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Accueil > Intercommunalité et diverses communes > CCSD-Com’Com’ du Secteur de Derval > CCSD - 2016-2017 > Derval : satisfaction et déception

Derval : satisfaction et déception

Ecrit le 3 février 2016

Cérémonie des vœux ce 22 janvier à Derval, le Président Jean Louër est content :
« Notre Communauté de Communes s’est donné, comme objectif prioritaire, le développement économique, qui permet et permettra à notre territoire de répondre aux besoins et aux attentes de nos populations. (…) Nos ateliers-relais sont aujourd’hui exploités à 80 % de leur surface, avec l’implantation d’une nouvelle entreprise récemment créée et spécialisée dans la logistique pharmaceutique. Sur la zone artisanale et de services, plusieurs chantiers seront lancés en cours d’année, par des entreprises en développement. Les discussions et négociations sont toujours aussi intenses et nous pensons que des projets se concrétiseront, avant la fin de l’année. Notre territoire, qui a su adapter son offre aux atouts et aux attraits d’une zone à proximité d’un axe routier structurant, entre deux grandes métropoles, est désormais connu et reconnu par le monde de l’entreprise, comme un carrefour industriel et logistique pertinent. Nous sommes aujourd’hui, après avoir traversé des périodes difficiles avec la fermeture successive de deux unités de production, dans une nouvelle dynamique économique ». A ce jour « nous comptons plus de 2 500 emplois, en nette évolution depuis ces trois dernières années et cela malgré un contexte économique tendu ».

Jean Louër revient aussi sur le passé et exprime ses inquiétudes pour l’avenir.
Bref rappel : Le SIVU (Syndicat Intercommunal à vocation Unique) a été créé en 1987 par les sept communes qui composent aujourd’hui la Communauté de Communes de Derval. Ce SIVU s’est transformé en Com’Com’   en 1995 et Michel Hunault en était le président, cela ne s’est pas très bien passé, on se souvient de l’avis sévère de la Cour des Comptes.
Revoir ici :

Le président suivant, Michel Houillier, s’est souvent étonné des mauvaises surprises financières. « Une nouvelle sorcière est sortie du placard » disait-il. Jean Louër est président depuis 2001. Après la remise en ordre des finances et la restauration des capacités financières, la Com’Com’   a proposé des services et des équipements publics, dans un territoire qui connaissait, dans un même temps une nette évolution démographique.

 Réalisations

  • 1- Lecture - construction et aménagement de bibliothèques et médiathèque   sur l’ensemble du territoire, avec embauche de professionnels. « Soyons clairs, il ne s’agit pas de remettre en cause la présence des bénévoles, mais de renforcer, sous la conduite des professionnels, un service qui nécessite de s’adapter. Une lecture publique, accessible à tous, à proximité des lecteurs, s’adaptant à toutes les évolutions est la base de notre démarche culturelle ».
  • 2 - plan culturel de territoire, avec la participation de nombreuses associations culturelles locales. « volonté de notre Communauté de Communes de poursuivre le déploiement d’une culture pour tous les publics, sans distinction d’âge, de classe ou de localisation géographique ».
  • 3 – accessibilité des équipements communaux et intercommunaux existants
  • 4 - dans le domaine social, de nombreux équipements et services ont été mis en œuvre : multi-accueils, relais assistantes maternelIes, centres de loisirs, accueils périscolaires.
  • 5 – santé - La vie sociale d’un territoire, c’est aussi s’intéresser à la santé de sa population « la Communaulé de Communes s’est engagée dans un processus de concertation avec les professionnels locaux et I’Agence Régionale de Santé » - « Comment assurer les soins, à l’avenir, dans notre milieu rural qui n’attire plus les protessionnels, avec des conditions d’exercice qui évoluent rapidement ? »
  • 6 – Centre de secours Dans un même temps, nos centres de secours qui ont un rôle irremplaçable d’assistance permanente et de premiers secours à nos populations, sont, dans certains cas, remis en cause. Nos communes rurales, éloignées le plus souvent des grands centres de soins, ne peuvent être, en plus, privées de ce service de proximité et de secours permanent aux personnes.
  • 7 – Environnement - L’équilibre et la bonne santé du bassin de vie se mesurent aussi à travers la gestion de son environnement. « C’est pourquoi, la Communauté de Communes a rapidement pris en main la gestion de ses déchets, de manière incitative, pour rendre chaque citoyen responsable de son comportement, Pionnier en matière de redevance incitative, notre secteur l’est également pour la prévention des déchets et va continuer à l’être par le réaménagement complet de la déchetterie, en 2016 et comme lauréat de l’appel à projets de l’État : territoire zéro déchet, zéro gaspillage »,
  • 8 – assainissement - En 2016, une aide, avec l’appui de l’agence de l’eau, est mise en œuvre pour faciliter la remise en état des installations contrôlées comme présentant les plus gros risques de pollution.
  • 9 – Espace aquatique - L’investissement, sans aucun doute le plus important de ce mandat, sera la réalisation du centre aquatique intercommunal, dont l’ouverture est prévue à l’automne

 Evolution territoriale

Le vote de la loi « NOTRe » (Nouvelle Organisation Territoriale de la République), au début du mots de Juillet 2015, oblige chaque département de se doter, avant le 31 Mars 2016, d’un nouveau schéma de coopération intercommunale, prenant en compte un seuil de 15 000 habitants. Notre territoire, comptant moins de 11 000 habitants, est directement impacté par cette Ioi. ll doit donc trouver, dans un délai très court, un partenaire choisi et non un partenaire subi, proposé, à ce jour par l’administration. « Ce choix a fait I’objet de débats qui n’ont pas permis, hélas, de dégager une position unanime au sein de notre communauté » a dit Jean Louër.
Dans quelques mois, au 1er janvier prochain, notre territoire n’existera plus dans sa configuration géographique actuelle. ll aura été contraint de fusionner avec une autre structure. it y aura une nouvelle organisation de la gouvernance, dans laquelle les élus communautaires restants, seront moitié moins nombreux. « C’est dire qu’ils devront faire preuve de vigilance, de présence et de détermination, pour que, dans ce nouvel ensemble, leurs voix restent audibles, afin que nos collectivités puissent espérer continuer à se developper ». On sent bien, chez J.Louër, qu’il ne s’agit pas d’un mariage d’amour.

Et l’élu enfonce le clou. « Cette loi pose pour le moins de réels problèmes de démocratie. Cette remise en cause du suffrage universel est inacceptable et une entrave grave au respect de la démocratie. Une fois encore, nous sommes tributaires d’une décision dogmatique, qui semble considérer que la réduction, voire la disparition du rôle irremplacable de nos communes proches du terrain, est une solution à nos problèmes financiers, économiques et sociaux, C’est une atteinte de plus à la vitalité de notre monde rural, qui est directement touché par ces nouvelles dispositions de la loi NOTRe ». (...)

« il est difficile de conclure sans avoir Ie profond sentiment d’une mission inachevée. Au lieu de continuer à agir, nous allons entrer dans une tongue étape administrative qui, une tois encore, va nous éloigner de l’opérationnel, au moment où nous en avons tant besoin. Cette inertie, sans cesse accentuée par la lourdeur de l’administration, paralyse notre pays depuis si longtemps qu’elle rend toute démarche, toute action, toute volonté d’entreprendre de plus en plus complexes et dissuasives. (…) Face à cette évolution brutale ; comment préserver la dynamique, le rôle et l’avenir de nos communes, dans un nouveau périmètre géographique ? Comment assurer l’équilibre financier de nos collectivités, avec une diminution encore amplifiée des dotations de l’Etat ? Comment assurer dans des délais supportables, les nombreux transferts de compétences vers les Communautés de Communes, sans aucune ressource nouvelle ? »

Et de conclure : « Tant que j’estimerai être en mesure d’assurer ma fonction de Président et de continuer à faire progresser notre territoire intercommunal, je le ferai et cela, jusqu’au terme d’un mandat qui nous aura été voté ».