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Territoire : un projet partagé ?

Écrit le 17 février 2016

6 février 2016, c’était les vœux du député Yves DANIEL. Tous les maires des 72 communes de la circonscription étaient invités, il n’y avait pas beaucoup de présents. En revanche la salle était pleine de non-élus. Il aurait peut-être été bon de pouvoir discuter de sujets brûlants : la réforme du code du travail, l’indemnisation des chômeurs, l’état d’urgence, la déchéance. Et d’autres importants aussi : l’instauration d’un référendum d’initiative   populaire, voire l’attitude de l’État qui, malgré sa large consultation sur la République Numérique, s’est jeté dans les bras de Microsoft-Google et compagnie. Mais, non, ça n’a pas été possible. Dommage. Il faut encore chercher comment relier les attentes locales et les décisions nationales.

Le sujet abordé, cependant, a été intéressant : les projets de territoire. Avec, en liminaire, un exposé de Thierry Guidet, fondateur de la revue « Place Publique » qui a brossé « les trois âges des relations villes-campagnes ».

1) De la Révolution à 1945.

Au début la Révolution a été bien accueillie dans les campagnes de l’Ouest mais la Constitution Civile du Clergé et la mobilisation de troupes en 1793 pour combattre aux frontières, ont modelé les comportements politiques : les villes du côté Bleu, du côté de la République, les campagnes plutôt du côté Blanc (la royauté, la tradition). Cette séparation a duré presque deux siècles. À cette époque, les campagnes étaient densément peuplées, le vote agricole avait un poids politique important. Des changements se faisaient cependant : en 1914 par exemple, les paysans sont allés combattre aux frontières, sans hésiter. Ils en sont revenus profondément transformés.

2) De 1945 à 1970

Dans cette période la population des villes a considérablement augmenté, Angers par exemple est passée de 95 000 à 140 000 habitants. Cette urbanisation a été alimentée par l’exode rural, cependant que l’agriculture s’industrialisait dans les campagnes : cultures intensives, agroalimentaire, effondrement du nombre de paysans. D’un point de vue politique, le développement de la Démocratie Chrétienne contribuait à diminuer les tensions entre les villes et les campagnes. C’est l’époque où les paysans pouvaient trouver un emploi en ville. La péri-urbanisation se développait, les habitants des campagnes développaient des comportements plus urbains, réclamant salles de sports, halte-garderie, animations pour les jeunes.

3) Époque contemporaine

L’exode rural volontaire s’est tari car on trouve difficilement du travail en ville. Les paysans contraints de quitter la terre vont grossir le nombre des chômeurs. La population des territoires ruraux a tendance à augmenter. En même temps se met en place une métropolisation : les villes organisent le territoire qui les entoure : main d’œuvre, services, infrastructures. À côté de la métropole se développent d’autres pôles : Saint Nazaire, Ancenis, Châteaubriant, Blain et, plus loin : Brest, Angers, Le Mans. Thierry Guidet a pu parler d’une « métropolisation heureuse » disant que seuls 3 % de la population de la Région Pays de Loire vit dans des zones isolées. Le Conseil Départemental a fait l’effort de soutenir les équipements dans les communes. « Mais n’oublions pas que les métropoles attirent aussi la pauvreté » dit-il.

De nouvelles relations

Thierry Guidet pense qu’il y a de nouvelles relations entre les villes et les campagnes et en relève plusieurs signes :

– l’étoile ferroviaire autour de Nantes (et notamment le Tram-Train)
– la présence de la nature en ville : «  la ville va redevenir un lieu de production alimentaire » dit-il. On sait en effet que les abeilles trouvent en ville de quoi faire leur miel.
– l’artificialisation des sols ralentit, l’espace devient un bien rare et précieux.
– le réseau Terres en ville se développe, réunissant les territoires urbains et périurbains français et non français engagés dans des politiques agricoles et forestières périurbaines.
Métropole n’est pas monopole, dit-il. La distinction entre urbain et rural est une question de regard. « Ce qui est bon pour la métropole est bon aussi pour le reste du département »

 Débat

Le débat qui a suivi a entendu Gilles Philippot dire qu’il manque, dans la circonscription, un lieu, une organisation politique, pour bâtir un projet d’avenir. [Il est certain que ce n’est pas en une réunion annuelle qu’on peut élaborer un projet]

Bernard Gaudin a estimé que, sans doute, la ville aménage les campagnes, mais il y a peu d’échanges, peu de coopération entre les villes et les campagnes.

Bernard Lebot dit que les communes rurales augmentent leur population. « N’allons-nous pas devenir des rurbains ? Quelles solutions aux questions de mobilité pour que les distances soient moins pénalisantes que dans le passé ».

[Ndlr : ces questions de distances restent importantes quand, par exemple, dans la région de Châteaubriant, il y a certes le tram-train mais pas de réel transport-en-commun intra-muros, et ne parlons pas du lien avec les petites communes environnantes].

Quelqu’un de Bonnœuvre : « Les villes ont attiré les industries de pointe. Dans nos campagnes il reste les industries à faible valeur ajoutée. Il faudrait inciter les laboratoires de recherche à s’installer en zone rurale »

Alain Le Tolguenec (Fercé) déclare : « Pour nous, il est plus facile d’aller à Rennes qu’à Nantes ».

Viviane Lopez pense que nous avons des niveaux d’information différents. « Comment les partager ? Les diffuser ? Y aurait-il là un rôle pour le Conseil de Développement ? Quel rôle d’internet ? ».

En conclusion, Yves Daniel dit que, souvent, nous restons au niveau de l’analyse et qu’il est plus difficile de faire des propositions concrètes. « Il nous faut construire notre territoire, en trouvant un équilibre entre ses composantes. Apprenons à construire ensemble même si nous ne sommes pas d’accord sur tout ». Il rappelle qu’il a un site internet, un secrétariat et des permanences hebdomadaires et qu’il est ouvert à toutes les propositions.
Tél : 09 67 06 38 17
Site : http://www.yves-daniel.org/


Ecrit le 17 février 2016

 État d’urgence et déchéance

Le projet de loi sur « la protection de la Nation » a été adopté le mercredi 10 février 2016 par 317 voix (dont celle d’Yves Daniel), 199 contre et 51 abstentions.

Aux termes du nouvel article 36-1 de la Constitution proposé, l’état d’urgence sera « décrété en Conseil des ministres, sur tout ou partie du territoire de la République, soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique ».

Comme c’est le cas actuellement, seul le Parlement pourra proroger l’état d’urgence au-delà de douze jours, par une loi en fixant la durée. Avec l’avis favorable du gouvernement, les députés ont ajouté que cette durée ne pourra « excéder quatre mois », toutefois renouvelables.

Pendant toute la durée de l’état d’urgence, le Parlement se réunira de plein droit. Et un contrôle parlementaire des mesures est prévu.

DÉCHÉANCE (article 2) :
Une personne pourra « être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu’elle est condamnée pour un crime ou un délit constituant une atteinte grave à la vie de la Nation ».
Groupe socialiste : 165 pour - 83 contre
Les Républicains : 111 pour – 74 contre
UDI : 25 pour – 4 contre
Groupe radical : 10 pour – 5 contre
Gauche Démocrate : 1 pour – 12 contre
Non-inscrits : 1 pour – 8 contre
Voir les votes ici.