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Mée-disances du 13 janvier 2016

Ecrit le 13 janvier 2016

 Un éléphant ça Trump

 
Libération.fr du 06/01 : Les primaires présidentielles américaines commenceront le 1er février dans l’Iowa. Donald Trump mène la course républicaine au niveau national, mais dans l’Iowa il est devancé dans les sondages par le sénateur Ted Cruz. Donald Trump a ressorti des tiroirs un vieux dossier sur Ted Cruz : sa naissance au Canada il y a 45 ans, et son éventuelle inéligibilité à la présidence des États-Unis. La Constitution américaine énonce trois critères d’éligibilité : avoir 35 ans ou plus, résider aux États-Unis depuis au moins 14 ans, et être ’’né citoyen naturel’’. Cette dernière clause est ambiguë. Elle exclut les citoyens naturalisés, sans définir ce qu’est un citoyen ’’naturel’’. Mais de nombreux experts estiment que Ted Cruz étant né d’une mère américaine (son père est cubain), il est naturellement Américain et absolument éligible.
 
Donald Trump a sauté sur l’occasion pour relancer les insinuations. ’’Les républicains vont devoir se demander : est-ce que nous voulons un candidat qui risque d’être bloqué par les tribunaux pendant deux ans ?’’ a-t-il dit. ’’Les gens vont continuer à faire du bruit politique sur ce sujet, mais d’un point de vue juridique, la question est réglée’’, a balayé Ted Cruz.
 
Les deux hommes se jaugent depuis des mois car ils chassent sur les mêmes terres, chacun représentant à sa façon le rejet du ’’système’’ et des appareils politiques. Ted Cruz a été élu au Sénat en 2012, porté par la vague du Tea Party, et est le meneur des rebelles du Congrès, constamment en conflit avec son propre parti, jugé trop accommodant avec Barack Obama. Jusqu’à présent, Ted Cruz est le candidat qui ménageait le plus Donald Trump, même quand tout le parti tombait sur l’homme d’affaires pour outrances. En retour, Donald Trump, 69 ans, a dit en décembre que le sénateur texan avait ’’un tempérament merveilleux’’.
 
Mais Ted Cruz a depuis pris un léger avantage dans les intentions de vote des Républicains dans l’Iowa, avec 31% contre 27% pour Donald Trump. Les résultats des consultations de l’Iowa sont fameusement imprévisibles. La participation est faible (20%) et la majorité des électeurs se décident dans les derniers jours. Pour Trump, une défaite dans l’Iowa écornerait son image de leader incontesté.

 Susceptibilité kirghize

 
Le Figaro.fr du 04/01 : Accusé d’incitation à la haine raciale, le Britannique Michael Mcfeat arrêté au Kirghizstan pour avoir qualifié de « pénis de cheval » un met traditionnel a été condamné à l’expulsion par un tribunal local. Il risquait trois à cinq ans de prison pour avoir posté sur Facebook une image de ses collègues kirghizes à table et expliqué qu’à l’occasion des fêtes de fin d’année, certains Kirghizes faisaient la queue pour obtenir « une friandise spéciale, le pénis de cheval ». Il s’agit en fait de « tchoutchouk », une saucisse de cheval très recherchée par les Kirghizes qui remettent les traditions nomades à l’honneur depuis la chute de l’URSS.
 
Le message du Britannique, qui occupe un poste intermédiaire au sein de la société canadienne Centerra Gold, propriétaire de la mine d’or de Kumtor, a froissé ses employés qui ont observé en guise de protestation une grève de samedi à dimanche.

 Affaire Jeanne

 
Libération.fr du 05/01 : La présidente du Front National a été placée sous le statut de témoin assisté par les juges d’instruction enquêtant sur une possible escroquerie au détriment de l’État. Elle a été entendue dans le cadre de l’affaire ’’Jeanne’’, et ce statut de témoin assisté qui peut viser toute personne ’’contre laquelle il existe des indices rendant vraisemblable qu’elle ait pu participer, comme auteur ou complice, à la commission des infractions’’.
 
Un rebondissement qui aurait pu intervenir en pleine campagne régionale si Marine Le Pen n’avait pas refusé par deux fois de répondre à la convocation des juges d’instruction Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi. Ces derniers ont ouvert une information judiciaire en avril 2014. Ils sus-pectent le micro-parti Jeanne, lié à Marine Le Pen, d’être au cœur d’un système de financement frauduleux, impliquant du matériel de campagne conçu par la société Riwal et (chèrement) vendu aux candidats frontistes, lesquels pouvaient pour cela souscrire un prêt auprès de Jeanne.

Si ces soupçons se vérifiaient, le dindon de la farce serait l’État, qui rembourse les dépenses électorales. L’affaire a déjà entraîné dix mises en examen, dont celles d’un vice-président et du trésorier du FN   ainsi que, en tant que personnes morales, du Front national lui-même (’’recel d’abus de biens sociaux’’ et ’’complicité d’escroqueries’’) et de Jeanne. 

Les juges soupçonnent ces partis d’avoir été illégalement financés par Riwal via des aides financières ou en nature. Des accusations dont se défend le FN  , qui dénonce une ’’persécution judiciaire’’ à son endroit. Un nouveau responsable frontiste pourrait être prochainement entendu par les juges : le vice-président président du parti Steeve Briois, par ailleurs mandataire financier de Jeanne. 

 Activités superstitieuses

 
La Croix.com du 05/01 : La corruption a rongé la cohésion et la légitimité du Parti communiste chinois depuis 20 ans au point de menacer la survie de cette structure qui s’est vidée de sa substance idéologique. Le nouveau président chinois Xi Jinping a lancé depuis 2013 une vaste campagne anti-corruption au sein du Parti, qui a fait tomber de nombreux cadres.
 
Selon une décision entrée en vigueur le 1er janvier, seront exclus du Parti les membres qui se livreront à des ’’activités superstitieuses ’’. Le régime vise entre autres le recours à la divination (feng-shui), une pratique traditionnelle utilisée pour prendre des décisions afin de maximiser sa chance et sa fortune, ou aménager sa maison. [...]
 
’’ Pour un fonctionnaire, ne plus croire au marxisme-léninisme mais au feng-shui reflète son manque de foi et ses problèmes de valeurs ’’, estime Zhuang Deshui, le vice-directeur du Centre de recherche sur l’intégrité gouvernementale à l’Université de Pékin. Un certain nombre de hauts dirigeants du PCC ont été accusés ces dernières années de participer à des ’’ pratiques superstitieuses ’’. Si une certaine proportion du Parti communiste reste fidèle aux idéaux politiques, le reste s’est engagé par opportunisme, dans le but d’obtenir la sécurité de l’emploi, de gros avantages sociaux et de s’enrichir. Dans leur vie privée, certains sont bouddhistes pratiquants, protestants discrets et même catholiques anonymes.

 Roman d’amour interdit

 
Lexpress.fr du 31/12 :. Écrit par la romancière Dorit Rabinyan, publié en 2014, le livre intitulé Gader Haya (la barrière vivante) raconte l’histoire d’amour contrariée d’une traductrice israélienne et d’un artiste palestinien. Un « Roméo et Juliette » des années 2000, qui a séduit nombre de professeurs de lettres israéliens, au point de demander l’ajout de ce roman au programme officiel des lycéens israéliens de la filière littéraire. Une suggestion d’abord approuvée par un comité d’universitaires et d’éducateurs, avant que le ministère de l’Éducation israélien, dirigé depuis avril 2015 par Naftali Bennett, leader du parti de droite nationaliste et religieux Foyer juif, ne lui oppose une fin de non-recevoir début décembre. 
 
Les relations intimes « entre juifs et non-juifs », telles que décrites dans le roman, « menacent l’identité distincte » a justifié la responsable du secrétariat pédagogique du ministère de l’Éducation israélien. Dit autrement, le ministère redoute que la lecture de ce roman par de jeunes âmes « forcément » immatures et promptes à s’enflammer n’encourage les histoires d’amour entre Israéliens et Palestiniens.

En tout logique, cette polémique devrait donner envie à tous les jeunes Israéliens de dévorer ce livre qu’ils ne sont pas censés lire.