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SSIAD : un véhicule adapté

Ecrit le 30 septembre 2015

 Après-midi festif au SSIAD

Après-midi festif au SSIAD (Service de Soins Infirmiers à domicile) à Sion-les-Mines. Une trentaine de personnes sont là, quelques familles et surtout des usagers. Quelques-uns en fauteuil roulant, d’autres courbés sur leur canne : avec le grand âge la tête se fait lourde et le dos s’arrondit. Le journaliste présent, surtout s’il est jeune, se fait une idée de ce qui l’attend dans quelques dizaines d’années. Mais bon, l’atmosphère est détendue. Café, jus de fruits, petits gâteaux maison. Allez, c’est pas tout ça, on n’est pas là seulement pour faire la fête ...

Ce 21 septembre 2015 c’est Portes Ouvertes au SSIAD. « Comme ça vous imaginerez où nous sommes quand vous nous téléphonerez ». Le SSIAD de Sion-Derval-Rougé avait ses locaux dans un bâtiment mal commode place de l’église à Sion-les-Mines. Ici, sur la route de Mouais, se trouvait un bâtiment libre depuis quelques années, naguère occupé par des vétérinaires. Le SSIAD l’a acheté et a emménagé en février 2014. Trois bureaux de plain-pied, des sanitaires aménagés pour personne handicapée, une salle de réunions destinée aux aide-soignantes et une salle de rangement du matériel médical et para-médical (déambulateur, chaise-percée, fauteuil roulant) et, tout autour, du terrain disponible. « Nous avons eu très peu d’aménagements intérieurs » dit le Président Yannick Massard. « A l’extérieur nous avons fait faire l’enrobé par les Éts Mustière de Derval. La clôture et le portail coulissant ont été posés par l’ACPM  , ateliers et Chantiers du Pays de la Mée, et nous en sommes très satisfaits ».

 Groupe de parole

En plus de la visite des locaux, le SSIAD a proposé deux informations, l’une sur un groupe de parole, et l’autre sur l’ESA (Equipe Spécialisée Alzheimer  ).

Le groupe de parole est présenté par Pierre Coué, de Lusanger. « J’ai eu besoin des services du SSIAD pour mon épouse, aujourd’hui décédée. Ils ont été à la hauteur de ce que j’espérais » dit-il. Le groupe de parole a concerné huit ’’aidants’’ en 2014, encadré par Nelly Chevalier (directrice du SSIAD) et par une psychologue. « La charge d’aidant est considérable, psychiquement et physique-ment » dit Pierre Coué. Les aidants sont la plupart du temps des conjoints, ou des enfants, ou des frères-sœurs, et la plupart du temps des femmes. La charge est encore plus lourde quand la famille est isolée, quand l’aidant ne conduit plus. On ne voit alors jamais personne, sauf les soignants. « Le groupe de parole est là pour retrouver la convivialité, le soutien mutuel, la dignité de l’aidant ». On y parle de tout, des événements familiaux, des expériences personnelles, de la vie courante. C’est un temps d’évasion, de « respiration », l’aidant reprend confiance en lui-même, accepte peu à peu d’aider les autres et d’être aidé lui-même. La personne aidée accepte de rester seule pendant ce temps-là, ou profite de la présence de la femme de ménage ou du passage des soignants. « Et si l’aidant n’a pas de véhicule ? Pas de problème, nous allons le chercher ou un co-voiturage s’organise avec les autres participants » dit Nelly Chevalier.

La psychologue est là pour dédramatiser les situations, pour aider à appréhender les bonnes ou mauvaises raisons qui font qu’un aidant refuse d’être aidé lui-même ou ne s’accorde pas le droit de partir en vacances. « Chacun a droit au répit, mais il y a dans les hôpitaux trop peu de places en hébergement temporaire » dit encore Nelly.

Ce service « groupe de parole » n’est pas financé par l’ARS   (agence régionale santé) car n’est pas spécifiquement un ’’soin’’ même s’il est très utile pour l’aidant. Il coûte environ 2000 €/an. Les subventions versées par la Com’Com’   de Derval (1000 €) et par la CARSAT   (2000 €) vont permettre de fonctionner deux ans. Les aidants qui y participent paient 3,50 € par séance.

 Passerelle

Il ne faudra pas se faire trop d’illusions : un jour viendra où la personne devra accepter d’aller en maison de retraite, « pas pour mourir, mais pour continuer à vivre » dit Nelly. Des après-midi passerelle sont donc organisés avec « Le Val d’Emilie » : ateliers-mémoire, entretien du corps, musique et chansons, pour mieux faire connaître la maison de retraite, et pour donner un temps de répit à l’aidant s’il le souhaite.

Un véhicule pour le SSAID

Pour faciliter les déplacements, le SSIAD a financé un « Berlingo » spé-cialement aménagé pour fauteuil roulant, qu’il est possible de prêter aux familles. Coût 9036 €, financé par la Com’Com’   de Derval (1000 €), le Crédit Agricole (2000 €) et la Fondation Norauto (6000 €). C’est aussi un service appréciable même si, lui non plus, il n’est pas financé par l’ARS  .

La CC du Castelbriantais (dont sept communes sont servies par le SSIAD de Sion) n’a pas participé, parce qu’elle n’a pas la compétence sociale !

 Mémoire

Une équipe mobile spécialisée Alzheimer   fonctionne efficacement depuis un an environ. Elle est basée à Bonnœuvre, près d’Ancenis, avec des antennes dans les SSIAD où une aide-soignante a accepté de se former spécialement.

Le service intervient uniquement au domicile des personnes. Objectif : maintien à domicile des personnes ayant des troubles de mémoire. Cela se fait sur prescription du médecin généraliste ou d’un médecin spécialiste à la suite des consultations-mémoire qui se font à Châteaubriant. L’idéal est d’avoir prescription de quinze séances.

Pendant les trois premières séances (90 min chacune), l’ergothérapeute, Julien, évalue la mémoire en tenant compte des antécédents médicaux et de l’histoire familiale, il examine aussi le logement pour donner des conseils limitant les risques de chute (dans la salle de bains par exemple) : une barre d’appui ici, des bandes anti-dérapantes sous les tapis, etc. Enfin il propose des activités adaptées à la personne et répondant aux besoins exprimés. Ce peut être de réapprendre à se servir d’un micro-onde, ou d’une cafetière électrique, quitte à établir un mode d’emploi très détaillé. Le travail se fait aussi avec l’entourage et les aides à domicile. L’objectif est de redonner confiance à la personne, de lui montrer qu’elle est encore capable de faire des choses, lui laisser le plus d’autonomie dans sa maison mais avec le minimum de risques.

C’est l’assistante de Soins et Gérontologie (ASG), Patricia, qui prend le relais dans des séances d’une heure avec des jeux de mémoire divers. La personne apprécie ! Les résultats sont satisfaisants mais … éphémères car la maladie évolue. La prescription, remboursée à 100 % par la Sécurité Sociale, peut être renouvelée.

 Le saviez-vous ?

Le SSIAD de Sion-Derval-Rougé concerne les personnes âgées de 60 ans et plus, en perte d’autonomie, et les moins de 60 ans en situation de handicap ou de maladie chronique ou invalidante. Les soins comprennent : des soins d’hygiène, des soins infirmiers techniques, la mobi-lisation et la stimulation de la personne, une écoute attentive et discrète sur 13 communes des anciens cantons de Derval et Rougé et aussi sur Ruffigné et St Aubin des Châteaux. Agréé pour 14600 heures (nombre de jours x nombre de places), il a été ’’plein’’ à 97,8 % en 2014, accueillant 64 patients. La moyenne d’âge : 83 ans.

En 2014, 41 demandes nouvelles ont été présentées mais 17 n’ont pu être satisfaites par manque de place. Les personnes en attente ne sont cependant pas sans solution : centre de soins, service d’aide à domicile, infirmiers libéraux.

Il existe à Bain de Bretagne (et ailleurs) un magasin Cap Vital Santé, qui se déplace sur le Pays de Châteaubriant   et fournit (vente ou prêt) du matériel médical.