Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Châteaubriant > Transports, routes, SNCF > Notre-Dame-des-Landes > Justice, démocratie, état de droit..... Mon cu...i !

Justice, démocratie, état de droit..... Mon cu...i !

Écrit le 3 février 2016

 Courrier des lecteurs :

« Au vu des verdicts de différents procès récents (Goodyear, Bobigny, Mille vaches, NDDL...) on constate que la justice a du plomb dans l’aile et défend sans rougir les intérêts des puissants, des lobbies, de l’État, de ses représentant(e)s et de ses élu(e)s.

Notre chère démocratie est un concept peu crédible tant les élections sont peu représentatives de la population et de ses opinions. Certains ne votent pas, d’autres votent blanc ou pour le moins pire, d’autres encore pour signifier leur mécontentement ou parce qu’ils ont la naïveté de croire certaines promesses. Au final ceux qui sont élus le sont par un pourcentage ridicule de vote « d’adhésion ».

La politique est une vaste mascarade dont le mensonge, la fraude et les arrangements entre amis sont les piliers. Le but du jeu étant de conserver sa place et ses avantages, aux frais des bonnes gens dont ils sont censés défendre les intérêts. Pour ne rien arranger, bon nombre d’élu(e)s sont corrompu(e)s mais continuent d’exercer en toute impunité…

Alors qu’on arrête de venir me parler d’État de droit ou de processus démocratique pour faire respecter telle ou telle décision « légale ».

Par exemple, à propos de Notre-Dame des Landes, à ceux qui pensent quand même que le projet rentre dans une logique de processus démocratique, allez demander aux opposants historiques comment on les a traités quand ils ont voulu apporter leurs arguments pour conserver le bocage de Notre Dame et pour maintenir Nantes Atlantique... C’était pas très très démocratique ! (voir film Au cœur de la lutte vers 11min20...).

La Légalité est une question de pouvoir, cela évolue dans le temps (exemples simples : droit de vote des femmes : illégal jusqu’en 1945 ; collaboration : légale jusqu’en 1944 ; esclavage : légal jusqu’en 1848 etc...). La légitimité, quant à elle, est question de justice, au sens noble, ce qui est juste, c’est un concept, pas l’institution vérolée que l’on connaît.

Tout ça pour dire que oui, aujourd’hui en France, les occupants de la ZAD de Notre Dame sont illégaux, comme l’étaient à une autre époque les Résistants et les Maquisards. Comme eux, les Zadistes subissent une propagande institutionnelle, comme eux ils sont indignés et se battent pour un monde plus juste, convaincus que leur cause est légitime.

Je ne me mouille pas trop en disant qu’à mon sens, sont légitimes les causes qui défendent les intérêts de l’humain et de l’humanité, c’est nous, (pas « nous » les gentils occidentaux, « nous » tous sans distinction), notre planète, nos descendants et même les réfugiés, les femmes et les homos... Sont encore plus légitimes les causes qui défendent les intérêts des faibles et des opprimés.

Pour moi la lutte contre l’aéroport est légitime, pour des raisons écologiques, économiques et sociétales. Après, seuls le temps et l’histoire pourront en juger.

Alors voilà, choisis ton camp camarade parce que dans 20, 50 ou 80 ans tes petits enfants voudront bien savoir dans quel camp tu étais. L’état de droit ou la résistance ? Moi je serai fier de leur dire que j’étais zadiste... »

Neil, résidant et travaillant à Châteaubriant

 Tracteurs vigilants

« Nous paysannes et paysans de Copain 44 et d’ailleurs, ne pouvons admettre que nos collègues de Notre Dame des Landes et leurs fermes soient considérés comme des malfrats que l’on peut virer sans délai et sans solution de secours. Ceux que l’on veut virer, comme des malpropres, sont des militants de la première heure qui ont décidé de résister jusqu’au bout, malgré toute la précarité pour eux et pour leur famille. Aujourd’hui, ces occupants historiques ou non, sont devenus pour nous tous les porte-drapeaux de nos engagements respectifs pour une autre conception du développement du territoire, de la protection de la biodiversité, de la relocalisation de la production alimentaire, d’une nouvelle façon de penser le vivre ensemble, respectueuse de l’homme et de son environnement.(…) Les actions des paysans de Copain menées ces dernières semaines vont continuer et s’amplifier. Seule une annonce claire et sans ambiguïté du président Hollande nous ramènera dans nos fermes. Il n’y aura pas d’aéroport à Notre Dame des Landes,
Nous mettrons tout en œuvre pour empêcher la disparition des terres de la ZAD et de tous ceux qui la font vivre
 ».
(déclaration du 27 janvier 2016)

Les habitants ont jusqu’au 26 mars pour partir. Mardi 26 janvier, lendemain de la décision du tribunal, un huissier est déjà venu prévenant qu’à sa prochaine visite il saurait imposer le déménagement des troupeaux et du matériel qui, eux, peuvent être saisis dans délai. Aussitôt après, les paysans ont ressorti leurs « tracteurs vigilants », les plaçant les uns derrière les autres, en tête à cul, pour s’exercer à encercler une exploitation menacée. Quelques tracteurs sont en permanence dans la Zad, les autres seront vite mobilisables. Un avertissement aux forces de l’ordre et aux décideurs politiques.
Le pouvoir politique s’obstine à dire que l’aéroport se fera, mais chacun sait que la situation est difficile car la résolution des anti-aéroport se renforce. À Châteaubriant, le 26 janvier, plus de 80 personnes se sont rassemblées sur le parvis de la mairie, des jeunes essentiellement, certains qu’on n’avait pas vus depuis longtemps. L’évacuation de la ZAD sera difficile car la zone s’étend sur 1600 ha de bocage que les tracteurs peuvent sillonner facilement. Plus de 200 comités de soutien, partout en France, sont en alerte. Il serait impensable de mobiliser la gendarmerie déjà très occupée, dans les villes, pour la lutte contre le terrorisme.

De plus les règles européennes compliquent les choses. En raison des cycles de la nature, l’abattage des arbres est interdit du 10 mars au 15 juillet – et le comblement des mares est interdit du 10 février au 1er juillet. Ces dates empêchent les gros travaux dans les zones écologiquement sensibles… d’autant plus que les Naturalistes en lutte ont inventorié 1500 espèces dont 130 protégées et 5 nouvelles espèces non-prises en compte dans les dossiers d’enquête publique. Les travaux ne peuvent donc pas commencer tant qu’une procédure complète concernant ces espèces n’a pas été menée.

 Et si… Châteauroux ?

Dans les Echos du 27/01/2016, journal économiquement à droite, un point de vue dit que : « Depuis le lancement du projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il apparaît que ce projet fait la quasi-unanimité contre lui. Il est écologiquement discutable, économiquement coûteux et géographiquement injustifié. Il existe pourtant une alternative à cet aéroport : développer Châteauroux-Centre. Un tel projet n’aurait que des vertus. Cet aéroport existe déjà, il dispose de plusieurs pistes et hangars. Mais surtout, jusqu’à ce que la France quitte en 1966 le commandement armé de l’Otan, Châteauroux hébergeait l’une des principales bases aériennes de l’Alliance Atlantique. Aujourd’hui, de nombreuses pistes et autant de hangars pourtant fonctionnels sont laissés à l’abandon, tandis que plusieurs centaines d’hectares de terrain militaire sont directement constructibles. À la différence de nombreux autres aéroports, Châteauroux-Centre dispose du centre de maintenance aéronautique le plus important d’Europe. Ainsi, les appareils pourraient-ils être suivis périodiquement à des coûts moindres, puisqu’ils n’auraient pas à être transportés spécifiquement vers le site de maintenance.
De plus, l’aéroport abrite un centre de formation de pompiers d’aéroports d’envergure internationale. Situé au centre de la France, il est équidistant de toutes les grandes villes du pays.
Probablement, le seul réel coût qu’induirait le développement de l’aéroport Châteauroux-Centre serait celui de la construction de lignes à grande vitesse reliant Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nantes, Strasbourg ou Rennes. »


Note du 20 février 2016

Un rapport caché : le mensonge d’Etat