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8 mars : le chemin est trop long pour les femmes

Ecrit le 2 mars 2016

8 mars, chaque année c’est la journée internationale des femmes. Une étape dans la longue marche des femmes pour faire reconnaître leurs droits.

 Viol et Facebook

Elle s’appelle Zouhoura Mahamat Brahim, elle a 17 ans. Le 8 février dernier, à N’Djaména, capitale du Tchad, où elle était en vacances, elle a été enlevée par cinq lycéens qui l’ont séquestrée toute la journée, puis violée. Un acte odieux qui écœure tout un pays.

Sa famille a tenté de porter plainte, mais l’affaire a été étouffée… car trois des violeurs présumés seraient fils de dignitaires du Tchad.
Ces jeunes ont une telle ignorance de la portée de leurs actes qu’ils ont même réalisé une vidéo du viol, montrant la jeune fille nue et en larmes, vidéo diffusée sur Facebook, évidemment (et retirée en raison du tollé qu’elle a provoqué).

A Angers, une manifestation de soutien a eu lieu samedi 20 février. Au Tchad, dans la capitale, une manifestation de protestation a été violemment dispersée par la police anti-émeute. Un des protestataires a été tué par balles par la police. A Faya Largeau, dans l’extrême-nord du pays, les lycéens ont manifesté : l’un d’eux a été tué par balle et cinq blessés par les militaires qui les ont dispersés. Le mouvement de contestation s’est propagé dans d’autres villes, notamment à Moundou, capitale économique et deuxième ville du pays, et à Massaguet (où 17 lycéens ont été arrêtés). Le président Idriss Deby Itno a coupé l’accès à Facebook, non pas à cause du viol, mais pour empêcher les contestataires de s’exprimer.

Le viol, c’est bien connu, c’est la faute des femmes. L’émission ’’Plus belle la vie’’ a montré un viol conjugal, puis elle a interrogé ses spectateurs : « Qu’avez-vous pensé de la scène diffusée hier soir ? », Et de soumettre au vote trois propositions de réponse : « - J’ai été horrifié(e) - Coralie l’a cherché - Ce n’est pas un viol ». Devant le scandale, elle a dû retirer sa question.

 Excision


L’excision, c’est à -dire la mutilation sexuelle des femmes,
au couteau et à la lame de rasoir, continue à faire des ravages. Deux cents millions de
femmes seraient encore concernées par cette ablation partielle ou totale des organes génitaux externes [selon le dernier rapport UNICEF : https://huit.re/Kj9iZX4z].

La pratique est ’’culturelle’’ et dans certaines communautés, elle correspond à une norme sociale très importante. Certaines filles ne pourront par exemple pas trouver un époux si elles ne sont pas excisées. Outre la violente douleur et le traumatisme psychologique, les conséquences sur la santé des femmes, à court et à long terme, peuvent être très graves. C’est une pratique discriminatoire contraire aux droits à la santé, au droit de ne pas être exposé à la violence, aux blessures, aux sévices, à la torture et aux traitements cruels, inhumains ou dégradants, au droit à la protection contre les pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé.

Une jeune femme du Burkina-Faso témoigne : « Faire des rapports sexuels est un enfer pour moi à cause des douleurs. Le pire ce sont les infections urinaires à répétition et les difficultés inqualifiables pendant mes accouchements. J’ai cru à un certain moment qu’on m’avait jeté un sort. J’ai perdu le goût de vivre » dit Minata Ouédraogo, venue du village de Kibou dans la province du Passoré.

« Quand le personnel de la santé m’a fait savoir que mon mal a été provoqué par l’excision, j’ai compris pourquoi on combat cette pratique. Elle est nuisible à la vie de la femme. Sans maudire mes parents, je dirais que leur ignorance m’a causé un grand tort ». Une organisation ’’BIBIR’’ organise des dépistages « L’annonce de me faire profiter d’une intervention chirurgicale me donne l’espoir de retrouver toute ma féminité et de redevenir une femme digne. J’attends impatiemment le jour de ma délivrance » avoue Minata.

Deux gynécologues américains viennent de proposer des excisions ’’minimalistes’’
« Nous pensons que certaines procédures – toutes réalisés sous anesthésie - devraient être tolérées dans nos sociétés libérales ». Ils estiment par ailleurs que les excisions ne sont pas une violation des droits humains des femmes. Le Pr Ruth Mackin de la faculté de médecine Albert Einstein (New York) rappelle que « à l’origine les mutilations sexuelles féminines sont destinées à contrôler les femmes et leur appétit sexuel ».

 Vengeance

Le corps des femmes est un instrument de vengeance. On le voit par exemple en Inde quand un village décide un viol collectif. Ainsi en août 2015, deux filles, dont l’une n’a que 15 ans, ont été condamnées à être violées et exposées nues. Comme punition. Leur crime ? Leur frère s’est enfui avec une femme mariée.

De tout temps, le viol des femmes est arme de guerre, planifié par une autorité politico-militaire et utilisé de manière stratégique par une des parties d’un conflit pour humilier, affaiblir, assujettir, chasser ou détruire l’autre. Le viol est considéré comme pire que la mort et produit une honte qui entache famille et tribu. Des femmes violées sont poussées au suicide ou sont assassinées lorsque le viol est découvert. Des jeunes femmes sont violées de façon répétée jusqu’à ce qu’elles soient enceintes. Elles sont maintenues en captivité jusqu’à un terme avancé de la gestation et sont relâchées lorsqu’un avortement ne peut plus être pratiqué. Dans certains cas, il s’agit d’une stratégie visant à corrompre les liens communautaires en forçant les femmes à donner naissance à un enfant porteur de l’identité culturelle des bourreaux (comme ce fût le cas en ex-Yougoslavie). En d’autres cas, c’est une manœuvre de l’adversaire pour s’implanter dans une région en créant un métissage entre population locale et groupe d’occupation (par exemple, en République Démocratique du Congo). Dans tous les cas la femme n’est considérée que comme un objet sexuel et reproducteur.

Gynécologue congolais, Denis Mukwege, militant des droits de l’homme et lauréat du prix Sakharov en 2014, est connu dans le monde entier pour son engagement vis-à-vis des femmes victimes de sévices sexuels perpétrés par les groupes armés dans l’est du Congo, dont les sols miniers sont très riches. Surnommé « l’homme qui répare les femmes » car il procède à des opérations de chirurgie réparatrice sur des femmes effroyablement mutilées, il a déjà échappé à plusieurs tentatives d’assassinat, sans jamais baisser les bras ni cesser de lutter contre la barbarie. Contraint de vivre dans l’hôpital où il travaille, il vit sous bonne escorte tout en continuant son combat... A ses côtés, ces femmes auxquelles il a rendu leur intégrité physique et leur dignité, devenues grâce à lui de véritables activistes de la paix, assoiffées de justice.

 Sextoy

En Algérie : malgré l’adoption de la loi criminalisant les violences contre les femmes, Amnesty International estime qu’en « l’absence de loi spécifique, les femmes ne bénéficient toujours pas d’une protection suffisante contre les violences liées au genre (en 2015) ». Le Code pénal « conserve la disposition permettant à un violeur d’échapper aux poursuites pénales s’il épouse sa victime, dans la mesure où celle-ci est âgée de moins de 18 ans ».

En France, à Marseille, une aide-soignante, avait conduit des retraitées ne jouissant plus de toutes leurs facultés mentales dans la chambre d’un monsieur de 80 ans, leur promettant quelques euros ou des cigarettes en contrepartie de relations sexuelles !

En Suède, un médecin a drogué, violé une femme rencontrée sur internet, et l’a enfermée dans un bunker spécialement aménagé avec l’intention de la séquestrer plusieurs années.

Tout ceci correspond à une mauvaise image de la femme et on ne peut que s’inquiéter quand on voit des adolescents fréquenter les ordinateurs de la médiathèque   de Châteaubriant pour y accéder aux sites porno !

Le viol reconnu comme crime de guerre. Un chef militaire condamné