Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Grappillages et Mée-disances > Mée-disances, mars 2009

Mée-disances, mars 2009

Ecrit le 4 mars 2009

 Inutile … expulsé

De Contre-Journal du 27/02 : Monsieur O. est un jeune Camerounais arrivant en France en 2005, où il vient rejoindre sa tante. Arrêté quelques jours après son arrivée, l’Administration lui notifie une invitation à quitter le territoire français.

Mais il est remarqué dans les couloirs de la préfecture de police de Paris par les interprètes officiels parce qu’il parle anglais, allemand, grec, et quelques langues du Cameroun : une aubaine. Un emploi lui est proposé comme traducteur pour la préfecture de police avec une autorisation de séjour de trois mois. Sa qualité professionnelle est reconnue. Une fois son contrat avec la préfecture terminé, il est embauché en 2006 par le ministère de l’Intérieur. Puis comme traducteur à Coulommiers et enseigne latin et grec dans un collège à Tours tout en faisant la navette vers le Tribunal d’Evry où il est interprète.

Mais en février 2009 il est arrêté, menotté, placé en rétention. Attente d’expulsion ...

 Le culot de Parisot

Marianne.fr du 24/02 : Malgré la suppression de la taxe professionnelle, L. Parisot trouve que Sarkozy n’en fait pas assez pour les patrons : minimisant la gravité du chômage, elle fait du chantage à l’emploi en se plaignant qu’il subsiste encore des taxes pour frapper les entreprises.

« Nous sommes inquiets par une certaine façon d’aborder la crise et il me semble que nous avons oublié que la priorité des priorités doit être l’emploi ». C’est bien Laurence Parisot, la présidente du Medef qui l’a dit ! Dans la tourmente de la crise, la représentante des patrons ne reconnaît plus le président de la République : « il y a un certain nombre de valeurs auquel notre président était attaché qui ne sont plus mises en avant : je pense par exemple à la valeur travail. » […] Bref, entre Sarkozy et les patrons, le torchon brûle. A moins qu’il ne s’agisse d’une mise en scène. […]

La présidente du Medef veut les investissements de l’État, la compensation par les finances publiques des hausses de salaires en Guadeloupe, le tout sans cotiser. Sinon, elle fait tout péter.

 Elysée SA

Le Monde.fr du 24/02 : l’Élysée a annoncé que, grâce à l’intervention de l’État, deux banques privées mal en point, les Caisses d’épargne et les Banques populaires, vont fusionner et former le deuxième groupe bancaire français.

Cette fusion laisse songeur. Pour qu’une telle opération réussisse, deux conditions sont indispensables. Premièrement, qu’elle se réalise dans la clarté. Deuxièmement, que le dirigeant du nouvel ensemble soit capable de mobiliser ses équipes pour que « 1+1 soit supérieur à 2 », selon la formule consacrée.

Or, la fusion annoncée ne respecte aucune de ces deux conditions. Toutes les négociations se sont passées au palais de l’Élysée, transformé pour l’occasion en banque d’affaires. […]

Le choix du dirigeant pressenti est pour le moins curieux. François Pérol n’est pas seulement l’un des plus proches collaborateurs de Sarkozy. Il est l’artisan de cette fusion. Rarement intérêts publics et privés auront été à ce point confondus. Même le sénateur centriste Jean Arthuis juge cette nomination « choquante ». Il est d’ailleurs convaincu que la commission de déontologie ne lui donnera pas son aval. […]

 Le secret bancaire en danger

Courrier international du 24/02 : Face aux déboires de la banque UBS avec la justice américaine, les autorités suisses se retrouvent devant un cas de conscience. Céder ou non aux pressions et accepter de briser un tabou ?

Poursuivie par la justice des États-Unis pour avoir aidé des citoyens américains à échapper au fisc, UBS se croyait sortie d’affaire. Le 18 février, la banque suisse avait en effet accepté de payer une amende de 780 millions de dollars et de livrer les noms de 250 clients. Mais Washington exige toujours des infor-mations sur 52 000 comptes secrets. Après avoir financé son sauvetage l’automne dernier [la banque a perdu 13 milliards d’euros en 2008], voici que les autorités sacrifient au nom de sa survie un secret bancaire réputé non négociable, et « bétonné » pour quinze ans.

L’Union européenne réclame à l’avenir un traitement identique à celui consenti aux Américains [...} Ce coup de Trafalgar ne tuera peut-être pas le principe du secret bancaire, mais il risque heureusement de balayer la distinction que la Suisse entretient entre fraude et évasion fiscale.

 Le Katanga abandonné par les Chinois

Courrier international du 24/02 : En république démocratique du Congo (RDC), plus de 40 fonderies de cuivre chinoises sont aujourd’hui désaffectées, leurs propriétaires ayant fui le pays dès la fin du boom des matières premières sans acquitter leurs impôts ni dédommager leur personnel. […]

Les entrepreneurs chinois étaient venus dans le cadre d’accords à petite échelle pour le secteur privé conclus par leur pays en Afrique. Simultanément, l’État congolais a lancé des initiatives visant à défendre ses ressources. Cela a débouché, en 2008, sur un accord « minerais contre infrastructures » de quelque 9 milliards de dollars entre la Chine et la RDC.

Pour les spécialistes du secteur, les fonderies congolaises peuvent produire une tonne de cuivre pour environ 3 500 dollars. Un coût de production qui permettait de coquets bénéfices quand le cours flirtait avec les 9 000 dollars la tonne, en août 2008, mais qui n’est plus viable aujourd’hui, avec un cours à 3 200 dollars.

L’effondrement des cours a eu de douloureuses conséquences au Katanga.[…] Ce brutal revers de fortune a fait naître des rancœurs contre le comportement de certaines entreprises chinoises en Afrique, qui ne se sont guère fait d’amis avec leurs âpres négociations et leur froideur envers les Africains.

Ndlr : c’était notre rubrique « prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

 Première patate de France

Du Canard du 25/02 : Les magasins Gamm Vert de France et du Luxembourg proposent en exclusivité une pomme de terre aux douces rondeurs nommée Carlita […] dont les mensurations correspondent à un calibre de « 28/35 ».

A 7,90 € la « clayette de 60 plants », Carlita contribue à la relance du pouvoir d’achat... en attendant de redonner la frite ?

 Arrêtez de « tirer » sur les jeunes

Lepoint.fr du 27/02 : Martin Hirsch a déclaré que « les jeunes étaient des chasseurs d’emplois » et a appelé la présidente du Medef Laurence Parisot « à arrêter de leur tirer dessus ». Il répondait à une remarque de L. Parisot au sujet de la prime de 500 euros versée à partir d’avril aux jeunes ayant travaillé mais ne percevant pas d’indemnisation chômage. « On transforme les jeunes en chasseurs de primes », avait-elle lâché.

« Laurence Parisot, les jeunes sont chasseurs d’emplois et arrêtez de leur tirer dessus, les jeunes sont chasseurs de boulot (...) ils ne sont pas à demander des primes, je crois que c’est une méconnaissance des jeunes », a répondu Martin Hirsch « . Il ne faut pas être méprisant, il faut se mettre dans la peau d’un jeune aujourd’hui, on ne se rend pas compte mais tout le monde dit que c’est très différent de ce qui se passait il y a 10, 15 ou 20 ans ». […]

Ndlr : il faut organiser un stage « jeune chômeur » pour « vieille Parisot » !!!


Ecrit le 11 mars 2009

 Un emprunt Sarkozy ?

Du Canard enchaîné du 04/03 : l’explosion des déficits risque de conduire à une dégradation de la note de la France par les agences de notation internationales. Et donc à un renchérissement du coût des emprunts que notre pays devra contracter sur les marchés internationaux.

Du coup, l’Élysée étudie une vieille idée, qu’avait évoquée Bernard Accoyer dès le 10 octobre : lancer un grand emprunt d’État auprès des Français, qui sont, comme chacun sait, de sacrés épargnants.

Mais cette méthode n’a pas laissé que de bons souvenirs. L’emprunt Giscard, lancé en 1973, et indexé en partie sur l’or. avait permis de récolter 7.5 milliards de francs. Quinze ans plus tard, l’État avait dû en rembourser... 90 milliards.

Bah ! laisser une ardoise à ses successeurs, ce n’est pas pour arrêter Sarko !

 Petits problèmes financiers entre amis

La justice vient de saisir les comptes bancaires français du président du Gabon, Omar Bongo. Un coup dur pour celui qui fut le premier chef d’État à rendre visite à un certain Nicolas Sarkozy. […]

Un huissier a procédé, le 13 février dernier, à une saisie-exécution sur ses comptes à la Banque nationale de Paris et au Crédit lyonnais. La somme des dépôts concernés s’élèverait à 4 millions d’euros.

En mars 2007 déjà, puis en juillet 2008, l’ONG Transparency International France et l’association Sherpa [qui lutte notamment contre la criminalité financière] avaient déposé des plaintes contre lui pour « recel de détournements d’argent public », évoquant « les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par le chef d’État Omar Bongo ». Il y était question de trente-trois appartements et maisons, et d’un hôtel particulier, d’une valeur totale supérieure à 150 millions d’euros. Coup d’épée judiciaire dans l’eau, mais retentissement médiatique…

Et il aura fallu une affaire aux relents de fait divers pour que la tirelire française du président gabonais soit menacée de gel. En 1996, le chef d’entreprise René Cardona est emprisonné à Libreville. On lui reproche d’avoir vendu au chef de l’Etat gabonais une société de pêche qui s’est révélée moins juteuse que prévu. L’Etat gabonais réclame une « caution » de 437 347 euros, à verser sur le compte personnel du président. Le fils Cardona s’exécute. Quelques années plus tard, la cour d’appel de Bordeaux condamne Omar Bongo à rembourser cette somme. Le bras de fer est toujours en cassation.

Il en faudrait sans doute plus pour ébranler le doyen des chefs d’État africains. Au pouvoir depuis quarante-deux ans, Il règne sur un « émirat » dont le pétrole, l’uranium et le manganèse ne profitent guère aux 1,5 million de Gabonais, mais largement à son clan : la fille, Pascaline Bongo, est directrice du cabinet présidentiel ; le gendre, Paul Toungui, ministre des Affaires étrangères ; le fils, Ali Bongo, ministre de la Défense ; l’autre fils, Jeff Bongo, haut fonctionnaire du ministère de l’Économie et des Finances, etc.

Ndlr : un bel exemple de la Françafrique !

 Faismesdevoirs.com

Lefigaro.fr du 04/03 : Depuis le 5 mars, le site internet Faismesdevoirs.com propose aux élèves de faire leur boulot. Un « scandale » rétorquent les syndicats de parents d’élèves.

« Tu n’y arrives pas ? Nous sommes là ». C’est le slogan un brin provocateur du nouveau site qui crée la polémique : après Note2be, qui incitait les élèves à noter leur professeur, Faismesdevoirs.com vient perturber la Toile. Ce site Internet a été conçu pour que les élèves de la sixième à la terminale fassent faire leurs devoirs, moyennant rétribution. 5 € le problème de maths, 10 € le plan détaillé de dissertation d’histoire, et jusqu’à 80 € l’exposé d’une dizaine de pages. […]

Le fondateur de Faismesdevoirs.com, Stéphane Boukris, assume le « côté insolent et provocateur » d’un tel site. Non sans cynisme, il explique que c’est « la loi du marché qui décidera si ça fonctionne ou non » : « S’il y a une demande, on continuera, sinon on fermera le site et puis c’est tout ! » […}

Ndlr : devant le flot des protestations, le promoteur du site a fermé le 6 mars.

 Rupture

De NouvelObs.com du 05/03 : « Je n’aime pas beaucoup l’idée selon laquelle nous sommes en situation de rupture totale par rapport à tout ce qui a existé auparavant », a déclaré l’ancien Premier ministre Alain Juppé lors d’un colloque organisé à l’Assemblée nationale par le député UMP (villepiniste) Mariton. […] « Finalement, Giscard avait trouvé la bonne formule : le changement dans la continuité. Je crois plutôt à cela qu’à la rupture absolue avec tout ce qui nous a précédé », a poursuivi Alain Juppé. Sans citer nommément le chef de l’État, il a ajouté : « Je ne dirais pas que trop de leadership tue le leadership, il faut le leadership, nous l’avons mais il faut avoir de la co-élaboration, de la co-décision et, si Jean-François Copé, était là, je dirais de la coproduction législative ».

Présent un peu plus tôt, le patron des députés UMP avait quitté la salle au moment de l’intervention d’Alain Juppé. […]

Ndlr : quel courage politique !

 Castration

« Le défi, c’est d’avoir en face de l’hyperprésidenl un hyper-parlement sur lequel les ministres doivent s’appuyer », a affirmé Jean-François Copé au « Monde> (28/2), dans un article intitulé « L’hyper-présidence de M. Sarkozy suscite des critiques grandissantes dans son camp ».
L’attaque (du président du groupe parlementaire UMP a hyper-énervé « l’hyper président ».

« Copé, a-t-il lancé devant ses proches, n’arrête pas de m’emmerder, de prendre des initiatives à l’Assemblée et des déclarations qui me font chier. Alors, s’il continue à me casser les couilles, il faudra lui couper les siennes, et vite. »

Ne Copé surtout pas, sinon c’est l’effondrement des Bourses !

 Prime à l’employeur

Le Point du 04/03 : Après les jeunes diplômés aux enchères sur eBay, Jean-Pierre Le Floch, 51 ans, directeur financier au chômage depuis neuf mois, a répondu à plus de 200 annonces et fait jouer tout son réseau pour retrouver du travail. Sans succès.

Las, il propose aujourd’hui à son futur employeur un « bon de réduction » de 50.000 euros sur son embauche : « Cette prime maximum serait versée tous les mois sur une durée de dix ans, soit environ 500 euros par mois ». Une autre façon de revoir son salaire à la baisse, bien plus vendeuse... « J’assume cette démarche marketing. Mon seul but est de rentrer en contact avec de nouveaux employeurs. Et pour un senior, en France, changer de boîte est particulièrement compliqué... »

Voilà une période où le système D a décidément de beaux jours devant lui…

 Ingrid, le retour...

Du Canard enchaîné du 04/03 : Ingrid Bettencourt est de retour : pas pour le meilleur ! Dans un livre publié par deux de ses anciens compagnons (« Hors de captivité », Harper Collins) on apprend « qu’Ingrid volait la nourriture des autres prisonniers, refusait de partager les quelques livres que le groupe avait réussi à se procurer, tout comme les informations entendues sur la petite radio qu’elle avait pu conserver. Elle voulait décider de tout, y compris de l’horaire des toilettes ».

Il va falloir qu’elle attende pour son procès en béatification !