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Lire, écrire, compter...

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Écrit le 23 septembre 2015

On sait que le Ministère de l’Éducation Nationale a l’intention d’équiper les élèves de tablettes, croyant que l’usage de ces outils numériques va aider à monter le niveau scolaire des enfants. Mais ...

  • un bon ouvrier a besoin de bons outils
  • un bon outil ne fait pas forcément un bon ouvrier.

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont révolutionné presque tous les aspects de notre vie privée et professionnelle. Si les élèves ne sont pas capables de naviguer dans un environnement numérique complexe, ils ne pourront plus participer pleinement à la vie économique, sociale et culturelle du monde qui les entoure. Mais ...

Un rapport de l’OCDE (enquête PISA) est paru le 15 septembre 2015. Il présente une analyse comparative internationale – la première dans ce domaine – des compétences numériques des élèves et des environnements d’apprentissage conçus en vue de les développer. Il révèle l’immense décalage entre la réalité de l’école et les promesses des nouvelles technologies.

Même lorsque les nouvelles technologies sont utilisées en classe, leur incidence sur la performance des élèves est mitigée,

  • Les élèves utilisant modérément les ordinateurs à l’école ont tendance à avoir des résultats scolaires légèrement meilleurs que ceux ne les utilisant que rarement.
  • Mais en revanche, les élèves utilisant très souvent les ordinateurs à l’école obtiennent des résultats bien inférieurs dans la plupart des apprentissages !

En outre, selon les résultats de l’enquête PISA, les pays ayant consenti d’importants investissements dans les TIC dans le domaine de l’éducation n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences.

Autre constat – peut‑être le plus décevant de ce rapport – les nouvelles technologies ne sont pas d’un grand secours pour combler les écarts de compétences entre élèves favorisés et défavorisés. En un mot, le fait de garantir l’acquisition par chaque enfant d’un niveau de compétences de base en compréhension de l’écrit et en mathématiques semble bien plus utile pour améliorer l’égalité des chances dans notre monde numérique que l’élargissement ou la subvention de l’accès aux appareils et services de haute technologie.

Dernier point, mais non des moindres, l’enquête PISA révèle que les élèves passant, un jour de semaine ordinaire, plus de 6 heures sur Internet en dehors de l’école sont particulièrement en mal-être émotionnel, susceptibles d’indiquer se sentir seuls à l’école, et d’arriver en retard en classe ou de sécher des journées de cours.

Explication ? Le développement de la compréhension et de la réflexion requiert des interactions intensives entre enseignants et élèves – un engagement humain précieux duquel la technologie peut parfois nous détourner. Une autre interprétation : nous ne maîtrisons pas encore assez le type d’approches pédagogiques permettant de tirer pleinement profit des nouvelles technologies, et en nous contentant d’ajouter les technologies du XXIe siècle aux pratiques pédagogiques du XXe siècle, nous ne faisons qu’amoindrir l’efficacité de l’enseignement.

Et puis, pour les nouvelles technologies, comme pour les anciennes, un élève ne progresse que s’il a envie de progresser. Un exemple tout simple : avec un logiciel permettant de calculer : +7 -15, l’élève peut faire l’effort d’imaginer le résultat ou se contenter de cliquer au hasard sur une des réponses proposées !

Lorsque les élèves utilisent leur smart-phone pour copier‑coller des réponses aux questions qui leur sont posées, il est peu probable que leurs capacités intellectuelles s’en trouvent renforcées. Si nous voulons que l’intelligence des élèves ne se résume pas à celle du moteur de recherche de leur smartphone, nous devons mener une réflexion plus approfondie sur les pratiques pédagogiques dont nous nous servons pour leur instruction. La technologie peut permettre d’optimiser un enseignement d’excellente qualité, mais elle ne pourra jamais, aussi avancée soit‑elle, pallier un enseignement de piètre qualité. La technologie n’est qu’un moyen parmi d’autres, sollicitant un certain type d’intelligence et pouvant se révéler inadapté pour d’autres. Un exemple encore : des élèves peuvent très bien se débrouiller à utiliser une équerre virtuelle pour vérifier qu’un angle est droit sur un schéma virtuel, et se trouver complètement perdu avec une équerre réelle et un dessin sur papier !

Le rapport s’interroge sur les compétences numériques des enseignants et sur ’’la piètre qualité globale des logiciels et didacticiels éducatifs’’. Mais l’essentiel est ailleurs : « Les nouvelles technologies offrent d’excellentes plateformes de collaboration pour la création de connaissances, par le biais desquelles les enseignants peuvent partager et enrichir leurs ressources pédagogiques’’. Les élèves peuvent profiter de la technologie pour accéder à un apprentissage par investigation et travaux collaboratifs.

Le rapport de l’OCDE insiste aussi sur les risques liés à internet : excès d’informations, plagiat, fraude, atteintes à la vie privée, harcèlement en ligne, manque de sommeil et d’activité physique. On peut le lire le rapport de l’OCDE


Ecrit le 23 septembre 2015

Lire, quelle méthode ?

Un nouveau programme est entré en vigueur à l’école maternelle en septembre 2015. Il vise à donner aux enfants envie d’aller à l’école pour apprendre, affirmer et épanouir leur personnalité. Ce temps de scolarité spécifique permet d’établir les fondements éducatifs et pédagogiques sur lesquels s’appuient et se développent les futurs apprentissages des élèves.

Une enquête de terrain a été menée dans 131 classes regroupant 2507 élèves ; elle a mobilisé les équipes de 13 laboratoires universitaires. Objectif : savoir comment un enfant apprend à lire au CP.

Les chercheurs ont remarqué des écarts importants en ce qui concerne le temps consacré à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. La moyenne se situe autour de 7 heures/semaine, mais des enseignants consacrent moins de 6 heures et d’autres plus de 9 heures. Ceci n’a pas d’influence sur les élèves moyens et forts. Les élèves les plus faibles pâtissent en revanche de trop faibles durées, notamment pour l’encodage et l’écriture. Les chercheurs préconisent au moins 15 minutes de dictée par semaine et notent qu’il n’existe pas un portrait-robot de bon enseignant, ni une méthode idéale. De plus le type de manuel scolaire, ou son absence, n’a pas d’impact.

Pour eux, ce qui compte le plus c’est l’importance du vocabulaire de l’enfant. Ils expliquent qu’un enfant lisant ’’pon-ton’’ prononcera ’’pom-pon’’ car un ponton ne lui disant rien, il pense s’être trompé et prononce le nom pompon qu’il connaît ! L’étude note un effet positif lorsque l’enseignant consacre du temps à l’étude du vocabulaire, à la fréquentation des albums jeunesse, et à expliquer les choses durant les tâches d’écriture. « Les élèves ont beau savoir déchiffrer, il faut aussi qu’ils comprennent ce qu’ils entendent lorsqu’on leur lit des textes. Or, cette qualité de compréhension reste corrélée aux milieux sociaux avant et après le CP. En moyenne, les élèves de milieu populaire maîtrisent moins bien la syntaxe et possèdent un vocabulaire moins étendu. On remarque que les pratiques pédagogiques ne compensent pas ces écarts » dit le professeur Roland Goigoux qui a coordonné cette étude.

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