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Tengrillade : l’entreprise quitte Châteaubriant

Nous avions un site internet consacré à l’incendie de l’abattoir Tendriade le 12 septembre 1999 à Châteaubriant. Nous avons dû le fermer suite à une mise en demeure de la société Tendriade (voir article 515).

Les textes sont cependant ici, car ils font désormais partie de l’histoire industrielle de Châteaubriant. Nous n’y mettons nullement en cause la qualité des produits « Tendriade » mais seulement l’attitude de la Direction dans les suites qu’elle a données à l’incendie du 12 septembre 1999.

 Tendriade : rétablir la vérité

Dans l’entreprise Tendriade, et en ville, les bruits les plus contradictoires ne cessent de courir. Sur le marché, le 17 novembre 1999, des gens bien informés affirmaient « Tendriade s’installe à Martigné-Ferchaud , c’est officiel depuis ce matin ». Dans le même temps, contactée par la presse locale, l’entreprise affirmait « Rien n’est décidé ».

Lors d’un comité d’entreprise, le 12 novembre, la Direction affirmait : « nous avons déposé un permis de construire à Martigné-Ferchaud ». Contacté, le maire de cette commune répondait : « Je n’ai vu personne depuis un mois et demi ». Et puis finalement nous avons appris qu’un permis a bien été déposé à Martigné, mais le 19 novembre seulement, quelques minutes avant la fermeture des bureaux.

 Pourquoi mentir ?

« Vous comprenez, nous continuons à avoir des difficultés pour obtenir un permis de construire à Châteaubriant » racontait la Direction de Tendriade . Et juste, dans le même temps, la municipalité de Châteaubriant annonce que ce permis …. vient d’être accordé !
Voici le texte de ce communiqué, daté du 23 novembre 1999 : « Suite à l’incendie de Tendriade, une demande de permis de construire a été déposée par l’entreprise le 2 novembre 1999, pour un hall de stockage de 759 m2 et un hall d’expédition de 491 m2. Cette demande a été transmise, avec avis favorable de Martine Buron, aux services de l’Etat (Préfecture, Direction Départementale de l’Equipement, etc), comme les textes en font l’obligation. Il n’a pu être instruit et accordé, que parce que l’enquête publique autorisant l’entreprise à exploiter, a bien eu lieu »

 La municipalité ajoute que

« l’avenir et le développement sur le site castelbriantais des entreprises Tendriade et Viol dépendent en premier lieu des entreprises elles-mêmes » mais que la municipalité suit avec une attention particulière l’évolution des projets industriels respectifs et « fera tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir le ou les projets les plus favorables au développement de l’emploi salarié ».

Ce permis de construire accordé, fait donc taire les rumeurs malveillantes que certains s’ingénient à propager !

 Projets

A propos de « rumeurs malveillantes » relevons les propos tenus par Jean SEROUX, au cours d’une séance du Conseil Général. Selon lui : « il est regrettable qu’un projet chiffré de reconstruction et d’agrandissement sur le site de Châteaubriant, ce que souhaite l’entreprise, n’ait pas été présenté à ce jour par la municipalité ». Alors là, c’est trop fort : il n’a jamais été de la responsabilité d’une municipalité de proposer un projet de reconstruction et d’agrandissement d’une entreprise ! Au contraire c’est à l’entreprise de présenter un projet chiffré en fonction de ses choix, de ses perspectives industrielles, de ses fonds, des indemnités qu’elle a perçues de la part des assurances-incendie, etc. Et ça, on attend toujours, alors même que les pouvoirs publics en général, et la municipalité en particulier, ont toujours été à l’écoute des industriels, prêts à apporter tous les fonds autorisés par les directives européennes.

Dans cette affaire Tendriade, on ne comprend pas pourquoi la Direction d’un côté, et certains élus d’un autre côté, s’ingénient à brouiller les cartes !


Ecrit en janvier 2000

 Et puis finalement l’entreprise quitte Châteaubriant

Ecœurés ! le mot est faible. Les élus de Châteaubriant et de Martigné-Ferchaud condamnent vivement l’attitude de la Direction du groupe Lactalis qui possède l’usine Tendriade de Châteaubriant .

Celle-ci a annoncé, par voie de presse, sa décision de s’associer au groupe Collet de Châteaubourg (35) pour devenir à la fois « le premier abatteur de veaux en France et l’entreprise la plus importante en chiffre d’affaires de la filière veau ».

Concrètement, la partie « abattage et découpe » reste à Châteaubriant , du moins pour l’instant, puisqu’il est question de la vente de l’abattoir à l’entreprise Viol voisine.

Quant à la partie « produits élaborés » qui est la plus intéressante en matière d’emplois et de plus value, elle sera transférée aux Éts Collet à Châteaubourg, dans une unité très moderne puisqu’elle a été reconstruite suite à … un incendie … en 1996

Selon des sources bien informées, on apprend maintenant que les négociations entre le groupe Lactalis et les Éts Collet étaient engagées depuis quelques années. L’incendie de l’abattoir Tendriade, dans la nuit du 11 au 12 septembre 1999, n’a fait que précipiter les choses .

 Pions

« On nous prend pour des pions » disent les élus « le groupe Lactalis a bien su trouver la porte des mairies, quand il a espéré obtenir des aides, puis c’est par voie de presse qu’il nous communique sa décision. »

Le groupe Lactalis (qui s’appelait autrefois Besnier) est connu en France pour être particulièrement dur en affaires.

« On dit qu’il repousse toujours le plus loin et le plus longtemps possible, les investissements nécessaires pour se mettre aux normes en matière de respect de l’environnement » ont dit les élus de Châteaubriant lors d’une conférence de presse le 21 janvier 2000 .

C’est d’ailleurs ce qui s’est passé à Châteaubriant où il a fallu 2 ans pour que l’entreprise accepte de faire les démarches de conformité avec la réglementation des installations classées. Tant que cette conformité n’était pas réalisée, la Préfecture ne pouvait pas donner le feu vert en matière de permis de construire.

« C’est d’ailleurs normal » a dit Martine BURON qui rappelle que, en tant que maire, elle est responsable de la sécurité des castelbriantais et soucieuse de celle des salariés : la présence d’une cuve d’ammoniac présentait un risque considérable.

Quand on voit les catastrophes provoquées par la négligence en matière d’environnement (cf la Marée Noire sur nos côtes), il serait mal venu de faire des reproches à la municipalité en ce domaine, malgré les sous-entendus du groupe Lactalis.

 Tout, tout !

Avant et après, les élus ont tout fait pour l’entreprise Tendriade. Quand celle-ci a eu un projet d’allottement pour les veaux, la ville a monté le dossier …. que Tendriade a fini par abandonner.

Quand l’entreprise s’est trouvée confrontée à des exigences en matière d’assainissement des eaux usées, la ville a construit une autre station d’épuration (coût 20 millions de francs). Mais, depuis 1996, on attend toujours que Tendriade signe la convention de rejet des eaux usées, et verse à la ville la contribution financière de 3 millions de francs qui était prévue depuis 1994.

Quand l’abattoir a eu un projet d’agrandissement, la ville a accepté de déclasser une partie du parking du foirail (5 juillet 1999).

Quand l’abattoir a brûlé, la ville a mis le foirail à sa disposition, pour y installer les bureaux. Les salariés, eux, ont accepté d’importants sacrifices, pour que l’entreprise conserve son marché et toutes ses chances de redémarrage. La ville de Châteaubriant a tout de suite fait des propositions de terrain, soit pour une reconstruction sur place, soit pour une reconstruction sur un terrain communal, raccordable à la voie ferrée, et à la station d’épuration. Des aides ont été recherchées. Les élus de tous bords ont frappé à toutes les portes pour obtenir des subventions intéressantes.

 Martigné …. flouée

De son côté le groupe Lactalis pratiquait … l’ambiguïté. Il avait plusieurs fers au feu (c’est le cas de le dire), y compris sur Martigné-Ferchaud où le Maire a été prié d’acheter un terrain agricole, de prévoir une modification du Plan d’Occupation des Sols, un dossier d’enquête publique, et la construction d’une station d’épuration.

Tout ça, c’était du trompe l’œil : les négociations se poursuivaient en coulisses et en silence avec le groupe Collet de Châteaubourg. Les élus étaient traités comme des pions. Les salariés, tenus dans l’ignorance, n’étaient que quantités négligeables.

Et maintenant que la décision est prise, les salariés ne savent toujours pas ce qui va leur arriver : mutations, déplacements, etc . Au moment où nous écrivons, il n’est pas question d’un « plan social » c’est-à-dire de licenciements. Mais il doit y avoir un comité d’entreprise le 25 janvier 2000 ….

 Le projet Viol

Au point de vue des subventions possibles, Châteaubriant était bien placée (prime à l’aménagement du territoire). « J’espère que l’entreprise ne percevra pas de subventions pour son implantation à Châteaubourg » a dit Martine Buron, « il serait temps qu’il y ait une morale dans l’attribution des subventions » . Elle rêve !

En tout cas l’entreprise va percevoir un versement de son assurance, du fait de l’incendie, et peut-être aussi va-t-elle réussir à vendre l’abattoir castelbriantais à la société Viol (on parle dans ce dernier cas de 20 millions de francs environ). Ca fera de l’argent frais pour s’en aller ailleurs ! Une fois de plus, pour l’aménagement du Territoire aura le mauvais goût des déménagements. celui de l’entreprise, et celui des salariés qui suivront leur emploi .

Sur place, le projet VIOL laisse néanmoins un petit espoir (une centaine de créations d’emploi ???). Martine BURON a d’ailleurs contacté le Ministère de l’Agriculture pour que ce projet soit soutenu.

 Qui est qui ?

TENDRIADE, un peu plus de 250 salariés, pour un chiffre d’affaires de 650 millions de francs, est filiale de Lactalis (qui s’appelait naguère le Groupe Besnier) et qui est surtout spécialisé dans les produits laitiers (lait, beurre, fromage, etc). L’abattage et la transformation des veaux n’est qu’un sous-produit du lait.

La société COLLET à Châteaubourg, c’est 480 salariés pour un chiffre d’affaires d’un milliard de francs.

La nouvelle société Tendriade-Collet va traiter 250 000 veaux par an, soit un production de 30 000 tonnes de viande