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Appel d’offre à compétences

Écrit le 18 novembre 2015

Coup de gueule d’un citoyen contre certains administratifs – espèce technocrates ou bureaucrates, plante vivace – qui ont le pouvoir de décider sans trop salir leurs semelles.

La France, chacun le sait bien partout dans le Monde, est un pays extraordinaire. Exemplaire à tout point de vue. Sa Tour Eiffel, sa Culture tellement raffinée, sa baguette de pain inimitable, sa Langue d’État si simple à apprendre, ses paysages si variés que l’on peut en faire tout un fromage (en accord avec son pain et son vin), son ’riche’ réseau de TGV qui permet presque d’être arrivé avant d’être parti, etc. Bref, en France, c’est comme dans le cochon, tout est bon ! (au bémol près que pour l’instant l’éleveur dudit cochon tire aussi la langue). Elle est bien connue, « l’exception française ».

Et puis la France est un État de Droit (dans ses bottes). Pour preuve, c’est la nation qui porte haut et fort son emblème « Liberté, Égalité, Fraternité ». D’aucuns, de ci de là, disent que l’on aurait pu y adjoindre un quatrième mot, aussi martial que cinglant, évoquant, en gros, la clarté et la constance de vision, l’anticipation et la simplicité, voire la souplesse d’adaptation, la capacité à tenir bon sans jamais se dédire. Mais il semble que nos Académiciens et leur Dictionnaire aient calé pour cracher le bon mot de synthèse. À l’impossible nul n’est tenu, hein ? Et l’État français, pour gérer ses missions (nombre non-connu !), s’appuie sur sa sacro-sainte Administration, de peu amène réputation.

Elle est tout à trac taxée de tatillonne, de tentaculaire, de contradictoire, de mauvaise humeur, d’invasive, de très lente en réactivité, de labyrinthique et obscure, de friande de papiers dûment signés, d’arrogante, d’anonyme, de trop coûteuse, etc, et enfin de pléthorique (effectif littéralement impossible à chiffrer !). Et elle abrite donc en son sein une race dite de technocrates de soi-disant haut niveau, inamovibles sauf imprévu ou décès, gentiment rémunérés, et censés déminer le terrain devant toute initiative   étatique. Mais ne mettons pas le tout dans le même sac.

Ah, c’est vrai que la Politique est chez nous un péché mignon. Pour que la boutique politique tourne rond et sans à-coup, que ça ronronne tranquillement sans grain de sable crissant, il y a bien sûr un appareil d’État calibré pile-poil et à la hauteur de toute situation (pardon ? j’ai cru entendre pléthorique ? non ? ah bon !). Pensez donc : un État laïc et démocratique en charge de 66,3 millions de bouches à nourrir. Il en faut de l’huile de coude, pour satisfaire, éduquer, vérifier, contrôler, ordonner tout ce beau monde dans la joie et la bonne humeur. Chez nous, en politique et en simplifiant, il y a les Élus (Hautes Têtes Pensantes, mais sur siège éjectable au gré des élections) et les technocrates (hautes têtes pensantes, mais en CDI à vie). Grosse nuance. Les Élus tiennent la baguette (mais non, pas celle en pain !) et donnent les ordres, les technocrates jouent la musique (qu’ils disent !), le petit doigt sur la couture du pantalon (ou jupe).

De l’habitant (la base) jusqu’en haut, comme l’ascenseur qui monte vers des moquettes d’accueil de plus en plus épaisses, nous croisons 36 658 communes ; 2014 cantons (fraîchement issus de 4000) ; 2600 com’com’  ’ (communautés de communes) ; 101 départements ; 13 régions (fraîchement issues de 22) ; 1 Parlement (les salons où on cause en évitant l’agression physique !) ramifié en 2 chambres (dodo ?) parlementaires : l’Assemblée Nationale, dite chambre ’basse’, 577 Députés, et le Sénat, dite chambre ’haute’ (?), 348 Sénateurs ; 1 Gouvernement (censé être le meilleur concentré de matière grise possible de l’Hexagone !) où il est de bon ton de distinguer M-me. le Premier Ministre (figure de proue insubmersible, grand-e ordonnateur-trice des ordres du Pouvoir et intraitable sur la tenue ou le comportement de son équipe), 16 Ministres (dont chacun est en charge d’un porte-feuille (!) plus ou moins épais), et assistés (épaulés ?) par 16 Secrétaires d’État (espèce de substitut-ministre).

Et enfin nous touchons le haut de la pyramide, en charge de tout le Pouvoir : 1 PDG, pardon mon clavier a dérapé, Président-e de la République Française, dont chaque parole, écrit, attitude, positionnement est disséqué jusqu’à plus soif pour en tirer sa quintessence sans ambiguïté. Déjà, ça fait du monde autour de la grande table des Élus, et nous en oublions bien sûr. Question subsidiaire, sous l’angle de la réforme et des économies à réaliser : sont-ils tous indispensables ? Mais ce n’est pas notre vrai sujet.

Il est parfaitement inutile de retenir ces chiffres par cœur car : une réforme territoriale mal embarquée, et qui peut modifier les données en dessous du Département ; vote début décembre pour élire les Conseils Régionaux ; application loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) ; vote en avril/mai 2017 (dans 20 mois) pour la Présidence de la République Française . Bonjour l’agenda chargé, sans logique, vraie traduction de « l’exception française » !

Des lecteurs/trices surpris doivent douter du rapport entre le texte de l’article et son titre. Non, ce n’est pas un rappel d’Instruction Civique un peu teinté de moquerie. Oui, c’est sérieux. En guise d’entrée. Quitte à mettre certains échelons en colère, la France doit balayer devant sa porte et se débarrasser de ses branches administratives superflues. Que l’État se recentre sur ses missions régaliennes.

Donc, réforme territoriale en cours, où ça secoue pas mal parce que le citoyen-de-base n’a rien compris à la méthode utilisée. Nous avons décrit la chaîne politique des Élus, gens de décision, en la quantifiant autant que possible. Face visible de l’iceberg, dont l’ambiance est à la fonte. En revanche, impossible, même sur gouv.fr, de chiffrer la cohorte des agents de la Fonction Publique politique, des technocrates inamovibles scotchés à vie comme des bulots à la Présidence ou au Gouvernement. Coupés de toute réalité, franciliens souvent et plutôt parisiens, ils plient sans rompre sous le vent des changements. Ils (elles) sont plus soucieux de gagner un échelon dans leur carrière en vue de la retraite que de mesurer l’impact, d’être en phase avec l’intérêt commun, voire d’être sentinelle d’alerte pour le Français Bêta, sur des arbitrages qui leur sont soumis. Or leur rôle est primordial.

(aparté avant de poursuivre : si jamais le Front National emportait la Présidence de la République en 2017, et l’hypothèse n’est plus de la fiction, ce serait un grave coup dur pour la France. D’autant que ce quinquennat viendrait s’ajouter à deux autres peu flamboyants : un, sous Sarkozy, avec méthode bling-bling à oublier et un (en cours) sous Hollande marqué par la valse-hésitation et l’amateurisme. Et 3 * 5 ans = 15 ans de stagnation ou de recul. À l’heure où le progrès se transmet à la nanoseconde. Fin de l’aparté.)

Une réforme territoriale, qui a mis la charrue avant les bœufs ; application de la loi NOTRe sous peu ; et des crânes d’œufs, des technocrates bien payés pour évaluer et préciser les conséquences ou dégâts collatéraux de toute initiative   étatique, chiffrer et quantifier, et remonter l’info à leur Ministre de tutelle.

Je peux comprendre que les Élus, par leurs annonces tonitruantes parfois démenties ou atténuées dés le lendemain aient pu leur faire perdre la ’boussole’ (sourire, titre du livre Goncourt 2015). Mais tout de même ! Oui, des gros projets de loi, élaborés sous Hollande, ont été annoncés puis retirés ou remis sine die : les plus notables sont l’écotaxe, le déficit à 3 %, la courbe de chômage non-inversée, le non-cumul des mandats et l’exemplarité, la taxe 75 % sur hauts revenus, la suppression des Départements. Quant à la décentralisation ...

En particulier, la loi NOTRe, dite pièce importante de la décentralisation et qui accouche dans la douleur (applicable dés janvier 17 ?), invite (non, oblige) les communes, com’com’  , à se rapprocher et à négocier politiquement et diplomatiquement pour satisfaire à un seuil de 15 000 habitants, a minima, par territoire intercommunal. Nos Elus locaux (plus fiables que dans les étages supérieurs) suent sang et eau (image), et des regroupements se préparent, administrativement parlant. Il n’y a pas ruée, les ’querelles de clocher’ restent tenaces. Et des soucis pratiques, hors-débat, surgissent.

Nos têtes de piafs-technocrates, de notre chère Administration, n’ont jamais anticipé, par exemple, le volet ’changement d’adresse’ (localisation). Combien de « rue Pasteur » passant sous le même code postal ? Sont directement concernés les Pompiers(Sdis), La Poste, France-Télécom, le G.P.S et les touristes en perdition. Mais il fait si bon vivre en France. Pays d’ « exception ».