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Tenir tête aux lobbys pharmaceutiques

Écrit le 28 octobre 2015

En France, il y a 20 000 morts par an, liés à des accidents médicamenteux, plus de victimes que les accidents de la route. Le médicament est aujourd’hui sur la sellette avec la multiplication des scandales ayant causé des milliers de morts ces dernières années : le Médiator (plus de 1300 morts), le Vioxx (au moins 35 000 morts), les statines. Ces médicaments toxiques doivent être complétés par la liste des médicaments inutiles, avancée comme tels, par Bernard Debré et Philippe Even qui estiment que le marché du médicament est composé de 25% de médicaments indispensables, de 25% de médicaments parfois utiles, de 25% de médicaments occasionnellement utiles et enfin de 25% de médicaments totalement inefficaces et parfois dangereux.

À cela s’ajoutent les scandaleux profits des ’’majors’’ pharmaceutiques qui n’ont rien à envier aux grands groupes pétroliers. Or, beaucoup de médicaments sont remboursés par la Sécurité sociale qui de ce fait garantit le chiffre d’affaires des industriels de la pharmacie et les profits de ses rentiers. L’Etat organise ainsi un détournement massif de l’argent public vers les poches des actionnaires. Dans un rapport paru en 2012, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estimait que sur les 700 nouveaux médicaments mis en vente par les « majors » pharmaceutiques sur la décennie 2001-2011, seuls 4% présentent un intérêt essentiel. Edifiant. La politique du médicament est en grande partie responsable du déficit structurel de la Sécurité sociale. Les baisses de prix annoncées sont dérisoires et les déremboursements sont contrebalancés par l’introduction de nouveaux faux médicaments chers et inutiles.

Opacité des instances de fixation du prix ; sur-prescription médicamenteuse et sous-prescription des génériques ; foisonnement de conflits d’intérêts entre l’industrie pharmaceutique, les médecins, les politiques et haut-fonctionnaires : il est temps que notre République sapée par la généralisation des conflits d’intérêts et de la corruption se ressaisisse et réponde fermement au lobbying institutionnel des multinationales et à la faiblesse des moyens de contrôle démocratique dans l’exécution des politiques de santé publique.

Un colloque s’est tenu à ce sujet le 22 octobre 2015 à l’Assemblée Nationale (Malgré les tentatives d’entraves du LEEM (syndicat des industries pharmaceutiques) avec l’ambition de provoquer un sursaut de l’ensemble des acteurs pour que les laboratoires retrouvent leur juste fonction et que l’intérêt général retrouve sa place au cœur de la politique du médicament.