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Jules Auffret … et expo

Écrit le 28 octobre 2015

22 Octobre 1941, 14h, Jules Auffret écrit à son épouse, Laure : « Je t’envoie ce dernier mot, Adieu. Honnête homme, j’ai vécu, attaché profondément à mes enfants chéris, à toi ma femme bien aimée. Je pars pour toujours mais mon courage ne m’aura pas fait défaut. La mort ne me fait pas peur, crois-le bien. J’ai la confiance que vous vivrez tous, dans un profond souvenir du digne disparu qui est votre chéri. Adieu ma Jeanne, ma Michèle, ma Denise, mon Jean, adieu chère sœur, chère maman, chère famille. Adieu chère Laure, femme chérie ».

Le 24 octobre 2015, Yves Quiniou, petit-fils de Jules Auffret a remis copie de cette lettre à Carine Picard-Nilès qui, désormais, dirigera l’amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt en remplacement de sa grand-mère Odette Nilès. Il a rappelé l’itinéraire de Jules Auffret.

Jules Auffret est né en 1902, il débute sa vie professionnelle à 13 ans dans la métallurgie en Basse-Loire, Montoir puis aux Chantiers de Penhoët qu’il quitte pour effectuer son service militaire. Dès l’âge de 13 ans, il se syndique, fonde la Jeunesse Syndicaliste et s’engage en politique, à 18 ans, au parti socialiste puis au parti communiste, il est un des membres fondateurs de la section locale après la scission de Tours. Toutes ces activités amènent le patronat local à lui interdire toute embauche au retour du service militaire.

Il trouve alors un emploi d’électricien dans la région parisienne et poursuit ses engagements syndicaux, politiques (élu maire adjoint de Bondy en 1935, conseiller général de Noisy-le-Sec, secrétaire général de la région communiste Paris Est à partir de janvier 1937), associatifs (Secours Populaire  , Mouvement Paix et Liberté). Son activisme le signale aux pouvoirs politiques, il est arrếté plusieurs fois (24 mars 1929, 25 janvier 1930, 18 décembre 1939). Il est successivement interné à Baillet, Ile d’yeu, Aincourt, Fontevrault, Clairvaux et Châteaubriant (camp de Choisel) et exécuté le 22 octobre 1941 à la Sablière.

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Serge Adry, Carine Picard-Nilès et Yves Quiniou

« Le profond souvenir de notre grand-père Jules, nous nous efforçons de le respecter dans nos actes. À l’heure où un puissant combat est engagé par le patronat et l’extrême-droite contre toutes les conquêtes sociales, fruits, en particulier, du programme du Conseil National de la Résistance, à l’heure où des politiques tournent le dos à leurs engagements, à l’heure où on repousse le malheur des réfugiés, il est primordial d’entretenir cette mémoire d’hommes qui ont offert leur vie pour qu’un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité s’épanouisse sur nos pays » a conclu Yves Quiniou.

Puis Michel Quiniou, son frère, a remis au Musée de la Résistance  , une soupière en faïence trouvée en 1947 sur le domaine de la Génestrie au Gâvre   et parée de la croix gammée, « débris rappelant la folie de tous les dictateurs, de leur négation de l’Homme, leur mépris des peuples ». « L’état pitoyable de cette soupière prouve certainement que ces personnes ont voulu écraser ce sigle nazi, simple vengeance des années de souffrance, d’avilissement, de détresse et de mort. ».

Deux anecdotes : « en 1938, dix métallurgistes nantais CGT dont Gaston Jacquet et Pierre Gaudin achètent le domaine de la Genestrie à un médecin fasciste, militant actif des Croix de feu ! Quelle revanche pour ces militants progressistes, fiers d’y ouvrir une colonie de vacances pour les enfants d’ouvriers. En 1941 c’est Esther Gaudin, fille de Pierre Gaudin, qui est venue récupérer les planches de bois, gravées par les 27 otages, sur le baraquement où ils étaient parqués avant leur assassinat le 22 octobre. Il n’y a pas de hasard : la classe ouvrière reste présente en toute circonstance, fidèle à ses origines et à son combat ».

 Résister par l’art et la culture

Une nouvelle exposition, la huitième, est maintenant visible au Musée de la Résistance   et deux expos mobiles sont disponibles.

Au temps de l’occupation allemande et de l’Etat Français, les droits de penser et de s’exprimer étaient supprimés, les arts et la littérature étaient devenus des outils de propagande pour obtenir l’adhésion ou la résignation des populations. Trois groupes de verbes résumaient les tactiques : ’’séduire et corrompre’’, ’’surveiller et interdire’’, ’’exclure et réprimer’’.

Face à cela, des hommes, des femmes, ont résisté par l’écrit (René Char, Jean Prévost) ou par le silence (Jean Guéhenno, Blaise Cendrars), ou par la poésie (Paul Eluard, Pierre Seghers, Louis Aragon, René Guy Cadou). Ecrire pour rester humain, écrire du théâtre pour jouer ensemble. Dans les cendres et les ruines des fours crématoires de Birkenau ont été retrouvés des écrits enterrés par des membres des kommandos chargés de brûler les corps !
Résister par la Radio, par les caricatures, par la peinture, par les chansons, par le cinéma. Résister même dans les camps d’internement. L’exposition présentée fait appel à des documents inédits qu’un très beau graphisme met bien en valeur. Elle est visible jusqu’au 25 octobre 2016 notamment les mercredis et samedis après-midi.
Tél 02 40 28 60 36

Le Musée de la Sablière est maintenant reconnu « Musée de France » par le Ministère de la Culture, et l’association gérante est reconnue d’utilité publique. Il passe environ 3500 personnes par an à la Sablière et les expositions annuelles sont vues par quelque 8000 personnes, dans les écoles, collèges, lycées, mairies et même dans certaines entreprises.

Des objets sont régulièrement donnés au musée et Gilles Bontemps a remercié tous les généreux donateurs. Les derniers dons : un pistolet allemand, une soupière allemande et … une Borne de la Liberté dont Gérard Chopin a retracé l’histoire.

 La Voie de la Liberté

La Voie de la Liberté relie SAINTE-MERE EGLISE à BASTOGNE, en Belgique, commémorant la marche de la 3e armée américaine, commandée par le général Georges Patton, sur 1146 km. Les premières bornes faisaient 1,22 m et pesaient 122 kg.

« Elles étaient de couleur chair comme la peau des combattants (enfin pas tout à fait car il y avait des combattants noirs), elles portaient la flamme empruntée à la statue de la Liberté. Conçues par le sculpteur François Cogné, ces bornes (il en reste), servent d’indicateur routier et rappellent aussi l’ardente solidarité des nations libres et l’impérissable reconnaissance du peuple français envers ces jeunes soldats qui chassèrent de nos terres la terreur et l’esclavage ». Une de ces bornes figure sur la Place de la Motte à Châteaubriant en face de ce qui était ’’la Maison Letertre’’ rappelant ainsi la Résistance intérieure.

Site du musée