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Notre-Dame-des Landes, la mobilisation continue

Ecrit le 13 janvier 2016 (non paru en format papier)

 Blocages

La détermination des opposants à l’aéroport de Notre-Dame des Landes ne faiblit pas.
Des blocages-surprise

Plus de160 tracteurs, et beaucoup de jeunes manifestants, ont bloqué en divers endroits du département :

  • - Pays de Retz
  • - Nord Ouest Nantes
  • - Nord Est
  • - Nord Ouest Redon Nozay :
  • - Blain Presqu’ile : Barrage filtrant rond point des Six Croix Donges
  • - Vendée 1
  • - Vendée 2 : La Roche sur Yon opération escargot plus opération devant préfecture
  • - Maine et Loire : Barrages filtrant pont de Chalonnes
  • - Ille et Villaine : barrage filtrant Rond Point de l’Alma Rennes

Forte mobilisation - article de La Croix

Les opposants maintiennent la pression : article du Monde

L’obstination absurde, article de Médiapart

Emmanuelle Cosse, Cécile Duflot, Ségolène Royal ne sont pas favorables à cet aéroport.

Délirante surenchère, le président du conseil régional LR et son collège PS du département ne trouvent pas de mots assez violents pour exiger la mise au pas des « extrémistes » qui s’opposent au projet d’aéroport et appeler au début des travaux.. L’affrontement tant redouté se profile.

 Maintenant nous accusons

Devant le silence assourdissant des responsables face à nos arguments contre le « transfert » de l’aéroport de Nantes-Atlantique à Notre Dame des Landes, devant la poursuite implacable d’un projet inutile, coûteux et destructeur, devant les annonces réitérées de reprise imminente des travaux,l’ACIPA dénonce les comportements irresponsables et condamnables qui ont mené à cette impasse.

 Deux paysans

A la veille du procès prévu le 13 janvier 2016 pour l’expulsion des paysans, voici l’expression de deux d’entre eux :

"Merci d’être venus vous battre contre cette demande d’expulsion. Un des risques face à la justice face au rouleau compresseur de l’Etat et de Vinci, c’est de se sentir seul. Merci, d’être si nombreux. Les porteurs du projet devront prendre en compte cette foule, nous ne sommes pas seuls contre ce projet. Il faudra tenir compte de cette foule qui ne veut pas d’un aéroport à Notre Dame des Landes.

En effet, ce n’est pas seulement pour nous que vous êtes là. C’est pour dire que ce projet ne doit pas faire un seul pas dans la direction d’un début de travaux.

Qui sommes-nous ? Des habitants, locataires bien avant 2008 ; par exemple Alphonse qui vit ici depuis plus de 80 ans. Beaucoup y ont vécu toute leur vie d’adulte.

Tous nous étions ici pendant l’opération César, avec une foule de combattants harassés voire blessés, avec les flics à proximité. Tous nous avons vécu l’occupation policière qui a suivi. Nous avons mis à disposition de la lutte la Vache Rit, la Rolandiére, les Fosses Noires.

Avec l’aide des terres de Bellevue, nous avons réorganisé l’usage du foncier pour gérer les dégâts de l’opération César et s’organiser avec les activités agricoles de sème ta Zad. Les paysans ont acheté soit du foncier en bordure de zone, soit une maison dans la zone pour limiter l’emprise de Vinci. Les paysans ont participé d’une façon ou d’une autre à la grève de la faim. Hervé était le premier occupant illégal en s’installant en 78 sur les terres de ses parents.

Nous ne gênons pas physiquement Vinci pour l’année 2016, quels que soient ses projets. Mais nous sommes des opposants à abattre, nous n’avons pas encaissé les chèques des expropriations et nous n’avons jamais signé de bail annuel avec Vinci pour vivre dans nos maisons ou utiliser nos parcelles historiques. Selon la bible de Vinci, notre activité agricole est illégale et donc nous devons partir.

Pour dire vrai, cette procédure nous a surpris. Après les jugements de 2012, nos dossiers dormaient tranquillement. Depuis 1974, beaucoup de dossiers marqués Notre dame ont dormi et longtemps. Nous avons pensé qu’il s’agissait du sommeil qui précède la victoire. Nous nous sommes habitués à vivre cette situation instable, à le vivre sereinement et à tenir nos maisons et nos fermes comme si le projet n’existait pas. Nous vivons dans cette zone dite de non droit, à côté de ces gens dits ultra violents. Nous le vivons plutôt bien, il y a des complications bien sûr, mais si vous connaissez une communauté de 300 personnes sans complications, faites nous signe.

Face à la propagande criminalisant les zadistes, il y a maintenant ce film de 25mn auto réalisé et disponible sur le net, et le dossier agricole de la Zad dans Campagnes Solidaires. Les gens peuvent aimer ou pas, mais au moins ce sera en connaissance de cause.

Cette ambiance sur la Zad a permis des réunions, entre différentes composantes de la lutte pour réfléchir à notre avenir après la victoire. Cet avenir de la zone, nous le voulons sans aéroport. Nous le voulons commun. Nous voulons que tous historiques agriculteurs et locataires, et occupants d’autre part y aient une place. Nous voulons prendre soin de tous les habitants.

Aujourd’hui, c’est l’enjeu, prendre soin des historiques pour qu’ils puissent rester à Notre dame. Expulser les historiques, c’est finalement un bon angle d’attaque. On peut communiquer sur les longs délais qu’ils ont eu pour s’organiser y compris pour faire les recours.

Les Ailes pour l’ouest ont déjà essayé de faire le buzz sur « tout l’argent qu’ils touchent, ils ne sont donc pas maltraités ». Le coup de génie, c’est les astreintes financières qui les feront partir sans besoin de la force publique.

Nous, on imaginait les CRS mettant les vaches dehors et là ça craignait. Ils ont de bien meilleurs moyens que cela : les astreintes. Mais Déloger les historiques seuls n’a pas de sens. Vinci ne peut pas se contenter d’obtenir notre départ sous quelques mois, détruire tout trace humaine pour éviter une réoccupation et revenir voir six mois plus tard.

Non le calendrier est étroit. 2017 ne peut pas être une année de conflit à cause des élections. La période d’intervention pour la destruction des espèces les limite au printemps et donc au printemps 2016.

Aussitôt le départ des historiques fixé, il faudra attaquer l’expulsion des occupants, manu militari s’il le faut. Et dès le lendemain attraper 3 tritons de blasius, 2 crossope aquatique, 1 campagnol amphibie, quelques plantes rares et déposer tout cela dans un zoo du bocage nantais.

Expulser les historiques, c’est bien séparer des composantes de la lutte, ce que nous ne voulons pas. Mais c’est surtout le premier pas de début des travaux et cela il n’en est pas question. Nous ne le laisserons pas faire. Vous ne le laisserez pas faire.

Pourtant nous ne demandons pas la lune, juste le respect de la parole du président. Concrètement, nous demandons le retrait du référé expulsion des historiques et de toute procédure d’expulsion jusqu’à l’épuisement des recours.

Avant de se quitter, je voudrais que nous ayons une pensée pour notre collègue paysan Philippe Layat, opposant au grand stade de Lyon, exproprié et qui s’est fait tabasser le 25 décembre dernier chez lui.

La violence peut prendre différents visages, mais nous gagnerons tous ensemble.

 Biodiversité

Biodiversité à Notre Dame des Landes : sciences et avenir

Il y a du monde devant le Tribunal de Nantes


 Occupation à Châteaubriant

Le rendez-vous était donné sur un parking à 14h30, pour une « action collective festive ».
Seuls le comité de soutien à la ZAD était au courant des détails, préparés en réunion quelques jours avant.
Sur le parking à l’heure dite, une trentaine de personnes attendent d’en savoir plus. Une organisatrice prend la parole et explique : la proposition est d’occuper les locaux de la sous-préfecture jusqu’à obtention d’une réponse à la question « Le Président Hollande va-t-il respecter sa promesse qu’il n’y ait pas d’expulsion avant la fin du délai de recours ? »
Le mot d’ordre est clair : occupation sans violence, pas de réponse aux provocations, on est là seulement pour discuter et avoir des réponses de la part de représentants de l’État.

Vers 15h, arrivée à la sous-préfecture où l’on demande à rencontrer la sous-préfète. Celle-ci n’est pas sur place mais, contactée au téléphone, elle propose un rendez-vous à Ancenis le jeudi matin. Le procès ayant lieu le mercredi, c’est bien sûr hors de question. Un représentant du groupe annonce que nous allons occuper les lieux jusqu’à ce que notre demande soit satisfaite. On en profite pour accrocher une grande banderole au dessus de la porte : « pas de procès, pas d’expulsion ». On atteint rapidement la cinquantaine de personnes.

Au bout d’une demi-heure environ, un type en costume-cravate arrive et se présente comme le secrétaire général de la sous-préfecture d’Ancenis, présent à Châteaubriant pour assurer l’intérim en l’absence de la sous-préfète. Il est accompagné d’un capitaine de gendarmerie, avec lequel il était justement en réunion. Il dit qu’il ne peut rien faire, qu’il faut revenir plus tard.
À partir de ce moment, on commence à voir passer régulièrement une voiture de la gendarmerie. (on apercevra également plus tard un véhicule de la police municipale, ainsi monsieur le maire qui a regardé de loin dans sa grosse voiture avant de faire demi-tour)
Le secrétaire général revient avec une bonne nouvelle : la sous-préfète peut recevoir une délégation mercredi matin ! Ben non, c’est aujourd’hui qu’on veut la voir. On reste donc à attendre, certains dedans, d’autres sur les marches devant la porte, à profiter du soleil. Quelqu’un commence à gratter une guitare, ça se met à chanter un peu, les enfants s’amusent, certains lisent les livres et revues.

Voyant qu’on s’installe, le secrétaire général revient à la charge et propose qu’une délégation parle au téléphone avec la sous-préfète. Les délégués y vont et reviennent avec une vraie bonne nouvelle, cette fois : la sous-préfète se déplace de Nantes jusqu’à Châteaubriant pour nous rencontrer. La condition est d’évacuer les locaux. Ben oui mais tant qu’elle n’est pas là pour discuter, on reste pour que sa motivation reste intacte. (décision prise en AG dans le hall de la sous-préfecture). Il est presque 16h.

À 16h30, la sous-préfète est là, arrivée par la porte de derrière en présence d’une voiture de la gendarmerie, on n’est jamais trop prudent. Mais il faut encore passer par le secrétaire général et le capitaine de gendarmerie, car avant de voir la grande chef, il faut évacuer. De notre côté, c’est toujours non, d’autant que les prétextes utilisés sont ridicules (« pour des raisons de sécurité » et « pour libérer les salariés »).

Finalement, vers 17h, la sous-préfète se joint à nous et expose ses dernières conditions : elle rencontre 4 personnes maximum, qui parleront en direct au téléphone avec le préfet, et tous les autres sortent. Vote rapide : c’est accepté.

Une délégation de 4 à l’intérieur, une cinquantaine à l’extérieur (pas toutes les mêmes qu’au début, ça a pas mal tourné, il y a dû avoir au moins 80 personnes à passer sur l’après-midi).
On s’installe devant les petites portes du bâtiment, la porte principale ayant été fermée et protégée par son volet roulant.

Au bout de 45min environ, un membre de la délégation sort pour informer le groupe : le préfet s’engage à contacter dans la soirée un membre du gouvernement pour faire part de notre demande, et à transmettre sa réponse dès ce soir à l’un d’entre nous. La condition est évidemment de vider les lieux. Nouveau vote : proposition acceptée.

Vers 18h15, la délégation sort sous les applaudissements et les slogans du groupe. Petit résumé des échanges, rappel de l’engagement du préfet, et rendez-vous donné pour transmettre sa réponse... ou recommencer !

18h30 : on va se mettre au chaud en attendant les nouvelles. Parce que ça caille, aujourd’hui.

Ces paysans que Vinci veut chasser