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Accueil > Châteaubriant > Entreprises > Entreprises diverses > Tengrillade : le coup de gueule des élus

Tengrillade : le coup de gueule des élus

Nous avions un site internet consacré à l’incendie de l’abattoir Tendriade le 12 septembre 1999 à Châteaubriant. Nous avons dû le fermer suite à une mise en demeure de la société Tendriade (voir article 515).

Les textes sont cependant ici, car ils font désormais partie de l’histoire industrielle de Châteaubriant. Nous n’y mettons nullement en cause la qualité des produits « Tendriade » mais seulement l’attitude de la Direction dans les suites qu’elle a données à l’incendie du 12 septembre 1999.

 Tendriade quitte Châteaubriant : Les réactions

Henri Baron, conseiller régional socialiste « exprime sa très grande solidarité aux salariés de Tendriade et à leur famille traumatisés par la décision des responsables de l’entreprise. (Il) condamne l’attitude de ces dirigeants entretenant de fausses pistes, de faux espoirs auprès des élus de Châteaubriant, de Martigné-Ferchaud et auprès des populations » . Il affirme qu’une stratégie d’entreprise ne doit pas exclure « la dignité des comportements » et espère qu’aucun salarié ne restera sur la touche.

La CGT considère que les méthodes du groupe Lactalis (ex.Besnier) n’ont rien de sociale « mais datent d’une période révolue ». Après la fermeture de l’abattoir de Blain, le transfert de l’usine Tendriade « est d’autant plus inadmissible que le département de Loire-Atlantique se trouvera bientôt dépourvu d’entreprises d’abattage et de transformation, ce qui ne sera pas sans dommage pour les producteurs, les salariés et les consommateurs ». La CGT estime qu’il y a là une volonté politique et patronale de remodeler l’ensemble du paysage agricole, de rentabiliser au maximum les activités de transformation »

La section du Parti Socialiste s’élève vivement contre la décision du groupe Tendriade-Collet, « le mépris » avec lequel ont été traités les salariés « qui se sont investis jusqu’au bout dans la défense de leur activité » et les municipalités de Châteaubriant et de Martigné Ferchaud . « Le fait que le groupe traîne des pieds pour assurer la sécurité des riverains, et se plie difficilement aux réglementations en vigueur sur la protection de l’environnement en milieu urbain, en dit long sur les intérêts purement financiers, de certains dirigeants » La section PS s’inquiète en outre : les pertes d’emploi annoncées risquent « de mettre en danger une partie du secteur agro-alimentaire, fortement implanté dans notre bassin d’emploi ».

LES ELUS COMMUNISTES et le MOUVEMENT DES CITOYENS
ont déclaré, lors du Conseil Municipal du 24 janvier 2000 :

La décision du Groupe LACTALlS de ne pas reconstruire son unité de production sur le site de CHATEAUBRIANT prend tout son fondement dans la précision suivante contenue dans leur communiqué du jeudi dernier 20 janvier 2000.

« L’Alliance entre TENDRIADE et les Etablissements COLLET de CHATEAUBOURG permettra à cette nouvelle entité de devenir le premier abatteur de veaux en importance en France et l’entreprise la plus importante en chiffre d’affaires de la filière veaux »

Une nouvelle fois fusion, restructuration et délocalisation sont les moyens employés par un groupe financier pour s’assurer le profit maximum sans aucun souci pour les salariés (emploi et conditions de travail) les populations et collectivités locales concernées (aménagement démocratique du territoire)

Sous couvert de compétitivité économique (nationale, européenne et mondiale) ces pratiques n’ont pour but que d’assurer à ces groupes le monopole du marché en question, leur permettant de faite pression à la fois sur les producteurs et les consommateurs

Les arguties avancées par les dirigeants de l’entreprise TENDRIADE pour justifier leur décision (refus de permis de construire, environnement urbain hostile, etc ) ne tiennent pas en comparaison avec les recommandations nombreuses et répétées qui Ieur furent notifiées par les services compétents de l’Etat en application de la réglementation en matière d’installations classées.

Aujourd’hui devant de telles pratiques nous demandons aux Pouvoirs Publics de prendre toutes les dispositions possibles et nécessaires (et d’en assurer le suivi) rappelant le groupe LACTALIS à ses responsabilités

Nous mettons aussi en garde certains politiques qui, dans les circonstances actuelles, tenteraient d’apparaître comme des recours possibles alors que leurs pratiques antérieures ont accompagné de tels faits.
En parfait accord avec l’action municipale menée dans cette affaire, nous assurons les Personnels de l’entreprise TENDRIADE de notre soutien dans toutes les actions qu’ils seraient amenés à engager pour le maintien de leur outil de travail et de leur emploi

Les ELUS VERTS et apparentés ont déclaré de leur côté :

« Nous sommes amenés à constater que des dirigeants d’entreprises prennent des décisions et font des choix contraires aux intérêts de la collectivité et néfastes pour la population de notre région :

– tels ces repreneurs d’une société castelbriantaise qui se sont présentés en sauveurs de l’entreprise pour la ruiner et la faire disparaître. S’ils sont aujourd’hui condamnés par le tribunal de commerce à verser 5 MF à l’actif de la société liquidée , ce n’est pas cela qui suffira à payer les dettes laissées à la charge de la collectivité, des organismes sociaux ni la « facture sociale » dont sont victimes les ex-salariés (chômage, atteintes à la santé et à la dignité ).

– Quant à la société Tendriade , après avoir pendant des années négligé les règles de sécurité, mettant ainsi en danger ses salariés et la population, cette entreprise met aujourd’hui à profit l’incendie de ses bâtiments pour mener à terme son projet de transfert vers un département voisin . De telles décisions ne tiennent aucun compte des conséquences, ni coût social qu’elles entraînent :

– déménagement du territoire dans les zones rurales et concentration d’activités et de population vers les agglomérations urbaines.

– aggravation des conditions de vie des salariés condamnés soit à des licenciements, soit à des déracinements , soit à de longs déplacements.

– diminution des ressources financières des collectivités territoriales,

– baisse de la population avec ses conséquences sur l’activité commerciale , les établissements scolaires, etc.

Après les efforts déployés par la municipalité et le conseil général pour maintenir sur Châteaubriant les activités de Tendriade , nous récusons les accusations de la direction de l’entreprise cherchant à faire porter à la ville la responsabilité du choix du transfert sur un autre site.

Les élus de l’opposition

après avoir interrogé le Maire au sujet du permis de construire demandé par les Éts Tendriade, se sont inquiétés des conséquences de la décision du groupe LACTALIS de quitter Châteaubriant . Ils se sont en particulier enquis des « conséquences pour l’équilibre financier de la ville de Châteaubriant, en particulier sur la taxe professionnelle, le budget de l’eau et de l’assainissement après de lourds investissements réalisés »

Il leur a été répondu que Tendriade payait 1,5 million de francs de taxe professionnelle - et que, par ailleurs, après trois ans de négociations, les Éts Tendriade s’étaient engagés à verser 2 million de francs à la ville de Châteaubriant à titre de participation au traitement des boues de la station d’épuration. Cela fait plus de 5 ans que la ville attend que Tendriade tienne ses engagements !

La section du Parti Communiste déclare :

« A l’image de Michelin et Moulinex, les groupes Lactalis et Tendriade ont fait preuve de morgue et de cynisme.

Ont-ils pensé un seul instant aux ouvrières, aux ouvriers, à leurs enfants et à toutes ces personnes qui, pendant des années, leur ont fait gagner des fortunes par leur travail ou leur consommation fidèle des produits. Bien sûr que non !

Relayés par quelques élus irresponsables, inconscients ou libéraux, ils annoncent avec une hypocrisie parfaite que ceci est dû à des problèmes administratifs.

Pour sa part, loin des polémiques stériles, le Parti Communiste, section Châteaubriant, a déjà envoyé à Robert HUE (auteur du décret de janvier contre les chasseurs de primes et assoiffeurs de main d’œuvre) un dossier complet sur Lactalis-Tendriade

Il sera tout fait pour qu’aucune subvention ne soit versée à ce groupe.

La section du Parti Communiste de Châteaubriant appelle les ouvriers à se mobiliser et à s’organiser au sein des entreprises pour que de telles catastrophes humaines ne se renouvellent pas »

Communiqué du 27-01-2000


 Ne pleurez pas M. Michelin

L’usine Michelin a flambé le week-end dernier à Clermont-Ferrand. Ne pleurez pas M. Michelin, le feu est un don du ciel. On a connu ça ailleurs, tenez, dans le cas de Frigé-crème de Nantes, par exemple, et puis peut-être dans d’autres villes dont nous avons momentanément oublié le nom.

Une usine qui commence à être vétuste. Des investissements nécessaires. Et onéreux. Des règles pas toujours faciles à adapter à des bâtiments existants. Et puis le feu, un soir, une nuit. Bienheureux incendie. Pas besoin de demander une autorisation de démolir, ni de faire venir de gros engins. Il ne reste que des gravats. Et la compassion générale, les salariés qui acceptent des modifications de leur contrat de travail, parce que c’est un cas de force majeure, parce qu’ils tiennent à leur entreprise, à leur emploi. L’enquête judiciaire conclura à un malheureux incident et l’assurance paiera. Et avec ce pactole, l’usine pourra être reconstruite, sur place rarement, ailleurs sûrement. Ca ne coûte pas plus cher de faire du neuf que de rénover du vieux, et c’est tellement plus fonctionnel ! Et puis, si on peut revendre le terrain de l’ancienne usine, sur lequel le feu aura fait place nette, eh bien, c’est un coup double .

Alors, M. Michelin, ne pleurez pas ! Quel bienheureux incendie vous avez eu le week-end dernier.