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Tengrillade : nuisances

Nous avions un site internet consacré à l’incendie de l’abattoir Tendriade le 12 septembre 1999 à Châteaubriant. Nous avons dû le fermer suite à une mise en demeure de la société Tendriade (voir article 515).

Les textes sont cependant ici, car ils font désormais partie de l’histoire industrielle de Châteaubriant. Nous n’y mettons nullement en cause la qualité des produits « Tendriade » mais seulement l’attitude de la Direction dans les suites qu’elle a données à l’incendie du 12 septembre 1999.

 Tendriade : nuisances

(article du 13 octobre 1999)

Mais revenons sur les nuisances. Ceux qui veulent en prendre connaissance peuvent aller consulter le dossier d’enquête publique à la mairie de Châteaubriant - (dossier d’enquête rédigé par l’entreprise AVANT l’incendie et concernant les travaux projetés par Tendriade)

On y découvre l’activité de l’abattoir : l’arrivée des animaux à partir de 5 h du matin, l’abattage entre 5 h 30 et 14 h, avec fonctionnement des installations de ressuage entre 5 h et 15 h. Le stockage et le conditionnement ont lieu 24 h sur 24.

 Bruit

Les sources de bruit sont diverses : la livraison des animaux, les installations techniques (compresseur froid, ventilation) , le trafic des camions, et les compresseurs des camions frigorifiques à quai. La nuit, à proximité des habitations (qui se trouvent à 40 mètres de l’abattoir, le long de sa clôture nord), les émergences de bruit sont de 10 dB(A) alors que, normalement, 3 dB(A) sont autorisés.

Le dossier d’enquête publique dit bien que : « au sens de la législation actuelle, l’exploitation de l’établissement Tendriade est susceptible d’engendrer une nuisance sonore pour le voisinage, surtout la nuit ».

Notons cependant que des efforts ont été faits puisqu’une note de service datant du 9 octobre 1998, rappelle aux chauffeurs des sociétés de transports frigorifiques que « le stationnement des camions avec Thermokin en route, durant les week-end à l’intérieur du parking Tendriade, ou le long de la clôture nord, est interdit »

 Déchets

L’activité abattage et découpe génère un certain nombre de déchets.

– cartons et papiers ; 120 tonnes/an
– os : 2800 tonnes/an
– suifs : 3600 tonnes par an
– sang : 900 m3 par an,
– peaux : 170 000 peaux par an
– matières stercoraires : 1250 m3 par an

La fumière couvre une surface de 52 m2 On y trouve … les matières stercoraires après pressage (matières stercoraires : une façon savante de parler du fumier !)

Les effluents sont pré-traités sur place avant d’être envoyés à la station d’épuration. Mais les « refus de tamisage », (c’est-à-dire les morceaux qui, trop gros

sont restés sur le tamis), les graisses, et fumiers sont stockés pour être valorisés en mélange en agriculture : le sol et les plantes se chargent de la filtration des matières en suspension et de la minéralisation de la matière organique.

 Odeurs

Le stockage de ces déchets ne peut que produire des odeurs désagréables, dont se plaignent régulièrement les riverains. C’est pourquoi l’entreprise envisageait la mise en salle des bennes à déchets, et le confinement de la fumière et du traitement des eaux usées (pour un coût total de 1 400 000, 00 F environ)

 Ammoniac

L’ammoniac est utilisée par Tendriade pour ses installations de réfrigération. Selon le rapport d’enquête publique, il y aurait 3,2 tonnes de ce produit, sur le site de l’entreprise.

Respirez un produit à base d’ammoniaque : vous suffoquerez vite ! C’est ce que reconnaît le rapport soumis à enquête publique qui dit qu’une concentration élevée d’ammoniac peut provoquer :

– . une irritation trachéo-bronchite. Le broncospasme est parfois intense, responsable d’emblée d’une détresse respiratoire

– . des atteintes oculaires avec séquelles fréquentes : opacité cornéenne, glaucome, cataracte

– . des brûlures chimiques cutanées

– . une ulcération, voire un œdème des muqueuses du nez, de la bouche et de l’oesophage.

… sans oublier les risques liés aux fuites d’ammoniac avec constitution d’un nuage toxique. Par ailleurs l’ammoniac s’auto-enflamme à 630 °C (un incendie peut faire monter la température à 1000°)

Pour toutes ces raisons, l’entreprise avait prévu une modification de l’installation de réfrigération à l’ammoniac, pour un coût de 1 215 000, 00 F

 Pas d’incendie

La seule chose qui n’était guère envisagée dans le rapport soumis à enquête publique, c’est le risque d’incendie. Il était seulement prévu la construction d’un nouveau local de stockage des emballages, muni d’un extincteur (mais pas d’un détecteur de fumée ?)

En fait, l’incendie de septembre 99 aurait pris, justement dans l’actuel local de stockage des emballages. Il s’est propagé à la vitesse de 2 mètres à la seconde, étant donné la nature des matériaux de construction de l’abattoir : une couche d’isolant entre deux plaques de métal. C’est ce même type de matériau qui était prévu pour la construction d’un nouveau local de stockage : il semble que l’entreprise n’ait pas été consciente (pas informée ?) des risques liés à ce matériau.

Tout ceci figure dans le rapport soumis à enquête publique, que tout un chacun a le loisir de consulter, et qui tombe un peu à plat maintenant que l’incendie a bouleversé la donne. Il importe cependant d’en tenir compte, en particulier pour ne pas reconstruire l’abattoir si près d’un quartier d’habitation. Châteaubriant dispose de terrains convenables. L’entreprise saura-t-elle en tenir compte ? ou se braquera-t-elle sur une position de principe ?

On peut lire en effet dans le rapport d’enquête, en encadré et en caractères gras : « Les Éts Tendriade Châteaubriant, compte-tenu du contexte local actuel, n’engageront pas des travaux pour un montant de 3 400 000,00 F, avant d’être certains qu’aucun blocage ne viendra remettre en cause l’existence de l’abattoir sur le site actuel » Mais voilà, le feu est passé par là… .