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Une belle école publique à St Aubin

Écrit le 30 septembre 2015

Une petite commune comme St Aubin des Châteaux, 1600 habitants, méritait-elle une école publique neuve ? La question a été abordée depuis longtemps par les élus, sur plusieurs mandats successifs. Mais l’école Jean-Pierre Timbaud, datant de 1885, ne répondait plus aux critères actuels : pas d’atelier, pas de salle de motricité, une classe à l’étage avec des difficultés d’accès. Avec 22 % de croissance de population depuis 2000, l’école publique était à l’étroit.

Alors pourquoi ne pas regrouper l’école publique et l’école privée, avec un restaurant scolaire commun, d’autant plus que les terrains d’emprise des deux écoles étaient mitoyens ? Mais la Direction Diocésaine n’a pas voulu. Le Conseil Municipal de St Aubin a donc décidé, le 1er octobre 2012, de construire une école publique neuve. Un terrain avait été souhaité, en bordure de la rue du Menhir mais, faute d’accord avec les propriétaires qui en demandaient trop cher, la commune a préféré la parcelle cadastrée YT 15 bordant la salle des sports côté ouest, appartenant à la commune. Ce choix s’est révélé très judicieux car l’école publique se trouve maintenant, aussi, à proximité de la salle des associations.

Les élections de mars 2014 auraient pu remettre en cause ce projet dont la réalisation n’était pas commencée, mais les nouveaux élus ont décidé de poursuivre et, le 25 août 2014, le résultat des appels d’offres était connu : un coût de 1 264 687 € HT   alors que la commune avait prévu 1 300 000 €. C’était bien mais il fallait faire vite pour que tout soit prêt pour septembre 2015.

La première réunion de coordination avec l’architecte Gilbert Masson et les artisans a eu lieu le 2 octobre 2014. Premier coup de pelle le 23 octobre, travaux terminés le 31 juillet 2015.

 Subventions :

– le Conseil Départemental : 382 944 €
(plus 12 800 € pour le parking).
– l’État : 125 250 € pour l’école et 122 500 pour le restaurant scolaire.
– la réserve parlementaire du sénateur Yannick Vaugrenard pour 23 500 €

La commune a mis 280 000 € d’auto-financement et a emprunté 450 000 € sur 15 ans.

 Insertion

Dès le départ, comme le rappelle le maire Daniel Rabu, il avait été décidé de demander aux entreprises de respecter ’’la clause d’insertion’’ en donnant du travail aux personnes éloignées de l’emploi. 700 heures étaient programmées, 1492 heures ont été réalisées, 12 chercheurs d’emploi ont travaillé dans ce cadre et, finalement, 3 personnes ont trouvé un CDI, 2 personnes sont en CDD et 5 autres travaillent sur d’autres chantiers.

 Développement durable

L’architecte, Gilbert Masson, explique : « La mairie avait défini un budget serré de l’ordre de 1 300 000 € HT   qu’il me fallait respecter tout en construisant 1050 m2 habitables, et 300 m2 de préau et 2500 m2 de cour et voirie. Je me suis engagé aussi à respecter des critères de développe-ment durable, les normes sismiques, les normes thermiques, les règles d’accessibilité, la qualité de l’air dans les locaux mais aussi des valeurs patrimoniales car un menhir classé Monument Historique rentrait dans le champ de vision du projet ».

Dans les écoles voisines, neuves, que Gilbert Masson connaît, il y a des surfaces importantes affectées aux espaces de circulation, 150 m2 environ. Ces mètres-carrés il faut les construire (et le remboursement dure 15-20 ans), les entretenir et les chauffer. « Il m’a semblé que, dans une démarche de développement durable, chaque m2 économisé était autant de points gagnés ». Dans l’école de St Aubin, les dégagements représentent 50 m2 seulement.

Grands dégagements extérieurs couverts
Toit en polycarbonate
Charpente apparente aérée
Isolation Thermibloc

« Je me suis attaché à maîtriser le coût de construction : la charpente est d’un aspect brut, c’est volontaire » dit-il, mais en contrepartie, il a utilisé le parpaing moderne « Thermibloc » à isolation par l’extérieur. Ce parpaing est fabriqué en béton de bois (20 % de béton et 80 % de copeaux de bois de notre région), l’entreprise se trouve à Etrelles (Ille et Vilaine).

« Et plutôt que de mettre un préau dans un coin, ici le préau est devant chacune des cinq classes et ateliers, participant à la gestion de l’ensoleillement direct avec ses brise-soleil, mais c’est aussi un espace de distribution couvert ».

L’équipement sanitaire est souvent surdimensionné dans les écoles « ici j’ai fait le choix de l’accès direct depuis les classes maternelles, ce qui permet un usage à la demande et pas tous en même temps, donc moins d’appareils et moins de surfaces, donc économie. J’ai aussi privilégié pour les classes un éclairage naturel important, ce qui explique le toit en polycarbonate, c’est une première dans la région. Il permet de bloquer l’ensoleillement direct et en même temps de fournir une luminosité naturelle au centre de chaque classe par des puits de lumière. j’ai fait aussi fait le choix d’un éclairage par leds, modulé suivant l’apport de lumière naturelle ».

Le chauffage est assuré par des pompes à chaleur et un plancher chauffant complété par des centrales de traitement de l’air en double flux qui récupèrent les calories et dont le débit s’adapte à l’occupation des locaux.

Élus, architecte, enseignants, parents d’élèves sont satisfaits du travail fait ensemble autour de cette école publique de 5 classes (dont 2 classes maternelles), où chaque classe est équipée d’une petite salle annexe et d’espaces de rangement.

Tout autour de l’école, il y a 1200 m2 de terrains, c’est une école à la campagne tout en étant à deux pas du restaurant scolaire prévu pour 140 places sur 335 m2 (l’école Jean-Pierre Timbaud compte actuellement 120 élèves).

Jean-Pierre Timbaud

Cette école porte le nom de Jean-Pierre Timbaud, l’un des fusillés de la Sablière en 1941, qui, à l’époque, a été inhumé dans le cimetière communal. Le maire Daniel Rabu dit à ce sujet : « cela évoque à la fois l’horreur de la guerre et celles liées à certaines idéologies. Cela nous rappelle que ce n’est pas un détail de l’histoire. C’est une incitation à mener des projets visant à éduquer à la démocratie et aux valeurs universelles des Droits de l’Homme ».

Le nom de JP Timbaud a été proposé, naguère, par Jean-Jacques Catreux, alors directeur de l’école. En plus de sa qualité de ’’fusillé pour ses opinions politiques’’, ce nom a une symbolique particulière : en effet Jean-Pierre Timbaud était quasiment illettré, ce qui ne l’a pas empêché d’être un leader syndicaliste en 1936, et notamment lors des accords de Matignon qui ont institué le droit aux congés payés.

Mais illettré, pourquoi ? Jean-Pierre Timbaud est né en 1904. La famille vivait alors à six dans trois pièces à Paris. Aîné de quatre enfants, Jean Pierre quitte l’école à 8 ans. Son père est mobilisé en 1914, l’enfant devient soutien de famille. À douze ans, il est déjà ouvrier dans une fonderie à Decazeville.

Pour Yves Daniel, député, « Ce nom est riche de sens, surtout dans la période actuelle où nous constatons tous les jours l’importance de la liberté et de l’esprit critique, fondements de notre démocratie »

Chaque classe est équipée d’un petit atelier et d’espaces de rangement

Le maire Daniel Rabu ajoute : « l’image de l’école publique de Saint-Aubin est intimement liée à celle de l’amicale laïque par ses soutiens humain lors des manifestations et financier lors des sorties. J’invite fortement les parents à y adhérer. C’est une façon de montrer à vos enfants l’intérêt que vous portez à leur école qui est un lieu de culture, un lieu d’apprentissage et aussi et surtout un lieu de vie dans lequel les enfants doivent se sentir bien »

 Yves Daniel

« Pour vous accompagner, vous pouvez compter sur le plein soutien du gouvernement qui a fait de la jeunesse en général et de l’école en particulier des priorités du quinquennat » a dit le Député Yves Daniel. « Premier budget de la Nation, l’effort financier consacré à l’enseignement primaire et secondaire atteint cette année 65 milliards d’euros. Les créations d’emplois d’enseignants se poursuivent, conformément aux engagements pris : rien que pour cette rentrée, les moyens d’enseignement de l’école publique se sont accrus de 5 061 postes enseignants nouveaux et 687 postes pour la Vie de l’élève. De plus, 10 000 Auxiliaires de Vie scolaire supplémentaires aideront les élèves en situation de handicap à prendre toute leur place à l’école. Depuis 2012, plus de 8000 postes d’enseignants ont été créés à l’école primaire ».

« L’implication du gouvernement c’est aussi la loi portant refondation de l’école, votée en 2013 et dont, deux ans après, nous pouvons faire un premier bilan. En effet, la rentrée 2015 marque l’arrivée dans les classes à temps plein des premiers professeurs à nouveau formés dans les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation. Quant à la maternelle, elle devient un cycle à part entière avec un nouveau programme ».

Enn, les avantages des nouveaux rythmes scolaires ne sont plus à démontrer même si des difficultés persistent ici ou là. Les fameux « TAP » (Temps d’Activités Pédagogiques) tant décriés, sont l’occasion d’une formidable ouverture sur le monde pour nos enfants : avant la réforme, seuls 20% des écoliers avaient accès à des activités sportives, culturelles ou de loisirs. Avec la réforme, la plupart y participent.

« De plus, la collaboration entre l’Éducation nationale et les communes favorise la conception et la conduite d’une action éducative prenant en compte le temps de l’enfant dans sa globalité. L’instruction laisse la place à l’éducation, l’enfant n’est pas réduit à l’élève mais il est surtout un citoyen en devenir ».
« Le “devenir” me permet, pour conclure, de faire le lien avec une question à laquelle j’attache une grande importance : la formation tout au long de la vie. À l’école on apprend à être curieux, à questionner le monde qui nous entoure et à comprendre peu à peu que ce que nous croyons vrai, ne l’est pas toujours et partout. Mais une fois la scolarité nie, ces bonnes habitudes sont vite perdues ! Avec la formation, nous les retrouvons et, mieux, nous les cultivons : prendre du recul, s’adapter aux nouveautés, proter de l’expérience d’autrui. Ces qualités développées par la formation sont essentielles car elles participent pleinement à la constitution d’une société harmonieuse, composée d’individus ouverts sur le monde et sur la société. Pour quel bénéfice ? Celui d’être capable de saisir les évolutions de notre temps plutôt que de les subir. Et quand on voit le rythme effréné auquel elles se succèdent, ce bénéfice est loin d’être négligeable ! »

« Éducation et formation. Apprendre et comprendre. Savoir et pouvoir. Le l rouge est là. Il ne tient qu’à nous de continuer à le tisser » a conclu Yves Daniel.

Longue vie à l’école Jean-Pierre Timbaud.

 Harcèlement

Le ministère de l’éducation nationale a fait de la prévention du harcèlement entre élèves l’une de ses priorités. Le harcèlement se définit comme une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique.

Elle est le fait d’un ou de plusieurs élèves à l’encontre d’une victime qui ne peut se défendre.

Lorsqu’un enfant est insulté, menacé, battu, bousculé ou reçoit des messages injurieux à répétition, on parle donc de harcèlement.. Les trois caractéristiques du harcèlement en milieu scolaire :
– La violence : c’est un rapport de force et de domination entre un ou plusieurs élèves et une ou plusieurs victimes.
– La répétitivité : il s’agit d’agressions se répétant régulièrement.
– L’isolement de la victime : la victime est souvent isolée, plus petite, faible physiquement, et dans l’incapacité de se défendre.

Le harcèlement se fonde sur le rejet de la différence et sur la stigmatisation de certaines caractéristiques, telles que l’apparence physique (poids, taille, couleur ou type de cheveux), le sexe, l’identité de genre (garçon jugé trop efféminé, fille jugée trop masculine, sexisme), l’orientation sexuelle ou supposée, un handicap (physique, psychique ou mental), un trouble de la communication (bégaiement/bredouillement), l’appartenance à un groupe social ou culturel particulier, des centres d’intérêts différents

Les risques de harcèlement sont plus grands en fin d’école primaire et au collège. Il est indispensable que les parents et les élèves ne soient pas démunis face au signalement d’une situation de harcèlement et que les sanctions soient adaptées et éducatives.

Contact : 0808 807 010