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Mée-disances du 10 février 2016

Ecrit le 10 février 2016

 Enfants portés disparus

 
Lexpress.fr du 31/01 : Que deviennent les milliers d’enfants migrants qui arrivent sur les côtes européennes depuis deux ans ? L’agence policière européenne n’a pas de réponse à cette question pour au moins 10 000 d’entre eux. Après leur enregistrement auprès des autorités européennes, Europol a perdu toute trace de ces enfants, dont la moitié ont disparu en Italie. L’autorité s’inquiète que nombre d’entre eux soient exploités par des filières criminelles. « Une infrastructure entière s’est développée sur les 18 derniers mois en vue d’exploiter le flux de migrants », précise Brian Donald, responsable d’Europol. 
 
Ces groupes criminels seraient actifs dans la traite d’êtres humains, l’esclavage ou des activités liées au commerce du sexe. De quoi alerter des organisations travaillant sur la « Route des Balkans » qui considèrent déjà l’exploitation d’enfants migrants comme un « grand problème ». 
 
Pour autant, cette estimation de 10 000 enfants comprend des situations très différentes. « Tous ne seront pas exploités à des fins criminelles, il y en a qui auront rejoint des membres de leur famille », précise Brian Donald. 

En 2015, environ un million de migrants sont arrivés en Europe, dont 27% d’enfants. Beaucoup d’entre eux seraient « non-accompagnés », selon Europol. 

 Elle s’appelait Ruqia

 
Le Monde.fr du 04/02 : « Là, j’ai reçu des menaces de mort. Daech va sans doute m’arrêter et me décapiter. Mais je garderai ma dignité. Mieux vaut mourir que de vivre avec ces types dans l’humiliation. »
 
Elle s’appelait Ruqia Hassan Mohammed. La photo montre une jeune femme élégamment maquillée. Elle porte un foulard noir sur un serre-tête doré, bracelets et bagues aux deux mains, tunique longue cintrée à la taille. Le visage plein, pommettes hautes, sourire timide. Elle était syrienne et habitait Rakka, la capitale de l’Etat islamique (EI). Sur Facebook, elle racontait sa vie de rakkaouie sous la botte des djihadistes. Ils n’ont pas apprécié. Début janvier, ils ont annoncé qu’elle avait été « exécutée ». Ruqia avait 30 ans.
 
Tout au long de 2015, sous le pseudonyme « Nissan Ibrahim », la jeune femme a livré sur Facebook une sorte de journal de bord : la vie au temps de l’EI et des bombardements aériens. « Chaque jour, interdit, interdit, interdit. Ils [les djihadistes] ne font qu’interdire. J’attends le jour où ils permettront quelque chose. » « Aujourd’hui, la police [les hommes de l’EI] a lancé une vague d’arrestations arbitraires. Mon Dieu, je t’en supplie, délivre-nous de ce cauchemar et élimine ces gens. » […] Je n’en peux plus d’être une citoyenne de seconde classe. Dieu, aide-nous ! » […]

Les amis de Ruqia lui disaient qu’elle prenait trop de risques avec ses messages.
 
Peut-être y aura-t-il un jour une plaque, dans Rakka libérée, à la mémoire d’une jeune femme qui a défié l’EI et qui portera ce nom : Ruqia Hassan Mohammed.

Cher Valéry
 
Actu.orange.fr du 02/02 : L’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981) a fêté ses 90 ans. Il est né le 2 février 1926 à Coblence en Allemagne. Il est resté très actif. Il est très consulté, donne des conférences et fait des visites privées à des responsables étrangers. Il siège au Conseil constitutionnel mais aussi à l’Académie française. Son statut d’ancien chef de l’État a cependant un coût pour la République qui lui paie bureau, secrétariat, gardes du corps, voiture de fonction et chauffeurs pour un coût total d’environ 2,5 millions d’euros.

 Bénévolat

 
Le Point.fr du 04/02 : L’ex-sénatrice Les Républicains Natacha Bouchart, également maire de Calais et conseillère régionale, qui avait accepté un poste d’attachée parlementaire auprès de son successeur, Jean-François Rapin (LR), a démissionné de cette fonction rémunérée. « Au vu de l’incompréhension et de la polémique suscitées par ma fonction temporaire d’attachée parlementaire, je tiens à préciser que cette collaboration m’a été proposée par Jean-François Rapin afin que je puisse travailler avec lui sur les dossiers complexes que sont ceux du Calaisis, et que je portais jusqu’alors au Sénat », écrit-elle dans un communiqué.
 
« Dans un premier temps, j’ai accepté cette fonction qui, dans tous les cas, devait être temporaire », poursuit-elle. « Cependant, puisque le fondement de cette collaboration ne semble pas être compris, je dépose ma démission et assisterai donc bénévolement Jean-François Rapin pour pouvoir continuer à défendre Calais au niveau national ».
 
Mme Bouchart avait annoncé après les élections régionales qu’elle démissionnait de son poste de sénatrice pour se « consacrer entièrement » à sa ville de Calais et à la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, dont elle est désormais vice-présidente. « Je quitte mon mandat (de sénatrice) avec peine, mais j’ai un nouveau défi à la Région », avait-elle affirmé lors d’une conférence de presse à Calais.

 Des cathos font le cinéma

 
Marianne.net du 03/02 : Après La Vie d’Adèle d’Abdelatif Kechiche, Love de Gaspar Noé, c’est Antichrist de Lars von Trier qui voit son visa d’exploitation annulé par la cour administrative d’appel de Paris. La raison : « des scènes de très grande violence » et « de sexe non simulées ». Dans les faits cela se traduit par un changement de classification. Le film au début interdit aux moins de 16 ans est maintenant interdit aux mineurs, entraînant une interdiction de diffusion en salles, à la télé et sur tout autre support (DVD, VOD, etc.).
 
À l’origine de cette décision, il y a le collectif Promouvoir, association proche des milieux catholiques traditionalistes. À sa tête un ancien mégrétiste et fervent catholique, André Bonnet, également avocat de l’association. Depuis sa création en 1996, elle se bat pour changer la classification des films qu’elle estime non conformes aux « valeurs judéo-chrétiennes ». La première victime de leur croisade contre les images choquantes au cinéma est le long-métrage de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi Baise-moi sorti en 2000. Initialement interdit aux moins de 16 ans, le collectif a obtenu auprès du Conseil d’État l’annulation du visa d’exploitation du film. Classé X, il a été retiré des salles. L’association déplorait là aussi des scènes de sexe non simulées et très violentes.
 
Promouvoir s’est attaqué à de nombreux films avec souvent un succès à la clé. Une situation qui interpelle et remet en cause le jugement du CNC, l’organisme en charge de la classification des œuvres cinématographiques. Qui décide vraiment, quand plusieurs films voient leur classification changée – même plusieurs années après leur sortie – suite aux poursuites en justice de l’association ? La question se pose légitimement.

 Oh la menteuse !

 
Libération.fr du 05/02 : Marine Le Pen succède à Nicolas Sarkozy. La présidente du FN   a remporté le prix du menteur en politique 2015 pour son accumulation d’affirmations fausses sur les migrants. Par exemple, sur l’ampleur de la vague d’arri-vants, sur leur sexe et leurs motivations, sur le faux assaut de migrants contre des pompiers à Calais ou sur le jihadisme. On pourrait encore ajouter sa manie d’utiliser le terme ’’clandestin’’ en lieu et place de ’’réfugié’’ ou sa piteuse tentative de justification après l’utilisation de l’expression ’’immigration bactérien-ne’’ lors de la campagne des régionales.
 
Ce prix du menteur en politique vise à inciter la classe politique à moins mentir et encourager le grand public à vérifier les discours politiques. Vainqueur sortant, Nicolas Sarkozy bénéficiait d’une ’’immunité’’ cette année. Le jury présidé par le politologue Thomas Guénolé était composé de six journalistes du Figaro, de France Info, du Point, du Monde, de Libération et de Slate.fr.
 
Le prix spécial du jury a été décerné à Patrick et Isabelle Balkany (LR), pour l’ensemble de leur carrière.

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