Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Grappillages et Mée-disances > Mée-disances du 23 décembre 2015

Mée-disances du 23 décembre 2015

Ecrit le 23 décembre 2015

 Hommage à Raif

De l’Humanité du 16/12 : ’’A ceux qui veulent notre mort, nous souhaitons la vie’’ C’est par ces mots que Ensaf Haïdar, épouse de Raif Badawi, a conclu son discours devant le Parlement européen en venant chercher le prix Sahkarov décerné à son mari. Celui-ci était animateur de plusieurs blogs, de débats suivis par des dizaines de milliers de membres «  venant ainsi combler une lacune dans un pays où la liberté de la presse n’existe pas. » a expliqué Martin Schulz, Président du Parlement Européen. Sur les forums, on parlait politique et religion, sujets absolument interdits dans la théocratie pétrolière, dont de nombreux pays européens sont clients, ou à qui ils vendent des armes, c’est le cas de la France.

Raif Badawi a été tout d’abord condamné à mort pour « apostasie », condamnation qui devait être suivie d’une « crucifixion », comme l’a également rappelé Martin Schulz. Cette condamnation a été transformée en 10 ans de prison et 1000 coups de fouet, des coups de fouet administrés en public à raison de 50 par semaine, le vendredi, après la prière. En raison de la santé extrêmement fragile de Raif Badawi, cette sentence barbare a pour l’instant été suspendue, mais sans garantie aucune qu’elle ne reprenne pas un jour. 

 Assignés à Résistance

De l’Humanité du 17/12 : une centaine d’organisations ont rendu public le texte « Sortir de l’état d’urgence » au cours d’une conférence de presse, le 17 décembre 2015, exprimant leurs craintes vis-à-vis de ce régime d’exception : ’’ ces craintes sont confirmées par l’ampleur des atteintes aux libertés constatées depuis quelques semaines. Nous assistons à un véritable détournement de l’état d’urgence qui cible également des personnes sans aucun lien avec des risques d’attentat. Ces abus doivent cesser’’.

’’Manifester n’est plus un droit, et les rares concessions accordées par les préfectures, qui attendent souvent le dernier moment pour informer de leurs intentions, entravent dans les faits son exercice. Le ministère de l’Intérieur justifie tout cela par son incapacité à sécuriser les parcours alors même qu’il autorise, dans le même temps, les rencontres   sportives et des événements tels que les marchés de Noël, qui se tiennent sur la voie publique. L’interdiction des rassemblements et manifestations entraîne la multiplication des arrestations, des gardes à vue, des assignations à résidence, un fichage policier des militants, et, pour quelques-uns, des condamnations. Qui peut croire que cela soulage les autorités ?’’

’’L’état d’urgence et le climat de guerre intérieure alimenté par le gouvernement contribuent au renforcement des amalgames et aux pratiques discriminantes, notamment de la part des forces de police. Ce ne sont pas « les terroristes qui sont terrorisés », ce sont des jeunes et des populations victimes de l’arbitraire en raison de leur origine et/ou de leur religion qui voient leur situation encore davantage fragilisée’’. Le Conseil Constitutionnel, saisi d’une QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité) rendra sa décision le 22 décembre.

 Amertume

Lemonde du 16/12 : ’’39 heures payées 37’’, à l’usine Smart de Hambach, les cadres et techniciens travailleront quatre heures de plus par mois. les ouvriers augmenteront leur volume horaire avec possibilité de travailler plus tard le soir et dix samedis par an. ’’La Direction nous a expliqué que si 75 % des salariés ne signaient pas, un plan social serait lancé, l’usine fermerait et la production de la quatrième version de la Fortwo serait délocalisée en 2018 à Novo Mesto, en Slovénie’’ - ’’Qui va marner jusqu’à onze heures du soir et les samedis ? Pas les cadres… La chaîne, c’est épuisant. Physiquement, on va le sentir’’, peste un opérateur. « Mon chef m’a conseillé de signer tout de suite en m’expliquant que ceux qui auront dit non auraient moins de pauses et des plannings différents », témoigne un de ses collègues.
Plus de 90% des salariés ont signé, avec une frustration sourde et beaucoup d’amertume.

 Chapeau

Revue Challenges du 16/12 :’’Le groupe automobile français PSA Peugeot Citroën a annoncé une réforme du dispositif de retraites-chapeaux pour ses dirigeants, en escomptant une économie de 34 millions d’euros dès l’exercice 2015’’ - ’’Ainsi l’entreprise ne garantira plus un certain niveau de retraite à ses dirigeants, mais versera un montant annuel directement lié aux résultats du groupe et à sa performance’’. Les syndicats ont salué cette décision qu’ils réclamaient pour certains de longue date. Chaque salarié va recevoir une prime de 400 € environ.

Rappelons que Philippe Varin, ancien patron de PSA, touche une retraite chapeau de quasiment 300.000 euros par an.

 Enfer et damnation

De Attac du 17/12 : ’’Mais qu’est-ce qui leur a pris ? Il y a 10 jours, l’Assemblée nationale votait positivement en faveur d’un amendement demandant aux entreprises de rendre publics, une fois par an, dans chaque pays où elles sont implantées, le montant de leur chiffre d’affaires, le nombre de leurs employés, les profits réalisés et les impôts payés. Ces données sont importantes, pour dépister les paradis fiscaux et leurs lois qui permettent de découpler, artificiellement, l’endroit où se produit une transaction économique (toucher un salaire, des intérêts, des dividendes, un héritage, réaliser un profit, une plus-value…) et l’endroit où elle est juridiquement enregistrée et donc contrôlée et taxée. Avec une comptabilité pays par pays, on peut voir si une entreprise réalise du chiffre d’affaires dans un pays mais cumule des profits dans un autre où elle n’a pratiquement pas d’employés, voire d’activité et toutes sortes de bizarreries comptables. C’est une bonne technique pour repérer ceux qui abusent des paradis fiscaux, avant de déterminer comment les sanctionner…. Et les taxer.

Le 16 décembre, donc, un amendement soutenu par plusieurs députés socialistes et écologistes, visant à rendre publiques ces données, reçoit de nouveau un vote positif. Le gouvernement demande alors une suspension de séance, réveille ses partisans et fait voter à 1 h 30 un nouvel amendement annulant le précédent. Surtout pas de données publiques sur les turpitudes fiscales de nos grandes entreprises ! Une honte ! 21 députés de gauche (dont Yves Daniel) ont tenté de sauver l’honneur de leur famille politique. Malheureusement ils n’ont pas été majoritaires.

En 2013, la France avait obligé les banques à fournir ces informations et à les rendre publiques. Le Parlement européen lui avait emboîté le pas et toutes les banques doivent désormais communiquer, à tous, ces informations. L’enjeu était d’étendre cette obligation à toutes les entreprises, au-delà du secteur bancaire.

Cette fois, le gouvernement a suivi le lobbying des grandes entreprises, qui sont vent debout contre la mesure, en refusant la transparence. La France s’enorgueillit d’être un pays moteur dans la lutte contre les paradis fiscaux…. Cette nuit, c’était plutôt la France du frein moteur !

  César, as-tu du cœur ?

20minutes du 16/12 : ’’Des photos exfiltrées de Syrie montrant le corps de milliers de prisonniers torturés dans des geôles du régime de Bachar al-Assad sont une preuve « accablante » de crimes contre l’humanité’’, selon un nouveau rapport de Human Rights Watch (HRW).

Les clichés montrent des yeux arrachés, des gens avec des lésions sur le dos ou le ventre, des corps décharnés et des centaines de cadavres gisant dans un hangar, au milieu de sacs de plastique devant servir à les enterrer. Pendant neuf mois, HRW a étudié 28.707 photographies de « César », un ex-photographe de la police militaire syrienne qui s’était enfui de Syrie en juillet 2013, en emportant plus de 53.000 photographies effroyables de corps torturés. Ce rapport intervient à un moment où les pays occidentaux, notamment la France, ne font plus du départ du président Bachar al-Assad une priorité.