité connaître » dit un com-merçant. « Elle n’est jamais venue me voir » dit un autre. Souvent absente, pour maladie grave, elle a su faire des propositions aux élus. Mais il semble qu’elle n’avait pas le droit de communiquer directement avec les commerçants ! Elle a quitté Châteaubriant à la fin de juillet, avec le sentiment de s’être brûlé les ailes.

Pour qu’un oiseau vole, il faut ne pas le maintenir en cage. Quelle liberté a eu cette chargée de mission ? Sans doute pas grand-chose, comme toujours sur ce territoire où le personnel (communal et/ou intercommunal) est bridé dans ses initiatives. Un bon travail ne peut se faire qu’en rassemblant des idées et des enthousiasmes. Il ne peut pas se faire s’il y a main-mise des élus sur les tech-niciens, s’il y a suspicion des élus vis-à-vis des techniciens, si les techniciens sont réduits au rôle d’exécutants. Et quand on dit ’’les élus’’, il faut savoir qu’il s’agit d’une oligarchie qui veut tout contrôler au point que des élus ’’de base’’ et même des maires ’’de base’’ ressentent ce manque de liberté et d’initiative  . Ils peuvent s’exprimer en petit comité surtout si le maître n’est pas là, mais, en réunion publique, ils savent qu’ils ont intérêt à la boucler. C’est difficile à croire, mais c’est ainsi. La chargée de mission n’apprenait souvent les dates des réunions de la municipalité avec les commerçants que lors de la distribution des invitations. Dans ces réunions, la municipalité salue toutes les idées émises mais ensuite ... rien ne bouge. Elle évite d’ailleurs de faire des réunions trop fréquentes pour que les participants ne lui rappellent pas les idées qu’ils ont émises.

Il est étonnant de voir que les Unions Commerciales à Châteaubriant ne tien-nent pas le coup. Nous avons eu ’’Action’’ qui a bien fonctionné pendant une douzaine d’années avec mise en place de nombreuses animations, de responsables de quartier, de renouveau de la braderie, de carte de fidélité commune. Elle avait même conçu un projet de marché de noël, place de la Motte avec une quinzaine de chalets. Projet tué par l’adjoint chargé du commerce : la municipalité a repris l’idée à son compte et a installé des chalets derrière la mairie, là où il y a très peu de commerces ... Le président d’Action a été poussé à la démission par la municipalité. Et c’est un coiffeur, copain du maire, qui a pris sa place. Il a fait du bruit. Et puis rien. Maintenant il est conseiller municipal ...

Après Action, ’’Castel-Com’’ s’est lancée avec fougue en 2012 en promettant une action par mois (promesse non tenue). Mais le Président a démissionné en mai 2013 et des associations de commerçants se sont créées dans deux rues : « Cœur de ville » dans la rue Porte-Neuve et « Quartier-Brillant » dans la rue Aristide Briand. Deux rues parallèles qu’un bloc de maisons sépare, deux associations séparées aussi. Le président de Quartier Brillant vient de vendre son café. L’association lui survivra-t-elle ?...
Il faut savoir, en plus, qu’un nombre important de commerçants ne résident pas à Châteaubriant et ne se déplacent pas, le week-end, pour soutenir leurs collègues. Il faut savoir aussi que les élus municipaux, pour une part importante, font leurs courses et leurs soldes à La Baule ou Nantes, quelquefois pour des raisons surprenantes : « le commerçant n’a pas besoin de savoir ce que j’achète ». Une ville où chacun surveille le voisin ? Houla la !

Alors les problèmes récurrents du commerce de centre ville, demeurent, notamment le manque d’attrait de la ville. C’est pourtant une belle ville ! La municipalité a créé un document pour lister tous les parkings gratuits en périphérie immédiate, mais les places du centre-ville sont envahies de voitures-ventouses. Ventouses ? Mais comment ? Notre maire n’a-t-il pas étendu le stationnement payant ? Si si ! Mais c’est un attrape-nigaud. Gare au client extérieur à la ville stationnant de façon irrégulière : un PV ! Un commerçant, un jour, a été surpris de voir la police municipale faire une brève apparition sur la Place de la Motte. Intrigué, il s’en est allé compter le nombre de voitures stationnant sans ticket. Une bonne vingtaine ! Interrogeant le poste de police, il s’est entendu dire que nos policiers sont impuissants : « les clients verbalisés se plaignant au maire et comme celui-ci ne veut pas d’histoires... ».
Des salariés d’un office notarial bien connu ne se privent pas d’aller renouveler leurs tickets gratuits. Les clients, eux, viennent de moins en moins en centre-ville surtout depuis que la place de la Motte a été réaménagée.

Cette Place de la Motte est un loupé complet : rien de convivial et un gymkana permanent des piétons et des voitures autour des bagnoles et ... des pissotières.
Pas de terrasse pour les bars et les restaurants, sauf une (celle de la Croisette) qui a obligation de rester sur le béton. Les remparts, qui devaient être mis en valeur, sont peu attractifs. Les plantations sont herbes sauvages, la circulation des piétons et des vélos est hasardeuse même si une adjointe au maire parle de ’’circulation apaisée’’. Les deux carrefours avec priorité à droite (heureusement rectifiés) ont créé des bouchons qui ont fait fuir les clients. Tous ceux qui le peuvent, maintenant, évitent le centre-ville. Alors le « petit » commerce de centre-ville ne va pas bien.

Ajoutez à cela que trop de boutiques du centre sont petites. Et que les logements existants sont vétustes, difficiles d’accès, vides ou occupés par une population désargentée. Une grande opération de réhabilitation serait à envisager, dépas-sant les rénovations des façades. Pour-quoi ne pas faire appel à un cabinet spécialisé, capable de réunir les commerçants et les habitants, d’imaginer quelque chose d’innovant, d’enthou-siasmant ? Nous serions fiers d’être une ville pionnière en la matière !

Le centre ville c’est environ 900 emplois directs (commerces, services, collecti-vités...) et ce n’est pas seulement au niveau de l’agriculture qu’il faut con-sommer local... Et la sécurité ? avec les agressions et les braquages, les incivilités, les commerçants sont stressés. A quand une réunion sécurité ?

Des idées ?

Un commerçant, remuant, a été élu au Conseil Municipal. Il ne remue plus et au bout de 17 mois on attend encore ses propositions. Soufflons-lui donc :
– la rénovation des commerces ? En réduisant les taxes et les loyers pour les commerçants qui s’y engageraient.
– la réflexion architecturale pour permettre aux commerces d’exister tout en laissant du logement en centre-ville ?- des animations régulières en centre-ville ? (tous les mois, toutes les semaines, cela attirerait les visiteurs et assurerait des rentrées financières aux associations et groupes musicaux qui accepteraient d’y participer).
– trouver le produit ou le service qui n’est pas fourni par les grandes surfaces ? Des artisans créateurs par exemple ?
– travailler le plus possible sur le web (c’est l’avenir).

La municipalité a été capable d’acheter des maisons pour les détruire, dans la rue du château. Elle pourrait bien acheter des pas de porte et pousser à la rénovation et relouer à des prix attractifs. Pour l’instant, rien de tout cela. Ah si, une idée : la municipalité a eu l’idée de décorer les vitrines des commerces vides. Pour ca-cher la misère ! Et même cela, ça ne s’est pas fait.

La Com’Com’   vient d’avoir une idée : aider des commerçants à s’installer en faisant pression sur le prix des loyers. Une bonne idée sans doute, mais très incomplète, car les magasins vides ne sont pas souvent aux normes, en particulier par rapport à l’accessibilité. Il serait important d’aider les commerces existants à ne pas fermer. Il serait important aussi d’aider les com-merçants à se mettre aux normes alors que, c’est évident, l’accessibilité n’est pas le souci de la municipalité ! Au contraire même, elle tient aux commerçants des propos étonnants, allant jusqu’à leur faire dire qu’ils peuvent se dispenser de faire les démarches nécessaires. Plus dure sera la chute.

D’autres bouleversements sont à attendre puisqu’un espace commercial est en projet sur la route de St Nazaire, mené par Olivier Rouet, le patron du magasin spécialisé dans le bricolage et le matériel de jardinage et par Dominique Flatet patron de la jardinerie VillaVerde (et par ailleurs élu municipal et élu inter-communal). La municipalité actuelle, il y a 15 ans, avait des propos durs sur la zone commerciale existant en périphérie de la ville (zone encouragée par le maire de l’époque, c’est-à-dire par le père du maire actuel, vous suivez ?). Et maintenant elle soutient le projet de la SARL Rubis ! (lire plus loin)

Des commerces du Centre-Ville auraient décidé de s’y installer. Ainsi, une fois de plus, les clients seront incités à aller ’’en zone’’. Qu’y aura-t-il à la place du magasin Villaverde ? Des logements ? M. Flatet ferait une bonne affaire en vendant l’emplacement de son magasin et le maire-notaire ferait une bonne affaire aussi en négociant ces logements.

A part ça, le magasin Weldom, situé auprès de Hyper U a fermé cet été, fin juillet, licenciant son personnel du jour au lendemain. Le magasin Camille Avril, rue Michel Grimault est toujours vide (loyer trop cher ?). Les six beaux modules de la route de St Aubin cherchent toujours preneurs.

Heureusement il y a quand même quelques commerces qui tournent bien. Le restaurant La Croisette, place de la Motte, a été rouvert cet été et l’ancien café ’’Le Bouchonnet’’ a changé de nom et a été rouvert le 4 août. La mercerie, place St Nicolas, serait reprise aussi. Longue vie à ces commerces et à tout le commerce de centre-ville.