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La Grande Guerre

Ecrit le 4 novembre 2015

La ville de Châteaubriant fait, autour du 11 novembre, une « semaine du souvenir ». (voir plus loin). Apportons donc des éclairages complémentaires.

 La guerre, de 1914 au Traité de Versailles

Le 3 août 1914, le tocsin sème la peur. Ce sentiment peu à peu laisse la place à une sorte d’euphorie, entretenue dans les esprits depuis la défaite de 1870. « On allait voir ce qu’on allait voir ». Les Français n’avaient aucun doute quant à la supériorité de leurs armées. « A Berlin, dans quinze jours nous serons de retour » clamaient les jeunes soldats en prenant le train qui allait les conduire vers un destin, fatal pour beaucoup trop d’entre eux.

Quelques voix s’élèvent cependant. A Derval le curé Bouron ne partage pas cette liesse, il écrit « Quel coup de foudre, quelle terreur ! Même les moins croyants sont saisis du mouvement religieux et comprennent qu’il faut mettre sa con-science en état d’affronter un péril qui menace d’être redoutable comme jamais ».

Brutalement la guerre est enclenchée. Dès le 4 août les Allemands envahissent le Luxembourg et la Belgique puis le Nord de la France. En avril 1915 ils n’hésitent pas à employer de terribles gaz asphyxiants. L’année 1916 (de février à décembre) est caractérisée par l’horrible bataille de Verdun. Celle-ci fit 362 000 morts chez les Allemands et 336 000 côté français. En 1917 la guerre se poursuit, le pape Benoît XV adresse une nouvelle supplique aux belligérants en leur demandant d’abréger les hostilités. Clémenceau s’exclame : ’’Ce Pape est un pape boche !’’ … mais les armées alliés marquent des signes de faiblesse, des mutineries sont de fréquentes et l’issue de la guerre est de plus en plus incertaine. Alors on se tourne vers le religieux, on invoque le Sacré-Cœur et Jeanne d’Arc notre héroïne nationale (pas encore récupérée par le FN  ), mais le salut va venir d’outre-Atlantique.

 Les Américains débarquent

Le 26 juin 1917, les Américains se souvenant sans doute qu’ils ont une ’’dette’’ envers la France, débarquent à St Nazaire et leur chef ira s’incliner sur la tombe de La Fayette en proclamant : « La Fayette, nous voilà ! » (En 1777, le général La Fayette, âgé de 20 ans, à bord de sa frégate, rejoignit l’Amérique et prit une part active aux côtés des Insurgés dans leur guerre d’Indépendance). Mais les Etats-Unis ne pourront vraiment jouer un rôle important qu’un an plus tard.

Le clairon sonne le Cessez-le-feu le 11 novembre 1918. L’Armistice met un terme à cette horrible guerre qui fit 1 800 000 morts allemands et 1 400 000 français. Que de temps il a fallu avant de connaître cette paix, mais aussi que de souffrances et de larmes. Mais l’état d’esprit est resté le même : « on est victorieux »

Vers la fin du conflit, le curé Bouron écrit à l’un de ses confrères, évoquant la ferveur de ses paroissiens qui s’est manifestée lors des cérémonies et neuvaines de prières le soir à l’église. « Dans sa grande détresse, le Pasteur fit la promesse d’aller en pèlerinage à Ste Anne d’Auray, le plus tôt possible après la guerre, si la région était préservée de l’envahisseur ». Il ajoute : « La tâche la plus ingrate pour le Pasteur étant celle de prévenir les familles de la mort d’un des leurs » [Prématurément usé, 18 mois après l’armistice, le curé Bouron mourut en chaire, terrassé par une crise cardiaque, sous les yeux médusés des paroissiens].

Après l’Armistice, la vie reprit progressivement son cours dans une ambiance qui, malgré les disparus, se normalisait peu à peu. Dans les familles, il a fallu se réadapter, cela n’a pas toujours été facile, beaucoup d’enfants ont dû re-vivre avec leur père, le rôle des uns et des autres se trouvant modifié. La place des veuves fut le plus souvent restée sans issue.

Si les coutumes et traditions d’avant-guerre subsistaient, les années de guerre avaient fait évoluer les mentalités et les comportements (parfois au grand dam de l’église). On a vu par exemple des femmes abandonner la coiffe pour le chapeau, ou se faire couper les cheveux. On avait surtout une grande envie de VIVRE.

Signé : Julien Bretonnière


 Le Traité de Versailles

Le Traité de Versailles fut signé le 28 juin 1919. Il ne fut pas vraiment équitable, particulièrement pour l’Allemagne qui, astreinte à des dommages de guerre exorbitants, a plongé ses habitants dans une extrême précarité. Ce traité fut qualifié d’injuste, notamment par un grand politique de chez nous, Aristide Briand (11 fois Président du Conseil, 15 fois Ministre des Affaires Etrangères, animateur de la Société des Nations et partisan d’une politique de réconciliation avec l’Allemagne, il obtint le prix Nobel de la Paix en 1926). On sait ce qu’il en est advenu. Les Allemands, voulant sortir de la détresse morale et physique dans laquelle ils se trouvaient, se sont tournés vers un homme qu’ils pensaient être ’’le messie’’. Une nouvelle fois le monde fut plongé dans la folie de la guerre. La France, battue cette fois et humiliée, n’eut pratiquement d’autre recours que de se tourner vers ses colonies.

 Les petits sauvages

Dans le journal catholique ’’Le Pélerin’’ numéro 2199 (mai 1919) on trouve le récit de la Fête de la Victoire à Brazzaville. Celle-ci ne put avoir lieu en novembre 1918 car « la grippe infectieuse s’abattit sur la colonie où elle fit partout les plus terribles ravages. Au milieu des morts et des malades, on ne pouvait plus se réjouir ».

La cérémonie eut donc lieu le 2 mars 1919 avec une imposante cérémonie religieuse à la cathédrale de Brazzaville où l’évêque « proclama la justice de Dieu dans le châtiment des coupables et la gloire de la France, replacée providentiellement à la tête des nations ».

Puis il y eut une fête profane le soir où les enfants, transformés en Coquelin et Caruso « interprétèrent avec beaucoup d’entrain une opérette-bouffe, l’Orphéon de Trépigny-les-Dindons. La seconde saynète était intitulée Petits Pages et Triboulet et, de l’avis général, les jeunes acteurs jouèrent avec une perfection que des blancs de leur âge ne pourraient atteindre » 

Pour terminer il y eut un tableau apothéose. « Tous les acteurs, rangés sur le théâtre, étaient dominés par la France tenant à la main le drapeau tricolore que baisaient pieusement deux gentils minois noirs transformés en Alsace et Lorraine. Sur les côtés, on voyait deux Boches (avec casque à pique) dont l’un était menacé de la baïonnette française et l’autre élevait les deux mains pour faire Kamarade. L’effet fut vraiment féérique lorsque la toile se leva sur ce tableau éclairé brusquement par des feux de Bengale. Un tonnerre de bravos et de ’’bis’’ éclata et il fallut donner une deuxième édition ».

Le journal poursuit : « Les deux Boches du tableau avaient failli provoquer une grève d’un nouveau genre. Aucun des petits acteurs ne voulut consentir à faire le Boche et tous déclarèrent qu’ils préféraient ne pas jouer plutôt que d’être Boche, même pendant une minute. Il fallut recourir à deux sauvages de la brousse qui ne comprirent pas la signification du tableau. Deux sauvages, du reste, étaient parfaitement dans leur rôle en représentant la Germanie »

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Journal Le Pélerin - mars 1919

Les jeunes garçons, refusant de jouer aux boches au Congo, ont peut-être fait partie de ceux qui se sont portés à notre secours vingt ans plus tard pour nous libérer. C’est peut-être là la véritable morale que l’on peut tirer de cette fête de la Victoire à Brazzaville.

JB


 Refuser la guerre

Dans l’historiographie de la Grande Guerre, la désobéissance militaire, la mutinerie et le pacifisme militant s’apparentent à un mythe silencieux. Mal connus, longtemps considérés comme tabous, ces actes de refus véhiculent une forte charge symbolique. Ils sont les premières manifestations de l’objection de conscience et trouveront leur prolongement lors des guerres suivantes, notamment en Algérie et au Vietnam. De la trêve de Noël 1914 jusqu’à la mutinerie de Kiel en octobre 1918, sans refuser de défendre leur terre, et en toute connaissance des risques encourus, des hommes se sont rebellés. Ils ont refusé la guerre.

Film à voir à la télévision, sur France 3, jeudi 5 novembre 2015 à 23.35.


  Le programme des commémorations

Au Marché Couvert   à Châteaubriant
• La Grande Guerre (1914-1918), 20 panneaux, résumé de cette période fondamentale de l’Histoire de France mais aussi de l’Histoire du monde.

• D’une guerre à l’autre : 1919/1939
Cette exposition, traite plus de la société française de l’Entre Deux Guerres, cherchant à mettre en lumière les causes de la
Seconde Guerre mondiale.

• De la Résistance à la Déportation
Expo sur la Déportation. A compléter par les expos du Musée de la Résistance   à La Sablière.

A la Médiathèque   de Châteaubriant

• La guerre d’Indochine.
• Les Enfants Soldats, les conditions de vie et les traumatismes subis
• Expositions de livres-documentaires, d’albums jeunesse et bandes dessinées sur les guerres du XXe siècle.
• Exposition de journaux d’époque du Fonds Ancien.

À noter que le dimanche 8 novembre après-midi, la médiathèque   accueillera également des témoignages de Castelbriantais ayant connu la période de la Seconde Guerre mondiale.

Note : Le livre « Telles furent nos jeunes années » est toujours
disponible à la Maison de la Presse, Grand Rue à Châteaubriant » 

A l’Office de Tourisme   :
• Affiches et objets mémoriaux, tels que des médailles à l’effigie du Général de Gaulle, un insigne de l’ordre de la Libération, un poste de TSF, une médaille du 18 juin 1940, des tickets de rationnement…

Au Musée de la Résistance   :
Exposition sur la Résistance à Châteaubriant (1940-1945)

A la Maison de l’Ange   :
• « Ils avaient 20 ans en 1914 », réalisée sous l’égide d’Yves Billard, ancien Président de l’Office de Tourisme   de Châteaubriant, cette expo très intéressante présente les témoignages de jeunes Castelbriantais partis au front lors de la 1re Guerre Mondiale.

 Conférences

9 novembre 20h30 Théâtre de Verre  
Conférence du Général Elrick Irastorza
« La relation entre le politique et le soldat pendant la Grande Guerre ».

10 novembre pour les scolaires
Conférence du Général Elrick Irastorza
« Faits méconnus et petits mensonges de la Grande Guerre ».

10 novembre pour les scolaires
Conférence d’Ida Grinspan, déportée à 14 ans au camp d’Auschwitz, elle témoignera et insistera sur les leçons à tirer de cette tragédie.
(elle a écrit le livre : j’ai pas pleuré)

11 novembre 15 h Théâtre de Verre  
Conférence de Michel Anfrol « Portrait de deux résistants : résistant de l’intérieur et combattant de la France libre ».

 Au Cinéma

« Le Labyrinthe du Silence » (VO) de Giuilo Ricciarelli : Ce film, dont l’histoire se déroule en Allemagne en 1958, revient sur le procès de Francfort organisé contre les criminels de guerre nazis. Un jeune procureur découvre des pièces essentielles permettant l’ouverture d’un procès contre d’anciens SS ayant servi à Auschwitz. Mais il doit faire face à de nombreuses hostilités. Déterminé, il fera tout pour que les Allemands ne fuient pas leur passé

Adama, 12 ans, vit dans un village isolé d’Afrique. Une nuit, Samba, son frère aîné, disparaît. Adama, entame une quête qui va le mener jusqu’aux lignes de front de la première guerre mondiale. Nous sommes en 1916.

 Documents CD44

Le CD44 (Conseil Déparmental de Loire-Atlantique) dispose d’une importante documentation

Télécharger le document : Lettre d’informations n°1 , format pdf de 984.5 kilo octets
Télécharger le document : Lettre d’informations n°2 , format pdf de 767 kilo octets